Aristote, La Métaphysique

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Aristote, La Métaphysique

Message par Bergame le Lun 17 Sep 2007 - 20:31

De notre ami Olaf : Aristote, La Métaphysique

*


L'oeuvre d'Aristote est fondamentale pour la philosophie, et manifeste une portée ontologique. Je vais ici articuler dans une première partie ce retour vers l'Être et ses incidences sur la théorie de la connaissance, puis dans une seconde le problème ontologique lié à l'un et au multiple.


*** *** ***


A - Une doctrine de l'Être et de l'Intuition

La philosophie d'Aristote est un tournant dans la pensée Grec. Tout d'abord, parce qu'elle est une histoire de la philosophie, c'est-à-dire, une actualisation des différents problèmes posés par ses prédécesseurs. Sa pensée reste cependant tributaire du Platonisme.

En effet, Aristote dissocie différents domaine de recherche :
1- La Physique, science du mobile, des corps, du périssable et éphèmère.
2- La Métaphysique, science de l'éternel, de l'universel, du séparé. Science de l'être en tant qu'être.

La Métaphysique est une philosophie première qui recherche l'antérieur à la nature. Car, comme pour Platon, il y a chez Aristote de l'éternel, des essences. Le cercle parfait est et sera toujours. Bref, la philosophie d'Aristote recherche les essences, car l'essence est nécessaire, comme nous allons le voir.

Mais cet antériorité de l'Être n'est pas seulement, comme on pourrait le croire, une antériorité chronologique, une préexistence naturelle. On pourrait ainsi penser que la physique, l'expérience sensible, nous est donnée d'emblée. Mais c'est faux, car l'Être se donne naturellement dans une intuition.

On ne cherche que ce que l'on sait déjà. Confronté à ce problème, Platon posa la théorie de la réminiscence. L'Être aurait imprégnée notre âme avant qu'elle ne se noue au corps. Aristote pose le problème différemment : l'Être s'impose comme vrai, se pose à nous comme une évidence, offerte par l'intuition. Il nous restera alors à découvrir par déduction ce qui nous a été offert par intuition.

Toute connaissance s'offre ainsi naturellement. Les principes, par exemples, sont indémontrables. Ils s'offrent par intuition, mais restent vrais, et surtout, restent les pilliers de la connaissance. Aristote pose ainsi le Principe de Contradiction, loi ontologique socle de toute recherche :
Principe de Contradiction : « Il est impossible que le même appartienne et n'appartienne pas à quelque chose en même temps et sous le même rapport »

Ce qui signifie en gros que deux choses contradictoires ne peuvent être, comme le soutient Héraclite, toutes deux vraies. C'est une évidence, un principe pour toute recherche, mais qui reste indémontrable.

A et -A ne peuvent être en même temps. A cela, il faut rajouter qu'il ne peut y avoir d'intermédiaire (selon le principe du Tiers Exclu), sinon cette proposition n'a plus de sens. Aristote est ainsi l'initiateur de la logique.

Ainsi, Aristote use du Syllogisme. Voyons un exemple connu:

- Les Prémisses :
Majeure : Tous les hommes sont mortels.
Mineure : Or Socrate est un homme.
- Conclusion :
Donc Socrate est mortel.

Or ici, les Prémisses (orthographe correcte) ne sont pas démontrés, et pas démontrables. Mais ce sont des évidences que l'intuition nous offre, posant le sol nécessaire à la connaissance. Le Principe est le Corrélat de l'Intuition et tous deux suppose l'Être et son rayonnement naturel.

Ainsi, la connaissance recherche l'Être, qui lui-même permet la connaissance. Il nous est ainsi possible de mettre à jour l'universel, l'éternel. Mais cette quête des essences se heurte à un problème particulier.


B - L'Essence et l'Accident

La philosophie d'Aristote se confronte à un problème que Platon lui-même avait connu : la coexistence de l'Un et du Multiple. Prenons un musicien blanc: si il y a une essence de l'homme, comment se fait-il qu'il soit musicien et qu'il soit blanc. Y'a t'il trois essences qui se mélangent, qui participent les unes aux autres comme dit Platon, faisant ainsi de l'homme un « essaim d'essence » ? Ou, comme pour les Sophistes, peut-être n'y a t'il pas d'essences, et tout ne serait simplement qu'accidents.

Il faut alors comprendre la notion d'accident, et pour se faire, étudions la notion de prédicat. En grammaire, le prédicat est ce qui se rapporte au sujet, via un verbe. Par exemple « cet homme (Sujet) est musicien (prédicat) ». Bref, la prédication est une mise en rapport d'un complément à un nom. Et Aristote fait du prédicat un accident.

L'accident, c'est ce dont l'essence peut se passer, ce qui n'est pas nécessaire. Le sujet « Homme » peut se passer du prédicat « Musicien ». Cela semble simple à première vue, mais si on inverse la phrase en un « ce musicien est un homme », l'homme devient le prédicat. Sauf qu'Aristote précise que le terme « musicien » n'a en soit aucune substance. Le terme musicien, hormis dans le discours, n'a pas d'existence, pas de réalité. La couleur blanche n'a une existence qu'appliquée à une substance, à une table par exemple.

Ainsi, l'homme est une essence, et ses prédicats sont des accidents. Le Sujet est ses prédicats, mais l'ensemble de ses prédicats ne fait pas le sujet. L'homme est Un, mais multiple de par ses accidents. Et tout ne peut-être accident, comme le clâme les Sophistes, car sinon, plus rien n'aurait de consistance et aucune ontologie ne serait possible. De plus, un accident n'obtient une réalité qu'avec une essence, qui lui offre un support. Sans un homme pour être musicien, le musicien existe-t'il ?
L'essence est nécessaire pour permettre la contingence propre aux accidents. On pourrait penser que les accidents sont des non-êtres. Mais c'est insuffisant, car comme nous dit Parménide, nous ne devons forcer le non-être à être. Aristote fait du terme musicien un être discursif, ou plutôt, une multiplicité en relation à l'essence qu'est l'homme. Il y a des genres d'Être, des expressions de l'Être. L'être se dit de plusieurs façon. L'unité de l'essence est garantie, ainsi que sa multiplicité à travers la question de l'attribution. Il restera à Aristote à chercher les différents genre d'Être.

