Le Banquet, Analyse

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Le Banquet, Analyse

Message par cedric le Mer 6 Mar 2013 - 10:39

- Mais je te laisse, toi, pour vous réciter le discours sur l' Amour que j'ai entendu jadis de la bouche d'une femme de Mantinée, Diotime, laquelle était savante en ces matières et en bien d'autres. C'est elle qui jadis avant la peste fit faire aux Athéniens les sacrifices qui suspendirent le fléau pendant dix ans ; c'est elle qui m'a instruit sur l'amour, et ce sont ses paroles que je vais essayer de vous rapporter, en partant des principes dont nous sommes convenus, Agathon et moi ; je le ferai comme je pourrai, sans le secours d'un interlocuteur. Il faut que j'explique, comme tu l'as fait toi-même, Agathon, d'abord la nature et les attributs de l' Amour, ensuite ses effets. Le plus facile est, je crois, de vous rapporter l'entretien dans l'ordre où l'étrangère l'a conduit en me posant des questions. Moi aussi, je lui disais à peu près les mêmes choses qu' Agathon vient de me dire, que l' Amour était un grand dieu et qu'il était l'amour du beau ; elle me démontra alors, par les mêmes raisons que je l'ai fait à Agathon, que l'amour n'est ni beau, comme je le croyais, ni bon.

( p.68-69 )


Socrate se prépare à réciter le discours sur l' Amour qu'il a jadis reçu de la part d'une femme, Diotime, qui l'a pour ainsi dire initié à la philosophie. Avec la figure de Diotime, une femme, nous sommes mis en présence avec le maître à penser de Socrate lui-même, qui se révèle être une femme. Or, cette femme était une étrangère, symboliquement quelqu'un qui n'appartenait pas à la société athénienne, partant qui ne participait pas de ses codes et qui pouvait, par conséquent avoir d'emblée un certain regard sur ces codes, un certain recul. La figure d'une femme peut laisser penser que Platon opère ici implicitement une critique de l'éducation d'alors, et de l'échange sexuel, homosexuel, que cette éducation présupposait. Avec l'enseignement de Diotime, nous avons droit à une éducation pour aussi dire « libre », et émancipée de l'échange sexuel.

Diotime était donc une femme savante en bien des domaines. Socrate indique qu'elle fit faire aux athéniens des sacrifices qui permirent de suspendre la peste qui faisait ravage. Ce qui signifie que Diotime, le maître à penser de Socrate, était une prêtresse, une prophétesse, un médium et non pas une « scientifique ». La « science » de Diotime est donc étroitement liée à sa qualité de prêtresse.

Socrate va donc essayer de rapporter le discours qu'il a reçu de Diotime, l'enseignement qu'il a reçu d'elle, et indique qu'il s'agira de partir des principes qui ont été convenus entre lui et Agathon, ces principes correspondant aux prémisses formalisées précédemment.

Il convient, comme déjà dit, de parvenir à dire pour Socrate quelle est la nature de l'amour ( dimension ontologique ), ensuite de dire quels sont ses effets ( dimension pragmatique qui se tient dans une implication de la dimension ontologique ).

Nous apprenons que cette manière de philosopher en posant des questions, Socrate l'a tient de Diotime, son maître, et que, à l'époque où elle a transmis son savoir à Socrate, où elle l'a initié à la philosophie, Socrate lui-même possédait un savoir d'homme d'athènes emprunt de mythologie, croyant que l'amour était un grand dieu et qu'il était l'amour du beau.


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