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Biologie et racisme

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Message par Saint-Ex Lun 1 Avr 2024 - 13:38

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Les anthropologues prennent les armes contre la « science raciale »

Lors de leur réunion annuelle, les anthropologues biologistes ont commencé à élaborer un manuel pour contrecarrer l'utilisation abusive et raciste de la recherche scientifique.

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Message par baptiste Mar 2 Avr 2024 - 8:40

Saint-Ex a écrit:.


Les anthropologues prennent les armes contre la « science raciale »

Lors de leur réunion annuelle, les anthropologues biologistes ont commencé à élaborer un manuel pour contrecarrer l'utilisation abusive et raciste de la recherche scientifique.

.

Ben voila une opportunité de continuer une réflexion engagée ailleurs. Effectivement « scientifiquement parlant » le racisme qui prétends distinguer les humains en fonction de leur origine ethnique est une inanité biologique. Maintenant est-ce que cette connaissance va changer la donne ? Franchement, j’en doute, démontrer que le concept de race est une ineptie ne suffira pas à ce qu'il continu d'être utilisé pour justifier d'opinions politiques ou sociales.

Le racisme est de toutes les époques et toutes les régions du monde. Pour Aristote les peuples naissent différent ce qui justifie l’esclavage, idem pour les Romains.  Dans l’Europe chrétienne du Moyen Âge, l’infidèle est rejeté. Les pratiques d’exclusion des Juifs l’enfermement, l’expulsion ou la conversion forcée, instituent légalement ce qui relevait avant de l’antijudaïsme ordinaire. En 1449 la très catholique Espagne publie des édits sur la pureté du sang – limpieza de sangre  . En l’état de la science de l’époque, on ne saurait parler d’une théorie génétique de l’impureté du sang juif, mais on peut parler d’un moment historique de la haine traditionnelle des Juifs qui s’institutionnalise. Au xixe siècle,  le phénomène s’accélère avec la production d’un fatras idéologique autorisant les projets les plus extravagants. La pureté de la race, l’homogénéité du peuple deviennent les principes rassembleurs sur lesquels les États-nations s’édifieront dans les « sorties d’empire ». Des peuples entiers seront sacrifiés à ces  croyances. De tous ces mythes, l’aspect le plus nocif est celui qui a affirmé à l’échelle d’un pays la primauté de l’espèce sur l’individu. Dès lors, on passe d’une réalité à une abstraction, une hypostase. Qu’elle se nomme peuple ou race, cette abstraction exige des sacrifices. De nombreux savants qui n’ont pas contrôlé les brèches éthiques qu’ouvraient leurs théories mal assurées portent une part de responsabilité.  Mais  la liste des philosophes qui ont participé de ce discours raciste depuis les lumières jusqu’à Heidegger est impressionnante. Affirmant traiter de l’homme, ils n’ont pas protégé l’homme contre une inhumanité de l’homme pour l’homme.

Il est parfois admis, à propos du racisme, qu’il se justifierait dans une  réaction émotionnelle de défense  de sa collectivité ce que la connaissance des mécanismes de nos émotions permet de justifier.

Je serais curieux de savoir ce que la métaphysique dit du racisme d'hier et d'aujourd’hui?

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Message par Kercos Mar 2 Avr 2024 - 9:30

baptiste a écrit:
Il est parfois admis, à propos du racisme, qu’il se justifierait dans une  réaction émotionnelle de défense  de sa collectivité ce que la connaissance des mécanismes de nos émotions permet de justifier.

Ca marche aussi tres bien pour la "classe".

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Message par baptiste Mer 3 Avr 2024 - 8:52

Kercos a écrit:
baptiste a écrit:
Il est parfois admis, à propos du racisme, qu’il se justifierait dans une  réaction émotionnelle de défense  de sa collectivité ce que la connaissance des mécanismes de nos émotions permet de justifier.

Ca marche aussi tres bien pour la "classe".

Je ne pense pas, il n'existe qu'une classe qui agisse en tant que classe, c'est la classe dominante qui organise la société pour conserver sa domination. Cela a prévalu dans le système communiste après le renversement du tsarisme comme cela prévaut dans le système libéral. Il est a craindre que ce soit une constante anthropologique.

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Message par Kercos Mer 3 Avr 2024 - 11:38

baptiste a écrit: Il est a craindre que ce soit une constante anthropologique.

C'est plutot une constante des especes sociales.
J'ai déja pas mal tenté de développer ce processus :
-Agressivité originelle de l'espece solitaire.
-Inhibition de cette agressivité pour la socialisation de l'espece/ En interne cette agressivité inhibée est réutilisée (domination, soumission, négociation, hiérarchisation).
- En externe l'agressivité est réutilisée, intacte contre les groupe de la même espèce....
Le but étant l'occupation territoriale .

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Message par Saint-Ex Ven 5 Avr 2024 - 8:46

.

