La Philosophie Antique et le Problème de la Modalité de l’être :

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La Philosophie Antique et le Problème de la Modalité de l’être :

Message par Scolastique le Mar 23 Mar 2010 - 11:37

La Philosophie Antique et le Problème de la Modalité de l’être :



Première Partie : Platon Et L’être :







Pourquoi parle –t-on souvent des problèmes en Philosophie ?Le problème est-il une composante inhérente à la Philosophie même ?La philosophie est –elle un processus d’élimination de problèmes ( Comme la Science est un processus d’élimination d’erreurs , à en croire la Définition de Popper (1) !) ou sert-elle à en créer d’avantage ?Qu’est ce qu’un problème d’ailleurs ?

Nous appelons Problème tout obstacle surgissant lors de l’avancement d’un mécanisme quelconque , et puisque on parle de Philosophie, on va se blottir dans le mécanisme de la pensée !! L’obstacle donc est dans la pensée même, il n’est pas donné du dehors,ni imposé par les choses…Dès lors , le seul critérium objectif auquel un philosophe puisse se référer pour se convaincre que la question à laquelle il s’attache n’est ni fictive ni artificielle , qu’elle a un fondement réel ( Tant pis pour ce mot !) dans la nature de la spéculation philosophique, lui est strictement fourni par l’analyse des diverses doctrines qui se sont produites dans l’histoire,car cette réflexion sur l’histoire n’est point une vaine curiosité puisqu’elle est susceptible de permettre à notre méditation individuelle de sortir de l’incapacité et de l’isolement pour communier avec la pensée de l’humanité…

Autant donc de nous adresser à l’histoire ,et d’essayer de nous reconstituer un point de vue sur les différentes théories auxquelles de grands penseurs ont successivement attaché leurs noms, ce point de vue loin de nous ériger en des « Encyclopédistes » en la matière,va nous permettre néanmoins de goûter quelques « Berlingots » philosophiques remontant à une époque où la Cité Grecque fleurissait de ses philosophes , dont on garde un énorme patrimoine intellectuel et qui reste – à mon humble avis – d’actualité !

C’est
Aristote qui a introduit dans la philosophie le problème de la modalité c'est-à-dire la distinction entre le Possible, le Réel et le Nécessaire,ce problème ne paraît pas avoir été connu avant Aristote, en tout cas , il semble que c’ait été chose toute nouvelle d’y avoir apporté tant de subtilité et tant de précision….

Est-ce à dire ce pendant que le problème de la signification même de l’
être n’eût pas été aperçu par les prédécesseurs d’Aristote ? Nullement ! Le problème existait bien avant, seulement ce n’était pas un problème purement Logique, du moment où ils ne se demandaient guère ce que c’est que l’être, mais plutôt ce qui pourrait être !L’être pour eux n’avait pas besoin de définition, c’est lui qui définit, tel est le caractère commun de tous les Anté- Socratiques : Pour les Pythagoriciens ( Ces mathématiciens de l’Antiquité) comme pour les éléates ( Parménide et Zénon de la Flèche et de la Tortue !!!)
«
être est , et le non être n’est pas » telle était la seule thèse valable !Jusqu’à ce qu’un Platon eût fait face sur la scène avec sa longue barbe et sa calvitie ( Je tiens cette précision du Tableau de Raphaël !!) Ce Platon là en lequel se conservait la Dialectique Morale de Socrate et Logique Mathématique des Pythagoriciens, va nous être la source de biens douces amères réflexions !!!!

Le Jugement de l’être est sans doute réel en tant qu’acte de l’intelligence : Mais cette réalité Formelle est vide ! Pour que la pensée soit vraie il faut qu’elle soit la pensée de quelque chose (
2). Le jugement de l’affirmation de l’être est vrai si son objet existe. Comment concevoir l’existence de l’objet ? On ne peut le chercher dans le monde sensible, puisqu’ à une chose sensible conviennent tour à tour des prédicats contradictoires !Et ainsi tout jugement porté sur le réel se contredit et se détruit même. L’ignorance donc et l’habitude nous font user et même abuser de la catégorie de l’être, or c’est une catégorie à supprimer. Ce qui est contradictoire n’est pas, et ainsi le principe de l’identité permet d’assigner un premier caractère à l’objet du jugement vrai : Il faut que l’objet en question soit exempt de Contradiction…..Mais cette condition là ?Est-elle suffisante ?Elle n’est à vrai dire qu’une condition négative, donc nullement suffisante ,admettons une opinion portée sur une chose quelconque, que cette opinion de la chose soit vraie ,dans l’opinion ( le jugement ) y ‘a-t-il de l’identité de l’être ou de la pensée ?Si cette objet est une chose,on peut évidement y distinguer des parties : D’où il faut conclure qu’un jugement rationnel devrait tenir compte des parties ,ainsi toute définition portée sur la chose est subordonnée à la connaissance des parties, ces derniers seront reçues à titre d’hypothèses, et dont la multiplicité rend la synthèse douteuse et susceptible d’erreur, Voilà pourquoi selon Platon : La Science véritable est celle qui n’a pas d’hypothèses !(3), elle est celle qui a pour objet l’unité, non pas l’unité des parties mais l’unité sans parties, toute idée est unité, l’unité est l’idée par excellence ,la science absolue est celle dont le jugement est porté sur l’ Un lui appliquant la catégorie de l’être

