De la moraline.

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Re: De la moraline.

Message par Bergame le Jeu 12 Jan 2017 - 10:00

Exactement !

Et d'ailleurs, cette question a des ramifications particulièrement profondes et intéressantes puisqu'elle s'expose : "Qu'est-ce que la philosophie ?"

Je me sens de plus en plus en phase avec toi, baptiste, qu'est-ce qui se passe ?

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Re: De la moraline.

Message par maraud le Jeu 12 Jan 2017 - 10:17

@ Baptiste

On arrive aisément à un tel constat quand on a pris goût à la myopie intellectuelle par le plaisir d'examiner indéfiniment une même question sous toutes ses perspectives, mais toujours en la prenant par le plus petit côté, afin de s'assurer le plaisir sans cesse renouvelé d'aboutir à la même et rassurante conclusion plus ou moins insignifiante. Mais qu'importe, puisque le but est de se faire du bien... Et comme dirait l'autre: " quand on a la tête en forme de marteau, on cherche des problèmes en forme de clous"
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Re: De la moraline.

Message par chapati le Jeu 12 Jan 2017 - 14:19

Bergame a écrit:Je me sens de plus en plus en phase avec toi, baptiste, qu'est-ce qui se passe ?  
Je compatis, mon vieux !

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Re: De la moraline.

Message par hks le Sam 14 Jan 2017 - 23:51

baptiste a écrit:C'est aussi en cela que la participation à un forum peut paraître à certain une difficulté insurmontable, on y rencontre des gens qui pensent différemment, qui troublent une quiétude atteinte au bénéfice d'une auto mystification.
oui bon et bref ...tu parles de gens qui ne sont pas là.
Ceux qui sont là n' éprouvent pas une "difficulté insurmontable".

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Re: De la moraline.

Message par Bergame le Dim 15 Jan 2017 - 1:29

CQFD.

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Re: De la moraline.

Message par Vanleers le Dim 15 Jan 2017 - 15:01

maraud a écrit:
Lorsque l'on se pose des questions et que ces questions restent sans réponses, notre insistance peut nous amener à un état de crise. Crise qui ne trouve son dénouement que dans une révolution, un changement de paradigme, autrement dit: un changement de notre façon d'être et de penser. Ainsi, lorsque nos questions de sens commun ne trouvent pas de réponses dans la doxa, on évolue alors vers la philosophie et, de la même façon, lorsque nos questionnements philosophiques achoppent, on en vient invariablement à les inscrire dans une approche métaphysique; c'est cela que j'entends par "parcours initiatique autonome" ( sans maître et sans disciple; on s'initie soi-même. C'est peut-être le parcours le plus casse-gueule, mais c'est aussi le plus noble)

Le constat me paraît pertinent.
Je m’interroge toutefois sur la notion de « parcours initiatique autonome ». Je pense que rares sont ceux qui sont capables de s’initier eux-mêmes sans faire appel à des maîtres et que, le plus souvent, c’est dans un dialogue critique avec des maîtres que l’on peut s’initier à une nouvelle vision du monde.

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Re: De la moraline.

Message par Vanleers le Lun 16 Jan 2017 - 9:15

maraud a écrit:@ Baptiste

On arrive aisément à un tel constat quand on a pris goût à la myopie intellectuelle  par le plaisir d'examiner indéfiniment une même question sous toutes ses perspectives, mais toujours en la prenant par le plus petit côté, afin de s'assurer le plaisir sans cesse renouvelé d'aboutir à la même et rassurante conclusion plus ou moins insignifiante. Mais qu'importe, puisque le but est de se faire du bien... Et comme dirait l'autre: " quand on a la tête en forme de marteau, on cherche des problèmes en forme de clous"

Très juste.
Tout philosophe bricoleur vous le dira : l’homme à la tête en forme de tenaille n’est pas antinomique de l’homme à la tête en forme de marteau. Les deux se complètent utilement.

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Re: De la moraline.

