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Main basse sur la sexualité.

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Message par joseph1 Mer 3 Aoû 2022 - 16:18


Depuis 30 ans le sens du vocabulaire se rapportant à la sexualité, au genre, aux relations homme-femme, a été transformé.

Le terme « couple » par exemple servait, pour ce qui touche aux relations humaines, à désigner exclusivement l'alliance d'un homme et d'une femme. On utilise désormais aussi ce terme pour désigner l'union d'un homme avec un homme, d'une femme avec une femme.
Par souci de précision on ne devrait pas donner un même nom, en l'occurrence "couple", à l'union homosexuelle et à l'union hétérosexuelle. En effet l'union d'un homme et d'une femme est différente de l'union entre deux hommes ou entre deux femmes. L'homosexualité est une sorte d'intolérance à l'altérité sexuelle alors que l'hétérosexualité fait vivre la complémentarité sexuelle. De plus l'homosexualité, contrairement à l'hétérosexualité, est stérile.
L'utilisation d'un même terme, "couple" pour désigner deux réalités différentes, et même antagonistes, parasite la vision que l'on avait du "couple", elle rend invisible la différenciation sexuelle.

Le terme « famille » avait un sens précis : un homme, une femme et leurs enfants. Ce terme est désormais employé à d'autres situations. On emploie l'expression "famille monoparentale" au lieu de dire "femme seule avec enfants", on parle de famille homoparentale alors que l'une des caractéristique des homosexuels ou des lesbiennes, est de ne pouvoir faire un enfant, donc de "faire famille".
La famille, la vraie, perd de ce fait de la visibilité.

De même l'habitude a été prise d’utiliser systématiquement les termes d’homosexualité ou d’hétérosexualité, au point que personne ne parle plus d'orientation sexuelle normale ou d'orientation sexuelle déviante. On n'oserait plus dire de nos jours, concernant son orientation sexuelle : "je suis normal". On nous force à dire : "je suis hétérosexuel". On a ainsi perdu le droit de se définir.

Ces manipulations du vocabulaire entraînent une confusion dans la perception de la réalité. Cette indifférenciation est complétée par la lutte contre les stéréotypes de genre. On ne veut plus de bleu pour les garçons, plus de rose pour les filles. Sous couvert de lutte contre les stéréotypes de genre on veut empêcher la différence entre hommes et femmes de s' exprimer dans la vie sociale. C'est cette expression de la différence que certains veulent effacer en voulant abattre les "stéréotypes de genre".

Cette volonté d'indifférenciation n'existe pas pour les animaux.

Si l'on veut se lancer dans l'élevage de pigeons, et que l'on va acheter un couple de ces adorables volatiles chez le marchand, grande sera notre protestation s'il nous vend deux mâles ou deux femelles. Nous voulons un couple, soit un mâle et une femelle. Deux mâles ou deux femelles, pour notre projet, c'est une chimère, ça ne peut permettre la mise en place d'un élevage.A ce moment on se souvient de l'importance de la différenciation sexuelle, du sens du mot couple. Dommage qu'on l'oublie cela lorsqu'il s'agit des humains.

Toute ces nouvelles habitudes sont imposées par des minorités sexuelles. Si vous contestez cette nouvelle manière de voir les choses on vous qualifie d'homophobe, on vous balance l'anathème : vous êtes intolérant.



Ces manières de penser, imposées par l'évolution du vocabulaire, sont entérinées par le droit.
Le législateur a créé un délit de blasphème à l'avantage des homosexuels. C'est la loi sanctionnant les propos homophobes. Le dénigrement moral qui consiste à dire « vous êtes homophobe » est renforcé par le droit.

Le législateur profitant de cet effacement de la notion de normalité concernant l'orientation sexuelle, de cette négation de l'existence de l'altérité, a décidé d'appauvrir le mariage tel que nous le connaissons pour lui substituer le "mariage pour tous".
Cette réforme a été précédé du PACS qui donnait un cadre juridique à l'union homosexuelle. Durant la discussion parlementaire il a été affirmé à maintes reprises que ce PACS était dédié à ceux qui "ne peuvent ni ne veulent se marier", qu'il n'annonce donc en aucune manière le mariage pour les homosexuels. C'était là un mensonge. Le mariage gay est arrivé, sous l'appellation de mariage pour tous.
Tout comme la notion de couple est devenue peu claire, le contrat de mariage a été altéré, plusieurs types d 'unions, hétérosexuelle ou homosexuelle, pouvant y être soumis. Ceci s'est décidé dans le mépris du principe d'égalité puisque homosexualité et hétérosexualités sont différentes, voire contraires et que de ce fait des législations spécifiques devraient encadrer chacune de ces situations. On ne peut en effet traiter d'une manière égale que des situations identiques.