Surgit alors le dualisme suivant :
1 - Par soi, dit aussi en entéléchie, c'est-à-dire réalisé et un.
2 - Par accident, dit aussi en puissance, c'est-à-dire en mouvement et multiple.

L'homme est par soi, en acte, mais l'homme musicien est en puissance.


*** *** ***


A - L'Expression de l'Être

L'Être est Un, et il s'exprime dans une multiplicité. On peut, par soucis de connaissance, analyser cette multiplicité à travers une table de catégorie que voici:

Catégorie - Exemple
L'Essence - Socrate est un Homme
La Qualité - Socrate est Musicien
La Quantité - Socrate Mesure 1m20
La Relation - Socrate est moins intelligent que moi (Dixit Aristote)
Le Lieu - Socrate se ballade dans Athènes
Le Temps - Socrate est mort hier
La Posture - Socrate s'assoit pour faire caca
La Possession - Socrate a une belle toge
L'Action - Socrate parle à des gens
La Passion - Socrate est tombé par terre

Ces différents modes de l'Être sont les prédicats dont nous avons déjà parlé. Mais il me faut compléter ce que j'ai dis: ces prédicats ressemblent à des attributions, mais il n'en sont pas. Il ne sont pas des ajouts, sinon, l'Être à qui on ajoute un attribut n'est plus le même qu'avant. Ces catégories sont des expressions de l'Être, une vision multiple d'une chose pourtant une. Cependant, cette table des catégories reste étrange. Il y figure des catégories telles la posture. Kant blâmait le caractère "rhapsodique" de cette table, qui ne se justifie en rien.

La catégorie "Essence" est importante, puisqu'elle fait figure de taxinomie des espèces. Ainsi, il y a un genre [Animal], qui contient les genres [Homme] et [Boeuf]. Puisque [Homme] et [Boeuf] participent de la même essence, on dit qu'ils sont des synonymes, ou plutôt un rapport synonymique (puisqu'en langue française ils ne sont nullement des synonymes). Par contre, [Homme] et [Chaise] sont des homonymes, car ils ne participent pas de la même essence, du même genre. Une hiérarchie se dessine, un arbre des espèces dérivés de l'Être peut être mis en place. L'Être se disperse, et Aristote les rassemble dans des catégories.

Cette hiérarchie prend source dans l'Être, qui bien évidemment est la base de tout. Il est important de préciser que cette hiérarchie et ces catégories ne concerne non pas l'Être, mais les Étants, comme nous le rappelera Heidegger. C'est bien l'oubli de la question de l'Être.


B - L'Aporie de l'Être

Si je me rappelle bien, Deleuze oppose deux visions de la biologie. La vision Aristotélicienne de Cuvier, qui trace en premier des essences de l'homme et des animaux, et la vision Spinoziste de Geoffroy St-Hilaire, où toutes choses n'est qu'un mode d'une même substance. Mais je me demande si cette opposition est légitime, ce que nous allons voir à travers l'aporie de l'Être et de la Connaissance.

Il se pourrait que cette science nouvellement fondée qu'est l'ontologie soit une impasse. L'ontologie est la science de l'Être en tant qu'Être. L'aporie fondamentale, selon Pierre Aubenque, se résume ainsi:
Majeur : Il y a de l'Être en tant qu'Être.
Mineur : La science vise un genre spécifique d'Être.
Conclusion : Or, l'Être est plus qu'un genre, il n'y a donc pas de science de l'Être possible..

Ainsi, si chez Aristote le langage signifie et dévoile l'Être, et s'il nous est possible d'explorer ses régions, l'Être reste toujours un au-delà innateignable par la science. En effet, il y a un processus de négation à l'oeuvre dans la connaissance: tout genre rassemble à condition d'exclure le reste. Cette négation nécessaire rend l'Être pleinement positif, mais inacessible.

L'ontologie n'est pas une science fixe, elle est une recherche perpétuelle, les catégories et les genres n'étant dès lors que des outils. Car finalement, Spinoza est peut-être plus proche d'Aristote qu'il ne le pense. Aristote pose des genres pour rassembler l'Être qui se disperse, mais qui participe de toute chose. Si la notion de mode exclue l'universalité d'une essence, le caractère irréductible se retrouve pourtant dans la notion de rapport si chère à Spinoza. Le caractère "rhapsodique" de ces catégories est peut-être justifié, mais elles restent des outils. Si l'Être reste innateignable, il nous est possible d'analyser l'expression de l'Être à travers ses Étants, et donc à travers les catégories.


*** *** ***


Note sur les Causes

Maintenant que la question de l'oubli de l'Être est amorcée et que se dessine l'expression de l'Être à travers l'étant, un petit détours par La Physique d'Aristote peut se justifier.

Chez Aristote, nous pouvons discerner 4 causes définitives:
1 - La Cause Matérielle : C'est la matière de la chose. Par exemple, il faut du bois pour faire un lit.
2 - La Cause Efficiente : Puisque la matière ne peut être le mouvement d'elle même, le mouvement est ailleurs. C'est par exemple l'artisan qui va tailler le lit.
3 - La Cause Formelle : C'est la définition (la Quiddité) de la chose. En effet, l'artisan et le bois ne suffisent pas pour faire un lit. Il faut une idée de lit, une forme, une définition, qui servira à créer le lit. Le lit est alors en puissance.
4 - La Cause Finale : C'est la raison d'être de ce lit, servant ici à dormir. Le lit est alors en acte, en entéléchie.
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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Mar 12 Aoû 2014 - 15:23