Message par maraud le Lun 16 Jan 2017 - 13:26

Oui,Parcours initiatique autonome, cela ne présume de rien, sinon d'une aventure...un peu casse-gueule, mais inévitable quand l’incommodité qui nous pousse à réfléchir ne trouve pas de palliatif dans un autre domaine que celui de la spiritualité. Parcours signifiant qu'il y a en effet des possibles; initiatique pour dire que ce cheminement touchant à l'être, quelque chose en nous changera nécessairement et enfin autonome pour indiquer que je ne suis pas persuadé qu'une initiation "normée", pratiquée auprès de Maîtres soit adaptée à celui dont la culture n'intègre pas ce genre d'initiation ( risque inévitable de rencontrer une secte, un "gourou"etc). Il est, à mon avis, logiquement inconcevable qu'une initiation en vaille une autre: il y a là des distinctions à opérer, et un certain criticisme à déployer.
Bricoleur oui, à la façon d'un artiste en quête d'autre chose que de la gloire, la renommée, la fortune. Une initiation intuitive, est en quelque sorte une proto-initiation, qui nous permet d'envisager une approche qui nous permette d'avancer dans la pénombre, pour ne pas se retrouver dans un inconnu total, voire, dans le noir ( d'autant qu'il y en a pour prétendre que l'on peut passer de l'obscurité à la Lumière en un tour de main; ce qui me fait penser qu'il fût un temps où l'on prétendait soigner des troubles "mentaux" à coups d’électrochocs; parce que des "initiés" qui voient le monde profane avec des yeux "d'éléctrochoqués", j'en croise quelques uns...). D'un point de vue purement intellectuel, la tête en forme de marteau ou de tenaille entretient nécessairement un rapport avec le clou ( une complémentarité est en effet possible).

Le tort de certains, vient peut-être du fait que le statut de bricoleur ne leur apparaît pas comme suffisamment valorisant, alors ils "jouent" aux affranchis, et par là-même partent avec un sérieux handicap qui, s'il ne rend pas l'avancée improbable, ne les mène de toutes façons pas très loin.

Il y a, à l'évidence, en occident, un esprit de "sérieux" supposé ,qui, ne daignant pas considérer ce qui leur apparaît comme un enfantillage oriental( la métaphysique), en vient paradoxalement à mener une existence puérile... Ajoutant, pour la bonne mesure, que cet esprit n'est coupable de rien car il est probable qu'il n'ait pas les moyens de dépasser ses déterminations ( la vérité profitable par exemple)
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Re: De la moraline.

Message par Vanleers le Lun 16 Jan 2017 - 15:16

A maraud

Je vous ai lu avec intérêt, plusieurs fois, mais peine à vous comprendre. J’essaierai d’y revenir plus complètement.
Pour le moment, je voudrais développer l’idée que, pour bien vivre, il est opportun de suivre à la fois deux philosophies inconciliables.
A titre d’exemple, suivre à la fois le Dr. Spinoza and Mr. Pyrrhon.
Je me place dans la perspective de la philosophie, à l’époque hellénistique où elle se présentait comme un mode de vie, un art de vivre, une manière d’être. Rappelons que l’époque hellénistique vit s’affronter dogmatiques (Stoïciens et Epicuriens) et sceptiques.
Or, il s’avère, expérimentalement et contre toute attente, que le bricolage improbable qui consiste à associer une philosophie dogmatique (cf. le spinozisme) et une philosophie sceptique (cf. le pyrrhonisme) a des vertus salvatrices inattendues.

Je rapproche ceci de la dualité de la force normale, directe, dite Cheng, et de la force extraordinaire, indirecte, dite Ch’i dans l’art de la guerre chinois. Dans cet art que décrit Sun Tzu, on ne peut vaincre que lorsque ces deux forces sont employées, concomitamment.

Ce n’est pas très sérieux, j’en conviens, mais ça marche et rejoint peut-être ce que vous écrivez sur l’esprit de sérieux en Occident à la fin de votre post.

Bien à vous

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Re: De la moraline.

Message par maraud le Lun 16 Jan 2017 - 20:06

Les hellènes sont tombés sous la plume de l'un de mes auteurs préférés, malgré toute l'admiration que Nietzsche m'avait communiquée d'eux. Ce qui n'enlève rien à l'apport formidable que constitue, surtout, les présocratiques.