Une des généalogies du racisme


Esprit de vengeance
Il se passe quelque chose en Russie à la suite des attentats du 22 mars qui ont fait 143 morts. Nous avons tous aperçus les 4 terroristes aux visages tuméfiés, oreille arrachée ou même inconscients lors de leur comparution devant la justice. Ils ont été manifestement torturés. Ce qui est nouveau, ce n’est pas la pratique de la torture c’est, me semble-t-il, la volonté manifeste de montrer sans complexe cette violence. Sans doute cela est-il un message du pouvoir russe à la population légitimement en colère – d’autant que Poutine a ignoré les avertissements occidentaux à ce sujet mais il me semble qu’il y a plus. Cette exhibition est comme une aiguille dans le talon des démocraties libérales. Dans nos systèmes politiques, la justice ne doit pas se faire dans un esprit de vengeance. Ce n’est pas que ce sentiment soit absent de nos esprits, notamment lorsque nous sommes confrontés directement ou indirectement à la barbarie terroriste, mais il est entendu collectivement qu’il ne faut pas donner à ce sentiment compréhensible une forme de légitimité politique ou institutionnelle. La raison en est simple, la vengeance est l’un des sentiments les plus destructeurs des liens sociaux qu’on puisse imaginer. Comment sortir d’une logique de vendetta lorsqu’elle est entamée ? Les groupes et les familles finissent par se haïr entre les générations en ayant parfois oublié même l’objet de la querelle initiale. Et comme chacun ne consentirait à interrompre ce cycle mortifère qu’à la condition qu’il soit le dernier à frapper… on ne peut pas s’en sortir. Bref, les démocraties libérales ont su circonvenir ce sentiment car elles savent qu’il s’agit d’une forme de démagogie morale qui ne mène nulle part. Elles le savent, mais nous : le savons-nous ? En exhibant, ces terroristes torturés la Russie produit - c’est son habitude si ce n’est ici son intention - une possible désunion entre nous. Ses dirigeants, depuis longtemps, mènent une guerre de l’information et des émotions à notre encontre : ils cherchent à nous tirer vers les part les plus obscures de nous-mêmes
.

Gérard Bronner

.

Pendant les années 20, dans les campagnes US, il était de bon ton de massacrer un noir accusé sans preuve de quelque crime et condamné à mort puis exécuté sans procès et de se faire photographier tout sourire auprès de lui pendu à une branche de la ferme.

Le journal local publiait toujours la photo à la une en félicitant tout le monde pour cet acte de justice remarquable.

.
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Message par Saint-Ex Ven 5 Avr 2024 - 9:26

baptiste a écrit:
Saint-Ex a écrit:
Les anthropologues prennent les armes contre la « science raciale »

Lors de leur réunion annuelle, les anthropologues biologistes ont commencé à élaborer un manuel pour contrecarrer l'utilisation abusive et raciste de la recherche scientifique.
.

Le racisme a toujours existé et il existera toujours, on peut en être certain, mais rien n'empêche les politiques de voter des lois et de les faire appliquer pour le faire ou tenter de le faire disparaître.

Aux États-Unis, il y a eu un progrès face au racisme, certes, mais les politiciens progressistes font aujourd'hui face à une intelligentsia conservatrice qui tente de fonder son racisme sur les travaux produits par les nouvelles sciences du vivant, en particulier sur ceux de la génétique comportementale.

L'argument des conservateurs consiste à affirmer que la nature est bonne et qu'il faut s'y conformer, ce qui justifie leur racisme et toutes les manigances visant à empêcher les plus démunis de voter.

L'objectif des anthropologues américains, c'est de fournir aux politiciens progressistes un document d'argumentation réfutant scientifiquement le fait que non seulement la nature n'est pas bonne pour tout le monde, mais que des modifications du comportement éventuellement votées par des lois permettront une éthique de l'aide aux plus démunis.

Il faut dire que la plupart des scientifiques sont progressistes.

Il faut dire aussi qu'aujourd'hui, avec la vague trumpiste, les conservateurs américains ont atteint le summum de ce que Nietzsche disait des singes les plus forts grimpant sur le dos des singes les plus faibles pour atteindre toutes les bananes et les garder pour eux quitte à ce que tout le monde crève sauf eux.

.
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Message par Crosswind Ven 5 Avr 2024 - 11:21

Je pense aussi qu'on confond très souvent racisme, xénophobie et ostracisme. Et plus si affinité.

J'entends par racisme l'idée qu'il existerait des différences biologiques essentielles au sein de l'espèce Homo Sapiens qui justifieraient classement, et un jugement a priori.
J'entends par xénophobie l'hostilité plus ou moins marquée envers ce qui est considéré étranger.
J'entends par ostracisme le rejet discriminant, par une communauté, de ceux qui lui déplaisent.
J'entends par ethnocentrisme la survalorisation d'une ethnie.
J'entends par ethnie un groupe Homo Sapiens qui partagent une même dimension socio-culturelle.

Il me semble évident qu'un xénophobe peut être raciste. Mais tout raciste n'est pas xénophobe. On a vu par exemple des villageois rejeter par xénophobie les villageois du village situé 50 kilomètres plus loin (à tout casser). Ils n'étaient pas raciste, mais xénophobes (selon moi). De même que la mise au ban du village pour des raisons variables est bien un ostracisme, mais pas toujours un racisme. Etc...

