D'un mouvement historique de Législation rousseauiste

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D'un mouvement historique de Législation rousseauiste

Message par Rêveur le Mar 20 Mai 2014 - 20:27

Dans ce sujet, je ne vais pas directement tout écrire afin de ne pas dire autant de bêtises que d'habitude, de nous faire raisonner non sur mon raisonnement uniquement mais sur l'idée donc sur nos rés...("je vous conseille de ne pas continuer ce calembour hyper prévisible."). Enfin, cela me permettra de continuer à écrire, sinon, je n'aurais servi qu'à introduire un sujet (ce qui est certes déjà bien)
Une Législation suivant à la lettre le CS (enfin, ses idées) semble impossible à appliquer particulièrement dans notre monde pour une raison très simple : c'est qu'il y a bien trop de relations entre les pays et qu'elles se sont progressivement "théorisées" pour devenir notre système économique qui est (presque) universel. La mondialisation a aggravé cette difficulté. Un Etat légiféré "selon le CS" ne serait plus légal selon le 'système universel". (Flûte, je suis parti pour écrire beaucoup trop...   ) Bien sûr, il est possible de légiférer alors en adaptant le CS aux problématiques actuelles, et Rousseau a montré qu'une Législation a aussi un enjeu historique et pourrait être établie en pratique (non seulement en théorie) en écrivant son Projet de Constitution pour la Corse. Néanmoins, ce dernier n'a pas été adopté, et aujourd'hui, jamais on ne pourrait recevoir un Rousseau proposant avec quelques écrits de transformer toute la société. Le Législateur a deux choix : la révolution et la voie légale. La première a causé bien des désastres, on le sait (penser à l'URSS, notamment), et dans les rares cas où le sang ne coule pas, ce n'est plus vraiment une révolution. Je cite Rousseau :
Rousseau, lettre à la comtesse de Wartensleben a écrit:Les conspirations peuvent être des actes héroïques de patriotisme, et il y en a eu de telles ; mais presque toujours elles ne sont que des crimes punissables, dont les auteurs pensent bien moins à servir la patrie qu'à l'asservir, et à la délivrer de ses tyrans qu'à l'être. Pour moi je vous déclare que je ne voudrais pour rien au monde avoir trempé dans la conspiration la plus légitime ; parce qu'enfin ces sortes d'entreprises ne peuvent s'exécuter sans troubles, sans désordres, sans violences, quelquefois sans effusion de sang, et qu'à mon avis le sang d'un seul homme est d'un plus grand prix que la liberté de tout le genre humain.
Quand la transformation de la société est légale, elle doit être mené par un parti, un groupe. Nos Etats sont bien trop grands pour permettre à un seul d'en Légiférer. Par ailleurs, l'aliénation (légale et peut-être légitime) au "système universel" décidément, je ne suis pas clair...) est telle qu'un Législateur seul ne peut que la conserver, parce qu'autrement, il séparerait le pays de ses liens avec le monde dont il est devenu par trop dépendant. Chacun sait qu'il est pratiquement impossible de n'acheter que français... Le monde a rendu les hommes dépendants de la consommation. Il est impossible d'en retirer quelques uns et de les raisonner, les amener à se rendre indépendants. Les hommes communiquent, et des Français tels se verraient bientôt influencés par les Américains, les Anglais... Il faudrait les isoler, et imposer une idéologie. Cela s'appelle du totalitarisme. Sans mouvement historique auquel se rattacher, une Institution "Légiférée" est nulle. Sa valeur étant à la mesure de l'Homme, donc du monde et de ses conventions, il serait vite relégué au rang d' "Etat pauvre" "pays en voie de développement"...
Ne pourrait-on alors penser un mouvement historique de Législation rousseauiste ? On pourrait alors substituer à notre mesure de la valeur d'un Etat une nouvelle, selon le mouvement (mais en fait, cette valeur signifierait encore peu de choses, elle n'aurait pas d'importance). Rousseau ne croyait pas à une Société du genre humaine (cf Du Contrat Social, si je ne m'abuse). J'y crois, et de plus, nous y sommes...en somme (^^) presque parvenus déjà. Simplement, c'est ce système universel que je récuse. Cette société doit être essentiellement humanitaire. Elle Légiférera et, progressivement, s'étendra en tâchant de "libérer les peuples".


Dernière édition par Rêveur le Mar 3 Juin 2014 - 10:14, édité 2 fois

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Re: D'un mouvement historique de Législation rousseauiste

Message par Courtial le Jeu 22 Mai 2014 - 1:04

N'en demandons pas trop au pauvre Jean-Jacques : ce n'est pas un législateur (ou un politique), c'est un philosophe. Ce qui n'est déjà pas mal, d'autant qu'il se tire plutôt bien de l'exercice.
Qui plus est, dans le Contrat social, (dans cette philosophie du droit) il explique que c'est le Peuple qui doit faire la loi. Il ne dit pas : Jean-Jacques Rousseau", mais "le peuple" doit faire la loi. Il y a une différence entre ces deux expressions.

