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Le beau et la beauté

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Message par Kokof le Mar 4 Fév 2020 - 10:08

Le beau et la beauté


Le concept philosophique du beau n’a jamais été comparé à la beauté. Sont-ils synonymes, et sinon, en quoi diffèrent-ils l’un de l’autre ? Le concept du beau a été créé par Socrate dans l’Hippias majeur, qui est l’un des premiers dialogues de Platon. Au début de ce dialogue, Socrate demande à son interlocuteur Hippias ce qu’est le beau, et Hippias lui répond : une belle vierge. Socrate réplique qu’il ne demandait pas ce qui est beau (ou ce qui est le plus beau), mais ce qu’est le beau en soi. Socrate veut définir la beauté et non la nommer ou la désigner. Dans l’échange entre Socrate et Hippias, on découvre une première différence entre les deux concepts : le beau est abstrait et conceptuel, alors que la beauté est sensible.

Mais Socrate confond le beau normatif (l’essence de la beauté) et le beau idéal (l’idée du beau). Si, par exemple, le beau (au sens normatif), comme l’a défini Kant, est ce qui plaît universellement sans concept, cela ne définit que la forme du beau et non la nature concrète du beau idéal (l’éternité, par exemple). Pour distinguer les deux, on utilisera la majuscule : le beau est normatif, tandis que le Beau et la Beauté (qui est une idée romantique et non platonicienne) sont idéals.

Une autre distinction platonicienne entre le beau et la beauté est la distinction morale : la beauté est purement sensible, alors que le beau comprend tout ce qui est beau moralement (la justice, le bien, etc.) et métaphysiquement (la vie, l’être, etc). C’est ainsi qu’il faut comprendre la trinité platonicienne du Bien, du Beau et de la Justice. Selon Platon, ces Idées sont équivalentes et possèdent la même essence (tout en ayant une forme différente), parce que tout ce qui est moral est beau et tout ce qui est beau est moral. Cependant, les trois idées se distinguent formellement : le bien est une fin en soi (la paix, par exemple), la justice est la recherche du bien (à ne pas confondre avec la recherche du bonheur, qui peut être criminelle), et le beau la contemplation du bien. Le bien est donc la fin, la justice le moyen, et le beau la réalisation et la contemplation de la fin.

Mais la distinction la plus intéressante est la distinction spirituelle : la beauté est naturelle et sensible, alors que le beau est réfléchi et spirituel. L’art appartient au beau et non à la beauté, parce qu’il est spirituel et pas seulement sensible. Il ne cherche pas seulement à plaire, mais à émouvoir. L’émotion esthétique devant l’art est plus spirituelle que le plaisir, qui est purement sensible. Ce qui plaît sans instruire ni émouvoir n’est donc pas de l’art, mais du divertissement.

On peut également sexuer les deux concepts : le beau serait une beauté masculine, la beauté une beauté féminine. Les beautés géométriques, masculines par leur régularité, appartiendraient donc au beau, alors que les beautés naturelles, féminines par leur originalité, appartiendraient à la beauté. Les beautés artistiques seraient mixtes, étant féminines par leur originalité et masculines par leur régularité calculée. D’un point de vue spirituel, la beauté masculine serait une beauté spirituelle, comme la beauté artistique, alors que la beauté féminine serait une beauté naturelle ou paraissant naturelle. Spirituellement, l’art est également mixte, étant réfléchi et spirituel, mais paraissant naturel.

Pour finir, comment distinguer le Beau de la Beauté ? Le Beau, comme on l’a dit, coïncide avec le Bien. La Beauté, en revanche, est un idéal subjectif correspondant à la félicité (bonheur suprême). Le Paradis dans le Coran, par exemple, peut être lu comme une vision de la Beauté.

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