Ontologie

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Re: Ontologie

Message par baptiste le Sam 11 Nov - 6:36

La question est aussi vieille que la philosophie, Parménide, en fondant la logique, proposa que l'être est et le non-être n'est pas. Le néant d’après lui n'existait donc pas. Pourquoi cette question revient-elle alors au fil des siècles? Parce que s’il est particulièrement difficile à concevoir pour nous êtres existants, quand on se met à en parler, le néant prend automatiquement une forme d'existence, et donc, par un élément de langage, on fait tout de même apparaître ce qui ne peut pas exister, ce qui ne peut pas se concevoir.

De plus en posant la question « Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien? » on donne non seulement une existence au néant mais aussi un sens.
En effet, si je pose la question ainsi : Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien? Le « Pourquoi » appelle une cause. C’est ainsi qu’Aristote avait aboutit à la nécessaire cause première : « le premier moteur immobile », que Descartes nomme Dieu. Dieu est un accessoire métaphysique commode qui permet d'expliquer l’inexplicable. Sinon, on se perd de cause en cause... à l'infini, et le sens s'effrite. Il pourrait ne rien exister, mais l’existence est une évidence.

« Être ou ne pas être, voilà la question! » disait Hamlet, oui tu as raison, le néant est vertigineux, mais c'est tout au plus un artifice poétique, une chimère littéraire, une invention de prestidigitateur spirituel, parce qu’en arrêtant sa pensée ainsi devant l’éternel et l’infini il ne reste à l’homme plus que l’imaginaire comme source d’une réponse possible. Tu affirmes si l’Être est c’est qu’il fut possible, la logique ne trouve rien à redire, mais est ce que cela implique nécessairement une volonté ou un sens ?

Epicure, de son côté disait : mais où est donc le problème? Ne pas être, c'est comme la mort : Quand elle est là, nous n'y sommes plus, et quand elle n'y est pas nous sommes. Soyons donc vivants et sereins! Ainsi donc on peut affirmer que ne pas être n'est pas une question de nature philosophique, sauf s’il s’agit du suicide bien entendu. Après tout n’est ce pas ce que Wittgenstein entendait dénoncer dans son Tractacus logico-philosophicus, « ce dont on ne peut parler il faut le taire ».

Camus disait que dans l’expérience absurde la souffrance est individuelle. « La révolte est le fait de l’homme informé, qui possède la conscience de ses droits. Mais rien ne nous permet de dire qu’il s’agit seulement de droits de l’individu. Au contraire il semble bien, par la solidarité déjà signalée, qu’il s’agisse d’une conscience de plus en plus élargie que l’espèce humaine prends d’elle-même au long de son aventure ». Alors si une question métaphysique il doit y avoir, et si cette question doit précéder la réponse éthique, elle s’appelle solidarité et ressentiment, désir de justice et affirmation de soi, angoisse de la mort et force vitale, moralisme et soif de jouissance….parce qu’il « y a une antériorité de l’étant sur l’Être » disait Levinas.

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Re: Ontologie

Message par maraud le Sam 11 Nov - 7:52

Quoi qu'on en dise, tous peuvent s'exprimer sur le manque ou l'excès d'interprétation dans ce domaine, mais nul ne dit qu'il n'y a pas de question légitime à se poser à ce sujet, parce que la question se pose sans volonté de se poser cette question. Wittgenstein nous dit que nous levons le bras sans volonté; que le bras se lève. Il n'y a donc, volonté que lorsque quelque chose entrave le geste du bras; il y a volonté lorsque le désir de lever le bras apparaît.

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Re: Ontologie

Message par hks le Sam 11 Nov - 9:42

Maraud a écrit: La difficulté vient de ce que le non-être est possible, et il est difficile de penser que ce qui n'est pas puisse avoir une potentialité d'être.
Je ne comprends pas .

Tu me sembles jouer sur 2 tableaux : l' éternité et le temps.

1)
" le non-être est possible":  par exemple ? Je ne vois pas d' exemple de ce qui peut "ne pas être". Dans l'éternité  le seul possible est ce qui est.

