Russ Meyer. Vixen and co !

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Russ Meyer. Vixen and co !

Message par neopilina le Mer 14 Aoû 2013 - 23:01

Vous ne connaissez pas ? Mais si, " Vixen " ! Toujours pas ?  
Pourtant Arte avait fait une séance de rattrapage. Bon, une ordonnance s'impose.

Avertissement. Le C.S.A. classe " Vixen " en interdit aux moins de 12 ans et les trois suivants en interdits aux moins de 16.

Les ados risquent effectivement une brutale recrudescence acnéique et/ou de pivoinite aiguë, et prévoiront, pour les garçons, sais t-on jamais, des mouchoirs en papiers.

La fiche de Russ Meyer : http://fr.wikipedia.org/wiki/Russ_Meyer_%28r%C3%A9alisateur%29 , http://www.rayonpolar.com/Films/cineaste_bis.php?num=12 , etc.

On pourra commencer avec la cultissime série des  " Vixens ", je mets des guillemets : " Up ! ", à des fins commerciales a été " traduit " en français par " Mega Vixens ", mais on est bien dans la même veine !

- " Vixen ", 1968, http://fr.wikipedia.org/wiki/Vixen_%28film%29 , http://www.allocine.fr/film/fichefilm-58157/secrets-tournage/ ( Liens hypertextes vers les autres volets de la saga. ),
- " Supervixens ", 1975, http://fr.wikipedia.org/wiki/Supervixens ,
- " Up ! ( " Mega Vixens " ), http://fr.wikipedia.org/wiki/Mega_Vixens ,
- " Ultra Vixens (Beneath the Valley of the Ultra-Vixens) ", 1979, http://fr.wikipedia.org/wiki/Ultra_Vixens .

On ne connaît pas à ce jour d'antidote. Alors comme on sera devenu fan, on passera au reste de la filmographie, geek .

Et si on découvre, on passe ici nous faire part des premières impressions !
Vous me remercierez !

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Re: Russ Meyer. Vixen and co !

Message par Courtial le Sam 17 Aoû 2013 - 15:30

neopilina a écrit:Les ados risquent effectivement une brutale recrudescence acnéique et/ou de pivoinite aiguë, et prévoiront, pour les garçons, sais t-on jamais, des mouchoirs en papiers.
Vraiment ? Ce n'est pas le souvenir que j'en ai (et je dois hélas!, à ce propos me contenter de souvenirs, désormais).

Je trouvais tout cela plutôt débandant, en ce qui concerne.
Je passe sur les éléments qui relèvent de ma complexion personnelle (mon inappétence sexuelle pour les vaches laitières, pour faire clair), que je me garderai bien de généraliser, pour voir l'aspect peut-être un peu plus universel et philosophique :

Y avait quand même une bonne dose d'humour et de second degré, chez Russ Meyer (et, sans vouloir l'écraser sous les références, on pourrait dire la même chose de Fellini, autre grand amateur de pis devant l'Eternel (1), enfin il me semble.

Or je tiens l'humour ou le comique pour les meilleurs marques de bromure actuellement sur le marché. Pour des raisons anthropologiques qu'il serait intéressant d'expliciter - mais j'en suis moi-même incapable - il y a une impossibilité à bander et à se marrer en même temps.

Si votre propre expérience ne vous l'a pas déjà appris, voyez par exemple puisque nous parlons de cinéma, les acteurs porno, les harders (je ne parle ici que des mâles): il y a ceux qui poussent des cris, ceux qui n'émettent pas de moindre son, ceux qui parlent, ceux qui se taisent, ceux qui ont, dans l'effort, des grimaces, ceux qui arborent au contraire une mine extasiée et quasi contemplative, mais vous n'en verrez jamais un en train de se fendre la gueule. On peut imaginer, cela la plaisanterie bien connue, qu'ils songent plus à leur déclaration d'impôts qu'à une hilarante histoire de Toto.
(Je ne m'attarde pas sur "l'après" sexe, dans lequel les mâles sont encore plus dépourvus d'humour, en particulier si la partenaire en fait preuve dans ses commentaires sur la performance...)

Ce qui rejoint ce que j'ai mentionné dans un autre fil : il y a beaucoup plus de cul chez Thérèse d'Avila (et ses extases mystiques, sa contemplation de l'Eternité) que chez les ricaneurs matérialistes genre Diogène ou un autre que j'ai cité aussi.