Vanleers a écrit:Pour le moment, je voudrais développer l’idée que, pour bien vivre, il est opportun de suivre à la fois deux philosophies inconciliables.

Alain disait qu'une vérité pouvait chasser une erreur mais pas l'inverse, alors je pense qu'en effet, vivre un paradoxe philosophique n'est pas problématique puisque, par définition, la philo est " para doxa". Ainsi deux philosophies en apparence opposées, peuvent très bien s'envisager comme harmonieuses sous une autre perspective que celle de la dialectique ( harmonie apparente est inférieure à harmonie non apparente)


Il perdure encore dans la culture chinoise, une dose de Tradition, et j'ai pu constater à quel point tout ce qui vient des très très anciennes traditions est facile, plaisant et d'une pertinence de plus en plus criante.

PS: il faudrait peut être ne pas trop digresser et restituer ce fil à Néo.
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Re: De la moraline.

Message par neopilina le Mar 17 Jan 2017 - 1:24

(

maraud a écrit:PS: il faudrait peut être ne pas trop digresser et restituer ce fil à Néo.

Il n'y a absolument aucun souci : comme je l'ai dit, je posterais quand je pourrais, quand ça viendra. Je bute sur l'aspect économique, dynamique, du problème. Les deux choses ainsi générées sont très dissemblables formellement. Mais je pense que les deux économies, ainsi générées, par le schisme moralisant, une ambivalence, ambiguïté, ignorance, radicales, constitutives du Sujet et d'ordre névrotique quant à la femme ( Et quant une femme pense, dit, " Salope ", il est parfaitement clair qu'elle le pense, le dit, très exactement comme un homme, ça mérite d'être noté ! ), sont tout autant similaires et perverses, proprement infernales, l'une que l'autre. J'y reviendrais quand j'aurais mieux. Dialectiquement, j'ai le sentiment, extrême prudence exigée, d'avoir circonscrit une " aire ", un " contenant ", etc., mais je ne vois les entrailles de, les rouages de, ce qui meut, etc., cette Bête à deux têtes furieuses ( L'Oeil pornographique qui voit, et ô combien, mais ne se voit pas, et l'Amour fou selon Breton, etc., déclinables à souhaits, du génie au crétin. ). Et tu m'accorderas que pour pouvoir cogner à grands coups de marteaux, façon Fredo, sur un truc, il faut bien l'avoir saisi. Enfin bref, tu as au moins parfaitement compris que ... je rame !  

)

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Re: De la moraline.

Message par Vanleers le Mar 17 Jan 2017 - 6:46

maraud a écrit:Les hellènes sont tombés sous la plume de l'un de mes auteurs préférés, malgré toute l'admiration que Nietzsche m'avait communiquée d'eux. Ce qui n'enlève rien à l'apport formidable que constitue, surtout, les présocratiques.

Pouvez-vous préciser ? Cela m’intéresse.

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Re: De la moraline.

Message par maraud le Mar 17 Jan 2017 - 10:07

On dit d'Epicure qu'il aurait prononcé, sur son lit de mourant: " c'est le plus beau jour de ma vie !", ce qui ne me séduit pas ( stoïcisme masochiste), en revanche, on lui prête aussi d'avoir dit, toujours sur son lit de mort: " c'était bien!" et là, ça me parle...


Imaginons qu'il fut un temps où les hommes se disaient: "c'est bien..."; puis un autre où ils se disaient: "avant c'était bien.."; puis: "mais ce sera donc toujours comme ça ..?!" ; pour finalement se dire: "ça va être de pire en pire..."

Je pense que les hellènes se disaient: "avant s'était bien"; donc je tourne mon regard vers ceux qui disaient: "c'est bien", c'est-à-dire ceux dont on ne sait que peu de choses, sinon qu'ils nous étaient ontologiquement supérieurs.

Alors, oui, quand Nietzsche nous vante leur densité ontologique, ou leur " superficialité par profondeur", on peut admirer les hellènes, mais quand Platon ( dans le timée, par exemple, nous apprend que les égyptiens traitaient les grecs " d'enfants", on est tenté d'aller voir un peu ce qu'étaient ces égyptiens et leurs prédécesseurs, pour découvrir qu'en effet quelque chose était avant...)
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Re: De la moraline.