2)
Maintenant dans le temps, ce qui nest pas encore et qui sera "avait la potentialité d' être".
Dans le temps on peut le dire de toutes choses : elle avait la potentialité d' être***.
Mais on lui attribue cette potentialité via le seul possible qui est que cette chose  à un moment donné est  

et à ce moment elle nest pas un non être possible
A ce moment du temps, elle est dans l'éternité (hors de la potentialité)

***NB: on ne peut pas dire de toutes choses : elle a ou aura une potentialité d' être
Et c'est bien mon problème.
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Re: Ontologie

Message par toniov le Sam 11 Nov - 10:43

Concevoir le néant est un non sens puisque tout ce qui se conçoit n'est pas le néant.
'' Pourquoi existe t il quelque chose plutôt que rien ? ''. La reponse c'est peut être parce que '' rien ''n'existe pas.
Cela ne peut t il pas suffire à poser l'étre seul comme existant, sans son contraire ? ( à part ce semblant de contraire élaboré par notre esprit ). Et du même coup faire de l'étre sa propre cause sans nécessité de se referer a une cause extérieure ?
Pour autant cela ne répond pas totalement à cette question : '' Pourquoi y a t il des choses là et pas d'autres ? ''
Car rien ne permet d'affirmer que tout est '' disposé '' au hasard et que la non existence d'une transcendance à l'être implique que Dieu n'existe pas car Dieu ce peut être l'étre, il n'a pas forcément besoin d'une cause et un Dieu trancendant serait également dans le même cas.
Du coup, je ne suis pas convaincu non plus par la logique d'Épicure , concernant la vie et la mort, parecque justement il n'y a pas un moment où la mort '' est '' là ( à part bien sur la mort organique ) et ou la vie '' n'est plus là '', parce que la mort , considérée comme '' néant '' n'est jamais là et la vie de l'étre est toujours là.


Dernière édition par toniov le Sam 11 Nov - 10:54, édité 2 fois

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Re: Ontologie

Message par kercoz le Sam 11 Nov - 10:49

Affirmer que le néant n'existe pas c'est implicitement affirmer l'univers et les temps sont infinis. En prime ça interdit ( quelque part) l'existence d' un dieu qui ne peut créer que depuis le néant.

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Message par toniov le Sam 11 Nov - 10:53

Oui mais ça n'exclue pas effectivement l'existence d'un dieu qui soit l'etre, c'est à dire immanent et non transcendant.

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Message par maraud le Sam 11 Nov - 11:20

Hks a écrit:" le non-être est possible": par exemple ?

Hks a écrit:1)
" le non-être est possible": par exemple ? Je ne vois pas d' exemple de ce qui peut "ne pas être". Dans l'éternité le seul possible est ce qui est.

Comment distingues-tu ce qui est ? Autrement dit, si Tout est, alors rien n'est; si Tout est blanc, alors rien n'est blanc car il n'y a plus rien à distinguer.

La solution n'est pas dans la distinction entre ce qui est et n'est pas Absolument, mais entre les différents états de l'être.


Est possible ce qui n'est pas impossible ( donc néant). Le non-être n'est pas néant ( puisqu'il entretient un rapport, de négation certes mais un rapport tout de même, avec l'être). Donc le non-être est possible.
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Re: Ontologie

Message par toniov le Sam 11 Nov - 11:44

Oui mais ce rapport ne procède t il pas uniquement de l'idée ? Je veux dire d'une simple logique sans objet ? ( puisque justement il est impossible d'objectiver un non étre ).
Tandis que l'Etre se déploie également dans l espace et le temps.

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Re: Ontologie

Message par maraud le Sam 11 Nov - 13:13

Toniov a écrit:Oui mais ce rapport ne procède t il pas uniquement de l'idée ?

Ce point de vue découlerait d'un scepticisme excessif, car il interdirait l'idée même d'expérience. Or, ce n'est pas par invention que l'on évoque le rapport entre le non-être et l'être, mais par analogie.