(1) Il y a une scène dans Amarcord (mais je confonds peut-être avec Huit et demie, je garantis pas) où un jeune ado se retrouve chez une pute, qui lui offre généreusement son sein tout aussi généreux. Le mec, qui ne connaît pas le jeu, doit croire que c'est un biniou, et se met à souffler dedans ! Et la fille lui répète tout le temps "mais arrête de souffler"... J'étais plié en quatre, mais c'est pas le plus grand émoi érotique de ma vie...

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Re: Russ Meyer. Vixen and co !

Message par neopilina le Sam 17 Aoû 2013 - 17:10

C'est très bien vu pour l'opposition, oui, entre hilarité, régression/subversion/transgression, en fait " Vixen " c'est vraiment la veine de l'ado attardé, chronique, nostalgique, jubilatoire, et Sexe. Les Russ Meyer sont totalement à l'opposé du porno, qui est glacé, minutieux, mécanique, compulsif, radical, etc, on m'a compris.
Sade avait bien noté qu'on n'est pas plus sérieux, minutieux, que quand on bande, et lui-même relevait que c'était très masculin. Sa pornographie est glacée, tragique, il ne la signe pas, a contrario, il signe ses écrits érotiques et bien sur tout le reste, on peut lui faire confiance pour cette différence.
Dans ce cas c'est révélateur, on actualise de l'essentiel pour le Sujet, du lourd, constitutivement dit. Et quant on réussit à se départir un tant soit peu de celui-ci, on s'aperçoit que " Sexe allégé ", devient d'autant plus effectivement praticable, infiniment plus humain, pour soi et autrui. Parce qu'intrinsèquement moins coupable névrotiquement et dialectiquement dit.
Les hommes sont très doués pour la morale, parce que se sont eux qui sont si tragiquement clivés.

On ne s'étonnera pas, je suis également fan de Tarantino, Russ Meyer, c'est du Tarantino avant l'heure et avec le cul. Je pense que je connais bien Tarantino, et je suis certain que ça doit bien le gratter de ne avoir encore fait son " Vixen ", même si avec son pote Rodriguez ils vont encore plus loin dans le régressif/jubilatoire, la dérision, le second degré, les clins d'oeil, mais pas de cul. On attend !

Toutes considérations rétrospectives qui permettent de jauger un peu du regain " moral ", pour ne pas dire crispation, général que connaît le monde aujourd'hui.

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Re: Russ Meyer. Vixen and co !

Message par Courtial le Sam 17 Aoû 2013 - 23:36

Tarentino ? Je craindrais, s'il faisait quelque chose de sexuel dans un prochain film, que ce ne soit qu'une apologie de l'auto-érotisme.
Sans parler d'autisme (terme que je ne peux employer qu'au sens vague, non spécialisé), il semble tout de même avoir quelque souci avec l'alterité, l'ami Quentin, ou je me gourre ?
C'est rare de voir un cinéaste qui a aussi peu de dehors, je veux dire dont l'univers créatif a aussi peu de dehors.
Ce qui n'est pas dans le plan, le hors-champ n'existe vraiment pas.

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Re: Russ Meyer. Vixen and co !

Message par neopilina le Dim 18 Aoû 2013 - 0:13

Rhooooooooo, tu me scies encore les pattes ... compliment, hein. Faut que j'y pense du coup.

_________________
C'est à pas de colombes que les Déesses s'avancent.
" Tout Étant est à la fois a priori Donné ( C'est, il est, et ça suffit pour commencer. ) et Suspect, parce que Mien ", " Savoir guérit, forge. Et détruit tout ce qui doit l'être ", ou, équivalents, " Tout l'Inadvertancier constitutif doit disparaître ", " Le progrès, c'est la liquidation du Sujet empirique, notoirement névrotique, par la connaissance ". Moi.

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Re: Russ Meyer. Vixen and co !

Message par neopilina le Dim 18 Aoû 2013 - 12:08

Courtial a écrit : " C'est rare de voir un cinéaste qui a aussi peu de dehors, je veux dire dont l'univers créatif a aussi peu de dehors.
Ce qui n'est pas dans le plan, le hors-champ n'existe vraiment pas ".

C'est vrai. Genre de chose que j'ai toujours " su ", sans que cela soit explicite, et qui saute au visage une fois que ça l'est ( Tout comme le cogito, qui n'est pas tant le remède à la Subjectivité si vanté, et inefficace, mais bien plus une explicitation incorrecte de notre tendance naturelle à l'idéalisme, dans la mesure où nous générons des Etants. Désolé, l'exemple m'est venu à l'esprit ! ).