- Sur les éditions de la " Métaphysique " de Jules Tricot chez Vrin. On entend par édition Minor celle de 1933, constamment rééditée, disponible en poche en deux volumes, petit format, in-12, " tome 1 : livre A-Z ", " tome 2 : livre H-N ". Par Major, également en deux volumes, grand format, in-8, couverture blanche, titre en caractères verts, tome I et II, on entend sa dernière grande édition, publiée un an après sa mort en 1964, son grand oeuvre, constamment rééditée depuis. Outre que c'est une édition complétement revue, on y trouve également un appareil critique considérable, se voulant explicitement consensuel et s'appuyant sur les travaux des plus grands spécialistes d'Aristote. C'est actuellement l'outil de référence en français.
Ce n'est pas forcément inutile de disposer des deux : la lecture de la Minor, avec un appareil critique significativement moindre que celui de la Major, permet un dialogue plus direct, libre, stimulant, avec le Stagyrite, les passages présentant des difficultés manifestes au lecteur vont requérir un certain travail sur soi, un bouillonnement a priori. Bien sûr, l'appareil critique de la Major, tout comme lire d'autres livres sur la " Métaphysique ", est censé aidé le lecteur à comprendre ce qu'il lit, mais je crois qu'alterner les deux types de lecture est profitable.

Il faut bien comprendre que la " Métaphysique " n'est pas une oeuvre aboutie, mais bien un recueil, certains disent posthume, de 14 " livres ", textes. Kappa est un résumé de Bêta, Gamma, Epsilon et une compilation partielle de la " Physique ", etc, je ne rentre pas plus dans le détail, les appareils critiques décrivent tout cela par le menu quant à ce " livre ". On lit un homme qui est en train de chercher, un homme qui dans ce genre si spécifique de recherches, Aristote dit " philosophie première ", le titre puis le terme " métaphysique " entreront en vigueur après ce " livre ", il en vient parfois à contredire des positions, des conclusions, etc, des oeuvres abouties, au sens strict : une ou des intentions, un projet, du travail, et un produit fini. Le but de mon propos est celui-ci : le plus puissant des penseurs grecs n'a rien livré de plus abouti dans ce registre : il habite pourtant complétement, comme aucun autre, le Lieu de la philosophie grecque, qui est aporétique.


Dernière édition par neopilina le Mar 19 Aoû 2014 - 17:10, édité 14 fois

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" Tout Étant est à la fois a priori Donné ( C'est, il est, et ça suffit pour commencer. ) et Suspect, parce que Mien ", " Savoir guérit, forge. Et détruit tout ce qui doit l'être ", ou, équivalents, " Tout l'Inadvertancier constitutif doit disparaître ", " Le progrès, c'est la liquidation du Sujet empirique, notoirement névrotique, par la connaissance ". Moi.

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par Courtial le Mar 12 Aoû 2014 - 21:17

Neopilina a écrit:Il faut bien comprendre que la " Métaphysique " n'est pas une oeuvre aboutie, mais bien un recueil posthume de 14 " livres ", textes. Kappa est un résumé de Bêta, Gamma, Epsilon et une compilation partielle de la " Physique ", etc, je ne rentre pas plus dans le détail, les appareils critiques décrivent tout cela par le menu quant à ce " livre ". On lit un homme qui est en train de chercher, un homme qui dans ce genre si spécifique de recherches, Aristote dit " philosophie première ",

Kappa, Beta, Gamma, c'est tranquille.
C'est Dzeta qui est épouvantable. (Lambda, Mu, Nu illisible).
Cela a failli me détourner entièrement de la philo.
Je suis allé voir mon prof en lui disant que cela allait carrément pas être possible, que je songeais à une reconversion dans l'agriculture. Ce lâche m'a dit que si cela me mettait dans des états pareils, c'est que je devais être un peu philosophe quand même.
Et moi, comme une pauvre crême, je l'ai cru.


Dernière édition par Courtial le Mer 13 Aoû 2014 - 1:05, édité 1 fois

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Mar 12 Aoû 2014 - 22:46

Gamma est un des livres majeurs, fondamentaux, capitaux, l'un de ceux qui ont fait l'objet de commentaires interminables et ininterrompus depuis l'antiquité, il fait encore aujourd'hui l'objet de nouvelles traductions, de monographies, de travaux. Il est plutôt bien écrit, il est très suivi, cohérent, il répond en profondeur à des problématiques précises, ce que ne peuvent pas revendiquer tous les autres livres, c'est les sujets abordés qui sont éminemment ardus.
Même remarques pour Dzéta, autre grand morceau, majeur, du lot. En Belgique, il existe un collectif universitaire qui travaille sur ce livre, et ce n'est qu'un exemple.
Lambda se détache effectivement notoirement du tout ( Comme Iota. ), et puis, surtout, c'est la théologie aristotélicienne.
Mu et Nu forment aussi un groupe très à part, très problématique, parfois ils reprennent des thèmes de Grand alpha et Bêta, tout deux bien associés, contemporains, de la période d'Assos, ceci dit sans que le débat chronologique, de l'antériorité d'un groupe sur l'autre, soit tranché. Mu et Nu sont très techniques, pointus, polémiques, visant l'Académie, mais présentent aussi un aspect décousu, de compilation, qui leur ont valu le scepticisme de certains des meilleurs commentateurs, exégètes, comme Petit alpha, parfois attribué à Pasiclès de Rhodes, avis partagé par Aubenque par exemple, de même pour d'autres livres ou passages de livres ! A contrario, la teneur aristotélicienne du tout est admise par tout le monde.
Oui, ce qu'il nous reste d'Aristote en philosophie première ( On dit donc " métaphysique " depuis ce " livre ". ), est de surcroit une méchante compilation, un capharnaüm philologique, si ce n'est hétéroclite, passablement disparate, décousu et inabouti. Et quand on connaît un peu le bonhomme, quand on a lu autre chose de lui, des oeuvres abouties, ciselées, splendides ( Organon, De l'âme, Ethiques, etc. ), on ne doit pas douter que c'est tout sauf un accident.