En créant le mariage pour les gays le législateur a ouvert la voie à de nouveaux types de filiation. En effet qui dit mariage dit enfants.
La suite logique du mariage pour tous a été la PMA pour toutes et en particulier les couples de lesbiennes. En effet, ce mariage valide un mariage femme-femme, donc sans homme. Ce mariage nous mène à penser qu'il est légitime de légaliser une PMA avec des enfants sans père, ce qui a été fait récemment.

De même, ce mariage pour tous rend possible un mariage homme-homme donc sans femme et il légitime de ce fait la GPA avec des enfants sans mère. Si cette GPA est encore interdite en France, elle est possible à l'étranger. Gageons que le lobby homosexuel saura faire pression pour obtenir sa légalisation en France avec les slogans habituels : vive l'égalité, non à l'homophobie, il « faut » être tolérant.

Tout cela entraîne la mise en place d'un système de fabrique d'orphelins. Avec la PMA une femme peut avoir un enfant sans homme ; avec la GPA un homme peut avoir un enfant en louant l'utérus d'une femme, mais il est sans femme, et le bébé sans maman.


Le dernier avatar de cette politique d'indifférenciation sexuelle c'est le transgenrisme.
Il peut se définir ainsi : adoption des signes caractéristiques de l'autre sexe suite à des manipulations lourdes : prises d'hormones, opérations. Mais on ne peut changer le genre des chromosomes, on ne change que l'apparence, c'est une sorte de travestissement mais sans retour en arrière possible.
Un homme qui rejette la masculinité (l’ensemble des stéréotypes qu’elle recouvre) demeure un homme, même s’il choisit d’embrasser ce qui constitue la féminité. Une femme qui rejette la féminité (l’ensemble des stéréotypes qu’elle recouvre) demeure une femme, même si elle décide d’embrasser ce qui constitue la masculinité.

La mode du phénomène « trans » n 'est pas sans conséquences.

Les enfants entrent à peine dans la puberté qu'on les perturbe avec des cas très particuliers. Lors de la période floue de l’adolescence, il peut y avoir un certain flottement avec des fragilités psychologiques qui peuvent amener une confusion, voire un passage à l’acte. Un adolescent qui se sent mal dans sa peau, c'est-à-dire la grande majorité, peut se dire, influencé par la propagande ambiante : tiens, et si je changeais de sexe ? Dans neuf cas sur dix, ce sera une très mauvaise idée.

Les jeunes qui jouent à ce jeu dangereux peuvent changer d'avis et vouloir revenir à l'état initial. Ce n'est pas possible. Quand ils auront 50 ou 60 ans et qu'à ce moment là la mode transgenre aura disparu on ne verra qu'une chose : derrière leur apparence d'homme, la femme apparaîtra, derrière leur apparence de femme, l'homme apparaîtra.



La source de tout ce désordre : on a mal nommé les choses. On a donné au terme couple des sens qu'il n'aurait jamais dû avoir. Cela a donné le mariage gay, puis la PMA pour toutes, bientôt la GPA. En fin de course le transgenrisme a été propagé.

Et ça continuera : les minorités, sources de ces manipulations langagières, sont insatiables.

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Message par benfifi Jeu 4 Aoû 2022 - 17:36

L'errance est humaine. C'est entendu. Il s'agit donc de garder confiance.

"En entendant ces mots, chacun sentit son cœur se rompre ;
ils s'assirent, geignant, s'arrachant les cheveux,
mais ces lamentations ne nous servaient pas à grand-chose."

Homère l'Odyssée chant 10 vers 566-568. Version de Philippe Jaccottet Le club français du livre 1955.

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Message par Zhongguoren Ven 5 Aoû 2022 - 7:58

"Le problème, avec les c..., c'est qu'ils osent tout. C'est même à cela qu'on les reconnaît" (Michel Audiard).

"Main basse sur la sexualité" (sic !) : qu'aurait pensé Lacan d'une telle formulation ?