Partant de la soi –disant science absolue :Et son analyse dans le
Parménide,son jugement fondamental : Que celui de L’Un et l’application de la Catégorie de l’être,L’Un peut-il être sans contradiction l’objet de l'être?L’Un convient à l’être, cette proposition peut avoir en effet deux interprétations toutes différentes :
-Soit : « L’
Un est un » : C'est-à-dire que ce qui est , c’est l’unité par rapport à soi,ceci donc est un jugement de relation, on y distingue l ‘Un sujet, et l’un prédicat, et par cela même l’unité est fortement niée !!
-Soit : « L’
Un est ! » : C'est-à-dire poser l’unité non pas comme unité mais comme être , et donc ajouter à l’Un l’être, ce qui revient à dire qu’encore une fois l’unité est niée…De cette première contradiction découle une infinité de contradictions, voilà pourquoi dans la Philosophie de Platon il ne peut y avoir de Jugement Absolu, correspondant à une Science Absolue, il y’a au sein du jugement contradiction : Ainsi le jugement d’existence ne convient pas à l’un : Le Bien , nous dit Platon dans la ‘République’ est au-delà de l’existence
« Comment le serait-il ?
- Affirme donc aussi que le bien ne procure pas seulement aux choses connues le fait d'être connues, mais que leur être, comme leur essence aussi, leur viennent en outre de lui, alors que le bien n'est pas une essence, mais qu'il est encore au-delà de l'essence, l'excédant en aînesse et en puissance. »
(
4) …. Et dans son livre Le ‘Sophiste’ Platon pousse au plus loin son analyse , il nous y dit que le Non – être ne peut aucunement participer à l’existence néanmoins est-il vrai que « Le Non- être est le Non- être ! » .
« L'ÉTRANGER :Alors n'est-il, comme tu l'as dit, inférieur en être à aucune autre chose, et faut-il dès lors affirmer hardiment que le non-être a une existence solide et une nature qui lui est propre, et, comme nous avons dit que le grand est grand et le beau est beau, et que le non-grand est non grand et le non beau est non beau, ne dirons-nous pas de même que le non-être était et est non-être au même titre, et qu'il compte pour un genre dans la multitude des genres ? Ou bien aurions-nous encore, Théétète, quelque doute là-dessus ? »
, n’y voit-on pas que le jugement de relation s’applique, au passé, au présent, et au futur, à l’être comme au non-être , cela nous suffit-il à concevoir qu’il n’est nullement susceptible d’exactitude (5),la conclusion que nous fait Platon dans son livre ‘ Théétète’ est définitive ( pour l’auteur bien sûr !) , la Science Absolue est transcendante à l’activité intellectuelle humaine :
«Et c’est le comble de la naïveté de nous dire à nous qui cherchons la science, que c’est l’opinion droite avec la science de la différence ou de toute autre chose. Ainsi, Théétète, la science n’est ni la sensation, ni l’opinion vraie, ni la raison ajoutée à l’opinion vraie. »
,le monde sensible est contradiction de l’être ,comme l’acte de l’intelligence est contradiction de la Vérité éternelle….

La Philosophie de Platon bien que riche et féconde ayant largement contribué à la pensée humaine, et sa méthode Dialectique à laquelle nous sommes redevable d’avoir dégagé les caractères essentiels du jugement qui son l’
être et l’Un , ne nous permettent pas d’avoir une détermination positive et précise quant au rapport qui unit l’être au jugement ..



Scholies :


(1) :Sir Karl Popper dans « La Logique de la découverte scientifique »( Je ne me rappelle plus de la page !!)
(2) Parménide : 132 c
(3) République : VI ,511b
(4) République : VI, 509b
(5) Timée : 38b

A suivre..


Dernière édition par Scolastique le Ven 26 Mar 2010 - 11:09, édité 1 fois

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Re: La Philosophie Antique et le Problème de la Modalité de l’être :

Message par Tenzin Dorje le Mer 24 Mar 2010 - 18:00

Scolastique a écrit:Pourquoi parle–t-on souvent des problèmes en Philosophie ? Le problème est-il une composante inhérente à la Philosophie même ? La philosophie est–elle un processus d’élimination de problèmes ( Comme la Science est un processus d’élimination d’erreurs, à en croire la Définition de Popper (1) !) ou sert-elle à en créer d'avantage ? Qu’est ce qu’un problème d’ailleurs ?
Au regard d'une approche sociologique, nous pourrions dire qu'une question telle que "à quoi que ça sert ?" se présente comme le topos du discours pragmatique ou libéral.