Message par Bergame le Mar 17 Jan 2017 - 10:18

Oui mais c'est discutable. Tu ne connais pas l'hypothèse de Burckhardt sur le pessimisme grec ? L'un des traits saillants de la culture grecque, disait Burckhardt, est l'idée selon laquelle "mieux vaudrait ne pas être né".

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Re: De la moraline.

Message par maraud le Mar 17 Jan 2017 - 11:24

C'est un point de vue qui vaut pour celui qui voudrait suivre Burckhardt, mais personnellement, je crois que ce point de vue a donné tout ce qu'il pouvait ou devait donner. J'entends bien ce qu'on me dit des grecs, et j'y prête attention, mais je ne m'interdis pas d'aller voir au delà de ce préjugé " classique" qui consiste à tout ramener aux seul grecs, comme s'ils étaient une génération spontanée; ce qui au reste ils sont pour partie, et malheureusement pas à leur avantage.

Mais, je l'ai déjà dit ailleurs: je suis décliniste et, sans une dose de doctrine hindoue, je serai probablement en train d'épiloguer, non pas sur le pessimisme, mais sur le désespoir..
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Re: De la moraline.

Message par Vanleers le Mar 17 Jan 2017 - 14:47

Epicure a écrit:Il est vide, le discours du philosophe qui ne soigne aucune affection humaine. De même en effet qu’une médecine qui ne chasse pas les maladies du corps n’est d’aucune utilité, de même aussi une philosophie, si elle ne chasse pas l’affection de l’âme.

Je me place dans cette perspective épicurienne, remise à l’honneur par Pierre Hadot, de la philosophie comme manière de vivre.

Il me semble que les écoles hellénistiques, épicurienne et stoïcienne, ainsi que les Sceptiques, disaient : « Tout est bien ».

Je n’ai pas vu que ces philosophes prônaient un « mieux vaudrait ne pas être né »

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Re: De la moraline.

Message par maraud le Mar 17 Jan 2017 - 18:49

Tout à fait!

Dit comme cela par Bergame , cela ne prête pas à conséquence, mais répété "trop" souvent et colporté à tort et à travers, cela peut finir par le résultat suivant: les hellènes étaient des Punks.
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Re: De la moraline.

Message par neopilina le Mar 17 Jan 2017 - 19:50

maraud a écrit:... cela peut finir par le résultat suivant: les hellènes étaient des Punks.

Merci Maraud ! Tout à fait, ou encore de radieux, fringants, ivres de cette fameuse grande Santé, métaphysique donc, païens. Avant, jusqu'à Socrate ( Qui à toute mon estime, la chute aurait inexorablement eut lieu. ). C'est pour ça que l'usage des historiens de la formule " Grèce archaïque " pour cette période me mine. Mais même ce prisme historique, relativement à la Grèce dite " classique ", considérée à tort donc comme acmé, fait partie de l'histoire du monde. Mais suite aux intuitions, efforts, etc., de Nietzsche, Heidegger, et tant d'autres, des philologues, chacun à leur façon,  nous en revenons, ça me plait. Un quelconque " arrière monde " ne les intéressaient pas, ils se trouvaient très bien Ici, avec le Dieu en Lisière.

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Re: De la moraline.

Message par Vanleers le Mer 18 Jan 2017 - 7:42

Dans la perspective, reprise de l’Antiquité grecque, où la philosophie est une manière de vivre, si philosopher ne procure pas l’allégresse, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche.

La philosophie est une « moraline », au sens d’un produit, ici réel et non imaginaire, qui donne le moral (et non au sens de Nietzsche).

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Re: De la moraline.

Message par neopilina le Mer 18 Jan 2017 - 12:44

Vanleers a écrit:La philosophie est une « moraline », au sens d’un produit, ici réel et non imaginaire, qui donne le moral (et non au sens de Nietzsche).