Dernière édition par Zhongguoren le Ven 5 Aoû 2022 - 8:41, édité 2 fois

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Message par Zhongguoren Ven 5 Aoû 2022 - 8:25

(Je reprends ici en le modifiant un peu le contenu d'un article que j'avais rédigé il y a une dizaine d'années à propos de l'affaire du "mariage pour tous" et que j'avais intitulé : L'AFFAIRE DE L'ART. 143 OU BROUILLAGE POUR TOUS ET VERBIAGE HOMOSEXUEL)

En mai 2013 était voté par l'Assemblée Nationale française le projet de loi dite "loi Taubira" modifiant l'article 143 du Code Civil français en disposant désormais que "le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe" (cf. le site de l'Assemblée Nationale, 3.1.1). Je vais tenter ici de montrer, à ce propos que "la rhétorique n’a aucun besoin de savoir ce que sont les choses dont elle parle ; elle a découvert un procédé qui sert à convaincre ; devant un public d’ignorants, elle a l’air d’en savoir plus que n’en savent les connaisseurs."(Platon, Gorgias, 459b). Mon dessein n'est pas ici de défendre une société spirituellement, moralement et institutionnellement à bout de souffle, mais plutôt de dénoncer l'imposture lexicale et sémantique dans laquelle se complaisent manifestement quelques un(e)s de leur plus bruyant(e)s (à défaut d'être brillant-e-s) pourfendeur(-euse)s en faisant passer pour importantes et profondes des difficultés qui ne sont, le plus souvent, que de grossières confusions conceptuelles qui, assurément, nous en apprennent davantage sur leurs auteur(-trice)s que sur le soi-disant objet du débat.

Commençons, justement, par nous insurger contre la manière dont les media (après avoir, comme de bien entendu, enrôlé sous leur bannière un certain nombre de ce que Nizan appelle des "chiens de Garde" de l'ordre établi) ont pris le parti de présenter ledit objet du débat : pour ou contre le "mariage pour tous" (dans le meilleur des cas : présentation large), pour ou contre le "mariage homosexuel" (dans le cas moyen), pour ou contre le "mariage gay" (dans le pire des cas : présentation étroite). D'abord, nous ferons humblement remarquer à ceux qui colportent de telles formules que, pour des francophones, la forme des expressions "mariage homosexuel" ou "mariage gay" est aussi grammaticalement incorrecte que celle de "geste citoyen" ou de "malaise lycéen" puisque ces soi-disant adjectifs n'existent tout simplement pas mais sont en fait des substantifs : s'il y a un sens à parler du mariage des homosexuels, ou bien pour les homosexuels, en revanche un mariage peut être dit civil ou religieux, discret ou fastueux, réussi ou raté, mais certainement pas "homosexuel" ou "hétérosexuel". Disons que, là comme en bien des circonstances, l'impropriété de la forme du discours laisse mal augurer de la maîtrise du fond de l'affaire et que ceux qui brutalisent sans vergogne cet instrument privilégié de la pensée qu'est le langage ne sont jamais très loin de brutaliser aussi ladite pensée, si ce n'est les être pensants eux-mêmes. Or, précisément, il est clair que, introduit par de telles formules (y compris "mariage pour tous"), il n'y a guère à s'étonner que le projet de loi donne lieu à des réactions quelque peu irrationnelles ("bientôt, on pourra épouser des animaux !" ou bien "maintenant, il n'y en a plus que pour les pédés !") de la part d'une opinion qui ne "connaît" des problèmes évoqués dans les media et les "rézosocios" que les formules lapidaires (et grammaticalement fautives !) par lesquelles on les lui présente. Aussi, parlerai-je désormais de "l'affaire de l'art.143", à la fois pour corriger le détournement médiatique en faisant droit à la réalité objective et, en même temps, pour inclure avec le terme "affaire" l'atmosphère délétère dans laquelle baigne le débat. On verra en tout cas, dans la suite de l'article, à quel point le choix (ou l'occultation) des termes pour en introduire (ou en taire) certains aspects prédétermine ce débat où l'ignorance et la bêtise le disputent souvent à la méchanceté et à la perversité.

