Quel est le problème avec la philosophie ?

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Message par baptiste le Jeu 9 Jan 2014 - 16:15

Bergame a écrit:

baptiste a écrit:La terreur a cessé lorsque la menace aux frontières a disparu, intéressant non
Ben si, moi aussi ça ne me semble pas complètement contingent. Mais tu comprends, si tu dis ça, alors tu légitimes le totalitarisme, tu répètes la justification que les communistes ont beaucoup utilisée en leur temps, à savoir celle du "communisme de guerre", tu fais du Soboul -et ça, c'est pas bien.


Tu n’y es pas, c'est le contraire. C’est intéressant parce que la politique est d’abord une affaire humaine avant d’être idéologique, la terreur est une réponse à la peur ambiante, celle des régicides qui voient les armées ennemis gagner du terrain, cette peur apaisée par les victoires militaires la terreur perd son moteur premier qui n’était pas simplement idéologique.

Un autre rapprochement intéressant à faire entre les discours rousseauistes du député Robespierre sur la fraternité, l’abolition de la peine de mort, du droit à la résistance et ses actes une fois au pouvoir enfin la justification qu’il donne de ces reniements successifs. Comme quoi les idéalités sont flexibles, très flexibles mêmes.

Arendt dit, il n’y a eu dans l’histoire que 3 révolutions véritables, américaine, française et russe, elle zape l’épisode romain, dans divers autres écrits elle exprime son peu de considération pour les philosophes latins, pas assez intellectuels à son goût. Pourtant la hantise des ploucs, négociant avec les hobereaux ruraux de Rome la constitution d’un corps social (l’analogie au corps fut imaginée par Agrippa pour justifier le SPDR), celle qui les conduisit à la primauté de l’institution sur l’individu, cette hantise c’était l’hubris du pouvoir. Il n’y a aucun épisode de l’histoire qui permette de démentir la permanence de l’hubris du pouvoir, même chez un disciple de Rousseau. Comme quoi l’opinion populaire des paysans romains n’était pas exempte de sagesse et l’intervention des intellectuels n’est pas nécessairement une "illumination" n’en déplaise à Platon.

Tu as raison l’histoire est injuste avec Robespierre, il a vécu 35 ans en rousseauiste convaincu et un an en terroriste. Cela ne rend pas Rousseau responsable mais simplement montre une erreur fondamentale dans la formulation de son idée du contrat social. Cette période terroriste ne fait pas non plus de Robespierre un tyran assoiffé de pouvoir personnel puisque lorsqu’il est mis en accusation il a renoncé de lui-même à siéger au comité depuis un mois, ni même un fou Euthyphron, il suffit de lire ses discours, même au pire moment il sait justifier ses reniements de manière très rationnelle, simplement il est convaincu d’incarner l’idée du juste, (un peu comme Bergame le serait s’il était élu lol ) d’incarner la volonté du peuple. Parce que Bergame il faut que tu m'expliques c'est lequel de Robespierre celui que tu défends celui des 35 premières années, défenseur de la résistance à l'autorité (discours à lire), ou celui de la 36 iéme année exécuteur sans concession des basses oeuvres du pouvoir. Pour moi l’erreur est conceptuelle, si ce n'avait été Robespierre il y en aurait eu un autre.



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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par Bergame le Jeu 9 Jan 2014 - 16:35

Mais de toutes façons, tout cela, ça va, ça vient. Hier Robespierre incarnait en effet la résistance victorieuse de la jeune république française face à l'Europe des têtes couronnées, aujourd'hui c'est un bourreau et un terroriste d'Etat, c'est comme ça, c'est la période qui le veut. Aujourd'hui, De Gaulle est encore un résistant, il est clair pour la plupart des gens qu'en 40 c'était lui le chef légitime, celui qui incarnait la France, et non pas Vichy. Hélas, demain, De Gaulle sera peut-être un terroriste. En réalité, il n'y a ni vrai ni faux là-dedans, ni bien ni mal, il y a juste le témoignage des représentations dominantes du politique à un moment T. L'évolution de la figure de Robespierre en France témoigne simplement, je crois, et encore une fois, du fait que la représentation dominante du pouvoir légitime a évolué depuis 50 ans.

