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Schopenhauer, Nietzsche et l'éternel retour

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Message par SocioConstructiviste le Ven 26 Avr 2013 - 12:07

Bonjour à tous.

C’est en picorant le Monde comme volonté et représentation que je suis tombé par hasard sur ce passage que j’ai extrait du § 54 :

« Voilà un homme qui aurait solidement incorporé à sa manière de penser les vérités exposées jusqu’ici, sans être en même temps conduit par sa propre expérience, ou par une plus vaste intelligence à reconnaître que la souffrance durable est l’essence de toute vie, un homme qui serait bien plutôt satisfait par la vie, qui s’y sentirait parfaitement bien, et qui, après mûre réflexion, souhaiterait la durée infinie, ou le retour toujours renouvelé, du cours de sa vie tel qu’il en a fait l’expérience jusqu’ici, et dont le courage de vivre serait développé au point qu’il serait volontiers prêt à payer le prix de tous les maux et de toutes les peines sous lesquels croule la vie pour pouvoir profiter de ses plaisirs. »
J’ai été frappé par la ressemblance avec l’éternel retour de Nietzsche. Étant donné que je connais très mal Schopenhauer, je n’arrive pas à saisir ce qui pourrait différencier ces deux auteurs dans cette idée d’un « retour toujours renouvelé » pour l’un, d’un « éternel retour du même » pour l’autre… Notons que selon Nietzsche, cette idée lui était venue spontanément à l’esprit en contemplant un rocher :

« Je parcourais ce jour-là la forêt, le long du lac de Silvaplana ; près d’un formidable bloc de rocher qui se dressait en pyramide, non loin de Surlei, je fis halte. C’est là que cette idée m’est venue. » (Ecce homo).

Des connaisseurs de Nietzsche et de Schopenhauer seraient-il susceptibles de m’éclairer ? :)
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Message par victor.digiorgi le Ven 26 Avr 2013 - 19:13

.

En fait, l'idée de l'éternel retour est vieille comme le monde. Une recherche Internet peut en livrer l'histoire.

Ce qui me semble différencier l'éternel retour de Nietzsche de celui qu'on trouve régulièrement avant lui, y compris chez Schopenhauer, c'est que le sage de Sils Maria me semble vouloir dire que la RÉALITÉ de la chose lui a SAUTÉ AUX YEUX.

Dans le passage du Zarathoustra intitulé « De la vision et de l'énigme », c'est ça qu'il dit. Il parle d'une chose qu'il a VUE. Il pense par ailleurs (d'après moi) être le seul à avoir vue jusque là cette chose, cette énigme.

« c’est à vous seuls que je raconte l’énigme que j’ai vue, — la vision du plus solitaire. — »

.
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Message par Invité le Mer 20 Fév 2019 - 22:59

Moi j'ai ça à vous mettre sur le billard (Humain trop humain II, préface §1 et opinions et sentences mêlées 5) :
[...] Lorsque, par la suite, je voulus, dans la troisième Considération inactuelle, exprimer la vénération que je portais à mon premier et seul éducateur, le grand Arthur Schopenhauer — je le ferais aujourd’hui encore, bien plus fortement et d’une façon plus personnelle — je me trouvais déjà, pour ma part, au milieu du scepticisme et de la décomposition morale, c’est-à-dire autant occupé à la critique qu’à l’approfondissement de tout pessimisme — je ne croyais plus « à rien du tout », comme dit le peuple, pas non plus à Schopenhauer : c’est à cette époque que naquit un mémoire, tenu secret jusqu’ici, sur la vérité et le mensonge au sens extra-moral. [...]

PÉCHÉ ORIGINEL DES PHILOSOPHES. — Les philosophes se sont emparés de tous temps des axiomes de ceux qui étudient les hommes (moralistes) ; il les ont corrompus, en les prenant dans un sens absolu et en voulant démontrer la nécessité de ce que ceux-ci n’avaient considéré que comme indication approximative, ou même seulement comme la vérité particulière à une ville ou à un pays pendant une dizaine d’années — ; mais par là les philosophes croyaient s’élever au-dessus des moralistes. C’est ainsi que l’on trouvera, comme bases des célèbres doctrines de Schopenhauer concernant la primauté de la volonté sur l’intellect, l’invariabilité du caractère, la négativité de la joie — qui toutes, telles qu’il les entend, sont des erreurs — des principes de sagesse populaire érigés en vérités par des moralistes. Le mot « volonté » que Schopenhauer transforma pour en faire une désignation commune à plusieurs conditions humaines, l’introduisant dans le langage là où il y avait une lacune, à son grand profit personnel, pour autant qu’il était moraliste — dès lors il put parler de la « volonté » le mot de la même façon dont Pascal en avait parlé —, le mot « volonté » chez Schopenhauer dégénéra entre les mains de son inventeur, à cause de sa rage philosophique des généralisations, pour le plus grand malheur de la science : car c’est faire de cette volonté une métaphore poétique que de prétendre attribuer à toutes les choses de la nature une volonté ; enfin, on en a abusé par une fausse objectivation, en vue de l’utiliser à toutes sortes d’excès mystiques — et tous les philosophes à la mode répètent et semblent savoir exactement que toutes choses n’ont qu’une seule volonté et qu’elles sont même cette seule volonté (ce qui voudrait dire, d’après la description que l’on donne de cette volonté une et universelle, que l’on veut absolument avoir pour Dieu le stupide démon).
Sachant que dans la préface §1 du premier Humain trop humain on trouve ça :
[...] Peut-être qu’on pourrait souvent me reprocher à cet égard bien des espèces d’« artifice », bien du subtil faux-monnayage : par exemple que j’aie, en toute conscience et volonté, fermé les yeux à l’aveugle désir que Schopenhauer a pour la morale, à une époque où j’étais déjà assez clairvoyant touchant la morale ; item, que je me sois abusé moi-même sur l’incurable romantisme de Richard Wagner, comme s’il était un commencement, non une fin ; item sur les Grecs, item sur les Allemands et leur avenir — et peut-être y aurait-il encore toute une longue liste de semblables items ? — Mais supposé que tout cela fût vrai et me fût reproché à bon droit, que savez-vous, que pourriez-vous savoir de ce qu’il y a de ruses, d’instinct de conservation, de raisonnement et de précaution supérieure dans de pareilles tromperies de soi-même, — et ce qu’il me faut encore de fausseté, pour que je puisse toujours et toujours me permettre le luxe de ma vérité ?… Il suffit, je vis encore : et la vie n’est pas après tout une invention de la morale : elle veut de la tromperie, elle vit de la tromperie… mais n’est-ce pas ? voilà que je recommence déjà, et fais ce que j’ai toujours fait, moi vieil immoraliste et oiseleur — et que je parle de façon immorale, extra-morale, « par delà le bien et le mal » ?
Sacré Friedrich !

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