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Jeu 14 Aoû 2014 - 2:44

Le but de mon propos n'était pas initialement bibliographique ( Du coup, j'ai acheté les deux dernières traductions, celle de Marie-Paul Duminil et Annick Jaulin chez G-F, Flammarion, et ramé pour trouver d'occasion le premier volume, épuisé, de celle de Bernard Sichère chez Pocket. ), donc je termine dans ce registre.
Je livre mon point de vue personnel, et on en fait bien évidemment ce qu'on en veut.
Pour commencer, et même bien commencer, avec la " Métaphysique " d'Aristote, se munir de la Major de Tricot et du grand classique exégétique français de ce texte, comme son titre ne l'indique pas, " Le problème de l'être chez Aristote ", Pierre Aubenque, aux P.U.F.
Je crois qu'il y aura pas mal de monde pour convenir que ça constitue une excellente base.


Dernière édition par neopilina le Mar 9 Sep 2014 - 14:09, édité 1 fois

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par jghislain le Jeu 14 Aoû 2014 - 7:32

Je bois du petit lait, moi qui adore la métaphysique...
Pour moi, sans reprendre tout ce que tu as dit, et que je trouve très juste, l'être est en puissance. Par le logos, plus exactement. Heidegger l'explique bien dans sa conférence sur la logique. L'Etre n'est pas un absolu. Ce que je suis, je le suis par choix et par actes. Si l'Etre était un absolu, une généralité qui me définit, cela reviendrait à me réduire à une essence prédéfinie. Or il faut y rajouter une part de liberté, ou de folie pour certains... Or la force du logos, ce n'est pas forcément une nécessité divine. Le logos, c'est au niveau humain, c'est toucher au discours du monde et donc à mon discours propre. Il n'y a pas que le monde qui suit des lois. Au niveau individuel, moi aussi, si j'arrive à me comprendre, je mesure alors mieux les enjeux de ma vie. Cela me fixe dans une attitude, un caractère, une essence. De là l'Etre en tant que mode authentique de l'existence.

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Jeu 14 Aoû 2014 - 17:55

Je connais l'existence de l'ouvrage d'Heidegger sur la logique. Je ne l'ai pas lu, pourquoi ?
Parce que j'ai très tôt constaté qu'Aristote, auteur de l'Organon, père de la logique formelle, en laquelle il avait placé de formidables espoirs, était lui-même revenu des dits espoirs, avait lui-même expérimenté les limites de celle-ci : sa " Métaphysique " n'est pas apodictique ( En passant, dans ce cas, je fais un parallèle avec Wittgenstein qui reviendra lui aussi de son " Tractatus ". ). Dans la grande exégèse d'Aubenque, " Le problème de l'être chez Aristote ", sur la " Métaphysique " d'Aristote, celui-ci dit très bien : " ... la " Métaphysique " ne se présente pas à nous dans un ordre déductif et syllogistique ... ". Dans le livre Gamma, un des fleurons de la " Métaphysique ", on voit très bien Aristote faire lui-même l'expérience des limites de la logique ( Je détaille un peu à ce propos ici : http://digression.forum-actif.net/t197p30-vos-lectures-en-cours ). Et de façon générale, dans la " Métaphysique ", où il est donc question de philosophie première, on voit un Aristote revenir bien malgré lui, irrésistiblement, au recours à la dialectique, qu'il dénigre ! Et on ne doute pas un seul instant que cet esprit là ne l'a pas lui-même remarqué. Mais les Grecs n'étaient pas très doués pour la déontologie, l'auto-critique, les scrupules, ce genre de choses. En matière de comportement intellectuel, on pourrait écrire un édifiant volume sur des pratiques, des façons, des manières, pas du tout honorables. Ils sont énormes, je dis même monstrueux, stupéfiants, ils rebondissent à la vitesse de l'éclair, c'est des virtuoses, mais ça veut aussi dire absolument impitoyables, féroces. Par exemple, c'est en deux coups de cuillère à pot, si j'ose dire, qu'un Zénon d'Elée enferme un adversaire dans des apories infernales qui découlent des positions du dit adversaire. Aristote rabaisse systématiquement tous ses prédécesseurs, autrui, alors qu'en même temps sans le dire explicitement, il entérine, reprend, ou prend un soin extrême à répondre à, ce qui s'est dit de pertinent avant lui.

L'Être est un absolu, l'absolu, dans un registre : l'ontologie. Et cela ne saurait en rien, absolument !, déterminer, etc, etc, a priori et a posteriori, quoi que ce soit : l'Être ( Je ne dis pas " essence ", je récuse catégoriquement, philosophiquement, ce concept. ) des Etants, c'est l'Être, c'est tout, si on s'en tient à un propos purement ontologique. Jean Duns Scot, théologien franciscain, en plein moyen-âge, ose froidement, et dans un tel contexte " oser " est un charmant euphémisme, le bucher n'est pas loin, la rigueur philosophique : " Du point de vue de l'être, Dieu est un étant comme les autres ". Ce qui est effectivement ontologiquement un lapalissade. Ce qui n'a nullement brimé sa foi. Einstein parlait d'égal à égal avec un seul homme : l'abbé Lemaître !

C'est seulement ensuite, j'insiste sur ce dernier terme, c'est de bonne, stricte, méthode, qu'on peut constater que tous les Etants sont des Fruits de Sujet, et effectivement, à partir, j'insiste de nouveau, de là, les choses se compliquent ! Les Etants sont ce qu'en ont fait a priori les Sujets. Et c'est cela qui méritera toute notre attention, philosophique au cas échéant.