Et peut-être témoigne-t-elle également de l'influence de la culture politique anglo-saxonne -qui n'est, pour moi, qu'une périphrase pour le terme "libéralisme", je le rappelle- parce qu'on peut reconnaître cette constance à nos amis britanniques en particulier : Eux n'ont jamais porté ni Robespierre ni Napoléon dans leur cœur.

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Message par hks le Jeu 9 Jan 2014 - 17:56

à bergame

C'est certain ! Et ses amis non plus ! Mais, pardon d'insister aussi : La République était en guerre.


Pour ça d'accord, c'était la guerre ( civile ... comme pas depuis la fronde ). J 'ai lu Henry Guillemin  lequel  catholique-social  défendait Robespierre. Il avait de bons arguments. J'en retirais que le portrait démonisant  Robespierre pouvait être excessif.
Je n'en dirais pas de même de Carrier.

 La peine capitale à grande échelle était -elle indispensable ?
Indispensable pour vaincre?

Robespierre est lecteur de Beccaria et abolitionniste .
Lors du procès du roi
Quant à Robespierre, cette absence ne l’empêchera pas, au moment du procès de Louis XVI, de justifier la mort du roi en vertu d’une exception extra-juridique, une « cruelle exception aux lois ordinaires ». Il déclarera alors qu’« il faut que Louis meure pour que la patrie vive ». L’Incorruptible estimera que c’est comme « rebelle » et comme « ennemi » de la nation que le roi doit mourir. Il légitimera cette violence suprême au nom d’une nécessité supérieure, « dans les cas où elle est nécessaire à la sûreté des individus ou du corps social .

Dans quelle mesure pendant la terreur la guillotine était- elle nécessaire à la sûreté des individus ou du corps social?

 Robespierre a du répondre par l' affirmative.
Mais sous quels motifs  ?

De mon point de vue: terrifier . Non pas enlever la vie mais terrifier. Ce qui déplace notablement la question de l'utilité.

Section des droits de l’homme : « Oui, à la nouvelle affreuse de l’assassinat de Marat, tous, d’un mouvement naturel et spontané, (nous) aurions à l’instant vengé sa mort, si nous n’eussions réfléchi que cette mesure pouvait être nuisible à la liberté et servir la cause de nos ennemis (…) Nous sommes assurés que le calme que nous gardons, notre force et notre union feront la terreur des tyrans et conserveront à jamais notre république entière » (6).

Le député Drouet, de retour du domicile de Marat, à la Convention : « Je m’aperçois que le désir de vengeance électrise les sens du Peuple français et prépare une explosion terrible (…) Amis, soyez calmes, mais terribles, vous serez vengés » (7).

http://revolution-francaise.net/2007/01/06/94-la-terreur-a-lordre-du-jour-un-parcours-en-revolution-juillet-1793-mars-1794
Danton, le 12 août à la Convention : « Les députés des assemblées primaires viennent d’exercer parmi nous L’INITIATIVE DE LA TERREUR (…) Signalons la vengeance populaire par le glaive de la loi sur les conspirateurs de l’intérieur ».

Robespierre le même jour « Que le glaive de la loi plane avec une rapidité terrible sur la tête des conspirateurs, frappe de terreur leurs complices, inspire la terreur à tous les ennemis de la patrie »


Dernière édition par hks le Jeu 9 Jan 2014 - 18:39, édité 1 fois

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par baptiste le Jeu 9 Jan 2014 - 18:23

A Poussbois un discours du "boucher" qu'il me semble tu aurais pu cosigner, 24 avril 1793.


« Je vous proposerai d’abord quelques articles nécessaires pour compléter votre théorie sur la propriété.
[...]
Posons donc de bonne foi les principes du droit de propriété ; il le faut d’autant plus qu’il n’en est point que les préjugés et les vices des hommes aient cherché à envelopper de nuages plus épais.
Demandez à ce marchand de chair humaine ce que c’est que la propriété ; il vous dira, en vous montrant cette longue bière qu’il appelle un navire, où il a encaissé et ferré des hommes qui paroissent vivans : “Voilà mes propriétés ; je les ai achetés tant par tête.”
Interrogez ce gentilhomme qui a des terres et des vassaux, ou qui croit l’univers bouleversé depuis qu’il n’en a plus, il vous donnera de la propriété des idées à peu près semblables.
Interrogez les augustes membres de la dynastie capétienne ; ils vous diront que la plus sacrée de toutes les propriétés est sans contre-dit le droit héréditaire dont ils ont joui de toute antiquité, d’opprimer, d’avilir et de pressurer légalement et monarchiquement les vingt-cinq millions d’hommes qui habitaient le territoire de la France, sous leur bon plaisir.
Aux yeux de tous ces gens-là, la propriété ne porte sur aucun principe de morale. Elle exclut toutes les notions du juste et de l’injuste. Pourquoi votre déclaration des droits semble-t-elle présenter la même erreur ? En définissant la liberté, le premier des biens de l’homme, le plus sacré des droits qu’il tient de la nature, vous avez dit avec raison qu’elle avoit pour bornes les droits d’autrui : Pourquoi n’avez-vous pas appliqué ce principe à la propriété, qui est une institution sociale ? comme si les lois éternelles de la nature étoient moins inviolables que les conventions des hommes. Vous avez multiplié les articles pour assurer la plus grande liberté à l’exercice de la propriété, et vous n’avez pas dit un seul mot pour en déterminer le caractère légitime ; de manière que votre déclaration paroît faite, non pour les hommes, mais pour les riches, pour les accapareurs, pour les agioteurs et pour les tyrans. Je vous propose de réformer ces vices en consacrant les vérités suivantes.
Art. I. - La propriété est le droit qu’a chaque citoyen de jouir et de disposer de la portion de biens qui lui est garantie par la loi.
II. Le droit de propriété est borné, comme tous les autres, par l’obligation de respecter les droits d’autrui.
III. Il ne peut préjudicier ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l’existence, ni à la propriété de nos semblables.
IV. Toute possession, tout trafic qui viole ce principe est illicite et immoral.
Vous parlez aussi de l’impôt pour établir le principe incontestable qu’il ne peut émaner que de la volonté du peuple ou de ses représentans ; mais vous oubliez une disposition que l’intérêt de l’humanité réclame ; vous oubliez de consacrer la base de l’impôt progressif. Or, en matière de contributions publiques, est-il un principe plus évidemment puisé dans la nature des choses et dans l’éternelle justice, que celui qui impose aux citoyens l’obligation de contribuer aux dépenses publiques, progressivement, selon l’étendue de leur fortune, c’est-à-dire, selon les avantages qu’ils retirent de la société ?
Je vous propose de le consigner dans un article conçu en ces termes :
“Les citoyens dont les revenus n’excèdent point ce qui est nécessaire à leur subsistance, doivent être dispensés de contribuer aux dépenses publiques ; les autres doivent les supporter progressivement selon l’étendue de leur fortune.”
Le comité a encore absolument oublié de rappeler les devoirs de fraternité qui unissent tous les hommes et toutes les nations, et leurs droits à une mutuelle assistance ; il paroît avoir ignoré les bases de l’éternelle alliance des peuples contre les tyrans ; on diroit que votre déclaration a été faite pour un troupeau de créatures humaines parquées sur un coin du globe, et non pour l’immense famille à laquelle la nature a donné la terre pour domaine et pour séjour. Je vous propose de remplir cette grande lacune par les articles suivants : ils ne peuvent que vous concilier l’estime des peuples : il est vrai qu’ils peuvent avoir l’inconvénient de vous brouiller sans retour avec les rois. J’avoue que cet inconvénient ne m’effraie pas ; il n’effraiera point ceux qui ne veulent pas se réconcilier avec eux.
Art. I. Les hommes de tous les pays sont frères, et les différents peuples doivent s’entr’aider selon leur pouvoir, comme les citoyens du même Etat.
II. Celui qui opprime une nation se déclare l’ennemi de toutes.
III. Ceux qui font la guerre à un peuple pour arrêter les progrès de la liberté et anéantir les droits de l’homme, doivent être poursuivis par tous, non comme des ennemis ordinaires, mais comme des assassins et des brigands rebelles.
IV. Les rois, les aristocrates, les tyrans, quels qu’ils soient, sont des esclaves révoltés contre le souverain de la terre, qui est le genre humain, et contre le législateur de l’univers, qui est la nature.
DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN PROPOSÉE PAR MAXIMILIEN ROBESPIERRE