Finalement, le racisme est, en Europe, très limité. Je crains qu'il soit plus répandu ailleurs dans le monde...

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Message par alain Ven 5 Avr 2024 - 12:37

Le racisme est une stupidité de base véhiculée depuis toujours par les tenants de cette idéologie.
Construire de toutes pièces une hiérarchie sur des différences telles que la couleur de la peau , par exemple, est digne de figurer parmi la plus élevée des stupidités humaines ( en voilà une, de hiérarchie !). La seconde des stupidités étant, à mon sens, de partir à la guerre et sacrifier une génération entière pour faire valoir ses droits
à défaut de dialogue intellectuel et rationnel.

Je ne comprends pas non plus cette idée d' affirmer que " la nature est bonne et il faut s' y conformer ".
Bonne pour qui ?
Si les cafards résistent à une guerre nucléaire, ce sera bon pour eux.
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Message par Bergame Ven 5 Avr 2024 - 12:59

Moi, je pense que le racisme, à proprement parler, ça n'existe pas et ça n'a jamais existé. Comme les guerres de religion n'existent pas. Comme les guerres idéologiques n'existent pas. Je pense qu'il n'existe que des conflits pour des intérêts, et des intérêts très pragmatiques et très rationnels. Kerkos disait "l'occupation du territoire", ça me semble quelque chose comme ça : Il n'existe que des conflits pour la défense ou la prééminence de son groupe sur le ou les autres groupes. Et la prééminence, ce n'est pas qu'une question de "pouvoir" : Cela implique un accès plus favorable à des ressources, à des opportunités, cela assure un avenir plus favorable aux générations futures, cela garantit une protection accrue des éléments du groupe les plus fragiles, etc.

Et dans cette perspective, les religions, les idéologies, ne sont qu'un ciment cognitif, sensé renforcer la cohésion et la solidarité au sein du groupe, ainsi que justifier le conflit contre le ou les autres groupes. A quel moment est-ce que le racisme connaît son développement intellectuel ? Au XIXe s., lorsqu'il s'agit de justifier l'expansion coloniale. C'est le moment où le conflit ne se déroule plus entre puissances européennes, mais avec d'autres peuples, plus lointains, en Afrique et en Asie essentiellement. Comme par hasard se développent alors des doctrines théoriques qui visent à distinguer les hommes sur la base de la couleur de leur peau et autres critères ejus farinae.
Si demain des aliens débarquent sur Terre se développeront certainement des théories xénomorphiques visant à justifier la solidarité de facto de l'ensemble des peuples humains dans la défense de leur écosystème.

Ces doctrines visent donc à justifier le conflit et désigner l'Ennemi. Et les individus sont plus ou moins engagés dans ces conflits. Mais je ne crois pas à l'idée que qui que ce soit haïsse qui que ce soit d'autre seulement en raison de sa couleur de peau.

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Message par Crosswind Ven 5 Avr 2024 - 14:33

@Bergame. C'est l'histoire de l'oeuf et de la poule. Le racisme est-il l'effet étrange d'une certaine volonté exprimée par une population désireuse de se protéger (en tout bien tout honneur) ou la cause donnée à une population pour lui expliquer la menace existentielle qu'elle ressentirait/la justification d'une invasion en vue d'accroître la puissance de la nation? Dans les deux cas, il y a un intérêt commun : la protection. Dans les deux cas, il s'agit de définir - comme tu le dis - l'ennemi qui irait à l'encontre du bien-être du groupe.

Mais peut-on déduire de cela l'inexistence du racisme au sens strict? Je ne le crois pas.

Le racisme est une vue de l'esprit, une notion, bien réelle et documentée. Je te rejoins lorsque tu dis que la notion est largement galvaudée au travers de l'histoire et de la sociologie. Mais au quotidien (et dans l'histoire!) elle existe bel et bien.


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Message par alain Ven 5 Avr 2024 - 15:20

Bergame a écrit:Moi, je pense que le racisme, à proprement parler, ça n'existe pas et ça n'a jamais existé. Comme les guerres de religion n'existent pas. Comme les guerres idéologiques n'existent pas. Je pense qu'il n'existe que des conflits pour des intérêts, et des intérêts très pragmatiques et très rationnels. Kerkos disait "l'occupation du territoire", ça me semble quelque chose comme ça : Il n'existe que des conflits pour la défense ou la prééminence de son groupe sur le ou les autres groupes. Et la prééminence, ce n'est pas qu'une question de "pouvoir" : Cela implique un accès plus favorable à des ressources, à des opportunités, cela assure un avenir plus favorable aux générations futures, cela garantit une protection accrue des éléments du groupe les plus fragiles, etc.