On peut parfaitement, complétement, philosophiquement, aujourd'hui, lever l'aporie où se déploie la philosophie grecque, voir I et II de l'Abrégé de mon " De la Nature " : il faut que la philosophie entérine aussi radicalement que possible, philosophiquement, pour elle, le divorce, d'ailleurs effectivement advenu empiriquement au fil des siècles, entre les deux formes de discours : la science et la dialectique. Ce dont Parménide avait eu l'intuition avec son poème en deux parties. De même, c'est l'unique façon de satisfaire pleinement aux exigences de Zénon d'Elée formulées dans ses fragments B1, B2, B3 ( La distinction entre être en puissance et être en acte formulée par Aristote dans le livre Théta est certes un progrès mais elle ne suffit absolument pas. ). Exemple concret, pratique, de cet entérinement philosophique :

On peut parfaitement, complétement, philosophiquement, aujourd'hui répondre à la célébrissime question énoncée en Met. Z., 1, 1028 b : " Qu'est-ce que l'étant ? " Je reformule la question à l'aune de ma propre réponse : " Qu'est-ce que l'Etant ? " En effet, quand Aristote se pose cette question, il ne faut surtout pas oublier qu'il se la pose aussi, surtout, comme aujourd'hui un physicien se demande qu'est-ce que la matière, la substance. L'ontologie aristotélicienne est fondamentalement une ontologie de la substance : il ne pouvait qu'échouer. Malgré ces efforts prodigieux, inégalés, il reste fondamentalement prisonnier de cette aporie où se déploie TOUTE la philosophie grecque. L'ontologie n'a rien à voir avec la substance, la matière, la science. Il y a ontologie, Être, Etant, Un, Même, Autre, Non-Être, quant il y a Sujet. Donc, je réponds ainsi à la question : l'Etant c'est un fruit et ( J'entérine le dit divorce. ) un Fruit du Sujet. Le fruit a ses modalités scientifiques, biologiques, physiologiques, nerveuses, etc. Le Fruit a ses modalités ontologiques, dialectiques, métaphysiques, philosophiques. L'Être, c'est " seulement " l'élément fondamental, intrinsèque, au coeur de tout Etant. Un humble vers de terre génère des Etants, sensations, perceptions, etc, les siens, c'est le médium qui permet à tout être vivant, Sujet, de vivre. L'Etant est le point de contact entre un Sujet et Son ( J'introduis là, à sa vraie place, le cogito. ) Monde. En dernier lieu, effectivement, l'Être en tant que matière première des Etants est aussi au coeur de cet Etant plus que notoire, absolument singulier, unique, qu'est le Logos : le Logos, un Etant au coeur duquel siège l'Être, les Etants du Logos, peuvent être Logos, Etants du Logos, sur l'Être, les Etants. Jolie Boucle ! Tout discours, savoir, étant idéalement une Boucle, partant d'un Etant pour y revenir. La connaissance de celui-ci, l'atteinte par la conscience de celui ci en soi, de ce qu'il est, étant censée être advenue en chemin, je paraphrase le fragment V du poème de Parménide et un passage de " L'être et le néant " de Sartre, où il impose, comme il se doit, le cogito au début du dit cheminement. La philosophie consiste à connaître, savoir, ce que sont les Etants qui l'intéresse en propre, pourquoi, comment, etc, ils sont ce qu'ils sont, du fait des Sujets qui les ont produit. On voit ainsi venir très vite le problème central, l'Objet constitutif majeur, de la philosophie : le Faiseur d'Etants, le Sujet ( Avec cette formule, on comprend de facto tout le " bien " que je pense du " Berger de l'Être " d'Heidegger. ). Avec en tête un projet : l'Homme.

Voilà fondamentalement comment je fonctionne depuis au moins 20 ans.
Je considère deux grandes périodes philosophiques : la première va d'Héraclite à Aristote, la seconde va de Descartes à Sartre, qui termine impeccablement et rigoureusement l'état des lieux ainsi permis, ferme le bal ainsi ouvert par Descartes ( Ce qui n'est pas le cas d'Heidegger qui ruse, triche, avec le cogito, avec son Dasein, et en plus, on a vu ce que ça pouvait donner, par Heidegger lui-même. ). Et je résous les problèmes des uns avec les solutions des autres, élabore mon propre discours : ce que je viens de faire ci-dessus est précisément un exercice de ce genre. Mais pour se faire il fallait jeter un pont entre les deux. C'est à dire, à cause du cogito dans son primo-état, reconquérir et cette fois philosophiquement et explicitement, ce qu'il avait escamoté : le Donné pleinement tel a priori, d'emblée positif, autrement dit l'Etant, même s'il est aussi problématique, énigmatique, etc, que possible, c'est déjà, dialectiquement, métaphysiquement, philosophiquement, ultérieur, et qui, dés lors, effectivement, c'est le bon ordre, pourra, devra, faire l'objet du cogito pour commencer.

On a donc vu, ne serait-ce que d'un point de vue philologique, ce qu'Aristote nous a légué en matière de philosophie première : la " Métaphysique " qu'on connaît, l'assemblage, le regroupement, a posteriori, de 14 livres, non pas un livre, au sens plein, projeté, travaillé, considéré comme abouti par son auteur. Aristote a renoncé. Mais " l'échec " d'un Aristote reste encore aujourd'hui l'un des tous premiers incontournables en la matière. Pour tout dire même, je ne lui connais aucun parallèle.


Dernière édition par neopilina le Jeu 14 Aoû 2014 - 20:02, édité 1 fois

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" Tout Étant est à la fois a priori Donné ( C'est, il est, et ça suffit pour commencer. ) et Suspect, parce que Mien ", " Savoir guérit, forge. Et détruit tout ce qui doit l'être ", ou, équivalents, " Tout l'Inadvertancier constitutif doit disparaître ", " Le progrès, c'est la liquidation du Sujet empirique, notoirement névrotique, par la connaissance ". Moi.

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par Courtial le Jeu 14 Aoû 2014 - 19:59

neopilina a écrit:En matière de comportement intellectuel, on pourrait écrire un édifiant volume sur des pratiques, des façons, des manières, pas du tout honorables. Ils sont énormes, je dis même monstrueux, stupéfiants, ils rebondissent à la vitesse de l'éclair, c'est des virtuoses, mais ça veut aussi dire absolument impitoyables, féroces. Par exemple, c'est en deux coups de cuillère à pot, si j'ose dire, qu'un Zénon d'Elée enferme un adversaire dans les apories qui découlent des positions du dit adversaire. Aristote rabaisse systématiquement tous ses prédécesseurs, autrui, alors qu'en même temps sans le dire explicitement, il entérine, reprend, ou prend un soin extrême à répondre à, ce qui s'est dit de pertinent avant lui.