Imprimée par ordre de la Convention nationale
.


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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par poussbois le Jeu 9 Jan 2014 - 18:32

C'est un très beau texte. Le discours des enragés en est un autre et de nombreux autres aussi, vibrants, touchants et plein d'enthousiasme. La grande lucidité de ces hommes et femmes sur les excès du régime monarchique, les outils de gestion sociale et financière qu'ils s’apprêtaient à mettre en oeuvre, tout fait écho. La qualité de leurs discours nous entraine avec eux.
Mais leurs actes... ce qu'ils en on fait. Voila qui rend d'autant plus amer.

Puisque tu parles du "boucher", parlons également médecine. Pour guérir il faut un diagnostic, une stratégie de traitement, une chirurgie, des soins et une prophylaxie. Robespierre et il n'est pas le seul c'est arrêté à l'étape de la chirurgie. C'est dramatique car avec le même nombre de morts, s'il avait pu survivre et créer la première vraie démocratie européenne, on le regarderait peut-être dans livres comme un des plus grands hommes d'état.



Que j'aurais pu co-signer, faut voir. Je suis également un lecteur de Bentham (en bon libéral !) et je trouve sa critique de la déclaration des droits de l'homme assez difficile à contourner. Il faudrait donc retoucher quelques bricoles à l'esprit de ce discours pour éviter de se faire planter par le premier utilitariste anglo-saxon venu. Wink

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par neopilina le Jeu 9 Jan 2014 - 19:35

poussbois a écrit:Que j'aurais pu co-signer, faut voir. Je suis également un lecteur de Bentham (en bon libéral !) et je trouve sa critique de la déclaration des droits de l'homme assez difficile à contourner. Il faudrait donc retoucher quelques bricoles à l'esprit de ce discours pour éviter de se faire planter par le premier utilitariste anglo-saxon venu. Wink

Tout à fait, c'est cruellement d'actualité. On peut, on doit, revoir tout ça, à l'aune de constats qu'on peut tous faire. Robespierre en a bien saisi l'esprit:
" Art. I. - La propriété est le droit qu’a chaque citoyen de jouir et de disposer de la portion de biens qui lui est garantie par la loi.
II. Le droit de propriété est borné, comme tous les autres, par l’obligation de respecter les droits d’autrui.
III. Il ne peut préjudicier ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l’existence, ni à la propriété de nos semblables.
IV. Toute possession, tout trafic qui viole ce principe est illicite et immoral ".

J'aime bien la fin aussi : "
IV. Les rois, les aristocrates, les tyrans, quels qu’ils soient, sont des esclaves révoltés contre le souverain de la terre, qui est le genre humain, et contre le législateur de l’univers, qui est la nature ".

Il se trouve que je débouche métaphysiquement sur une position semblable !

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par poussbois le Jeu 9 Jan 2014 - 21:04

Des esclaves révoltés... C'est bien vu, on se demande si c'est le hasard des formules littéraires, si c'est un simple retournement de symbole, ou si c'est déjà les prémices de la dialectique du maître et de l'esclave.

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par neopilina le Jeu 9 Jan 2014 - 22:02

Ce n'est pas la première fois que de justes causes génèrent leurs " Barbus ",  pc  .
( Encore une fois je cours après un bouquin introuvable,    . )

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par hks le Jeu 9 Jan 2014 - 23:41

à neo

Mon problème ( je l'ai souligné plus haut  ) est que je ne vois pas de justification à la terreur . A la terreur au sens  strict  de terrification du supposé adversaire. Cet argument  est celui des jacobins de la période ( la" terreur" est ainsi bien nommée ) .
 cf Hiroshima  même argument , car c'est un argument. Je n'accepte pas l'argument.
Je considère que vu ce qu'on a vu  on ne peut plus l'accepter.
cf ce que dit   Santayana de la mémoire .