Certaines philosophies sont des fruits de la moraline, terme forgé par Nietzsche pour justement distinguer au sein du terrible fourre tout qu'est un terme comme " morale ". On peut voir de la " moraline " partout ( Voire la condition féminine en Inde, hindoue, polythéiste donc, etc. ) mais son parangon philosophique, métaphysique, ultime est le monothéisme : il en fait un Dieu, une religion puis avec Christ et le Prophète, des religions. Globalement et principalement, c'est cela que dénonce, rejette, vomit, maudit, décortique, anathèmise, etc., etc., Nietzsche qui en est lui-même, et il le sait parfaitement, une des plus grandes, au sens de grandiose, et donc tragiques, comme il se doit, victime. Idem pour le romantisme dont il a été, et qu'il reconnaîtra comme un des fruits de la moraline, et donc qu'il rejettera avec la même fureur, à travers le cas de Wagner. Il a " vu " à quoi ça pouvait mener ( Heureusement qu'il n'a pas vu. Et j'en dis autant pour Christ et Marx. ). Et pour paraphraser Nietzsche, même si Dieu est mort, son poison coule toujours dans nos veines. Il faut quand même le dire, il a eu une vie de merde, maudite au dernier degré par la moraline, et sa grandeur notoire et d'avoir voulu en guérir le Monde, et là, il a fait beaucoup, énormément, pour cela. Il faut poursuivre, nous poursuivons notoirement grâce à lui. Nietzsche est un tel Hurlement, une telle Souffrance, et même si c'est aux antipodes de la Position de Nietzsche, il y en a un autre parfaitement similaire, et c'est Sade.

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Re: De la moraline.

Message par Vanleers le Mer 18 Jan 2017 - 14:58

neopilina a écrit:
Nietzsche est un tel Hurlement, une telle Souffrance, et même si c'est aux antipodes de la Position de Nietzsche, il y en a un autre parfaitement similaire, et c'est Sade.

Vous connaissez peut-être l’extraordinaire film de Guy Debord : « Hurlements en faveur de Sade ».

Totalement jubilatoire.

Sans doute avez-vous noté que j’utilisais le terme « moraline » en me référant à la définition « produit imaginaire permettant de donner le moral » (Wikipédia) et non au sens de Nietzsche.

Vous écrivez que la grandeur notoire de Nietzsche est d’avoir voulu guérir le monde de la moraline.
Mais n’est-ce pas en montrant qu’en réalité le monde n’en avait jamais été malade.
Mais il est vrai que « C'est à pas de colombes que les Déesses s'avancent. »

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Re: De la moraline.

Message par neopilina le Mer 18 Jan 2017 - 15:25

( à Vanleers, j'ai vu ton message ci-dessus en postant le mien ci-dessous. )

Mon corpus, à moi, sur Nietzsche, est assez restreint ( Je n'ai même pas toutes les oeuvres achevées. ), par contre sur Sade, il est pléthorique, carrément à la pointe des recherches auxquelles je participe ( C'est moi qui ai découvert le plus ancien imprimé qu'on a de lui actuellement, ma bibliographie de celui-ci est actuellement la plus complète, etc. ). Auteur clandestin, souterrain, à tous points de vue, je connais même un peu l'histoire de son impression et de sa diffusion. Il paraîtrait, j'insiste, je ne suis pas en mesure de le constater moi-même, que le " mot " " Sade " n'apparaît jamais sous la plume de Nietzsche. Plus, Eric Blondel qui introduit mon édition de " Ecce Homo " et de " Nietzsche contre Wagner ", en un volume, chez " GF-Flammarion ", écrit, je cite : " ... les romans du marquis de Sade (que Nietzsche n'a pas pu lire), ... " Je le réfute catégoriquement. J'affirme catégoriquement qu'il en avait toute la latitude, si des gens en avait la possibilité c'est bien ceux de sa condition. Tout ce que Sade imprime se retrouve quasiment en temps réel imprimé, traduit ou pas, notamment, surtout, en Allemagne ( Je possède une édition originale reliée dans un atelier allemand. ) qui imprime, traduit, lit, jusqu'à nos plus insignifiantes, consternantes, brochures, des journaux allemands impriment en français, il faut un peu se souvenir ce qu'est notre langue en Europe à cette époque, c'est la langue des diplomates, toute l'aristocratie puis les nouvelles élites européennes parlent français. On sait aujourd'hui que Sade est partout au XIX° siècle, mais bien sûr, ça ne se dit pas. Je vais plus loin : vu sa position sociale, le gout de Nietzsche pour les auteurs français, etc., j'affirme qu'il l'a lu et qu'il a décidé de ne pas en parler. Préface du " Gai savoir " ( Ruta, près de Gênes, Automne 1886. ), dans le 4° et dernier paragraphe, je cite, italiques, guillemets, de Nietzsche : "

