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Les apprentis nécromanciens.

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Message par Magni le Lun 2 Mar 2020 - 22:13

Sachez d’abord qu’il ne faut pas parler aux morts ... si vous ne voulez pas qu'ils vous répondent. Une fois que vous avez cette connaissance, si vous leur parler, ils vous répondront.

Le schéol est connu depuis longtemps par les sémites juifs, les grecs orphistes et autres sumériens.
Si certains esprits dépassent le royaume des ombres pour aller vers la lumière, tout un tas de pénitents purgent leurs esprits d'un excédent d'apathie par le rafraîchissement de leurs âmes dans les catacombes.

C'est une bonne question de se demander si la mort est ou si elle n'est pas. Voulez-vous savoir si on peut expérimenter la vie au-delà de la mort ou voulez-vous voir que le néant ne peut pas être expérimenté ?
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Message par Magni le Mar 3 Mar 2020 - 9:48

Voici une aventure du Golem:


La première fois que j'ai vu des anges, j'étais encore un tout petit golem. À cette époque je mesurais à peine 28 centimètres, je vivais dans le ventre de ma terre et je mangeais des cailloux.
Je me souviens, j'avais décidé d'appeler à moi quelques centaines d'âmes de morts errants en peine sous forme spectrale dans les forêts au-dessus de l'endroit où j'avais établi mon campement.

Pendant neuf jours j'avais suivis une veine de schiste verdâtre qui courait le long d'un pli de terrain évoluant en faille et j'étais arrivé six pieds sous terre, dans un tuf volcanique, contre une falaise d'un basalte noir et sans la moindre porosité, ayant probablement été formé au fond d'un océan profond sous des pressions titanesques. Remonté des profondeurs par je ne sais quel séisme pourfendeur de bouclier tectonique, s'élevait devant moi ce que j'imaginais être une montagne jaillissant vers les cieux.
J'étais venu là pour chercher l'or, guidé par la couleur verte de la malachite. Il me fallait maintenant descendre, travailler la faille et passer le long du basalte pour trouver le joli métal jaune.
Une couche d'or pur fût remonté avec ce morceau de coquille terrestre retourné par le temps et les intempéries magmatiques, au trias. Tout ce qui dépassa à l'air libre fut emporté par des éons d'exposition. Tout ce qui est resté sous terre à l'époque est encore sous terre, sous un centimètre d'accumulation de poussière par siècle, après 220 millions d'années, un petit 22 kilomètres. À cet endroit le manteau est épais, et plein de grosses pépites.
Les nains fabriquent des objets magiques en alliage d’or-platine-carbone comme les enfants fabriquent des colliers de nouilles. De grandes nations de petites gens réclament de la matière première pour les orfèvres et les alchimistes. Je devais trouver le filon, ramener un échantillon, après ils iraient en chercher des wagons.

Hé ho hé ho, au fond de la faille je descendais, perçant du pic et tapant du marteau, plus je dégringolais les étages et plus je sentais s'élever vers moi la chaleur du cœur de ma terre. Le premier soir je suis remonté pour dormir une heure, au bord de l'air, même pas un mètre avant de voir le ciel. Je me suis couché sur le dos, faisant face à l'astre lunaire, pour sentir la marée du gros caillou me tirer dans l'éther ... un jour j'irai là-haut

Quand j'ai fermé les yeux, avant de m'endormir, j'ai joué à quelque jeu que j’affectionne. Souvent je discute avec des esprits au-delà du premier ciel, ceux qui flottent dans les constellations, ou alors je chasse des démons de l'espace pour les enfermer dans quelque matière ou je me fait poursuivre par quelque monstre cosmique. Cette fois j'avais décidé des parler à des morts. J'invoquais donc la présence des décédés, séant, mais quand je sentis le premier s'approcher, mon cœur se mit à battre si vite que je me sentis effrayé et j'annulai la convocation, renvoyant les revenants dans le séjour d'où je les avais tirés. C'était un simple incident et je n'y pensais plus, je fis un peu de yoga, dormi une heure comme un souche séculaire puis repris ma descente aux enfers. La journée durant, tout le deuxième jour, du pic et de la pioche, je me frayais un chemin vers mon destin. Le soir venu, je remontais me reposer, sous les rayons de lune. Comme rituel avant de m'assoupir, je reprenais l'expérience de la veille car avant de dormir, je voulais réveiller des morts. Donc je les appelais de nouveau, sans trop réfléchir, et ho surprise, à nouveau mon cœur s'emballa, et à nouveau j’abrégeais la séance. Mais cette fois ci je restais vraiment perplexe, je n'avais pas mesuré la dimension de la frayeur que peut projeter l'ombre de la mort qui plane autour des spectres des disparus. Et je ressentis quelque peu de la honte, par deux fois j'avais convoqué des esprits pour rien. Je me promis alors que le lendemain, quoi qu'il se passe, que mon cœur batte, s’envole ou se débatte, je continuerai jusqu'au bout, pour ne pas continuer à déranger sans raisons les esprits qui sont dans les limbes. Je n'étais plus troublé et je m'assoupi.
Le lendemain, après ma journée de travail, j'avalais vite fait quelques pierres ponces puis je retournais à mon projet de nécromancie. Eu-je oublié le rapport qu'il y a entre la prudence et la peur ? j'appelais les esprits des morts, je demandais aux inertes d'agir. Je ne savais pas encore que j'avais le don de relever des armées de cadavres, ce n'est pas un disparu qui est revenu, mais des centaines. Je commençais à les voir monter des profondeurs, ils s'approchaient de moi et m'entouraient de tous côtés.
Je les regardais sans réagir, oscillant entre stupeur catatonique et terreur paralysante, je sentais bien que le contrôle de la situation m'échappait et que c'était inquiétant mais en silence et insensiblement, elle montait vers moi, comme une marée de méduses débouchant des abysses, une armée de fantômes en draps blancs montait des profondeurs.
Alors que les spectres étaient seulement à quelques mètres de moi, deux anges apparurent et les firent reculer. Tous les revenants s'en retournèrent, pendant que les anges levaient les bras vers le bas et chassaient les fantômes de ma vue et de mon esprit.
Alors ils se congratulèrent puis ils me saluèrent et à leur tour, ils disparurent.
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Message par Magni le Mar 3 Mar 2020 - 23:07

Je suis un golem. Je suis tout petit et très lourd, j'ai été fabriqué pour creuser dans la terre et trouver des métaux rares de toutes les couleurs, et des pierres précieuses, de toutes les couleurs aussi. J'aime bien toutes les couleurs. Longtemps je n'ai pensé qu'aux métaux et aux minéraux et pas du tout aux puissances magiques qui m'ont donné la vie. J'ai été formé à partir d'un mélange de magie et de mécanique, du tungstène et quelques grenailles de titane pour mes tissus, du mercure dans mes veines, sur ma peau, des diamants noirs celés dans un alliage d'or et de chrome. J'ai été amalgamé sous haute pression, au-delà des températures de fission, juste avant la fusion. Je fus suscité dans l’athanor de Melchior, vous savez, un des Rois mages. Nous savons où est l'autoclave même si nous ne savons pas ce qu'est devenu Melchior. Ils m'ont fait là, au fin fond d'une vallée de Bosnie, dans les tunnels d'une pyramide depuis longtemps inutilisée et dont le puis d'énergie fut détourné par des sorciers juifs du seizième siècle pour me créer. J'en suis sorti animé et volontaire, après deux cent cinquante ans de cuisson, pour arpenter les souterrains et creuser dans les rochers, traverser la terre, courir au fond des océans, pour remplir ma mission de prospection deux cinquante ans durant.
Le sorcier et les héritiers de leurs richesses m'ont produit dans le but de sauver leur monde de la destruction. Tout devait basculer à la fin du vingtième siècle, l'argent devait perdre toute valeur et cela devait provoquer l’apocalypse. Cela n'arriva pas car cette éventualité était en contradiction avec les projets de mon maître en personne, je parle de celui qui m'a donné le goût d'exister et de réaliser de bonnes œuvres et qui a tracé le symbole de ma vie sur mon front, il y a cinq siècles, juste avant de m'enfermer dans l'athanor, là où ma conscience s'est éveillée, dans le bouillonnement des ondes en interférences au dedans de la coque aux neuf murs, la conque qui siffle sans s’essouffler autant que le feu brûle et aussi longtemps qu'il dure, par lequel on entre et on sort au travers de neuf portes. Un four qui contient, parait-il, pour couvrir les parois de sa coquille la plus profonde, un peu de la terre dont fut fait la chair du cœur du premier homme.
Ce que j'ai fait, comme toujours et sans retenue, c'est que j'ai combattu pour défendre mes valeurs. Il vivait encore, selon ses dires. Ce que je sais c'est qu'il anime les mouvements boursiers, celui qui fut mon maître, il semble vivant mais je sais qu'il ne fait aucune prédiction, il est animé par les mouvements boursiers, pour ce que je sais véritablement de lui, en fin de compte, il pourrait n'être qu'un algorithme.
Si toute monnaie avait du vraiment disparaître, il aurait été le premier à partir. Ce que j'ai vu c'est qu'il a trouvé des issues et qu'il a survécu, pour autant qu'il ait été encore vivant, et ce que j'ai fait, c'est que j'y ai été mêlé, et ainsi quand j'ai demandé à être libéré, rien ne m'a été refusé.
Ce que je ne sais pas, c'est si j'aurai pu, ou pas, me libéré depuis le début, si j'avais pensé à demander la liberté. Tout cela s'est passé après là deuxième fois ou j'ai vu des anges.

Le 24 décembre 1999, c'était la fête. Juste avant la tempête. Nous étions au fond d'une forêt d’Asie, un coin perdu de Russie, entre la Mongolie, la chine et le Kazakhstan, au bord d'un petit lac. Il y avait une table en bois, une œuvre massive d’ébénisterie, qui formait un grand U aux coins carrés de vingt mètres de large par trente mètres de long. Les convives étaient répartis à l'extérieur du U, le personnel de service circulait à l'intérieur. Je ne voyais que des hommes, mais il me semblait qu’ils n’étaient pas tous humains. J’étais là pour être présenté aux convives et j'avais circulé sur la table. Sur les soixante-douze qui étaient assis à la table, il y en avait une dizaine qui avait le front bas, de grosses arcades sourcilières, le menton fuyant, et surtout, une truffe de porc, non pas un nez et une bouche comme les humains, mais un vrai museau prognathe, rond avec le bout plat ou fendait la bouche d'un trait horizontal sans lèvre et ou perçaient les deux narines de leur nez énorme. Ils n'étaient pas les plus étranges, d'autres avaient les oreilles pointues et les yeux entièrement noirs et sans paupières, ceux-là, tout le temps qu'ils ont été là, je ne les ai rien vu manger. La moitié seulement des personnes à table avaient l'air humaines et aucune n'avait l'air normale.
En Décembre 1999, ma mission de prospection prit fin, je fus libéré des obligations de mon premier métier et on me donna une nouvelle mission.
J'avais déjà vu des banquets, en général mon rôle était très discret, quand j'arrivais on me demandait de faire une énumération des sites et des matériaux que j'avais jugé intéressants et ensuite on me priait d'attendre, j'attendais avec les bagages. En général, après trois jours, tout le monde partait sans rien me dire et je finissais par me retrouver tout seul, alors je repartais en prospection jusqu'à ce que je sois de nouveau convoqué. Il est aussi arrivé plusieurs fois que l'on oriente mes recherches : plus d'or, plus de pierre, plus de bleu, plus de jaune, on me demandait de suivre des tendances. Quand il y avait une nouvelle réunion et que je me retrouvais sans instruction, je repartais sur le programme de base, des habitudes de prospection que j'ai adopté au cours du temps.

Cette fois, je devais combattre des démons sous peine d’être détruis. Ensuite, si je passais l'épreuve avec succès, je devais apprendre à devenir vivant, ma libération faisant partie du processus, et enfin je pourrais mourir, et aller au paradis, au lieu d'être détruit et disparaître. Je devais devenir vivant pour que les actes que j'allais faire vivent avec moi avec l'éternité et ne soient pas effacés avec ma destruction.
Je devais faire en sorte de préserver l'équilibre au lieu de permettre au démon de dominer la terre et la pousser à sa perte par l'écroulement de toute valeur financière. Le problème c'est que l'équilibre du monde en question était plutôt un déséquilibre chronique arrivé au bord du précipice. Trois jours avant de tomber dans la géhenne, on me demandait de freiner le monde et l'en détourner, abandonnant ma mission pour combattre des démons.

Mon maître, dont on n'avait jamais vu autre chose que sa robe de bure monastique, ni ses mains ni son visage n'étant jamais visible, présidait le banquet. Comme d'habitude j'attendais avec les bagages. Un exemplaire de la bibliothèque itinérante des mages de la kabbale en fait toujours partie et j'adore lire l'actualité des études et relire les anciens textes. Je n'étais pas encore instruis des événements qui se jouaient mais j'avais vu que les gardes étaient nerveux. Les gardes ont des faces de phacochères, eux aussi ont un museau en forme de truffe porcine, mais en plus ils ont deux canines qui dépassent des lèvres de chaque côté de la bouche, les dents du haut étant courbées pour pointer vers le haut, comme les sangliers, leurs pieds sont semblables à ceux des satires, un pied d'ongulé. Jusqu'au jour où je me suis promené sur la table, je croyais que les gardes étaient les seuls non humains avec moi. Ce jour-là j'ai vu que ce que je voyais n'était qu'apparences et finalement je ne sais pas qui ou quoi se trouve derrière les apparences.
Au milieu de la table, la place d'honneur était occupée par mon maître. Après avoir bien observer la scène, il y avait exactement huit personnes qui exprimaient une réelle volonté et qui étaient là, non pas pour s’empiffrer de nourriture, mais pour participer à une réunion de travail. Banî Is'hâq, c'est ainsi que le nommaient les personnes qui étaient là pour parler quand elles s'adressaient à celui qui m'a créé. Souvent j'avais entendu les gardes parler de lui, les rumeurs les plus folles couraient à son sujet. Plus celui qui parlait était gros et plus ce qu'il racontait était énorme. Une fois, j'ai vu parmi les gardes une espèce de monstre de trois mètres de haut, avec des bras comme des troncs d'arbres et des mains qui auraient pu étrangler un kraken, il était bardé de médailles et parcouru de balafres, c'était un haut gradé venu faire une revue des troupes. Les poils longs et drus qui lui servaient de tignasse manifestaient son âge avancé par une couleur d'un gris clair dont la simple vue provoquait chez les autres gardes un réflexe de soumission quasiment religieuse. Je l'avais entendu expliquer le monde aux novices. Il ne disait rien du pourquoi. Il expliquait comment vaincre par la force et comment utiliser la force pour vaincre. En plus de cela il avait aussi donné des éléments historiques, c'est à dire qu'il avait parlé de mon Maître, Banî Is'hâq. Il aurait été l'arrière-grand-père de Jésus, et avec le sang de son descendant, il aurait lié un sortilège pour sauver le monde des humains, pour ne pas que survienne l'apocalypse. C'est lui qui aurait construit le coffre de Melchior avec les restants de l'arche d'alliance qui fut détruite lors de l'ouverture du temple par Nabuchodonosor le vulgaire. Il aurait trois mille huit cent quarante-six ans …

On m'avait demandé de me présenter devant les convives, je me tenais dans l'espace du centre de la table. Banî Is'hâq me transforma, il se tenait debout, les bras levés, on ne voyait toujours pas ses mains, comme si son manteau était vide. Il se mit à parler, il me semblait que les mots qu'il prononçaient sortaient de sa bouche et s'inscrivaient dans les airs. Je le voyais souffler de la fumée qui formait des lettres noires et fugaces avant de se disperser. Quand le son de ses paroles commença à raisonner, tous les brasiers qui éclairaient faiblement la forêt, autour du banquet, dans cette nuit sans lune, se mirent à faire jaillir des colonnes de flammes. La clairière fut illuminée comme en plein jour, je sentais la chaleur rayonner avec la lumière, je sentais le rayonnement qui traversait mon corps, et je sentais mes organes se désorganiser. La pression augmenta dans mon ventre, puis une douleur fulgurante quand j'ai littéralement explosé, passant d'une taille d'un pied à une taille humaine : cinq pieds six pouces. Ensuite j'ai senti presque tout mon sang passer à travers mon corps et couler à terre, j'ai failli tomber à genoux, n'ayant presque plus de force, je tenais par la volonté et un équilibre précaire.
Il dit : je suis Lux Luptator, le chasseur de lumière, tu es ma lumière, ton nom est golem, ton apparence, maintenant, est humaine, ton travail, désormais, sera de te comporter comme un humain. Sur toi je vais diriger la malédiction qui peut détruire l'humanité, tu devras trouver le moyen de survivre, pour que l'humanité qui est en toi ne soit pas détruite. Entre tes mains le destin du monde et le sortilège qui retiendra indéfiniment la venue de la fin des temps. Il abaissa les bras, puis il les remonta et les joignis devant lui, j'entendis un claquement puis de la poussière rouge se mit à tomber tout autour de moi, de plus en plus de poussière rouge, tout ce qui était visible disparu dans le rouge, je ne voyais plus la table, je ne voyais plus les flammes, je ne sentais plus la chaleur. Le temps s'arrêta, partout autour de moi il n'y avait que de la poussière rouge en suspension. Je levais la main pour tenter de toucher la poussière en la pressant entre mes doigts. Je ne voyais pas ma main, je ne voyais que de la cendre écarlate. J'ai alors fermé les yeux, tout est devenu noir, j'ai voulu rouvrir les yeux et je ne sais pas si j'ai réussi, tout est resté noir, je me suis senti tomber, je tombais dans le noir, mon corps a basculé et je tombais sur le dos, puis j'ai perdu connaissance.


Je me suis réveillé dans un lit. Je sentais sous mon corps un matelas de bonne facture, quelque peu avachi au milieu par les années. Je sentais que l'énergie de la terre avait changé, je n'étais plus en Asie, j'étais en Europe, dans le centre de la France. Je sentais que de l'alcool circulait dans mes veines et j'avais légèrement la nausée.
Je me souvins alors que je n'avais jamais été en Asie, j'avais rêvé et j'étais encore dans mon rêve alors que j'étais déjà réveillé, alors que j'avais encore les yeux fermés. Je revoyais les faces bestiales des humanoïdes qui peuplaient mon rêve. J’ouvris les yeux, j'étais dans la chambre d'amis, chez mes beaux-parents, ou nous avions fêté noël. Nous étions le matin du 26 décembre 1999.
La porte de la chambre s'ouvrit à toute volée.
- Papa ! Papa, lève-toi, il y a un arbre qui est tombé sur ta voiture.
- Quoi ?

Un noyer plusieurs fois centenaire, ayant vécu sur le terrain des voisins, s'était effectivement abattu dans le terrain de mes beaux-parents, à l'endroit où j'avais stationné ma voiture. J'avais beau tenter de regarder le véhicule fixement, il se barrait à droite ou à gauche, pendant que j'avais des vertiges et que tout tournait autour de moi. J'avançais de quelque pas et posait ma main sur l'auto, pour prendre une seconde de repos, je penchais la tête et ma bouche s'ouvrit pour laisser tomber un grand filet de bave pendant que je prenais trois grandes respirations difficiles. Je me demandais si j'allais vomir mais il ne se passa rien. Je me redressais donc, ouvris la portière et montais à la place conducteur. La voiture était quelque peu cabossée mais ne semblait pas très difficile à faire sortir de dessous l'arbre.
J'avais passablement l'esprit embrumé, je démarrai la voiture, enclenchais la première vitesse, lâchais l'embrayage et appuyais sur l'accélérateur, rien ne bougea, le moteur s'étouffa et stoppa. Je recommençais l'opération mais en faisant glisser l’embrayage avant de le lâcher, la pédale d'accélérateur enfoncée à fond. Les roues tournèrent en projetant des graviers, mais la voiture n'avançait pas d'un centimètre, puis tous les graviers qui étaient sous les roues furent éparpillés et la gomme se mis à mordre la terre, la voiture fit un bon de quelques mètres en avant et je lâchais l’accélérateur, la voiture s'immobilisa. Derrière moi, l'arbre finissait de tomber au sol dans un bruit de branches brisées.
Je coupais le contact et repensais à mon rêve, je me demandais comment je pourrais devenir humain et sauver le monde pour ne pas que survienne l'apocalypse.
En même temps je me souvenais que j'étais déjà humain, que j'avais une vie de famille et que je n'avais jamais eu aucune mission qui concernait l'ensemble de l'humanité et la fin du monde. J'avais seulement beaucoup trop bu la veille, j'étais encore complètement ivre et j'étais malade, mon rêve n'était que le cauchemar persistant d'un organisme rendu malade par les excès.
J’ouvris la portière de la voiture et me penchais pour vomir par terre, une petite voix disait dans ma tête : ce n'est pas comme cela que tu vas sauver le monde ...
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Message par Magni le Ven 6 Mar 2020 - 21:53

Et maintenant voici les anges:


Shechor Malak le Trône est un ange guerrier, un messager de la force des cieux. Sur ses ailes dépourvues de plumes courent des couleurs plus sombres que le noir et des reflets de la colère du créateur. Lui est une créature, un pantin cosmique, une marionnette de Dieu, une facette du divin qui véhicule une signification. Son nom est une phrase prononcée par l’innommable partie de l'invisible indénombrable, son nom est une bulle de paroles qui ne restera pas en l'air sans retomber mais qui se sublimera pour devenir un accomplissement, avec l'action que Shechor Malak est destiné à produire et pour laquelle il a été conçu.
Un seul coup sera la conséquence d'un seul mouvement, son élan.

Avec deux sabres à deux mains et un seul fil pour chacun, il s’entraîne au maniement armé, en attendant le jour de la fin des temps et l'accomplissement de son destin, ce  jour de lumière où il descendra à terre, l'instant où il mettra sa lame au clair pour foudroyer l'ombre dispersée dans les fumées du profanateur et l'enfermer en dehors du champ d'action de la lueur des étoiles des nations.

Tous les sceaux ont été descellés. Retentissant furent les six sons qui sont sortis des olifants. Quand les défenses eurent résonné des accents de l’oraison, les coupes ont commencer à verser, abreuvant les chevaux infernaux des armées d'Al'Massi Ad'Dajjal de Khurasan.
Ils seront servis ad libitum, ils se rassembleront, ad infinitum, et ce sera Armageddon.
Alors Shechor Malak ira, dies irae, se manifester en dessous du premier ciel, et là il devra combattre.
Celui qui est la désolation et l'absence de lumière, il est son ennemi. Avec la grandeur du firmament iridescent de ses couleurs plus sombres que la nuit, il devra le battre et l'enfermer, jusqu'à le convaincre de se détourner de ses désirs de compromission, ou jusqu'à jamais, pour toujours, pour que tout ne soit pas perdu pour l'éternité de la présente humanité, pour ne pas que soient fendues les fondations des six piliers de la création. il est le tranchant inférieur de la longue épée.

Assis sur un anneau de saturne, regardant mercure passer derrière le monde de la terre, il ressasse ses sombres desseins et se susurre des sollicitations. Il appelle Tsaphkiel Yeshua de Binah, pour que celui-ci lui confectionne ses armes et protections, pour recevoir en sa main la force de la justice de Dieu, pour recevoir en son esprit la logique des arcanes de toutes les stratégies dirigées par un esprit d'intelligence, pour recevoir en son cœur la lumière.
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Message par Magni le Mar 10 Mar 2020 - 22:33

Le rabbin était mal à l’aise, on voyait sa peau luisante de sueur sous ses vêtements amples et son chapeau démesuré qui lui permettait de parler tout en mettant son visage à l’abri des regards. À la demande de Malak il avait accepté de convoquer l'esprit après qu’il lui eut rappelé ses responsabilités de serviteur s'il voulait conserver ses privilèges de convive. Contre la demande du guerrier, il avait refusé de faire l'opération à la synagogue, réussissant à le faire céder en arguant que pour simplement discuter avec un mort il le ferait depuis chez lui dans un cercle de puissance et non depuis l'enceinte sacrée.
Malak dit : - il est vivant.
Le rabbin lui répondit : - il a été mis à mort, je ne sais rien d'autre.
Le temple était à la sortie de la ville, on voyait au loin les lampadaires de Prague qui s'allumaient les uns après les autres … le petit homme à la grosse barbe blanche ferma les portes, verrouilla et vérifia : l'entrée était scellée. Il poussa un petit panneau qui s'ouvrit dans la porte, il enfonça sa main dedans et on entendit la chute de la grosse clef de métal qui tomba à l'intérieur de la porte. Il rejoignit le chemin et Malak fut étonné qu'ils ne partaient pas vers le bourg mais vers les champs. Il le suivait en silence, se demandant jusqu'à quel point il pouvait faire confiance à des humains, se disant : « on ne peut rien savoir de ce qu'ils pensent, tout est confus dans leur esprit, souvent ils ne peuvent même pas se faire confiance à eux même. »
Ils marchèrent jusqu'à la forêt, cinq minutes après ils arrivaient au portail d'une vaste propriété, dans le soir tombant et la lumière déclinante, on voyait bien, en haut de l'arche du passage, écrit en lettres d'or :
כאן מתחילה הארץ שלמה

Les grilles du portail étaient fermées mais pas verrouillées, le vieux rabbin poussa le battant droit et dit : entrez, nous sommes ici sur mes terres et vous êtes ici chez vous.
Ils marchèrent ensuite jusqu'à la bâtisse.
Il ouvrit la porte de chez lui en disant : Permettez-moi de me présenter, je suis Shlomo Yehouda Leob Ha'Cohen, serviteur de Dieu, je vous prie de me dire comment je puis vous nommer.
Le géant vêtu d’une cape pourpre à l’intérieur et noire à l’extérieur, bottes de marche, chapeau de pluie et épée au côté, déclinait son identité terrestre : Malack Phraretra Iradei. Le rabbin ne broncha pas, il devait s'attendre à quelque chose comme cela, il invita son visiteur à entrer : - Je vous prie de passer la porte de ma modeste demeure pour venir vous reposer. Je vous aiderai à trouver les informations que vous cherchez et dans ces conditions, vous serez mon hôte aussi longtemps que vous le voudrez.
Ils passèrent par un des couloirs qui partait de la vaste entrée ou trônait trois gros portemanteaux sur trépieds. Il faisait nuit mais l'entrée était bien éclairée par de nombreux chandeliers muraux. Après être passé devant 27 portes et avoir tourné deux fois à droite, le rabbin frappa deux coups sur une porte en levant un anneau de métal doré qui pendant au milieu. Ils entrèrent dans une salle sombre, la seule lumière visible venait de bougies. La pièce, sans fenêtre ni décoration, avait pour seul meuble une grosse table ovale avec un pied central. Pas de chaise, pas de nappe, dix bougies blanches posée à même le bois vernis, déjà allumées, fixées sur la table par des coulures de cire. Les flammes étaient disposées en arbre des puissances, la base dans le fond de pièce et le sommet vers la porte. Il se plaça à gauche et fit signe à son invité de se mettre à droite. Debout devant les flammes, il dit, sans cérémonie : "J'invoque la présence de l'esprit d'intelligence qui dirige la sphère de Binah." Sur la table, parmi les bougies réparties suivant la forme de la présence du séphiroth dans ce continuum, la flamme de Binah, sans changer de forme, devint un peu plus intense.
Shlomo dit : "vous pouvez parler, l'esprit de compréhension vous comprendra."
Le géant s’adressa à la flamme qui avait changé d'aspect. ''Binah, vous êtes là ?''.
- Malak ? Que fais-tu là ?
- Dieu merci c'est bien vous, écoutez j'ai besoin de vos conseils concernant ce qu'il conviendrait que je fasse de moi …
- Oui mais non, Malak, que fais-tu là?
- Ha, ça … oui, à vrai dire je l’ignore, les coupes versent encore, mais j’ai été troublé et je suis tombé de mon perchoir et je suis arrivé sur terre, je me suis réveillé ici, avec cette forme humaine. Alors j’ai eu l’intuition qu’il fallait que je vous demande conseil.
- Ha mais ça Malak, c'est grave, très grave !, enfin je crois, pour le coup, cette fois, moi je ne sais plus.
- Mais alors comment allez-vous m'aider ? Dois-je continuer à rester sur terre, je crois que c’est illicite si je m’en reporte a ma connaissance des lois d'après le déluge ?
- La loi tu sais, elle dit ce que tu as le droit de faire, comme tu vois tu peux faire beaucoup plus que ce que tu as le droit mais ce n'est pas bien d'user de ces possibilités quand ce n'est pas un cas d'urgence. Ces temps-ci les législateurs et toutes les académies de collèges d'armées de puissances ne font que dormir, nous devons simplement trouver la solution avant la fin des temps de leurs sommeils, ce qui n'est pas près d'arriver. Le problème est conceptuel, c'est une urgence éternelle et il aurait bien fallut, de toutes façons s'en occuper un jour, disons que c'est probablement le moment pour s'en occuper maintenant. Je vais commencer à y penser. Pour du conceptuel on prend notre temps pour réfléchir, il n'y a pas encore le feu.
- Et si on les aidait à ne jamais se réveiller ? Cela pourrait-il régler notre problème conceptuel ?
- Ok Malak, alors là d'accord, tu as bien fais de m'invoquer, ça c'est une très mauvaise idée, tu ne dois plus y penser et si tu y pense tu y penseras en négatif, pour empêcher que cela arrive si tu perçois que quelqu'un y pense. Es-tu d'accord ?
- Oui je suis d'accord, c'est justement ça que je te demande.
- Je ne crois pas que tu puisses remonter maintenant sans provoquer de catastrophe. Je suis étonné que ta présence ici-bas n'est point rompu l'équilibre en apparence. Reste ici un moment, si tout sur terre continue de sembler normal on en déduira que c'est ici que tu dois attendre.
- Je dois attendre combien de temps tu crois, Binah ?
- Je ne crois rien et je ne sais pas, tu pourrais attendre toujours tu crois ? Ce serait probablement la meilleur option.
- Je devais déjà attendre pour toujours dans l'idéal, le fait d'être enfermé ici plutôt qu'à l'extérieur est plutôt un progrès, enfin je crois.
- J’espère.
- Tu peux rester avec moi s'il te plaît?
- Oui mais non, je dois m'éloigner et voir pour ton cas depuis un point de vue un peu plus détaché du contexte immédiat. Je t’enverrai un messager.
- Alors à bientôt, merci.

Shlomo demanda : Vous avez terminé ?
- Oui mon ami. J'ai fini pour aujourd'hui.
Il éteignit avec ses doigts la bougie avec laquelle Malak avait discuté. ''suivez-moi.'', dit-il.
À travers un dédale de couloirs il arriva bientôt dans une bibliothèque de style classique pour une riche demeure. Il y avait là une grande table chargée de livres imprimés et manuscrits. Sur le côté de la table, une place libre était ménagée pour que deux personnes puissent s'installer confortablement. Shlomo s'installa sur un des deux fauteuils, il tira à lui un livre qu'il ouvrit, il détacha une dizaine de pages et les signa puis il apposa un cachet de cire à coté de sa signature. Il me dit :''Je ne veux pas mon monde et le vôtre s’entremêlent.  Je peux et je dois vous aider mais je ne veux pas suivre votre voie et je ne veux rien en savoir.''
Malak était resté debout, il lui tendis les papiers. ''Voici des lettres de change qui vous permettrons de financer une petite armée. Elles ont une durée de validité de dix ans, si vous n'avez pas tout utilisé dans ce délai elles ne seront plus échangeables. Vous pouvez vous les faire encaisser n'importe ou à Prague ou dans la plupart des banques des grandes villes des pays avec lesquels nous ne sommes pas en guerre.''
Le rabbin tendit les papiers mais il hésita à les lâcher, Malak s’en emparait en tirant sèchement et en disant : ''je ne suis en guerre contre personne et j'en ferai bon usage.''
-''Partez, ne revenez pas.''
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