L'un des arguments rhétoriques le plus souvent utilisés lorsqu'il s'agit de vouer aux gémonies une innovation sociale en en précipitant directement la représentation vers le cerveau reptilien des êtres humains afin de décourager par avance toute tentative de réflexion consiste à en invoquer les conséquences en termes catastrophistes. Un site internet qui me semble, à cet égard, tout à fait représentatif de cette tendance est Infoselec.net qui intitule son dossier, d'ailleurs fort abondamment documenté, "contre le mariage gay [sic !] et l'homoparentalité - Pour les droits de l'enfant : des arguments forts portés par des personnalités de toutes tendances". Bien que l'amalgame fasse craindre un inventaire à la Prévert, il y a là cependant, à défaut de cohérence logique, une remarquable unité sémantique, confirmée par l'impressionnante monotonie lexicale du contenu et qui vient du ressassement ad nauseam, en fait d'"arguments forts portés par des personnalités de toutes tendances", d'un argument unique décliné sous des développements (à peine) différents : si la loi est adoptée, nous courons à la catastrophe. Quelle catastrophe ? Le dossier la conclut sans détour : "le risque d'ouvrir la boîte de Pandore ? Une nouvelle revendication émergente : polyamour et trouples"(loc. cit.). Ah, la boîte de Pandore (au fond de laquelle, faut-il le rappeler aux incultes, subsiste néanmoins l'espoir !) Tous les malheurs du monde ! Rien que ça ? Et c'est quoi, pour nos journalistes virtuels, "tous les malheurs du monde" ? "Polyamour [sic !] et trouples [re-sic !]". En gros (d'après ce que j'ai compris, pour "polyamour" du moins, parce que, pour "trouples", si quelqu'un peut m'expliquer ...), si, ce qu'à Dieu ne plaise, ce funeste projet de loi venait à être adopté, eh bien la famille traditionnelle ("Papa, Maman" comme disait Deleuze) serait abolie et (on voit tout de suite le lien de consécution) la débauche sexuelle sans limite serait institutionnalisée, car, qu'on ne s'y trompe pas, c'est "une nouvelle revendication émergente". Revendication qui émerge de qui, demanderez-vous ? Élémentaire, mes chers Watson ! Revendication de la part de toute cette lie de l'humanité qui avance masquée mais qui pratique en réalité un lobbying sournois dans le but évident de saper le pilier institutionnel et moral de la belle civilisation chrétienne, à savoir ... la famille blanche biparentale hétéro-sexuelle comme reflet de la Sainte Famille. Voilà assurément un brouet passablement réchauffé qu'on nous a déjà servi lors de l'institution du divorce, puis de celle de la PMA, puis de l'IVG, puis du PACS, et auquel, à n'en point douter, nous n'échapperons pas lorsqu'il s'agira de débattre du droit à la GPA ou à l'euthanasie.