Chez Russ Meyer, il n'y a pas que les poitrines des dames qui débordent. En fait, TOUT déborde dans TOUS les sens, avec ce dénominateur commun inaugural, causal, qui est une prodigieuse liberté, dont la seule perspective est réjouissante, le spectacle euphorisant, ébouriffant, des plus radicales, somme toute des plus lucides, salvatrices, à l'égard des éternels ennemis communs parfaitement identifiés et visés. Et le champ est rudement mis à l'épreuve ! La régression jubilatoire, esthétique entre autres, on fait des films tout de même, est au service de la transgression et de la subversion. Russ Meyer a débarqué à Omaha, s'est retrouvé coincé dans les Ardennes et a filmé la découverte des camps. Il sait parfaitement où il en est.



On pourrait en dire autant de Tarantino ? Effectivement non, au moins de façon évidente, pas dans la même mesure. Et suite à ta remarque, je pense effectivement, et il doit le savoir, qu'il n'est pas aussi libre que Meyer.  Dans les films du grand pote Rodriguez, il apparaît et ne se ménage pas du tout, il est à chaque fois " bien arrangé ", dérangé, je pense qu'il est lucide quant à sa propre condition. Tarentino est très " libre ", créatif, son cinéma est voué au cinéma, c'est le fil de son oeuvre, c'est lui l'objet principal, mais ce à l'intérieur de son " Bocal ". Et il le reproduit cinématographiquement, comme tu le soulignes, dans son rapport au champ. Même si la nuance peut paraître tenue, mais ce n'est pas le cas, je ne dirais pas qu'il a un problème avec l'Autre, mais plus globalement qu'il a un rapport a priori problématique avec l'Extérieur, c'est un introverti, ce qui va compliquer son rapport avec l'Autre, qui sinon, ne semble pas plus problématique que ça.
Alors oui, pour l'essentiel, eut égard aux possibilités paradigmales a priori des deux Sujets considérés, toujours des plus retorses aux velléités de changements, Tarentino, clairement, n'est pas aussi " chanceux " que Meyer, il pourra rendre hommage à Meyer, mais pas faire comme.

Au cinéma, " on met dans la boite ", c'est la Scène de ce Théâtre, dans ce registre, Tarantino a effectivement une prédisposition constitutive. Alors que chez Meyer, oui, c'est une caractéristique profonde, ça se met très très vite à cavaler en dehors ! Tu as évoqué Fellini, on peut, on y trouve très exactement ce même genre de présences débordantes, cette outrance de vie, cet étourdissement, ce flot rugissant se prêtant, par nature, sauf à le méconnaître, très mal à une formalisation pointue. Alors que Tarantino fignole jusqu'aux virgules. Chez Tarantino, comme chez beaucoup de nos semblables, et j'en ai été, on a une dynamique inverse. Et quant on dit dynamique inverse, on connaît déjà la suite, comme la question de l'origine de l'univers, l'histoire du nécro-zoophile qui va s'acheter un poulet, on connaît de facto la suite, à un moment ça va poser problème. Tout effondrement gravitationnel, si j'ose dire, a de fâcheuses conséquences.

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Re: Russ Meyer. Vixen and co !

Message par axolotl le Lun 9 Juil 2018 - 10:15

C'est beaucoup trop intello pour moi ce type de video de Vixens: on souhaiterait des dialogues plus fluides, plus compréhensibles pour des gens moins férus de culture et moins érudits, ce type de films s'adressant visiblement à des passionnés de littérature et/ou dialectique dans les grands textes (Platon et Hegel notamment) et surtout de psychanalyse.
Cette image et vision de la Mère d'abord castratrice puis phallique (avec hésitation notoire sur l'ordre, on ne sait dans quel sens le prendre!) dans sa version kleinienne puis roudinesque aurait gagné à être abordée de façon plus fellinienne, plus déconstructiviste façon Derrida: un peu genre cinéma d'avant-garde.
De bons moments parfois comme dans cette scène où l'on voit la grêle s'approcher et fondre sur un lac au Japon et on pense fatalement à Mizoguchi que j'adore !
L'hommage dans ces œuvres au cinéma japonais est flagrante avec ses magnifiques paysages qui incitent à la contemplation, la rêverie et l'admiration de la nature: c'est même j'avoue au-delà et bien au-delà de ce que j'espérais.
Bravo quand même...

P.S. J'ai également beaucoup apprécié ces références (clins d'œil?) à l'histoire du cinéma avec des plans faisant penser à Griffith dans Intolérance, Méliès et surtout Charlie Chaplin avec LimeLight.
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