Et dans cette perspective, les religions, les idéologies, ne sont qu'un ciment cognitif, sensé renforcer la cohésion et la solidarité au sein du groupe, ainsi que justifier le conflit contre le ou les autres groupes. A quel moment est-ce que le racisme connaît son développement intellectuel ? Au XIXe s., lorsqu'il s'agit de justifier l'expansion coloniale. C'est le moment où le conflit ne se déroule plus entre puissances européennes, mais avec d'autres peuples, plus lointains, en Afrique et en Asie essentiellement. Comme par hasard se développent alors des doctrines théoriques qui visent à distinguer les hommes sur la base de la couleur de leur peau et autres critères ejus farinae.
Si demain des aliens débarquent sur Terre se développeront certainement des théories xénomorphiques visant à justifier la solidarité de facto de l'ensemble des peuples humains dans la défense de leur écosystème.

Ces doctrines visent donc à justifier le conflit et désigner l'Ennemi. Et les individus sont plus ou moins engagés dans ces conflits. Mais je ne crois pas à l'idée que qui que ce soit haïsse qui que ce soit d'autre seulement en raison de sa couleur de peau.

Il y a des gens vraiment bêtes qui peuvent arriver à cela ... hair pour la couleur de la peau, à l' insu de leur plein gré, ne percevant pas une seconde qu' ils sont instrumentalisés par d' autres.

Sinon, c' est un grand OUI à ce que tu avances.
Tout est, à mon sens, conflit d' intérêts.
Entre frères et sœurs, parents et enfants, on peut se déchirer à cause d' un héritage, par exemple.
Et ça va jusqu' aux " pays " - en fait les territoires - qui n' hésitent pas à recourir à la guerre ( c' est à dire  le massacre ) pour préserver leurs intérêts.
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Message par alain Ven 5 Avr 2024 - 15:27

Crosswind a écrit:@Bergame. C'est l'histoire de l'oeuf et de la poule. Le racisme est-il l'effet étrange d'une certaine volonté exprimée par une population désireuse de se protéger (en tout bien tout honneur) ou la cause donnée à une population pour lui expliquer la menace existentielle qu'elle ressentirait/la justification d'une invasion en vue d'accroître la puissance de la nation? Dans les deux cas, il y a un intérêt commun : la protection. Dans les deux cas, il s'agit de définir - comme tu le dis - l'ennemi qui irait à l'encontre du bien-être du groupe.

Mais peut-on déduire de cela l'inexistence du racisme au sens strict? Je ne le crois pas.

Le racisme est une vue de l'esprit, une notion, bien réelle et documentée. Je te rejoins lorsque tu dis que la notion est largement galvaudée au travers de l'histoire et de la sociologie. Mais au quotidien (et dans l'histoire!) elle existe bel et bien.


A mon sens il y a d' abord la notion d intérêt.

Et ensuite il y a l' aveuglement des endoctrinés : ceux qui finissent vraiment par se persuader que la couleur de peau rend inférieur ou supérieur.

Ceux là sont des pantins au service des intérêts d' autres personnes.


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Message par Crosswind Ven 5 Avr 2024 - 16:27

@alain Je n'adhère pas à cette théorie (des endoctrinés) (pas assez de données pour conclure). Quoi qu'il en soit je répondais à Bergame sur la réalité du concept (de racisme) en tant que répandu parmi les populations mondiales, pas à propos de sa genèse.

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Message par alain Ven 5 Avr 2024 - 16:55

Crosswind a écrit:@alain Je n'adhère pas à cette théorie (des endoctrinés) (pas assez de données pour conclure). Quoi qu'il en soit je répondais à Bergame sur la réalité du concept (de racisme) en tant que répandu parmi les populations mondiales, pas à propos de sa genèse.

D' accord
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Message par Vanleers Ven 5 Avr 2024 - 17:25

Je reproduis une intervention que j’ai déjà faite sur le forum en citant Patrick Tort :

Vanleers a écrit:Un antiraciste affirmé comme Patrick Tort, spécialiste de Darwin, n’hésite pas à parler de races, au sens de variétés, pour l’homme, tout en combattant le racisme qui est une idéologie.
Voir son livre d’entretiens : Sexe, race et culture – Textuel 2014
J’en cite un commentaire qui s’inspire de la page 47 du livre :

« Affirmer qu’il existe une seule espèce humaine, mais que celle-ci est composée de différentes variétés caractérisées par des différences morpho-anatomiques, comme on le fait en zoologie, en botanique, en agriculture ou en horticulture, ne revient pas à faire une concession malsaine au racisme. Car cette idéologie ne se contente pas de viser des communautés d’individus jugées homogènes sur la foi de témoignages sensibles. Elle prétend définir, en la naturalisant et l’essentialisant, l’inégalité de certaines d’entre elles et prescrire des conduites discriminatoires à leur égard. On n’éradiquera pas le racisme en supprimant toute notion de race, la disqualification d’un mot ne faisant pas disparaître les représentations qu’il symbolise : ce n’est pas une affaire de nomination, mais de domination. »

Au plan biologique, il n’y a aucun problème à parler de races humaines.
Mais ce qui fait la spécificité d’un être humain, son humanité, ce n’est pas sa biologie mais ce que j’appellerais sa dignité.