Rien d'étonnant alors à ce que les clergés des trois monothéismes s'invitent systématiquement dans tout débat de ce genre qui donnent invariablement à la catastrophe le caractère d'un apocalypse. Le débat sur l'art. 143  des années 2012-2013 n'y aura, évidemment, pas échappé. Ainsi, M. Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande Mosquée de Paris, déclarait-il : "[le mariage entre personnes de même sexe] est un acte volontaire qui met ces deux personnes en marge de la communauté musulmane. C’est un choix qui les écarte des valeurs de l’Islam. En s’affichant ainsi ils font en sorte de ne plus être reconnus par la Oumma, la communauté des musulmans. [...] Parce que l’hétérosexualité est nécessaire pour prolonger l’œuvre de Dieu et entrer dans le projet de vie. Cela relève des principes religieux. [...] Nous n’avons pas à intervenir dans les lois de la nature. L’être est comme il naît."(interview donnée à LGP-Marseille). Pour sa part, M. Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, rappelait que "la complémentarité homme-femme est un principe structurant dans le judaïsme. [...] Ce principe trouve, pour moi, son fondement dans la Bible [...] : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Genèse 1, 27). Le récit biblique fonde la différence sexuelle dans l’acte créateur. [...] L’expérience de la différence sexuelle devient ainsi le modèle de toute expérience de la transcendance qui désigne une relation indissoluble avec une réalité absolument inaccessible. [...] Si ce n’est plus l’identité sexuelle des individus qui prime mais leur orientation sexuelle, [...] pourquoi ne pas institutionnaliser l’union de deux personnes, quelles qu’elles soient ? [...] Face à cette déferlante de revendications, il est légitime de se demander si l’objectif des militants n’est pas finalement la destruction pure et simple du mariage et de la famille."(extrait de son ouvrage Mariage Homosexuel, Homoparentalité et Adoption). Quant à Sa Sainteté Benoït XVI, Pape de l'Église Romaine Catholique, il dénonçait "l'atteinte à l'authentique forme de la famille, constituée d'un père, d'une mère et d'un enfant – une atteinte à laquelle nous nous trouvons exposés aujourd'hui – parvient à une dimension encore plus profonde. [...] Si jusqu'ici nous avons vu comme cause de la crise de la famille un malentendu sur l'essence de la liberté humaine, il devient clair maintenant qu'ici est en jeu la vision de l'être même, de ce que signifie en réalité le fait d'être une personne humaine."(Vœux à la Curie Romaine, rapportés par le Monde). On dira que chacun d'eux ne fait, après tout, que répéter les dogmes que leur fonction respective les oblige à promouvoir et à défendre. En revanche, une fois déconnecté d'une certaine pratique liturgique destinée à magnifier métaphoriquement la pureté auto-proclémée d'une certaine conception (très restrictive) de ce qu'est la vie humaine, ou une fois abstrait d'une réflexion métaphysique approfondie dont nos trois représentants cultuels sont d'ailleurs coutumiers, en quoi l'argument selon lequel Dieu nous aurait créés homme et femme peut-il aider quiconque à y voir plus clair quant à la portée, aux limites et aux enjeux sociaux de la loi Taubira en question ? Certes, on voit mal comment l'idée d'accorder le droit au mariage, à l'adoption ou à la procréation assistée à des personnes de même sexe pourrait s'insérer dans les schèmes conceptuels respectifs de ce Pape, de ce Rabbin ou de cet Imam. Mais que l'individu Lambda aille répétant que le projet de loi est un scandale au seul motif que Dieu nous a créés homme et femme est à peu près aussi délirant que s'il s'opposait à une transplantation d'organe au seul motif que Dieu a tiré Adam de la terre glaise ! A moins que les susdits clercs usent et abusent de leur autorité spirituelle pour, sinon, créer, du moins entretenir, en tout cas exploiter cette obscurité et cette confusion de la pensée qui est le propre même de l'ignorance, clercs qui "savent bien, en effet, que l'ignorance une fois disparue ferait disparaître l'admiration, c'est-à-dire l'unique base de tous leurs arguments, l'unique appui de leur autorité"(Spinoza, Éthique, I, app.).