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par neopilina le Ven 10 Jan 2014 - 0:01

à hks,

Au dessus dans le fil, j'ai clairement dit ce que je pensais de Robespierre, c'est même moi qui suit à l'origine de la digression à son propos, en rebondissant sur une formule de baptiste. Je ne justifie rien surtout pas la Terreur, je déplore, clairement comme dit au-dessus : " Que de tels mouvements, a priori complétement justifiés, dégénèrent ainsi est un des grands lieux communs de l'histoire,    ". Ou encore, je constate que de justes causes génèrent elles aussi leurs " Barbus ". Tous les Mister Hyde du monde ne rêvent que d'une chose, qu'on leur ouvrent la " porte " en grand. Et c'est ce qui arrive avec les Idéologies, les Doctrines, les Religions, etc, etc. ET c'est toujours eux qui l'emportent sur les Gentils.

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par hks le Ven 10 Jan 2014 - 9:46

à neo
D'accord avec toi.

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par baptiste le Ven 10 Jan 2014 - 9:55

hks a écrit:à neo

Mon problème ( je l'ai souligné plus haut  ) est que je ne vois pas de justification à la terreur . A la terreur au sens  strict  de terrification du supposé adversaire. Cet argument  est celui des jacobins de la période ( la" terreur" est ainsi bien nommée ) .
 cf Hiroshima  même argument , car c'est un argument. Je n'accepte pas l'argument.
Je considère que vu ce qu'on a vu  on ne peut plus l'accepter.
cf ce que dit   Santayana de la mémoire .


Expliquer n’est pas excuser, je préfère préciser pour éviter les malentendus. Robespierre et Saint Just, voulaient établir une République démocratique et vertueuse, une République de petits propriétaires indépendants tous dévoués au bien commun. A leur décharge, on peut dire qu’ils ne disposaient pas d’une expérience et d’un équipement institutionnel et doctrinal aboutis, même pas balbutiants puisqu’ils le construisaient. Mais leur histoire nous montre tout de même le risque majeur de rechercher un ordre moral pour fonder une société nouvelle où l’efficacité de la vertu serait l’assurance du bonheur.

Ceci étant dit la liste des erreurs qui les ont conduis à basculer est longue. Armé de la seule foi dans une philosophie politique insuffisamment fondée, ils ont surestimés leurs compétences, ils ont ignoré le poids des systèmes en places, des institutions et des rapports sociaux qui restent les moteurs de l’évolution de l’histoire et du progrès des sociétés, ce que certains appellent les « on » coupables. Leur personnalité, leur refus de tout compromis à fait le reste, dans un monde anarchique ou régnait en maître les complots, elle les conduisit à prendre certaines libertés avec des institutions normalement autonomes ce qui a fini par monter leurs proches les uns contre les autres puis contre eux jusqu’à mettre en route la terreur par réaction à leur propre peur, l’engrenage fatal de la surenchère qui les conduira à leur perte. Ils n’avaient pas la volonté d’être des tyrans, c’était totalement contraire à une philosophie politique ancrée au plus profond d’eux-mêmes,  mais ils vivaient dans un univers en désordre protégé ni des autres ni d’eux-mêmes par des institutions autonomes.
C’est ce qui faisait dire à Arendt que les vrais amoureux de la liberté doivent d’abord accepter une restriction de celle-ci.
Ensuite l’événement était suffisamment violent pour être mythologisé chaque camp voyant dans ces événements ce qu’il avait envie d’y voir et uniquement ce qu’il avait envie d’y voir.