Scolastique a écrit:Nous appelons Problème tout obstacle surgissant lors de l’avancement d’un mécanisme quelconque , et puisque on parle de Philosophie, on va se blottir dans le mécanisme de la pensée !! L’obstacle donc est dans la pensée même, il n’est pas donné du dehors, ni imposé par les choses…

Dans ton 1er paragraphe, tu demandes si la philosophie "sert" à créer des problèmes. Je m'interroge à quel point une telle interrogation est ouverte, et si le point d'interrogation qui ponctue la question n'est pas un stratagème, lequel garanti le malentendu. Dans ce deuxième paragraphe, en revanche, tu parles du problème (= le problème en général) comme étant, si je reformule, immanent à la pensée. C'est déroutant comme la notion de pensée à surgit, elle, dans ton exposé, comme une identification tardive et inexpliquée à la philosophie. Ce que j'applaudis, en revanche, c'est que si la philosophie "pose problème", "crée du problème", "est un problème (pour elle-même, peut-être)", tu parles de "philosophie de la problématique qui est elle-même inhérante à la philosophie, laquelle est, comme je (tu) viens de le dire, problématique". La question que je te poserai, cela dit (ce qui n'empêche que ton texte me parle et que j'y trouve de l'enthousiasme, un éclair dans la nuit, peut-être un brin de génie ou de fureur philosophique - et je suis sincère) la question que je te poserai, disais-je, est la suivante : si la philosophie est un problème pour elle-même, ou si elle "crée des problèmes", pourquoi alors est-ce que tu interroges la philosophie par elle-même ? Le problème qu'elle est, qu'elle pose, qu'elle crée, ne devrait-il pas la rendre indisposée à se résoudre elle-même ? En fait, peut-être que tu ne fais pas de la philosophie, que ta démarche n'est pas philosophique. Peut-être aussi qu'une démarche philosophique qui se sert d'outils qui ne sont pas dans le camp de la philosophie (mais de la science, de la religion, d'autres disciplines) n'est-elle plus tout à fait problématique, peut se résoudre enfin elle-même.


Ton texte m'interpelle, en tous les cas. Mais je suis fatigué et sur un autre projet, je laisse donc ici mes commentaires.

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Re: La Philosophie Antique et le Problème de la Modalité de l’être :

Message par Scolastique le Ven 26 Mar 2010 - 10:19

la question que je te poserai, disais-je, est la suivante : si la philosophie est un problème pour elle-même, ou si elle "crée des problèmes", pourquoi alors est-ce que tu interroges la philosophie par elle-même ? Le problème qu'elle est, qu'elle pose, qu'elle crée, ne devrait-il pas la rendre indisposée à se résoudre elle-même ? En fait, peut-être que tu ne fais pas de la philosophie, que ta démarche n'est pas philosophique. Peut-être aussi qu'une démarche philosophique qui se sert d'outils qui ne sont pas dans le camp de la philosophie (mais de la science, de la religion, d'autres disciplines) n'est-elle plus tout à fait problématique, peut se résoudre enfin elle-même.





Salut Adam, heureux suis-je en effet que vous accordiez tant d’importance à un texte aussi anodin que le mien, ceci dit que j’ai toujours aimé vous lire ,à vous, et les autres membres,je suis ici pour apprendre, j’ai beaucoup appris dans ce forum que j’aime bien, et qui me semble le meilleur en la matière ,j’ai tant appris moi qui ne suis somme toute qu’un amateur de Philosophie !

Maintenant que vous m’interrogiez sur la Philosophie ( Dont la définition est problématique),et pourquoi est-ce que j’interroge la Philosophie qui est elle-même problématique sur la problématique de l’être ?


Oups !

Je répondrais non pas sans ambiguïtés : « Que toute la philosophie est question pour elle-même ! » Et que ce que je voulais ici évoquer ( Et je dis bien évoquer)C’ est la problématique de l’être dans l’histoire de la philosophie Antique, donc je n’interroge pas la philosophie ,enfin pas plus que j’interroge l’histoire de la philosophie !Mais, est - ce à dire pour autant que la Philosophie est la réflexion et l’argumentation ?Mmmmmm, non je ne crois pas que ce soit dans ce sens que les grands philosophes militaient ( Veuillez me corriger si je me trompe !) Ainsi Kant faisait du « Que puis- je espérer ? Que puis- je savoir ?» les questions fondamentales de sa philosophie et non pas « Comment argumenter « l’impératif catégorique » !!!On n’est pas non plus dans la « Philosophia Ancilla Théologiae »
: Philosophie servante de théologie qu’un certain intellectualisme scolastique prônait, non…

Si l’on assimile l’existence à un jeu ,je crois qu’il serait propre à la Philosophie de s’interroger sur le terrain du jeu ( L’Univers!) les lois du jeu (La morale !) et le but du jeu (Spiritualité !), mais S’INTERROGER ne veut nullement dire TRANCHER…


Voilà, merci infiniment.

Scolastique
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la modalisation

Message par sacha le Jeu 5 Mai 2011 - 12:39

comment pourrions étre au coeur de la modalisation et préserver notre identité et notre cultuure ? mercii d"avance

sacha
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