"Le jour où la terre s'arrêta" : la pensée catastrophiste

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Re: "Le jour où la terre s'arrêta" : la pensée catastrophiste

Message par poussbois le Mar 5 Aoû 2014 - 12:27

Défaite de l'action ante et défaite de la pensée post catastrophe.

Pour l'action, je te rejoins tout à fait. Comment expliquer effectivement le développement d'activités économique sur des zones sismiques ou volcaniques dont on sait qu'elles sont condamnées à terme ? Comment expliquer que la catastrophe de la Faute-sur-mer était prévisible, les dangers connus, le mécanisme d'onde de rupture mesurés et le nombre de maisons coulées identifié, mais qu'on a continué à construire des pavillons sans rien faire : ni modifier les digues, ni interdire ces constructions ?

Du coup, on a l'impression qu'on peut faire des cas généraux de ces cas particuliers (défaite de la pensée post catastrophe) : les pouvoirs publics sont indifférents, les collectivités territoriales vénales, et l'action publique a les mains liées. Ce qui est faux quand on sait que sur la problématique inondation, on a déménagé tout un quartier d'Orléans. Mais on retient La Faute-sur-mer et pas Orléans.


Dernière édition par poussbois le Mar 5 Aoû 2014 - 20:14, édité 1 fois

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Re: "Le jour où la terre s'arrêta" : la pensée catastrophiste

Message par quid le Mar 5 Aoû 2014 - 18:08

Je te réponds globalement Ataraxie.

Comme le dit Euthyphron, articuler la problématique uniquement entre subjectif ou objectif n'est peut-être pas judicieux, en tout cas trouve ses limites, car comme il le dit, l'opposition entre les deux est peut-être surfaite.
En effet, l'objectivité et la subjectivité entretiennent un rapport nécessaire, même si ce rapport peut toujours être réévalué.

En définitive, l'objectivité qui tendrait à ôter toute trace de subjectivité ou d'orientation reviendrait à objectiver la subjectivité, ce qui n'est pas d'actualité.

Donc la considération purement événementielle et neutre des catastrophes, tend à gommer le fait catastrophique, cependant c'est une prétention qui ne tient pas compte que cette approche n'est pas exempte de subjectivité à un certain niveau, et il pourrait lui être rétorqué qu'elle sous-tend une certaine motivation qui relativise sa neutralité. On pourrait se demander ce qui pousse à étudier les tenants et aboutissants des événements, et certains aspects plutôt que d'autres. On est tenu à une certaine objectivité, mais cependant en considération de notre subjectivité ou inter-subjectivité.

Il y a un certaine résonance avec ceci dans le sujet "Penser sans les mots" :
Courtial a écrit:Mais l'intérêt de l'étiquetage, il est social, certainement, mais plus globalement, il est utilitariste. Le langage marque la priorité de l'agir, de la production sur la contemplation et la connaissance pure, qui est intuition.

J'ai parlé plus haut de la science et de la technique et c'était avec cette idée-là derrière la tête. La science fonctionne très bien avec le langage parce qu'il est tout à fait adapté à nous donner une vision cohérente et efficace de notre environnement. Il permet de bien mettre le monde en coupes réglées, ce qui est l'activité essentielle de l'intelligence.
Ataraxie a écrit:Cette discussion introduit un autre rapport que celui entre le langage et la pensée. C'est celui entre le langage et la réalité, ce qui nous renvoie à notre façon d'aborder la question.

Du point de vue, subjectif, bien que j'ai souligné le paradoxe qui pourrait mener à rendre complètement subjectif le concept même de catastrophe, jusqu'à le faire disparaître chez certains, tout en admettant qu'une telle construction serait issu d'un rapport à la catastrophe, je n'y adhère pas spécialement.

Ce qui revient à dire que la catastrophe est fondée certes, mais que ce qui la fonde n'est ni l'objectivité, ni la subjectivité, mais un certain rapport nécessaire qu'entretient la subjectivité avec son milieu.

On admet donc que le catastrophique n'a de pertinence qu'en considération d'une subjectivité, et que l'on appellera pas « catastrophe » l'explosion d'une super-nova à l'autre bout de l'univers, en dehors de toute subjectivité, même si cet événement est conséquent.

Maintenant, il est vrai que si l'on baigne dans un climat ou une ambiance de catastrophisme relayé par des échanges, il est certain que l'on peut se poser la pertinence d'un tel climat.
Donc, sans abolir la considération catastrophique, on peut cependant essayer de se construire une attitude plus nuancée et plus éclairée, son propre rapport à la catastrophe.

Mais je pense que quelque soient les personnes, il y a toujours un certain horizon catastrophique, même s'il lui est propre, car sinon ce serait nier l'angoisse, la crainte et la peur.
Et face à cela, les attitudes adoptées, peuvent revêtir différentes réponses : La rationalité, le déni, la défiance, le courage, la relativisation, l'inconsidération, la fatalité, la folie, le contre-pied, …

Il n'y a que le fou, le sage, le saint ou le matérialiste* qui pourrait adopter une attitude absolument a-catastrophique.

Le rationalisme, en même tant qu'il éclaire, n'exacerbe-t-il pas le catastrophisme ?

* - Le fou est un peu le maître du rire, le sage celui de la composition, le saint celui du sens et le matérialiste celui du néant   
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Re: "Le jour où la terre s'arrêta" : la pensée catastrophiste

Message par kercoz le Mer 23 Déc 2015 - 14:10

La parole "éclairé" d' un ingénieur  sur la probabilité catastrophique et le lien entre les évènements actuels et la pénurie d' énergie.
https://www.youtube.com/watch?v=yiBrP7N9FkA

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