Eutyphron, je reviens sur le fou de Pascal, je connais cet aspect, mais je pense qu’en l’occurrence il ne s’agit pas de cette folie, il y a chez Robespierre du doute même lorsqu’il décide d’envoyer Danton à la mort, il y a un véritable conflit intérieur. Il me semble, bien que sa conviction d’avoir raison soit inébranlable, que l’élément psychologique soit tout de même une clé de compréhension non négligeable de ses actes, il n'avait que 35 ans et devait faire face à une multitude d'ennemis qui complotaient jusqu'à menacer sa vie, mais bon je peux me tromper.

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par hks le Ven 10 Jan 2014 - 12:00

à baptiste

mais ils vivaient dans un univers en désordre protégé ni des autres ni d’eux-mêmes par des institutions autonomes.
Exact. J' ai vu hier soir le film ""Lincoln "". Didactique  mais très intéressant  justement en cela.
Le film tourne autour de la tentative (réussie ) de faire adopter le 13 eme amendement. Dans  une période de guerre et de menace aux frontières (comme on dit ) on voit ( dans le cas  présenté ) la persistance d' un solide socle de droit. Ce que peut être un état de droit est très bien montré.

Ceci étant dit la liste des erreurs qui les ont conduis à basculer est longue.
Bien d'accord pour dire qu'il y a un "basculement" contraire au projet. Ce qui choque doublement si j'ose dire . Parce qu'ils n' étaient pas parti dans cette optique. Robespierre et St Just n'étaient sans doute pas des meurtriers pathologiques.
Sans garde fous, sans un socle de droit  intangible qui les contraigne déjà mentalement, ils basculent. On aurait pu espérer à tout le moins  l' existence d'un socle éthique fort (chez des lecteurs de Beccaria ), lequel socle semble aussi avoir fait défaut.


Dernière édition par hks le Ven 10 Jan 2014 - 23:19, édité 1 fois

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par Courtial le Ven 10 Jan 2014 - 13:51

Il est concevable que le socle politique fort soit non la cause, mais l'effet de la Révolution, en France.
Certains y voient la matrice du Progrès à la française : il n'advient qu'après une explosion de violence.

A croire que le Français est viscéralement marxiste  

Quoi qu'il en soit, ce qui peut surprendre, c'est que le problème de la philosophie, ou le problème qu'il y a avec la philosophie, c'est Robespierre et la Révolution française...

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par poussbois le Ven 10 Jan 2014 - 14:59

Il me semble aussi c'est ce que j'ai dit plus haut.

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par victor.digiorgi le Ven 10 Jan 2014 - 15:15

.

Quelqu'un peut-il me dire ce que signifie :

« Dans «L’Humanité», un certain Guillaume Mazeau parle de « la politique sociale de la Terreur » ! »

(Avec la distance, tout ne me parvient pas de façon très claire de ma douce France)

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par victor.digiorgi le Ven 10 Jan 2014 - 16:09

.

Et « la politique sociale de la terreur », ça serait un projet actuel ? Une chose à envisager réellement à notre époque ? Un réel désir de « guillotiner » réellement du monde dans une entreprise révolutionnaire réelle ?

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par neopilina le Ven 10 Jan 2014 - 16:30

Depuis que l'homme est homme, les puissances de la Réaction n'ont jamais " entendu " qu'un seul " argument ". Je le déplore ouvertement. " ... de laboratoire du politique ", ça sent déjà le Verbe. Et on sait ce que ça donne toujours, j'ai bien aimé le mot de poussbois, " ... et on cherche encore l'omelette ".

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par victor.digiorgi le Ven 10 Jan 2014 - 17:22

.

En fait, je me pose la question par rapport à la France, où paraît-il on brûle des voitures par milliers, où un humoriste est mêlé à des histoires incompréhensibles faisant même intervenir l'État, où des salariés mettent en prison leurs patrons dans leurs usines.

Je ne parviens plus à déchiffrer ...

(Sans parler du fait que ça fait deux fois en huit ans que le versement de ma pension de retraite complémentaire française est interrompue et que je dois chaque fois envoyer des tonnes de lettres recommandées pour que les caisses concernées reprennent le cours normal de leurs versements ...) (Mais, ça c'est personnel, et ça ne concerne pas une somme énorme, sauf que ça me fait réfléchir à ce que ma mère appelait la « Pauvre France » pendant les deux dernières guerres qu'à connu son (mon) pays ...)