Me paraît excessif ou, disons, à nuancer :  
Contrairement à Platon, qui pense qu'une opinion ne se discute pas, qu'il faut la détruire et point barre, il y a tout de même chez Aristote l'idée qu'il doit bien y avoir quelque chose d'un peu vrai dans n'importe quelle opinion, d'autant plus quand c'est celle d'un philosophe. Aristote passe son temps à essayer de tirer le bon grain de l'ivraie (ce qui, encore une fois, n'est pas un ethos platonicien, Aristote est plus "positiviste", si j'ose dire), que ce soit en Alpha et Bêta ou ailleurs.
Tout au plus, j'admettrais que l'on parle de "rabaisser" dans un sens hégélien : surmonter, dépasser. Il semble bien qu'Aristote envisage les philosophies précédentes comme autant d'essais plus ou moins aboutis (ou fructueux) pour parvenir à la philosophie vraie (la sienne, naturellement : que peut-il croire d'autre ?). Ce par quoi ces pensées sont en un sens "rabaissées", mais cela veut dire aussi justifiées.

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Jeu 14 Aoû 2014 - 20:17

Si je connais un peu des penseurs, c'est les Grecs. Je ne sais pas ce que vaut l"élève, mais il sait qui sont ses Maîtres. D'emblée, pour eux, la métaphysique est un ring, " un champ de batailles " ( Kant. ), et d'emblée, ils la jouent façon Mike Tyson. Ethiquement, déontologiquement, je maintiens, c'est d'affreux jojos, ils cognent comme des sourds !


Dernière édition par neopilina le Mar 2 Sep 2014 - 22:07, édité 2 fois

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par jghislain le Jeu 14 Aoû 2014 - 20:54

Le problème moderne c'est de faire le procès des grands penseurs. Cela permet de se la jouer. C'est le contraire d'une soumission bête et méchante, me diras-tu. Pourtant, Aristote est, et restera le grand penseur de l'Occident, comme Confucius en Asie. Le problème de l'autorité, très moderne comme question ? Mais si tout est permis, comment discerner le bon du mauvais ? Est-ce qu'un neopilina vaut un Aristote ? Je ne crois pas. Aristote c'est la base de la logique occidentale. Les catégories de l'Etre, si elles n'existent pas, pourquoi alors elles seraient passé dans la grammaire ? La grammaire, c'est la pratique du discours logique, que tout le monde, plus ou moins connait. Un peu de respect pour Aristote, donc. Détruire la logique ne peut mener qu'à la folie !

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Jeu 14 Aoû 2014 - 22:09

Tu me lis décidément très mal J-G. C'est décourageant. Eut égard à ta réaction, je suis obligé de conclure que tu es loin de pouvoir imaginer à quel point je respecte le penseur Aristote. Je pensais pourtant bien avoir fait la distinction entre sa pensée, que je connais mieux que toi, et sa ... " déontologie ". Pourtant au-dessus j'ai écrit une foule de choses telle que celle-ci :

neopilina a écrit:Mais " l'échec " d'un Aristote reste encore aujourd'hui l'un des tous premiers incontournables en la matière. Pour tout dire même, je ne lui connais aucun parallèle.

Etc, etc, etc, etc, relis, tu verras, tu vas trouver. Enfin bref. Revenons au sujet que tu as lancé, Aristote et la logique. Essayes de faire de la philosophie première, de la métaphysique, avec l'Organon, la logique formelle, le syllogisme. Un indice, plutôt un rappel, je me répète, c'est aussi au dessus, Aristote aussi a essayé, et a laissé tomber. Je te conseille à ce titre la relecture du livre Gamma : plus il tente de faire de la philosophie première, moins les Catégories des Topiques valent, plus la dialectique s'impose. Et il va de soi qu'il s'en est rendu compte, mais en " bon " Grec, il ne l'a pas crié sur les toits ( Tu saisis mieux là, la distinction entre pensée et déontologie. ). Je te renvoie également à la critique de cette liste de Leibniz ou encore celle de Kant. Par contre, eut égard à ton message ci-dessus, il semble bien que cela t'as échappé. Ceci dit tu peux bien sûr réessayer. Moi-même en philosophie je ne m'interdis rien.

Pour faire le point, idéalement, à ce sujet, je te conseille la lecture de " Du principe de contradiction chez Aristote " de Jan Lukasiewicz ( Préfacé par Roger Pouivet aux éditions " l'éclat ". ), éminent logicien du XX° siècle, qui lui aussi, au début, sera convaincu que la logique est l'instrument privilégié de la métaphysique, et qui lui aussi en reviendra :
: http://digression.forum-actif.net/t197p30-vos-lectures-en-cours


Dernière édition par neopilina le Jeu 14 Aoû 2014 - 22:40, édité 6 fois

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par Courtial le Jeu 14 Aoû 2014 - 22:10

Il ne semble pas que les catégories de l'Etre soient "passées dans la grammaire", elles en sortent, tout simplement.
Aristote fait une analyse grammaticale des diverses occurences de "être" en grec.
Il essaye ensuite d'unifier, et c'est l'épouvantable Dzeta, mais bien à partir de la grammaire.

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Jeu 14 Aoû 2014 - 22:24

Puisque J-G avait rebondi sur Aristote et la logique, terme sur lequel il faut bien s'entendre, surtout quand on cause de l'auteur de l'Organon, je me suis contenté de renvoyer à Gamma. Mais on peut passer à Dzéta !
Franchement, le bouquin de Lukasiewicz est nickel pour faire le point à ce sujet ( Merci hks ! ).