Éric Delassus, qui s’interroge sur la notion de « personne » dans l’Ethique de Spinoza, en vient à caractériser l’humanité d'un homme par sa dignité :

Éric Delassus a écrit:La notion de dignité renvoie initialement à la notion de distinction. Elle désigne dans la société aristocratique ce qui distingue celui qui fait partie de l’élite du reste de la société. L’évolution de ce terme a conduit à lui donner un sens plus universel, voire plus universaliste, la dignité concerne désormais tous les hommes et désigne ce qui fait la valeur spécifique de l’être humain. Ainsi, porter atteinte à la dignité humaine, c’est finalement traiter l’homme comme s’il ne se distinguait pas des autres êtres, le traiter comme une chose ou comme un vulgaire animal.

L’homme est donc détenteur d’une certaine dignité, parce que, pour lui-même, il vaut plus que les autres êtres qui constituent la nature. Parce qu’il accède par sa complexion à un mode d’existence qui lui est propre et qu’il partage avec ses semblables. Il ne peut être traité sans certains égards, sans un certain respect, c’est-à-dire sans ressentir envers lui-même et ses semblables le sentiment que lui inspire la reconnaissance de la valeur spécifique qui résulte de ce mode d’existence.

De ce point de vue, si l’on définit la dignité humaine comme ce qui fait la valeur distinctive de l’homme pour l’homme, par rapport à toutes les autres parties de la Nature, il est possible de parler de dignité humaine dans le cadre de l’éthique spinoziste. Certes, il ne s’agit pas d’une valeur absolue, il ne s’agit que de la valeur de l’homme pour l’homme.
Ce n’est donc pas son statut d’individu substantifié qui fait de l’être humain une personne, c’est au contraire son caractère relatif et déterminé et surtout la manière dont il est uni à la Nature et aux autres hommes qui le font accéder à la dignité de personne. Il est permis de constater ici un renversement des valeurs par rapport à la conception traditionnelle de la personne, ce n’est pas parce qu’il existe par soi et pour soi que l’homme est une personne, c’est à l’inverse parce qu’il est lié, par des liens qui lui sont spécifiques, à la nature et donc à l’humanité tout entière dont il est solidaire qu’il acquiert le statut et la valeur de personne.

https://www.cairn.info/revue-l-enseignement-philosophique-2009-6-page-21.htm

J’ajoute que, dans le christianisme, tout être humain est reconnu comme étant un « sanctuaire de Dieu », ce qui fait sa dignité.

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Message par Crosswind Ven 5 Avr 2024 - 17:50

Bonjour Vanleers. Votre intervention me rappelle immédiatement celles de Saint Ex. Pour lui, la biologie semble consumer l'entièreté du possible humain. Point de dignité ou de sanctuaire pour lui, mais une Science "pour les unir toutes".

Dans cette optique, la notion de race prend une toute autre tournure.

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Message par Bergame Ven 5 Avr 2024 - 18:30

Crosswind a écrit:Mais peut-on déduire de cela l'inexistence du racisme au sens strict? Je ne le crois pas.
Le racisme est une vue de l'esprit, une notion, bien réelle et documentée. Je te rejoins lorsque tu dis que la notion est largement galvaudée au travers de l'histoire et de la sociologie. Mais au quotidien (et dans l'histoire!) elle existe bel et bien.
Oui, alors bien sûr, on retombe sur la question de l'"existence" : Qu'est-ce que cela signifie, "exister" ? Le "racisme" existe au sens d'une notion, d'accord. Par conséquent, on peut en dire de même de la notion de "race", donc.
Ok, donc ça existe, au moins dans les "esprits".

Mais ce que je voulais dire est ceci : A ce compte-là, tout existe. Les licornes roses, aussi, existent en tant que notion, en tant qu'idée. Les races existent donc aussi, et la question de savoir si cette idée est ou non supportée biologiquement se résume à un problème de taxonomie. Et du reste, le racisme, en tant qu'idée, existera toujours : On ne peut pas tuer une idée, on ne peut pas l'éliminer, malgré tous les efforts. A mon avis, donc, ce n'est pas l'existence le problème.

Ce qui me semble plus intéressant, c'est la notion de "puissance" de l'idée, de "force", de "valorisation" : A quel point l'idée est susceptible de mobiliser les individus autour d'un projet commun, de "cimenter" un groupe. Parce qu'il y a une vie des idées, peut-être même un marché des idées. Il y a des idées en vogue, il y a des idées en berne. Il y a des idées qui se propagent, qui intriguent, interpellent, font parler, voire font agir ; et il y a des idées "vieillottes",  qui ne sont plus "dans l'air du temps", qui ne mobilisent plus les foules. Et puis, il y a les idées en gestation, celles qui ne mobilisent pas encore les foules, mais qui se diffusent, peu à peu, d'un "esprit" à l'autre.

