Hasard et déterminisme

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Re: Hasard et déterminisme

Message par baptiste le Jeu 5 Déc 2013 - 10:12

hks a écrit:à baptiste
Faut-il accepter n'importe quelle explication sous prétexte qu'elle comble un vide?
Non il ne le faut pas !( pas n'importe quelle explication). Mais nous faut-il un savoir infini de l'empiricité pour comprendre ?
Est- ce nécessaire?
 Si c' est  le cas on peut (et même on doit) désespérer de comprendre.

Darwin dans son autographie écrit, "Ainsi, l'incrédulité s'insinua en moi très lentement, mais elle fut à la fin, complète […] Cela se fit si lentement que je ne ressentis aucune détresse, et que je n'ai jamais douté depuis, même une seule seconde que ma conclusion ne fut correcte."
(Charles Darwin / Autographie )

Un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit qu’une errance absurde vers une mort certaine ne peut-il être heureux ? Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni la candeur d’un athée, ni la foi dans une idéologie sacrée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute, comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré des ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier. (Librement inspiré d’un romancier dont le nom m’échappe)

C’est en quelque sorte le cœur de l’œuvre de Camus, ce n'est pas le monde qui est absurde mais la confrontation de son caractère irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l'appel résonne au plus profond de l'homme. Ainsi l'absurde n'est ni dans l'homme ni dans le monde, mais dans leur présence commune. Il naît de leur antinomie. « Il est pour le moment leur seul lien. Il les scelle l'un à l'autre comme la haine seule peut river les êtres... L'irrationnel, la nostalgie humaine et l'absurde qui surgit de leur tête-à-tête, voilà les trois personnages du drame qui doit nécessairement finir avec toute la logique dont une existence est capable ».

« Je tire de l'absurde, dit aussi Camus, trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté, ma passion. Par le seul jeu de ma conscience, je transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort - et je refuse le suicide ».

Enfin pour conclure un extrait du discours de Stockholm du même.
"Chaque génération sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse."

Tellement plus vrai aujourd’hui qu’hier. Il n’y a d’un point de vue philosophique que trois attitudes possibles, scepticisme, dogmatisme et objectivisme. Le risque avec le scepticisme c’est l’abandon de la vérité comme objectif du discours, abandon qui aurait comme conséquence le relativisme éthique. Le risque avec le dogmatisme c'est la prétention à détenir des vérités indubitables, existence qui a eu pour conséquence les misères que l'on sait . Le risque avec l'objectivisme c'est la naïveté de croire qu'il existe réellement.


Accepter certains arguments sceptiques n’engage pas à assumer une position sceptique. Et il se pourrait que le pragmatisme, non le criticisme, permette de sortir du dilemme et de l’alternance du dogmatisme et du scepticisme.





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Re: Hasard et déterminisme

Message par hks le Jeu 5 Déc 2013 - 11:37

à baptiste

( merci pour Camus j' aime beaucoup " Le Mythe de Sisyphe)

Ou bien il y a une vérité des choses

Ou bien pas  dans ce cas on ne peut rien espérer de vérité et même pas  relative /partielle, non car il n'y a pas d' état précis des choses.

Optons pour une vérité des choses
Par une vérité je ne dis pas un discours vrai adéquat à la réalité mais simplement que quelque chose est réel  précisément plutôt qu'autre chose . ( c'est la vérité des des choses= leur être précis ). Dans ce cas il y a la science = tous ces savoirs empiriques qui répondent à l' 'exigence de réalité précise  ( cet état des choses et pas  un autre ) .
Donc en accumulant des  données précises on approche du réel
et s'il est fini on peu espérer .

S' il est infini , on  ne se rapproche  pas  de l'infini. Si le réel est infini la voie de la science ne rapproche pas du réel. Il faut penser  le réel précis mais/et infini .
Comment alors procéder ?
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Re: Hasard et déterminisme

Message par Aldo le Ven 6 Déc 2013 - 22:42

(en passant)
Trouvé un lien intéressant sur le sujet.

Mise en bouche avec des extraits de la conclusion :
Edgar Morin a écrit:Le problème de la complexité n’est pas de formuler des programmes que les esprits peuvent mettre dans leur ordinateur mental ; la complexité appelle la stratégie. Il n’y a que la stratégie pour s’avancer dans l’incertain et l’aléatoire (...) La stratégie est l’art d’utiliser les informations qui surviennent dans l’action, de les intégrer, de formuler soudain des schémas d’action et d’être apte de rassembler le maximum de certitudes pour affronter l’incertain (…) La complexité n’a pas de méthodologie, mais elle peut avoir sa méthode (...) La Méthode de la complexité nous demande de penser sans jamais clore les concepts, de briser les sphères closes, de rétablir les articulations entre ce qui est disjoint, d’essayer de comprendre la multidimensionnalité, de penser avec la singularité, avec la localité, avec la temporalité, de ne jamais oublier les totalités intégratrices (…) L’impératif de la complexité c’est aussi de penser organisationnellement ; c’est de comprendre que l’organisation ne se résoud pas à quelques principes d’ordre, à quelques lois ; l’organisation nécessite une pensée complexe extrêmement élaborée. Une pensée d’organisation qui ne comprend pas la relation auto-éco-organisatrice, c’est-à-dire la relation profonde et intime avec l’environnement, qui ne comprend pas la relation hologrammatique entre les parties et le tout, qui ne comprend pas le principe de récursivité, une telle pensée est condamnée à la platitude, à la trivialité, c’est-à-dire à l’erreur...
La régression des ambitions abstraites, illimitées de la pensée, la destruction du faux infini des pouvoirs illimités de la raison nous ouvrent un nouvel infini, celui d’une connaissance à jamais inachevée.
http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/files/05chi05.pdf

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