P.S à J-G.
Les procès, ce n'est pas mon genre, encore moins en philosophie. Si j'ai dit quelque chose qui t'as offusqué, peut être à propos d'Heidegger ( Que tu connais mieux que moi. ), je ne sais pas, il y a un fil d'ouvert. Ses séminaires, cours, écrits, des années trente, quarante, sont là et bien là. On fait quoi ? L'autruche ?
Et, je tiens à te rassurer, je n'ai pas la prétention d'arriver à la cheville d'Aristote. Même si grâce à un certains nombres de progrès advenus depuis au bas mot vingt siècles, dans de nombreux domaines, tous les lycéens peuvent faire mieux qu'Aristote. Mais effectivement, pas en métaphysique.
Dans ma longue réponse, que j'avais vraiment travaillée, une de mes intentions était clairement, je le dit à deux reprises, de montrer que je fais avec les autres penseurs ( Et ce avec les Grecs et les Cartésiens, ce que j'entends par là chez moi, ensemble. ), bien plus que contre. Aristote faisait de même, mais il se gardait bien de le dire. Je dis plus que clairement ce que je dois et à qui ( Je cite toujours scrupuleusement mes sources, etc. ), pas lui ( Pour nuancer ma première réponse, précipitée, à Courtial. ).

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Ven 15 Aoû 2014 - 2:11

A supprimer.


Dernière édition par neopilina le Dim 7 Sep 2014 - 15:41, édité 1 fois

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Ven 15 Aoû 2014 - 6:03

( Minuscule précision d'ordre pratique. Je désigne un livre de la " Métaphysique " par le nom de la lettre complet Grand alpha, Mu, Nu, etc, à la place de A, M, N, etc. Pourquoi ? Je n'ai pas le clavier grec, je ne peux donc pas désigner par une seule lettre les livres Petit alpha, Gamma, Delta, Théta et Lambda. On peut aussi opter pour la simple lettre quand c'est possible, et le nom complet quand ça ne l'est pas sans clavier grec, ça donne : A, Petit alpha, B, Gamma, Delta, E, Z, H, Théta, I, K, Lambda, M, N. Pour le cas particulier de " Grand alpha " et " Petit alpha ", je les ai parfois rencontré tels quels dans l'exégèse, d'où l'idée de généraliser suite à la difficulté que j'ai rencontré. C'est dit. )

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par Courtial le Ven 15 Aoû 2014 - 11:25

Pour poursuivre dans le minuscule, précisons que les chiffres n'existaient pas en Grèce et que l'on prenait (en maths, par exemple) donc des lettres : A = 1, B=2, G = 3, AB = 12 etc.
Pour les autres livres d'Aristote, on met des chiffres (Par ex: Eth. Nic, livre II), mais comme dans Métaphysique, il y a deux alpha (majuscule et minuscule) cela décale tout et on  a donc conservé les lettres.
Pure érudition ou curiosité,  mais voilà, c'est redit.

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Ven 15 Aoû 2014 - 15:45

En français, ou disponible en français, on peut idéalement ajouter à l'essai de Pierre Aubenque quatre monuments continuellement encensés, utilisés, référencés :
- Essai sur la métaphysique d'Aristote, Felix Ravaisson ( Le maître revendiqué de Bergson. ), 1845.
- Le système d'Aristote, Octave Hamelin , 1920.
- Aristote, David Ross, 1923, en français.
- Aristote, Léon Robin, 1944 ( Toujours pas réédité, ne se trouve que d'occasion. ).

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Ven 10 Oct 2014 - 16:45

Aux titres ci-dessus, il faut ajouter une autre somme ayant fait date sur Aristote, qui n'a été traduite en français qu'en 1997 :  " Aristote, fondements pour une histoire de son évolution " du grand Werner Jaeger, c'est aux éditions de " l'éclat ".
L'ouvrage de Ross a été revu jusqu'à sa dernière réédition en 1953.
Même si ce ne fut pas mon cas, pour cause de traduction tardive, je conseillerais de commencer avec l'ouvrage de Jaeger.
Outre les titres du Stagirite les plus abordables, on peut, bien, commencer et poursuivre avec lui au mieux avec ces classiques.

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Re: Aristote, La Métaphysique