Une première représentation de ce monde des idées consiste à l'envisager sous l'angle de la propagande. Avec des manipulateurs qui, disposant de canaux de promotion (par exemple les médias), diffusent les idées qui servent leurs intérêts particuliers. Cela existe aussi, bien entendu, il n'y a qu'à voir comment les médias dits "indépendants" dans un pays comme la France sont tous aux mains de quelques-unes de nos grandes fortunes : Arnault, Bouygues, Pinault, Bolloré, Niel, Saadé, c'est simple, ils sont tous là, il doit bien y avoir une raison.
Mais -seconde représentation- leur marge de manoeuvre n'est pas si importante que la théorie de la propagande voudrait le faire croire : Afin de promouvoir ses idées, un media doit avoir la plus large diffusion possible. Et pour avoir la plus large diffusion possible, il faut qu'il aborde des thèmes qui intéressent au moins une partie de la population, selon une approche, avec un langage, etc. qui lui soit plaisante. Il n'y a donc pas que de la manipulation : Il y a un aller-retour entre un mouvement "top-down" et "bottom-up" de diffusion des idées.

Tout cela pour dire quoi ? Pour dire qu'à mon avis, "racisme" et "anti-racisme", "écologisme" et "progressisme", "égalitarisme" et "individualisme", "humanisme" et "autoritarisme", "sexisme" et "wokisme", ainsi que tous les autres, ne sont que des notions, des idées, utilisées par les uns et par les autres, afin de mobiliser les individus sur des projets communs qui, au fond, servent des intérêts eux aussi communs. Ce n'est pas du "galvaudage", bien au contraire : C'est de la politique, et -selon moi- dans son sens le plus noble.

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Message par alain Ven 5 Avr 2024 - 18:50

Vanleers a écrit:Je reproduis une intervention que j’ai déjà faite sur le forum en citant Patrick Tort :

Vanleers a écrit:Un antiraciste affirmé comme Patrick Tort, spécialiste de Darwin, n’hésite pas à parler de races, au sens de variétés, pour l’homme, tout en combattant le racisme qui est une idéologie.
Voir son livre d’entretiens : Sexe, race et culture – Textuel 2014
J’en cite un commentaire qui s’inspire de la page 47 du livre :

« Affirmer qu’il existe une seule espèce humaine, mais que celle-ci est composée de différentes variétés caractérisées par des différences morpho-anatomiques, comme on le fait en zoologie, en botanique, en agriculture ou en horticulture, ne revient pas à faire une concession malsaine au racisme. Car cette idéologie ne se contente pas de viser des communautés d’individus jugées homogènes sur la foi de témoignages sensibles. Elle prétend définir, en la naturalisant et l’essentialisant, l’inégalité de certaines d’entre elles et prescrire des conduites discriminatoires à leur égard. On n’éradiquera pas le racisme en supprimant toute notion de race, la disqualification d’un mot ne faisant pas disparaître les représentations qu’il symbolise : ce n’est pas une affaire de nomination, mais de domination. »

Au plan biologique, il n’y a aucun problème à parler de races humaines.
Mais ce qui fait la spécificité d’un être humain, son humanité, ce n’est pas sa biologie mais ce que j’appellerais sa dignité.

Éric Delassus, qui s’interroge sur la notion de « personne » dans l’Ethique de Spinoza, en vient à caractériser l’humanité d'un homme par sa dignité :

Éric Delassus a écrit:La notion de dignité renvoie initialement à la notion de distinction. Elle désigne dans la société aristocratique ce qui distingue celui qui fait partie de l’élite du reste de la société. L’évolution de ce terme a conduit à lui donner un sens plus universel, voire plus universaliste, la dignité concerne désormais tous les hommes et désigne ce qui fait la valeur spécifique de l’être humain. Ainsi, porter atteinte à la dignité humaine, c’est finalement traiter l’homme comme s’il ne se distinguait pas des autres êtres, le traiter comme une chose ou comme un vulgaire animal.

L’homme est donc détenteur d’une certaine dignité, parce que, pour lui-même, il vaut plus que les autres êtres qui constituent la nature. Parce qu’il accède par sa complexion à un mode d’existence qui lui est propre et qu’il partage avec ses semblables. Il ne peut être traité sans certains égards, sans un certain respect, c’est-à-dire sans ressentir envers lui-même et ses semblables le sentiment que lui inspire la reconnaissance de la valeur spécifique qui résulte de ce mode d’existence.

De ce point de vue, si l’on définit la dignité humaine comme ce qui fait la valeur distinctive de l’homme pour l’homme, par rapport à toutes les autres parties de la Nature, il est possible de parler de dignité humaine dans le cadre de l’éthique spinoziste. Certes, il ne s’agit pas d’une valeur absolue, il ne s’agit que de la valeur de l’homme pour l’homme.
Ce n’est donc pas son statut d’individu substantifié qui fait de l’être humain une personne, c’est au contraire son caractère relatif et déterminé et surtout la manière dont il est uni à la Nature et aux autres hommes qui le font accéder à la dignité de personne. Il est permis de constater ici un renversement des valeurs par rapport à la conception traditionnelle de la personne, ce n’est pas parce qu’il existe par soi et pour soi que l’homme est une personne, c’est à l’inverse parce qu’il est lié, par des liens qui lui sont spécifiques, à la nature et donc à l’humanité tout entière dont il est solidaire qu’il acquiert le statut et la valeur de personne.

https://www.cairn.info/revue-l-enseignement-philosophique-2009-6-page-21.htm

J’ajoute que, dans le christianisme, tout être humain est reconnu comme étant un « sanctuaire de Dieu », ce qui fait sa dignité.

