Le Banquet, Analyse

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le Banquet, Analyse

Message par cedric le Lun 4 Mar 2013 - 14:08


- Phèdre, comme je l'ai dit d'après le rapport d'Aristodème, parla le premier et commença ainsi : « C'est un grand dieu qu'Eros, un dieu digne de l'admiration des hommes et des dieux, pour bien des raisons, mais surtout pour son origine. Il a l'honneur de compter parmi les dieux les plus anciens, et la preuve, c'est qu'il n'a ni père ni mère et que ni prosateur ni poète ne lui en attribuent ; mais Hésiode affirme que le Chaos exista d'abord,
puis la terre au large sein, éternel et sûr fondement de toutes choses, et Eros.
Pour lui, c'est donc après le Chaos que naquirent ces deux êtres : la Terre et Eros. D'un autre côté, Parménide dit de la Génération :
Elle songea à Eros avant tous les dieux.
Accousilaos est du même sentiment qu'Hésiode. C'est ainsi que l'on s'accorde de différents côtés à voir dans Eros un des plus anciens dieux.

( p.40-41 )

C'est donc Phèdre qui le premier prend la parole et dresse le premier éloge d'Eros. Or, si Eros est digne d'éloge, c'est, premierement pour le poète Phèdre, parce qu'il est un dieu ancien, pour son origine. Le premier argument en vertu duquel Eros est digne d'éloge réside donc pour Phèdre dans l'ancienneté de son origine. Puisqu'il est ancien, le dieu Eros est admirable. Afin d'appuyer cet argument, Phèdre fait référence à Hésiode et à Parménide, dont il délivre une simple citation. En effet, Hésiode, poète célèbre pour avoir réécrit la mythologie grecque, affirme que le Chaos exista d'abord. D'autre part, Parménide, philosophe présocratique, affirme quant à lui que la génération songea à Eros avant tous les dieux.

On peut d'ores et déjà constater que le premier argument en faveur duquel Eros est loué est un « argument » qui n'en est pas un, puisqu'il s'agit de dire que le dieu Eros est le plus ancien, ou compte parmi les plus anciens. Or, l'ancienneté, d'un point de vue philosophique, n'est en rien un gage de qualité ni de dignité. Le premier argument de Phèdre est donc purement sophistique, et ne fait que renvoyer, en réalité à une simple adéquation à la parole des poètes anciens. Ici, Phèdre tient un discours dont la vraisemblance s'accorde aux discours des poètes fondateurs de la grèce antique. En d'autre termes, son argument est de ceux que l'on appelle tout simplement un argument d'autorité, c'est à dire posé tel quel mais qui n'est en réalité pas du tout un argument philosophique. Pour Phèdre, c'est la tradition grecque des poètes qui tient lieu de réalité, et donc discourir de manière à s'accorder à cette tradition fait pour lui office de vraisemblance.


cedric
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 440
Date d'inscription : 02/06/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum