La morale.

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La morale.

Message par jghislain le Lun 13 Oct 2014 - 22:59

Puisque notre société est régie par des règles plus ou moins explicites, reconnues ou rejetées selon les cas, nous entretenons tous un rapport avec la morale.

Il existe en philosophie l'éthique qui est faite sans obligation ni sanction.
Mais, la morale, c'est le bien et le mal. Et c'est encore plus absolu quand on dérive la morale d'une religion, c'est-à-dire si les règles de morale ne servent qu'à poursuivre les premières lois de Dieu, et à les maintenir, stricto sensu.

Comme le dit Kant, la morale c'est le tribunal intérieur, en quelque sorte l'intériorisation de l'autre qui nous juge. Or, se regarder et penser toujours en fonction de l'autre, c'est perdre sa propre voie, et avouer sa dépendance, en étant toujours à se demander ce qu'il faut faire et comment bien faire, à l'autre.

Être autonome, en revanche, c'est surtout conduire sa vie dans un sens voulu, et donc s'engager dans l'action. Ce qui nous place dans une attitude de refus dans les cas où l'on nous force à aller contre ce que nous jugeons être bon, et qui se trouve nous être malsain. Nous faisons alors preuve de liberté lorsque l'on veut nous en imposer.

Cependant réagir n'est pas agir. Et le fait de toujours réagir négativement face à des contraintes extérieures rend parfois impossible une prise de décision, ce qui empêche d'agir.

En fait, une loi morale ne repose que sur la confiance qu'elle inspire. Elle peut être remis en question,  si on la considère finalement comme une simple hypothèse à examiner, et qui doit faire la preuve de son utilité.

Ainsi, en science, une hypothèse est laissée de côté si elle n'offre pas de bonnes perspectives, c'est-à-dire si elle ne pèse que trop peu pour faire avancer le raisonnement, vers un résultat.


Nous sommes libres quand nos actes émanent de notre personnalité entière, quand ils l'expriment, quand ils ont avec elle cette indéfinissable ressemblance qu'on trouve parfois entre l'oeuvre et l'artiste. En vain on alléguera  que nous cédons alors à l'influence toute puissante de notre caractère. Notre caractère, c'est encore nous; et parce qu'on s'est plu à scinder la personne en deux parties pour considérer tour à tour, par un effort d'abstraction, le moi qui sent ou pense et le moi qui agit, il y aurait quelque puérilité à conclure que l'un des deux moi pèse sur l'autre. Le même reproche s'adressera à ceux qui demandent si nous sommes libres de modifier notre caractère. Certes, notre caractère se modifie insensiblement tous les jours, et notre liberté en souffrirait, si ces acquisitions nouvelles venaient se greffer sur notre moi et non pas se fondre en lui. Mais, dès que cette fusion aura lieu, on devra dire que le changement survenu dans notre caractère est bien nôtre, que nous nous le sommes approprié. En un mot, si l'on convient d'appeler libre tout acte qui émane du moi et du moi seulement, l'acte qui porte la marque de notre personne est véritablement libre, car notre moi seul en revendiquera la paternité.

Bergson

Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ? Ce n’est que l’apparence. En tous ces cas-là, c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt l’heureux acquiescement. Elle se sépare d’elle-même. Elle combat contre elle-même. Il n’y a pas au monde d’autre combat. Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C’est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu’il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien.
Alain.

Ainsi la morale doit être pensée. Puisqu'elle dépend de la progression de chacun dans sa vie, il est important de la réactualiser, surtout dès qu'elle freine la vie.

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