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par euthyphron le Ven 10 Jan 2014 - 17:42

Courtial a écrit:Quoi qu'il en soit, ce qui peut surprendre, c'est que le problème de la philosophie, ou le problème qu'il y a avec la philosophie, c'est Robespierre et la Révolution française...
Oui, cela s'appelle un hors-sujet.
Sans réussir à y revenir, une réponse à Baptiste : je ne dis pas que Robespierre est fou, je dis que je l'imagine ainsi, fou de cette folie d'homme exclusivement raisonnable. Et si je m'imagine, tel Mickey à travers les siècles, plongé dans cet univers, je sais bien que je ferais partie de la première charrette dès lors que je demanderais la permission de continuer mon activité de philosophe.

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par poussbois le Ven 10 Jan 2014 - 18:20

Personnellement, je trouve que tout ça a parfaitement à voir avec la philosophie.

Quel intérêt de philosopher si c'est pour faire partie des premiers convois de sacrifiés, ou option inverse, pour finir par faire partie des victimaires, ou enfin, pour ne pas avoir de bras et malgré toutes ses belles théories échafaudées sur la morale, l'éthique voir passer les convois sans jamais arriver à en arrêter un seul...

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par euthyphron le Ven 10 Jan 2014 - 18:38

Faire parti du premier convoi de sacrifiés n'est pas un but, mais un résultat.
La philosophie n'a pas de bras, c'est exact. Mais il est permis de faire parfois autre chose que philosopher.

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par victor.digiorgi le Ven 10 Jan 2014 - 18:46

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La philosophie me semble permettre de chercher, sinon trouver un fil conducteur des idées, même ténu, par-delà les siècles et les millénaires.

Platon --- Paul de Tarse --- Rousseau Révolution Robespierre --- Commune de Paris --- Mazeau dans l'Humanité --- État incompréhensible de la France actuelle (incompréhensible pour quelqu'un vivant depuis longtemps loin du pays, s'entend) ---

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par neopilina le Ven 10 Jan 2014 - 19:09

Je ne me souviens ni de l'auteur, ni de la formule exacte, mais c'est à propos de la " Critique de la raison pure " qu'un philosophe a dit, en substance que c'était bien beau mais elle n'a pas de bras. Mais on a vu qu'on pouvait en dire autant d'Heidegger ( Voir Arendt dans le lien filé par hks, etc. ), Sartre, etc.
Mais pourquoi donc, à cause de quoi,     ,      .

Edit. J'ai retrouvé la citation, c'est en fait de Péguy à propos du kantisme en général : " Le kantisme a les mains pures mais il n'a pas de mains ".
Là : " http://www.philolog.fr/le-kantisme-a-les-mains-pures-mais-il-na-pas-de-mains-peguy/

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Re: Quel est le problème avec la philosophie ?

Message par victor.digiorgi le Ven 10 Jan 2014 - 20:35

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Remplaçons « main » par « tête » et ça reste valable ...

Kant sort des idioties avec une candeur effarante, et sans même se rendre compte un seul instant qu'elles en sont.

Ce qui donne l'illusion d'avoir un génie avec Kant, c'est le verbiage d'un enfumage perpétuel, où le plus souvent se trouvent certes des pensées, des arguments, des affirmations valables, mais qui peut aussi endormir le plus vigilant des observateurs-lecteurs au point de le rendre littéralement aveugle aux énormités proférées souvent en toute « innocence » par Kant.

La plus grosse, celle qu'on ne voit pas, ou qu'on ne veut pas voir, c'est que toute la Raison pure annonce la mort de Dieu, alors que la Raison pratique annonce la bonne santé de ce personnage. La contradiction ne peut s'expliquer que par le sens de la famille. Par la piété de Madame Kant mère que, même devenu grand, le petit Emmanuel ne voulait pas décevoir.

Nietzsche disait que le système d'un philosophe, c'est sa confession ...

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