La dignité humaine est donc une valeur que l'homme se donne à lui même.
Comment, à ton avis, traiter ce complexe de culpabilité, qui fait poser à beaucoup cette question : Qui suis je pour décider que seul l'humain est digne et que les autres animaux sont " vulgaires "et " valent " moins que moi ?

En ce qui me concerne, je n'ai pas ce complexe, et j'assume la situation : pour moi, les parents, un ami, ou un simple être humain, vaut mieux qu' un oiseau ou un scarabée.

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Message par Crosswind Ven 5 Avr 2024 - 19:11

Bergame a écrit:

Tout cela pour dire quoi ? Pour dire qu'à mon avis, "racisme" et "anti-racisme", "écologisme" et "progressisme", "égalitarisme" et "individualisme", "humanisme" et "autoritarisme", "sexisme" et "wokisme", ainsi que tous les autres, ne sont que des notions, des idées, utilisées par les uns et par les autres, afin de mobiliser les individus sur des projets communs qui, au fond, servent des intérêts eux aussi communs. Ce n'est pas du "galvaudage", bien au contraire : C'est de la politique, et -selon moi- dans son sens le plus noble.

C'est la critique que je fais au droit : il est fluide, subjectif, soumis aux aléas des idées mais vendu comme objectif, intangible et neutre. J'ai cela en horreur.

Oui, les idées ne sont jamais entièrement définies et toujours sujettes à interprétation. Est-ce pour autant qu'il faut lâcher toute tentative de circonscrire au plus près l'idée? Non, je pense. C'est au contraire en acceptant de donner le mou à la définition que l'on s'expose à de dangereuses dérives d'usage... politique. Tous les mots évoluent dans leur sémantique au cours du temps, nous enfonçons ici une porte ouverte, mais le signifié doit être vigoureusement défendu. Ce n'est pas pour rien que la langue offre le choix entre les mots "racisme" ; "ostracisme" ; "xénophobie". Parce que ces mots ne recouvrent pas les mêmes concepts, ils sont différents, ils visent une entité du langage spécifique.

Pour conclure, je dirais que les définitions doivent évoluer avec leur temps (par exemple, la notion d'électron, mais aussi... d'élection) mais que cela ne peut jamais justifier une fluence sauvage, incontrôlée ou principalement mue par des intérêts personnels.

La notion de racisme est à mon sens à défendre en ce qu'elle se démarque de celle de xénophobie. Le NSDAP (et toute une frange de la population de l'époque) était raciste (au sens positif comme négatif du terme). Mais l'énoncé "je ne veux pas de marocain comme locataire" n'est pas raciste. Mais ethnocentriste/xénophobe.


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Message par Saint-Ex Ven 5 Avr 2024 - 19:13

Crosswind a écrit:Bonjour Vanleers. Votre intervention me rappelle immédiatement celles de Saint Ex. Pour lui, la biologie semble consumer l'entièreté du possible humain. Point de dignité ou de sanctuaire pour lui, mais une Science "pour les unir toutes".
Dans cette optique, la notion de race prend une toute autre tournure.
Je ne me souviens pas avoir réfuté mes paroles de toujours sur le fait incontestable que l'homme est simultanément, indissociablement, inextricablement constitué de corps & d'esprit, d'inné & d'acquis, de matière & de pensée, de génétique & de morale, de biologie & de psychologie.

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Message par Crosswind Ven 5 Avr 2024 - 19:18

Saint-Ex a écrit:
Crosswind a écrit:Bonjour Vanleers. Votre intervention me rappelle immédiatement celles de Saint Ex. Pour lui, la biologie semble consumer l'entièreté du possible humain. Point de dignité ou de sanctuaire pour lui, mais une Science "pour les unir toutes".
Dans cette optique, la notion de race prend une toute autre tournure.
Je ne me souviens pas avoir réfuté mes paroles de toujours sur le fait incontestable que l'homme est simultanément, indissociablement, inextricablement constitué de corps & d'esprit, d'inné & d'acquis, de matière & de pensée, de génétique & de morale, de biologie & de psychologie.

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Message par Bergame Ven 5 Avr 2024 - 20:00