Nietzsche a écrit:Il y a une chose que nous ne savons aujourd'hui que trop bien, nous hommes de savoir : oh comme nous apprenons désormais à bien oublier, à bien ne pas savoir, comme artistes ! Et pour ce qui est de notre avenir : il n'y a guère de chance pour qu'on nous trouve sur les traces de ces adolescents égyptiens qui, la nuit, font des temples des endroits peu sûrs, enlacent les statues, et veulent dévoiler, découvrir, exposer au grand jour absolument tout ce qu'on a de bonnes raisons de tenir caché. Non, ce mauvais gout, cette volonté de vérité, de " vérité à tout prix ", cette démence d'adolescent dans l'amour de la vérité - nous fait horreur : nous avons trop d'expérience, nous sommes trop sérieux, trop joyeux, trop brûlés, trop profonds pour cela. Nous ne croyons plus que la vérité reste vérité si on lui ôte ses voiles; nous avons trop vécu pour croire à cela. C'est pour nous une question de décence aujourd'hui que de ne pas vouloir tout voir dans sa nudité, de ne pas vouloir se mêler de tout, de ne pas tout comprendre et " savoir ". " Est-il vrai que le bon Dieu est présent partout ? ", demandait une petite fille à sa mère : " mais je trouve cela inconvenant " - avis aux philosophes ! On devrait tenir en plus haute estime la pudeur avec laquelle la nature s'est cachée derrière des énigmes et des incertitudes chamarrées. Peut être la vérité est-elle une femme qui a de bonnes raisons de ne pas laisser voir ses raisons ? Peut-être son nom est-il, pour parler grec, Baubo ? "

Et on trouve immédiatement à la suite, " Plaisanterie, ruse et vengeance. Prélude en rimes allemandes ", paragraphe 3, intitulé " Intrépide ", je cite :

Nietzsche a écrit:" Où que tu te tiennes, creuse profondément !
La source est au-dessous !
Laisse les sombres crier :
" Ce qu'il y a au-dessous - c'est l'enfer ! "

Avec un tel propos, programme, il ne pouvait que perdre son combat le plus intime, pour lequel il a lui-même forgé " moraline ", parce que s'il y a bien un combat qui exige, catégoriquement, lien de cause à effet, un passage par l'Enfer, et à chacun le Sien, c'est celui-là : c'est le dit Enfer qui génère la dite " moraline ". Et cela même participe profondément de la déconnexion du réel que je reproche à Nietzsche, la toute première cause étant la moraline elle-même, dont il est d'abord un éminent fruit, et qui parle encore directement dans ces deux citations. Homère, déjà, l'avait compris, distingué, pour Enfer, il dit " Mer du Couchant ". Sade complète idéalement Homère, qui a lui-même beaucoup de mal à appeler un chat un chat. Et fatalement, c'est à dire de façon comptable, il fallait bien qu'un jour quelqu'un s'y colle, " aux passions ", et autres " volitions ", " folle du logis ", etc. Sade était tout indiqué ! Et d'ailleurs, j'y retourne de ce pas, brigander ! Quel luxe ? Il faut alors absolument préciser qu'il coûte très cher : celui qui en ressort n'est pas, n'est plus, ne peux pas être, celui qui s'y ait aventuré. Avis aux philosophes.


Dernière édition par neopilina le Mer 18 Jan 2017 - 23:39, édité 1 fois

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Re: De la moraline.

