L' emotion au moyen age.

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L' emotion au moyen age.

Message par kercoz le Jeu 18 Oct 2018 - 14:30

Nous pensons que l' émotion est un des invariants chez l' être humain. Invariant permettant de réduire la temporalité et la géographie. Le temps et l' espace. Cette émission , traitant de l' émotion au M. A. va à l' encontre de ce présupposé. Qui, de nos jours sait ce qu' est la vergogne ? une vague impression sur son signifiant négatif.
Au sortir de cette écoute, on se pose la question de notre handicap en terme d'affect. Ce qui est problématique qd on s' intéresse aux sciences sociales ou les interactions s'appuient essentiellement sur cet affect.
https://www.franceculture.fr/conferences/palais-de-la-decouverte-et-cite-des-sciences-et-de-lindustrie/quelles-emotions-exprimait-au-moyen-age

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Re: L' emotion au moyen age.

Message par kercoz le Ven 19 Oct 2018 - 8:04

En lien avec ma proposition de fil, une émission sur les catastrophes du passé, parlant du moyen age, nous donne des informations étonnantes pour nous "modernes":
l'abus d' empathie dont nos média nous culpabilise, n'existait pas ou peu, ..probablement lors de proximité. La victime était considérée comme partiellement responsable de son sort...ce qui peut se soutenir sans ( forcément) passer par la case transcendantale du fatalisme religieux.
Une formulation m' a aussi interpelé: le moine était perçu comme un spécialiste, un sportif de haut niveau l' affect, de l' émotion, de contrition, pour lui même et pour les autres.

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Re: L' emotion au moyen age.

Message par maraud le Sam 20 Oct 2018 - 13:39

L'un de nos premiers échanges tournait autour de l'agressivité naturelle. Nos points de vues divergeaient; ils divergent probablement encore... ( ce qui n'a rien de fâcheux).

Ton sujet nous amène à considérer à nouveau la logique de l'inhibition.

Pour moi l'inhibition n'est pas synonyme de progrès, simplement parce qu'elle se trouve aussi bien dans les processus de progressions que dans ceux de régressions. Et de ce fait on peut dire que l'inhibition n'est qu'un facteur de régulation qui n'a pas d'objet en soi puisque cette état est le fait d'une activité plus profonde et plus générale ( appelons là une " homéostasie" plus ou moins dynamique).

Je crois me souvenir que l’étymologie du terme évoque quelque chose comme " la mise en sommeil de..."

Je pose que l'antonyme de inhibition est activation et plus à propos ici: excitation.

On peut inhiber ou exciter une émotion: on peut se maitriser, au regard de sa dignité, et ne pas lâcher ses émotions, comme on peut se laisser aller en se donnant en spectacle ( question de culture, donc non invariant)

Un enfant chute et se fait mal, le parent a deux solutions, soit il se précipite préoccupé et l'enfant se met à chialer, soit il "s'inhibe" et applaudit le plongeon du môme qui, souvent, se relève en grimaçant mais sans pleurs ( ceci ne vaut, bien sûr, que si la douleur est faible).


L'inhibition de l'émotion est plus ou moins marquée selon 1) la personnalité, et 2) la culture. Les grecs anciens ne pleurent pas comme les hindous qui ne pleurent pas comme les chinois...



Une question pour toi: si tu admets que l'excitation et l'inhibition sont les deux faces d'une même pièce,quelle conséquence si on en n'active qu'une ?

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Re: L' emotion au moyen age.

Message par kercoz le Sam 20 Oct 2018 - 14:00

maraud a écrit:






Une question pour toi: si tu admets que l'excitation et l'inhibition sont les deux faces d'une même pièce,quelle conséquence si on en n'active qu'une ?

En posant le problème de cette façon, tu parts de l' hypothèse que l' individu est doté d' un caractère " émotif" stable, constant, invariant dans le temps et l' espace.....Mes liens montrent le contraire, ce qui m' a profondément surpris.
Pour imager mon questionnement qui me sort du binaire ( excitation, inhibition), je perçois maintenant le concept émotion humain, comme un clavier disposant d' un tas de types émotifs, comme les notes, dont nous ne percevons que 3 ou 4, le moyen age une ou deux dizaines.
L' évolution du moyen age ou d'autres cultures, vers une diversification des types d'émotion, semble répondre à un besoin ( nécessaire) de gérer les comportements sur un modèle afin de l' optimiser.
Du point de vue de ma thèse, nous serions handicapés de l' affect, probablement afin de répondre à des nécessités résultant de la destructuration des groupes.

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Re: L' emotion au moyen age.

Message par maraud le Sam 20 Oct 2018 - 14:48

Moi, je dors la nuit et suis actif le jour; c'est vrai que de ce point de vue, je suis "binaire"...


Kercoz a écrit:Pour imager mon questionnement qui me sort du binaire ( excitation, inhibition), je perçois maintenant le concept émotion humain, comme un clavier disposant d' un tas de types émotifs, comme les notes, dont nous ne percevons que 3 ou 4, le moyen age une ou deux dizaines.


Une expérience pavlovienne fait entendre une vingtaine de notes à un chien endormi, une seule déclenche son réveil et l'attente de nourriture. Le conditionnement auquel est soumis le chien permet de le faire réagir à cette seule note; ce qui ne permet pas d'avancer qu'il est "handicapé" dix neuf fois sur vingt. Il n'est pas programmé sur un fond de handicap.

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Re: L' emotion au moyen age.

Message par kercoz le Sam 20 Oct 2018 - 17:08

maraud a écrit:Moi, je dors la nuit et suis actif le jour; c'est vrai que de ce point de vue, je suis "binaire"...


Kercoz a écrit:Pour imager mon questionnement qui me sort du binaire ( excitation, inhibition), je perçois maintenant le concept émotion humain, comme un clavier disposant d' un tas de types émotifs, comme les notes, dont nous ne percevons que 3 ou 4, le moyen age une ou deux dizaines.


Une expérience pavlovienne fait entendre une vingtaine de notes à un chien endormi, une seule déclenche son réveil et l'attente de nourriture. Le conditionnement auquel est soumis le chien permet de le faire réagir à cette seule note; ce qui ne permet pas d'avancer qu'il est "handicapé" dix neuf fois sur vingt. Il n'est pas programmé sur un fond de handicap.

Plusieurs choses:
Binaire n'est pas une critique perso, c'est, à mon avis une tendance actuelle qui minimise ( par intéret d' un système), l' importance des affects dans les liants sociétaux. Il faut vraiment écouter cette émission qui, perso, m' a sorti de la caverne sur ce problème :
"""Les émotions des femmes et des hommes au Moyen Âge, vécues et exprimées de façon intense, possédaient leur rationalité propre, entre usages sociaux quotidiens et manifestations extraordinaires. Pour soulager leur chagrin, les parents éprouvés par la perte d’un enfant s’adonnaient à la pratique du répit... . Qui aujourd'hui, a déjà ressenti de l’acédie, de la componction, ou de la dilection ?""""
L' excès d'empathie était aussi mal perçu que le manque d'empathie...ca m' interpelle quelque part, à l' heure ou l'on enjambe des SDF pour pleurer devant des reportages lointains.
Ton argument sur l' agressivité ( inhibition, versus excitation) me semble critiquable. Il suppose une symétrie....alors que l' agressivité est primaire et son inhibition ( l' empathie n'en est qu' un des aspects), n' est qu' un processus qui en découle. Le médicament Seroplex est une mollécule qui facilite la "recapture" de la séroténine. Si j' ai bien compris, la séroténine induit l' agressivité et un processus de "recapture" semble servir à limiter l'agressivité..processus logiquement boosté pour des raisons de socialisation. ( c'est intuitif, parce que ^pourquoi produire un truc pour le recapturer?) La "nature" semble procéder par ajouts, par modifications, rarement par création.... Le nerf des poumons ( de mémoire) part d' une des premieres vertèbres près de la tête, fait le tour du coeur, pour accéder assez bas aux poumons, ..ce qui est stupide du point de vue engénéring , mais vient du fait qu' on est passé ( jadis) par la case poisson, ou les branchies étaient près de la tête.
Par contre, "exciter" peut aussi se comprendre comme un exercice qui entraine et renforce une capacité. La vergogne, que l' on ne conçoit actuellement et vaguement qu' au négatif, correspond à un affect lié a une sorte de remord prémonitoire, peur de perdre la face par un acte rompant un rite.
Comme pour la grenouille , des capacités ou caractère absents, ne sont pas perçus comme traumatiques si leur déclin s'étale sur des décades, voire des générations.

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