Naturellement, l'idée d'appliquer aujourd'hui des lois de Rousseau (qui n'existent pas, il ne précise rien de concret), c'est-à-dire des trucs pondus il y a 250 ans serait absurde et intenable. Et pour l'économie, ce n'est même pas la peine d'en parler...
Mais tu le dis toi-même en le citant : Rousseau ne voulait rien révolutionner du tout, si ce n'est la pensée politique. Il dit quelque part (je cite de mémoire) qu'il ne croit pas qu'il y ait d'homme qui ait autant médité que lui. Si l'on passe sur cette manifestation de sa mégalomanie coutumière, cela montre qu'il savait bien qu'il était un....euh... rêveur.
Dès qu'il s'agissait de passer à la pratique, il se débrouillait comme un manche, on l'a assez dit en mettant en regard ses idées géniales sur l'éducation et sa pratique hautement contestable de la paternité.
On a dit ensuite que les songes de la raison engendrant des monstres, ou, pour le faire plus chanson américaine, quand my dreams became true, Rousseau se trouvait être le grand responsable des révolutions. Mais nous en avons déjà parlé assez longuement et je ne sais s'il y a quelque chose de nouveau à en dire...

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Re: D'un mouvement historique de Législation rousseauiste

Message par Rêveur le Ven 23 Mai 2014 - 17:33

Aïe aïe aïe ! Apparemment, j'ai exprimé le contraire de ce que je pense...
Courtial a écrit:Qui plus est, dans le Contrat social, (dans cette philosophie du droit) il explique que c'est le Peuple qui doit faire la loi. Il ne dit pas : Jean-Jacques Rousseau", mais "le peuple" doit faire la loi.
Rien que là, on voit qu'un truc cloche... En vérité, je suis d'accord avec tout ce que vous dites, excepté :
Curtial a écrit:c'est le Peuple qui doit faire la loi.
Il ne faut pas oublier le rôle du Législateur, véritablement important dans sa pensée, mais je pense que nous sommes en fait d'accords (enfin, plus exactement, nous avons également compris la pensée de Rousseau).
Courtial a écrit:Naturellement, l'idée d'appliquer aujourd'hui des lois de Rousseau (qui n'existent pas, il ne précise rien de concret), c'est-à-dire des trucs pondus il y a 250 ans serait absurde et intenable.
(c'est là la seule véritable difficulté que je trouve dans votre message) Evidemment d'accord pour la première partie. En revanche, je crois que ce serait une erreur de réduire ainsi la pensée de Rousseau à ce progrès historique dans la pensée politique (attention, quand j'essaye d'écrire ce genre d'expression, on peut me lire de travers -c'est bien sûr moi qui écrit de travers...)... Hum... Je ne saurais être clair. Nous en reparlerons (peut-être). Je pense que l'on peut tout à fait encore s'inspirer de Rousseau pour nos pensées politiques actuelles (...mais "inactuelles").

Je comptais m'expliciter plus tard mais je crois que c'est peine perdue. En fait, je crois qu'il faudrait que je me disperse dans deux endroits :
1) le premier, le plus important et le plus incontestable, c'est le sujet déjà publié sur Rousseau que vous semblez d'ailleurs évoquer :
Courtial a écrit:nous en avons déjà parlé assez longuement et je ne sais s'il y a quelque chose de nouveau à en dire...
Le principal problème, outre la longueur du sujet (un peu de lecture ne peut me faire de mal, encore moins quand il s'agit de Rousseau...) est que le début... n'en est pas un : il y a d'abord une référence à un message précédent... et même à plusieurs par la suite. Je peux tâcher quand même d'aborder la discussion par cette voie mais je ne cache pas que ce serait plus simple si quelqu'un parvenait à me restituer le contenu antérieur...
2) Je pense que je vais introduire un nouveau sujet (dans Lignes en marge, cette fois, catégorie que je n'aurais dû quitter...) sur les utopies et les pensées politiques idéalistes... En fait, j'ai construit progressivement la(es) mienne(s), et je voulais la(les) confronter, confronter mes idées pour mieux la(es) penser. Je précise que quand j'y réfléchis, bien que ce soit il est vrai en rêveur, en idéaliste, je n'en perds pas la réalité et c'est parce que j'y crois, parce que j'y vois une possibilité, un espoir (certes modeste) qu'elles me sont si agréables à penser... Elles ont toujours un aspect également pratique. L'essentiel est de permettre leur adoption, de permettre leur assimilation (mais pas de les adapter, elles, à la réalité, ou plutôt à l'actualité.)


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Re: D'un mouvement historique de Législation rousseauiste

Message par Rêveur le Ven 23 Mai 2014 - 17:46

PS : Je n'entends pas reproduire littéralement toute la pensée de Rousseau (j'ai oublié -entre autres- de fermer la parenthèse :
Rêveur a écrit:Une Législation suivant à la lettre le CS
... Et là, j'ai encore oublié de fermer une parenthèse ^^!
En vérité, j'ai même ma propre pensée, inspirée des idées de Rousseau, mais qui s'en écarte parfois (sur son idée d'éducation générale développée dans son Discours sur l'économie politique, sur sa considération des naissances, du mariage -la fécondité serait un signe de prospérité, un Corse non marié à 40 ans ne saurait être Citoyen, etc.). Mes deux idées principales sont :
1) un monde sans argent (j'en ai déjà brièvement parlé), où l'autorité se fonde sur le devoir des citoyens qui doivent apprendre ce devoir et "obéissent" uniquement par devoir (il y a une nuance)
2) une (nouvelle) Société du Genre Humain (à laquelle Rousseau ne croyait pas).

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