Crosswind a écrit:Oui, les idées ne sont jamais entièrement définies et toujours sujettes à interprétation. Est-ce pour autant qu'il faut lâcher toute tentative de circonscrire au plus près l'idée? Non, je pense. C'est au contraire en acceptant de donner le mou à la définition que l'on s'expose à de dangereuses dérives d'usage... politique. Tous les mots évoluent dans leur sémantique au cours du temps, nous enfonçons ici une porte ouverte, mais le signifié doit être vigoureusement défendu. Ce n'est pas pour rien que la langue offre le choix entre les mots "racisme" ; "ostracisme" ; "xénophobie". Parce que ces mots ne recouvrent pas les mêmes concepts, ils sont différents, ils visent une entité du langage spécifique.
Pour conclure, je dirais que les définitions doivent évoluer avec leur temps (par exemple, la notion d'électron, mais aussi... d'élection) mais que cela ne peut jamais justifier une fluence sauvage, incontrôlée ou principalement mue par des intérêts personnels.
Dans cet exposé, je lis à tort ou à raison une opposition sous-jacente entre, en somme, la "science" (fut-elle science sociale) et la "politique". La première doit circonscrire ses objets, les définir aussi précisément que possible, et les appréhender et les étudier rationnellement jusqu'à en déterminer une pratique, visant sans doute à répondre à la question "comment faut-il vivre ?" La seconde étant sujette à toutes sortes de vicissitudes, de biais, d'idéologies, ayant tous in fine la défense et la promotion d'"intérêts personnels" comme vocation.

J'ai essayé de dire que je ne vois pas les choses ainsi. Pour moi, la politique est une bonne chose -pour me faire comprendre. La politique (au sens noble, encore une fois) ne vise pas à la défense d'intérêts personnels, mais des intérêts communs. Moi, c'est la prétendue neutralisation de la politique par la science (sociale) que j'ai en horreur, parce que partout où l'on vantait la "fin des idéologies", la "fin de l'histoire", la prééminence de la rationalité sur les passions humaines, la sécularisation et la pacification de la vie sociale, la valorisation de l'individu libre et rationnel sur la communauté castratrice et tyrannique, je n'ai vu à l'oeuvre que, précisément, de la politique -mais de la politique qui ne disait pas son nom. J'ai vu l'émergence et la victoire du libéralisme, de l'économisme, de la technocratie, du mondialisme, de l'humanisme universaliste, et des puissances qui les diffusaient : Les Etats-Unis, l'Occident, et, surtout, le Business.

Aujourd'hui, dans tous les conflits montants qui se diffusent petit à petit dans notre société pacifique et sécularisée, je vois donc le retour du politique. Je vois le retour de conflits entre des communautés au sein desquelles les individus partagent des intérêts communs et sont cimentés par une croyance religieuse ou idéologique. Le retour de l'histoire, en quelque sorte. Dans ces nouveaux conflits, le "racisme" et l'"anti-racisme", comme "l'antisémitisme" et "l'islamophobie" par exemple, ne sont que des armes idéologiques.

Mais pour ma part, je ne le déplore pas : Les conflits sont là, ils montent, ils prennent forme ; pleurer ne me semble plus d'actualité.

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Message par Saint-Ex Ven 5 Avr 2024 - 23:16

Crosswind a écrit:
Saint-Ex a écrit:
Crosswind a écrit:Bonjour Vanleers. Votre intervention me rappelle immédiatement celles de Saint Ex. Pour lui, la biologie semble consumer l'entièreté du possible humain. Point de dignité ou de sanctuaire pour lui, mais une Science "pour les unir toutes".
Dans cette optique, la notion de race prend une toute autre tournure.
Je ne me souviens pas avoir réfuté mes paroles de toujours sur le fait incontestable que l'homme est simultanément, indissociablement, inextricablement constitué de corps & d'esprit, d'inné & d'acquis, de matière & de pensée, de génétique & de morale, de biologie & de psychologie.

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Le déterminisme biologique n'expliquerait pas l'ensemble des caractères d'un Homo Sapiens?

Certainement pas !

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Message par Crosswind Ven 5 Avr 2024 - 23:29

J'ai un peu de mal à déterminer la valeur morale que tu attribues à la politique telle que tu la décris. Bon, la politique n'est pas le sujet premier de ce fil mais puisqu'on en parle poursuivons.

Ce que tu me dis, tel que je le comprends, c'est que les mots (par exemple le mot "racisme") ne sont que des vecteurs des idées au service d'un ensemble plus vaste. La politique étant entendue en tant que défense et promotion d'une idéologie particulière qui touche à toute vie en commun, les mots qu'elle sollicite devraient s'adapter à tout prix au but politique.

Tu sembles exprimer l'idée que le racisme n'existe pas en tant que tel (on laisse tomber la métaphysique, ici n'est pas la question) parce que le sens du mot "racisme" évoluerait en fonction de la puissance politique générale d'une population donnée? Tu sembles soutenir un glissement sémantique du particulier au profit du général : un mot cache l'autre pour peu que cela serve les intérêts de mon camp.

La politique n'est pas nécessairement une bonne chose car elle ne reflète que les idées de plusieurs camps unifiés, opposés à d'autres. Si tous tombions d'accord, toujours et partout, sur une marche à suivre pour organiser nos vies, alors la politique serait une bonne chose. Mais ce n'est pas le cas : la politique oppose constamment plusieurs camps qui laissent sur le champ de bataille des vainqueurs et des vaincus.

Question dès lors : doit-on adapter les définitions pour tenter de s'approcher d'une entente politique cordiale, ou doit-on au contraire politiquement défendre l'idée d'un signifié stable au nom d'une politique?


Dernière édition par Crosswind le Ven 5 Avr 2024 - 23:53, édité 1 fois

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