Cela dit, le débat à propos de l'art.143 nous aura quand même gratifié d'une innovation rhétorique en matière d'instrumentalisation des références. Car, faire appel aux courants réactionnaires que sont massivement les media et les clergés pour faire échec au progrès social est une chose, mais enrégimenter au service de la réaction une force traditionnellement progressiste, voilà qui est beaucoup plus fort. Or, c'est précisément ce que d'aucun(e)s auront, sinon réalisé, du moins tenter de faire, avec la psychanalyse. En effet, le 13 janvier 2013, 560 psychanalystes ont signé une pétition intitulée des Psychanalystes face à l'Égalité des Droits et le "Mariage pour Tous" et qui commence par "nous, psychanalystes (ou en formation psychanalytique), souhaitons par ce communiqué exprimer que « La psychanalyse » ne peut être invoquée pour s’opposer à un projet de loi visant l’égalité des droits. Au contraire, notre rapport à la psychanalyse nous empêche de nous en servir comme une morale ou une religion. En conséquence, nous tenons à inviter le législateur à la plus extrême prudence concernant toute référence à la psychanalyse afin de justifier l’idéalisation d’un seul modèle familial."(loc.cit.). Cette pétition entend, entre autres, réagir contre les prises de position médiatiques (cf. Infoselec.net) d'un certain nombre d'autres psychanalystes qui, sur le même ton apocalyptique que nos prophètes médiatico-cléricaux, martelaient comme un grand invariant anthropologique tout autant qu'une nécessité psychologique inquestionnable le fait que l'identité personnelle, notamment sexuelle, d'un enfant ne puisse se construire en dehors d'un modèle familial unique dans lequel un papa cohabite avec une maman. Intéressons-nous ici au seul lien logique qui est censé exister entre des prémisses "psychanalytiques" du raisonnement et la conclusion "donc ce projet de loi doit être rejeté". Il est facile de voir qu'il n'y en a pas puisque ces psychanalystes apportent dans le débat l'autorité que leur confère leur statut et rien d'autre. Pas le moindre argument tiré du corpus psychanalytique. Et pour cause : s'il n'y existe pas d'argument décisif en faveur du projet de loi (d'où l'attitude prudente des signataires de la pétition qui, sans se soustraire au débat, refusent néanmoins de le "psychanalyser"), il n'en existe certainement pas non plus qui puisse pencher en sa défaveur. Tout au contraire, il n'est pas de psychanalyste sérieux qui ignore à quel point le courant freudien, tout autant que le courant lacanien, témoignent du caractère éminemment problématique du fait familial et de ces soi-disant évidences selon lesquelles l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe serait contre nature, l'homosexualité une perversion, le couple hétéro-sexuel une nécessité éducative. Anti-naturel le fait d'avoir deux parents de même sexe ? Oui, et alors ? "La culture désigne la somme totale des réalisations et dispositifs par lesquels notre vie s’éloigne de celle de nos ancêtres animaux et qui servent à deux fins : la protection de l’homme contre la nature et la réglementation des relations des hommes entre eux."(Freud, Malaise dans la Culture) : la culture peut s'éloigner de la nature, et même doit, dans certains cas, le faire pour nous en protéger, notamment lorsqu'il s'agit de réglementer les relations sociales. On est plein coeur du débat. Une perversion, l'homosexualité ? Encore une fois : oui et alors ? "La disposition à la perversion n'est pas quelque chose de rare et de particulier, mais est une partie de la constitution dite normale"(Freud, trois Essais sur la Théorie de la Sexualité), voulant dire par là que tout comportement érotique non-conforme à l'instinct de procréation est qualifié de "pervers" (étymologiquement, "qui emprunte une autre voie"), ce qui, d'une part, fait de la perversion un concept purement descriptif et non normatif, d'autre part, concerne tous les comportements érotiques (tant homosexuels, qu'hétérosexuels) dont la finalité n'est pas la procréation naturelle. Nécessité éducative, l'hétéro-parentalité ? Absolument pas. "Toute l’interrogation freudienne se résume à ceci : qu’est-ce qu’être un père ? Ce fut pour Freud le problème central, le point fécond à partir duquel toute sa recherche est, véritablement, orientée. [...] Le père, on peut s’en passer, à condition de s’en servir"(Lacan, au-delà du Principe de Plaisir). Et effectivement, pour Freud, "tout être humain se voit imposer la tâche de maîtriser le complexe d’Œdipe"(trois Essais sur la Théorie de la Sexualité). Le père, c'est celui qu'on désire tuer parce qu'il impose des restrictions à la satisfaction des pulsions, mais qu'on ne tue pas parce qu'on finit par intégrer ces restrictions à un niveau impersonnel et abstrait. D'où l'aphorisme de Lacan : père et mère sont des fonctions symboliques assurées par des structures signifiantes ("à condition de s'en servir") et non pas des fonctions biologiques ("on peut s'en passer"). En d'autres termes, et c'est bien ce qui nous importe ici, il n'est nullement nécessaire que le père, qui signifie la loi, le non aux pulsions, soit le mâle géniteur, ni même un géniteur, ni même un mâle. Symétriquement, il n'est pas non plus nécessaire que la mère, qui signifie la douceur, le oui au plaisir, soit la femme génitrice, ni une génitrice, ni même une femme.

Terminons-en en nous autorisant une rapide incursion dans l'histoire récente de l'Occident. Faisant, dans les années 1910 une analogie glaçante entre la question homosexuelle et la question juive, analogie dont l'auteur ne sait pas encore à quel point la barbarie nazie la justifiera quelques décennies plus tard, Marcel Proust dresse un inventaire terrible des caractères de cette "race maudite" :