Message par maraud le Mer 18 Jan 2017 - 17:27

Néo a écrit:Nietzsche a écrit:
Il y a une chose que nous ne savons aujourd'hui que trop bien, nous hommes de savoir : oh comme nous apprenons désormais à bien oublier, à bien ne pas savoir, comme artistes ! Et pour ce qui est de notre avenir : il n'y a guère de chance pour qu'on nous trouve sur les traces de ces adolescents égyptiens qui, la nuit, font des temples des endroits peu sûrs, enlacent les statues, et veulent dévoiler, découvrir, exposer au grand jour absolument tout ce qu'on a de bonnes raisons de tenir caché. Non, ce mauvais gout, cette volonté de vérité, de " vérité à tout prix ", cette démence d'adolescent dans l'amour de la vérité - nous fait horreur : nous avons trop d'expérience, nous sommes trop sérieux, trop joyeux, trop brûlés, trop profonds pour cela. Nous ne croyons plus que la vérité reste vérité si on lui ôte ses voiles; nous avons trop vécu pour croire à cela. C'est pour nous une question de décence aujourd'hui que de ne pas vouloir tout voir dans sa nudité, de ne pas vouloir se mêler de tout, de ne pas tout comprendre et " savoir ". " Est-il vrai que le bon Dieu est présent partout ? ", demandait une petite fille à sa mère : " mais je trouve cela inconvenant " - avis aux philosophes ! On devrait tenir en plus haute estime la pudeur avec laquelle la nature s'est cachée derrière des énigmes et des incertitudes chamarrées. Peut être la vérité est-elle une femme qui a de bonnes raisons de ne pas laisser voir ses raisons ? Peut-être son nom est-il, pour parler grec, Baubo

Voilà un passage que je pourrais tout aussi bien reprendre dans le sujet " à chacun son Dieu"; en tous cas, je ne vois pas ici le plus petit départ de poil de c.. d'une quelconque influence sadienne.
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Re: De la moraline.

Message par neopilina le Mer 18 Jan 2017 - 23:50

maraud a écrit:Voilà un passage que je pourrais tout aussi bien reprendre dans le sujet " à chacun son Dieu";  en tous cas, je ne vois pas ici le plus petit départ de poil de c.. d'une quelconque influence sadienne.

Des fois tu me déroutes.  . Mon propos, que j'étaye avec ces deux citations c'est ceci : non seulement, matériellement, Nietzsche a pu lire Sade, mais en plus, j'affirme qu'il a décidé de ne pas en parler, de ne pas aller sur ce terrain, ce qu'illustre selon moi les citations. Que je fais terminer par " Baubo " ! Il a fallu des décennies pour que ce garçon puisse se décider à faire imprimer un tel mot ! Juste après ce qui le précède, il y a un sursaut, une pulsion de vérité ! Il indique, malgré les réticences développées avant, là où ça se passe, l'Enfer nommé dans " Intrépide ".

Pour ceux qui ne savent pas, c'est la vulve, au sens le plus cru qui soit en grec ancien ( Une peu notre " Chatte ", mais foncièrement innocente. ). Initialement Baubo est une brave servante de Déméter, à qui Hadès a enlevé sa fille, Perséphone. Alors pour dérider un peu sa maîtresse, Baubo a une idée. Assise, jambes écartées, elle relève brusquement ses vêtements pour montrer son intimité ! Savaient rigoler les Grecs !

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Re: De la moraline.

Message par Vanleers le Jeu 19 Jan 2017 - 9:18

A neopilina

Vous êtes obnubilé par le sexe de Lola.
Vous êtes en proie à cette affection de l'esprit que Spinoza appelle « admiration » et la moraline ne fait rien à l’affaire.

Cordialement


Dernière édition par Vanleers le Jeu 19 Jan 2017 - 14:17, édité 1 fois

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Re: De la moraline.

Message par Vanleers le Jeu 19 Jan 2017 - 9:53

L’allégresse naît de l’approbation inconditionnelle de la vie.
On dira peut-être : « Si vous approuvez la vie inconditionnellement, alors vous approuvez la moraline (au sens nietzschéen) »
Clément Rosset a démonté ce qu’il appelle  « le syllogisme du bourreau » :

Clément Rosset a écrit:Vous approuvez ce qui existe,
Or le bourreau existe,
Donc vous approuvez le bourreau.

Voir « Le démon de la tautologie » (Minuit 1997)

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