Husserl, Méditations Cartésiennes 3

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Message par Bergame le Lun 24 Sep 2007 - 23:20

Olaf, Philautarchie



Husserl, Méditation 3 : Les problèmes constitutifs. Vérité et réalité.



La méditation 3 est un peu courte, mais elle touche un point essentiel, qui est la nature de l’évidence. Contrepoint : elle est assez formelle. Car si l’évidence est une synthèse du noétique et du noématique, comment peut-on être certain de sa vérité ? Il y aurait des synthèses qui renverraient au faux, à l’irréel, et il importe à la réflexion transcendantale de les étudier pour les dégager de ce qui est réel. Cela nous donnera un accès vers le monde.

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I – La synthèse de confirmation

On l’a vu dans la Méditation 2, la conscience de, c’est l’intention d’un objet intentionnel ou sens objectif. Le problème qui se pose maintenant à Husserl est celui de la vérité et de la réalité de ce qui se passe dans la conscience. Husserl fait ici une phénoménologie de la raison. Il affirme tout de go que la raison pense logiquement l’être, et l’irrationalité, le non-être. Les prédicats « vrai », « faux », « est », « n’est pas », trouvent leur origine dans la conscience.

Husserl rapporte les prédicats « vrai » et « faux » à l’intention, et les prédicats « est » et « n’est pas » au sens objectif. Dans ces conditions, toute conscience est :
- soit une évidence. Ici, l’objet est présenté lui-même à la conscience, en personne ; il est donné en tant que réel, il est.
- soit subordonnée à une autre conscience, qui elle sera une évidence. Ce lien de subordination est en fait une autre synthèse, une synthèse de vérification qui va confirmer la possibilité d’être ou non une évidence.

Cette vérification synthétique donne le mode de réalité de l’objet intentionnel : être, non-être ; mais aussi les variations modales de l’être : possible, probable, ou encore douteux.

L’introduction de la notion de possibilité va mettre au jour l’opposition entre le réel et le quasi-réel. Est réel ce qui est. Ce qui n’est pas réel est imaginaire. Tout ce qui est imaginaire est possible, concevable, c’est un « comme si ». Les modes de conscience qui lui correspondent ont des potentialités de réalisation d’une évidence. Ce mode de réalisation de l’évidence est celui de « l’éclaircissement » ou « élucidation ». Dans l’éclaircissement, on va d’une intuition confuse à ce que Husserl appelle une intuition pré-figurante. Cette intuition pré-figurante, donne maintenant la possibilité d’être du contenu de l’évidence.

Résumons :
- L’intuition confuse a seulement une potentialité de devenir une évidence.
- L’éclaircissement réalise cette évidence.
- L’intuition pré-figurante donne la possibilité d’un contenu de cette évidence.

Ce qu’il est important de noter ici, c’est que vérité et réalité sont seulement dits des objets en tant qu’ils valent pour-moi. La valeur que je leur attribue est en fait un mode de la croyance. La croyance repose dans la subjectivité transcendantale comme mode de positionnement de la conscience, aussi ce qui est vrai pour-moi est évident.


II – Monde réel et idéal

Objet réel et objet intentionnel
Ici, Husserl pose le problème de la connaissance. Il va se demander quel est le rapport qu’entretient l’objet réel existant avec l’objet intentionné. Car il n’est pas dit qu’ils coïncident. Mais dans la connaissance, lorsque conscience pense par évidence, Husserl posera l’adéquation entre les deux. Il y a immanence de l’objet réel existant avec l’objet intentionné, mais cette immanence est d’ordre idéal.

Stabilité de l’évidence

Et donc idéalement, je peux toujours revenir à une évidence acquise ; je peux toujours la reproduire. Cette possibilité de reproduction donne la stabilité à l’évidence. C’est même l’imaginaire, le possible, qui va faire que le monde réel et le monde idéal sont des évidences qui ont une stabilité. De ce point de vue, l’acte singulier de saisie d’une évidence est pour-moi ; mais l’être, l’évidence en général est en soi. En particulier, monde réel et monde idéal sont en-soi.

Relation de la conscience au monde
Le monde est donné, selon l’expérience externe, comme un ensemble d’évidences remplies ou non remplies par un sens objectif. C’est le caractère imparfait de certaines évidences, le fait qu’elles ne soient pas remplies, qui va pousser les évidences à s’enchaîner, s’associer dans des séries à l’infini. L’expérience externe est la seule vérification confirmante, elle donne de la vérité aux évidences. C’est-à-dire que le monde entre dans un double rapport avec la conscience : d’une part il la transcende nécessairement, et d’autre part, le monde réellement existant ne peut apparaître que par une synthèse dans la conscience.

Réalité et idéalité
Husserl nous conduit alors à un paradoxe : l’objet réel est lui-même présent dans la conscience, mais en tant qu’évidence idéelle pour-moi. C’est-à-dire que l’objet réel, et a fortiori le monde réel, est une idée infinie. L’idée est une synthèse d’expériences possibles, expérimentées dans le monde réel.

Systèmes transcendantaux d’évidence
Le nœud de l’exploration d’Husserl est donc l’évidence synthétique. Il va maintenant se pencher sur la tache de l’explicitation transcendantale du moi. Il s’agit d’élucider la structure essentielle des objets dans le monde :
- d’un point de vue du concept logique formel, idéal
- d’un point de vue matériel, réel (notamment, l’homme, la culture, etc.)


Conclusion

La Méditation 3 nous a appris que l’évidence doit être vérifiée, mais qu’elle ne peut l’être que par l’expérience. S’ouvre alors à nous un monde d’évidences idéales et d’objets réels. Husserl va dans la Méditation 4 s’attacher à penser les problèmes de constitution de l’ego au sein de ce monde.

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