Marcel Proust a écrit:Race maudite puisque ce qui est pour elle l'idéal de la beauté et l'aliment du désir est aussi l'objet de la honte et la peur du châtiment, et qu'elle est obligée de vivre jusque sur les bancs du tribunal où elle vient comme accusée et devant le Christ dans le mensonge et dans le parjure [...] ; race maudite, persécutée comme Israël et comme lui ayant fini, dans l'opprobre commun d'une abjection imméritée, par prendre des caractères communs, l'air d'une race, ayant tous certains traits caractéristiques, des traits physiques qui souvent répugnent, qui quelquefois sont beaux [...] ; exclus de la famille, avec qui ils ne peuvent être en entière confidence, de la patrie, aux yeux de qui ils sont des criminels non découverts, de leurs semblables eux-mêmes, à qui ils inspirent le dégoût [...], exclus de l'amitié parce que leurs amis pourraient soupçonner autre chose que de l'amitié quand ils n'éprouvent que de la pure amitié pour eux, et ne les comprendraient pas s'ils leur avouaient quand ils éprouvent autre chose [...] ; comme Israël encore recherchant ce qui n'est pas eux, ce qui ne serait pas d'eux, mais éprouvant pourtant les uns pour les autres, sous l'apparence des médisances, des rivalités, des mépris du moins homosexuel pour le plus homosexuel comme du plus déjudaïsé pour le petit Juif, une solidarité profonde dans une sorte de franc-maçonnerie [...] ; mais prouvant alors par sa résistance à la prédication, à l'exemple, au mépris, aux châtiments de la loi, une disposition que le reste des hommes sait si forte et si innée qu'elle leur répugne davantage que des crimes qui nécessitent une lésion de la moralité, car ces crimes peuvent être momentanés et chacun peut comprendre l'acte d'un voleur, d'un assassin, mais non d'un homosexuel [...] ; au théâtre, au bagne, sur le trône, se déchirant et se soutenant, ne voulant pas se connaître mais se reconnaissant, et devinant un semblable dont surtout il ne veut pas s'avouer lui-même -encore moins être su des autres- qu'il est le semblable [...] ; race qui met son orgueil à ne pas être une race, à ne pas différer du reste de l'humanité, pour que son désir ne lui apparaisse pas comme une maladie, leur réalisation même comme une impossibilité, ses plaisirs comme une illusion, ses caractéristiques comme une tare. (contre Sainte -Beuve, xiii)

Mentionnons aussi la réaction de cette grande lectrice de Proust que fut Hannah Arendt au rapprochement opéré entre les conditions respectives des homosexuels et des Juifs :

Hannah Arendt a écrit:Le faubourg Saint-Germain tel que le décrit Proust [dans à la Recherche du Temps Perdu] admettait les invertis parce qu'il se sentait attiré par ce qu'il considérait comme un vice. Proust montre comment M. de Charlus, auparavant toléré « malgré son vice »[...] est maintenant porté au zénith social. Il n'avait plus besoin de mener une double vie et de cacher ses relations suspectes ; au contraire, on l'encourageait à amener ses amis dans les salons élégants. Certains sujets de conversation qu'il eût auparavant évités de crainte qu'on ne soupçonnât son anomalie -l'amour, la beauté, la jalousie- éveillaient maintenant une curiosité avide [...]. Il arriva aux Juifs une aventure analogue. La société du Second Empire avait toléré et même accueilli avec faveurs certains Juifs anoblis et des exceptions individuelles. Maintenant, les Juifs en tant que tels étaient de plus en plus à la mode. Dans un cas comme dans l'autre, la société ne revenait pas du tout sur un préjugé. Elle ne doutait pas un seul instant que les homosexuels fussent des « criminels » ni les Juifs des « traîtres ». (les Origines du Totalitarisme, I, iii)

Bref, tous ces anathèmes outranciers, tapageurs et hystériques autour de quelques mesures sociales dont l'enjeu et la portée sont, on le sait bien, non de révolutionner l'ordre social dominant, mais, tout au contraire, de le conserver en réduisant les risques de troubles sociaux qui pourraient surgir si le malaise des minorités (notamment sexuelles) opprimées s'étendait, par contagion, à une partie des strates dominantes, montrent en réalité que la "bête immonde", non seulement n'est pas morte, mais a encore de beaux jours devant elle.

Laissons le dernier mot à Michel Foucault :

Michel Foucault a écrit:Le mode de vie homosexuel est beaucoup plus que l’acte sexuel lui-même. Imaginer un acte sexuel qui n’est pas conforme à la loi ou à la nature, ce n’est pas ça qui inquiète les gens. Mais que des individus commencent à s’aimer, voilà le problème. L’institution est prise à contre-pied ; des intensités affectives la traversent, à la fois elles la font tenir et la perturbent. L’ordre social, dont l’Église a été un pilier, redoute que ne se forment des alliances, que ne se nouent des lignes de force imprévues. Je pense que c’est cela qui rend “troublant” l’homosexualité. (l'Amitié comme Mode de Vie)

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