Message par neopilina le Mar 7 Mar 2017 - 19:24

Quand je me suis mis à aborder des auteurs autres que Grecs, après 4 ans de lectures philosophiques exclusivement grecques, ébloui, séduit, par les Éléates, le baluchon bourré de questions grecques, éléates, " j'arrive d'Élée ", on peut imaginer quels appâts, promesses, etc., furent pour moi, de par leurs auteurs, leurs titres mêmes, " Être et Temps " et " L'être et le néant ". La déception, la frustration, etc., notamment quand je referme le livre d'Heidegger, parangon auto-proclamé de l'ontologie, sont terribles. Répondent t-ils à la question qu'Aristote dans Met. Z., 1, 1028 b ( Voir ci-dessus, le Jeu 14 Aoû 2014 - 17:55. ) a enfin réussi à poser ? Parce que l'histoire de cette question, ce n'est pas rien, rien de moins que de ces moments de l'histoire de la philosophie comme il n'y en a pas 5, et ni Heidegger, ni Sartre, puisqu'il est question d'eux, ne répondent à cette question.
La réponse à cette question, c'est une distinction épistémologique entre l'Étant au sens premier, radical, le plus général qui soit, ontologique et dialectique, généré par un être vivant, et constitué de l'Être, de l'Un, du Même et de l'Autre, le Sens, d'une part, et l'étant au sens scientifique du terme tel que cela commence enfin à s'entendre explicitement en Europe à partir du XVII° siècle, le sens. Et il va donc de soi que même quand je considère le plus neutre, basique, banal, insignifiant, des étants cela se fait via les Étants que je m'en fais. Heidegger, en son temps, celle de la première lecture, m'a exaspéré au dernier degré, encore fallait-il pouvoir le dire. Il fusionne la question de l'ontologie, alors qu'il la remet à l'honneur !, avec celle de l'être-là, du Dasein, c'est à dire la condition humaine, et là, je fais très exactement comme Sartre, je relève : la, cogito, Sienne. Je veux bien que sa philosophie ait un gout de " Forêt noire ", la mienne à sans doute un gout de " Lorraine ", mais en trichant avec le cogito, Heidegger nous livre une philosophie qui a bien plus qu'un " gout ", elle déborde, ainsi, du coté romantique puis völkisch puis nationaliste, etc., finalement très allemande de l'époque. Heidegger, tout aussi vite que les autres philosophes, confond la question ontologique en soi avec ce que dise les Étants ( Son Dasein, etc. ). Posés sur la table, si j'ose dire, l'Être, l'Un, le Même et l'Autre, ne parlent que d'eux, ils ne disent rien, c'est une fois assemblés, combinés, etc., etc., etc., a priori qu'ils vont former des Étants qui disent, signifient, subjectivement quelque chose au Sujet qui les a élaboré.
Dans sa " Critique de la raison dialectique ", une franche bonne surprise après " L'être et le néant ", Sartre dit que la ( Sic. ) philosophie n'existe pas, mais qu'il y a d'abord des philosophies, la Sienne, celle d'Heidegger, la Mienne, etc., c'est encore une fois faire usage du cogito, dont Sartre, quoi qu'on en dise, ne s'écarte jamais d'une virgule, c'est un probe, un grand comptable, et qu'il faut faire très attention avec ça. On comprend parfaitement a posteriori qu'Heidegger " inspire " plus, il le permet, il se le permet sans le fonder, en toute rigueur, c'était à tort. Je préfère un terrain chiche et sain, qu'un autre qui permet le déploiement de grands " n'importe quoi ", déjà débridés donc.
Et la première chose que je fais après ma proposition ontologique, c'est de reprendre et entériner le cogito, ce qui donne : " Tout Étant est à la fois a priori Donné et Suspect, parce que Mien ", " Savoir c'est répondre à la question qu'est ce que c'est et/ou qu'est-Ce que c'est ", etc.
A titre personnel, je considère, en le motivant bien sûr, qu'il y a deux périodes majeures dans l'histoire de la philosophie, je dis les Grecs et les Cartésiens, de Descartes à Sartre, qui inclue un égarement majeur, le Romantisme, religion de l'émotion. J'ai dit quel était selon moi le Lieu, le Cadre, où se déploie toute la philosophie grecque, celle de la dite indistinction épistémologique. Quant au Lieu où se déploie le XX° siècle c'est bien celui de la Fosse commune, de la " fin " de la métaphysique et de l'histoire. Sade traverse de part en part, surmonte haut la main, la dite " Foose ", avant même les premiers coups de pelles romantiques. Sa " Juliette " est le dernier grand texte des Lumières, qui ont globalement et cruellement manqué de matériel dialectique et métaphysique ( Sachant que le manuscrit du dernier grand oeuvre de Sade, " Les Journées de Florbelle ou La Nature dévoilée " a été brulé dans la cour intérieure de la préfecture de police. ). Et nous l'avons payé très cher. Et surtout pas d'opprobre sur l'Allemagne : on a assez vu, et ce n'est pas fini, à quelle point cette forme de démence est universelle. Il y a bien eu deux déroutes notoires, une française et une allemande, qui ont toutes deux très exactement la Même origine : le Romantisme. Pus simplement, presque bêtement, si je parle de l'Allemagne et de la France c'est parce que je m'exprime en tant que continental (1) : la pensée, c'est comme le reste, à force de coercition, de confinement, ça finit par imploser et jaillir, brutalement, dans tous les sens, ça donne Nietzsche, Marx, Freud, Bataille (2), etc., etc. Je parle de philosophie, pas d'histoire, du Traité de Versailles, etc. ad libitum et ad nauseam. Le problème ce n'est jamais tant Moïse, Christ, et compagnie, mais bien ceux qui viennent après. Faute d'ontologie et d'une élucidation du Cadre et de la Situation a priori du Sujet au sein de celui-ci via le Lien qu'il entretient a priori avec, cogito, Son Monde, on a eu une prodigieuse dispersion. Féconde, sans aucun doute possible, mais " dispersion ". On dit que Goethe expira avec ce mot : " Plus de lumière ! ". Effectivement.
Trois cercles concentriques, " La Nature et Mon Monde, etc. " pour le premier, " A priori, inconscient, Je, etc. " dans le second, " conscience, pensée, je, liberté, etc. " dans le troisième, et te voilà " libre ". Il va falloir sérieusement préciser ? Tout à fait : à ce stade même le dément est libre, et il ne se gène pas. Voilà qui permettra, très exactement à l'inverse du cogito, de l'hégélianisme, de la phénoménologie, de préserver, de mobiliser, d'encadrer, correctement ( N'est-ce pas Monsieur Marx. ), la folie utile, nécessaire, aux combats à mener, à l'action. Souriez : je rapporte le Soleil de Grande Grèce en Europe, l'héritière de Rome. C'est la révolution éléate ( La quatrième après la copernicienne, la darwinienne et la freudienne. ).

(1) Je n'oserais jamais dire qu'il n'existe pas de philosophe continental, au sens philosophique du terme, en dehors du continent, au sens géographique du terme, je dis que je n'en connais pas. Qu'il y en ait serait l'une des plus grandes bonnes nouvelles de l'histoire. La pire chose qui soit arrivée à l'Allemagne ? La Réforme, sachant que la catastrophe nazie modifiera significativement sa Situation a priori, la France s'en trouve, aujourd'hui, un peu plus romantique. A l'Angleterre ? Un pape qui refuse de casser le mariage d'un roi, et ça n'a pas changé depuis.

(2) Le cas de Georges Bataille est emblématique. Il n'est pas philosophe, et il est le premier à le dire. Il n'empêche, c'est un remarquable lecteur de Sade ( Et Bataille est le premier à dénoncer la confiscation littéraire dont Sade fait l'objet. ), d'Hegel, de Nietzsche, de Marx, de Freud, d'Husserl, de la phénoménologie, d'Heidegger et de Sartre, pour ne citer que ceux là, il entend certains sans aucun doute bien mieux que je ne le peux. Et donc ? Même Bataille, qui n'a rien d'un nain de jardin, l'homme a de la ressource et un cerveau, ne réussit pas à en sortir, de la Fosse commune.

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