Ce que l'on imagine être ou ne pas être ne peut que se rapporter à notre propre expérience d'être ( pensant). Je ne suis pas ceci ou cela, suis-je pour autant néant ? Je vis l'expérience de la persistance et du changement en même temps. Je suis, tous les matins, moi-même et un autre à la fois. Je suis et je ne suis pas tout à la fois. Ceci sera paradoxal tant que je l'on croira à la substance telle qu'on l'imagine d'ordinaire, c'est-à-dire comme se conservant, et malgré le fait qu'on sait , par exemple, que la masse, c'est tout à la fois de la matière et de l'énergie dans deux états différents.

Je suis dans un état d'être qui ne se conserve pas et en cela, je suis aussi une potentialité d'être qui n'est pas encore manifesté; est-ce que cette potentialité ( ou probabilité si l'on préfère) est néant ? Non, cette potentialité repose sur le possible qui la contient. Tout est possible, beaucoup de chose sont potentielles, peu de choses sont avérées.


...............


Toniov a écrit:Tandis que l'Etre se déploie également dans l espace et le temps.

On peut aussi inverser la proposition : l'espace et le temps se déploient dans l'être.
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Re: Ontologie

Message par hks le Sam 11 Nov - 13:25

Maraud a écrit:Comment distingues-tu ce qui est ? Autrement dit, si Tout est, alors rien n'est; si Tout est blanc, alors rien n'est blanc car il n'y a plus rien à distinguer.
là ce que tu décris c'est un mouvement de l'esprit  ( tu penses que ...).

et puis tu déplaces dans l' objectivité ( le monde  objectif) en parlant des " différents états de l'être". ce qui donne (comme je crois te comprendre) que le non être objectivement est possible.

Dans un premier temps (de ta pensée ) il y a  une pensée de l'être et puis une pensée du non être...une pensée de l'être ce n'est pas de l'être.
Moi je veux bien qu'une pensée du non être existe mais pas plus.
Une pensée du non être est possible ( c'est évident) et même plus, c'est nécessaire à la pensée.
.......................................
Maintenant l' absolu
quelle que soit ses manifestations,  je me refuse à penser que le non être d'une manifestation de l'absolu en soit une (une manifestation) (ou comme tu dis un être).

Si le non être de la manifestation (= l'apparition  quelle qu'elle soit ) n' apparaît pas (et il n' apparaît pas)
alors je ne peut pas penser qu' il soit possible.(que ce non être soit possible)
Je ne pense pas qu'une non manifestation puisse en être une.(une manifestation)

Je pose en postulat que l' absolu se manifeste , c' est à dire que l'image que nous en avons n'est pas l'image de rien .
Mais qu elle est l' image d'une manifestation de l' absolu.
C' est de l'ordre de la foi... bref je ne peux pas penser que l' image de l'absolu ou disons de l'indescriptible ou de l'indicible soit seulement image , l'image est en elle même débordée infiniment (illimitée). Ce n'est pas une idée ordinaire.
....................

Maraud a écrit:Est possible ce qui n'est pas impossible ( donc néant).
non non . Du point de vue factuel n' est possible que ce qui a  une existence en acte. Du point de vue de l'éternité  tous les faits  sont les seuls possibles-  réalisés
ce qui exclut une infinité de possibles qui n'étaient pourtant pas impossibles mais sur le papier
Les non faits( les faits qui n'ont pas eu lieu et n'auront pas lieu)  ne sont pas des possibles réalisés
ils ne sont pas.
............................................
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Re: Ontologie

Message par maraud le Sam 11 Nov - 14:37

Hks a écrit:Dans un premier temps (de ta pensée ) il y a une pensée de l'être et puis une pensée du non être...une pensée de l'être ce n'est pas de l'être.

S'autoriser à interpréter objectivement les signes que l'on aperçoit dans sa propre expérience , cela manifeste toujours deux choses: 1) les rapports qu'entretiennent les faits; 2) la croyance en un déterminisme nécessaire . Il me semble que Kant appelle cela des " analogies de l'expérience"; il est question de conjectures.



Il y a de l'être comme il y a de l'eau chaude et il y a du non-être comme il y a de l'eau non chaude, autrement dit de l'eau froide.


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Re: Ontologie

Message par toniov le Sam 11 Nov - 15:52

maraud a écrit:
Toniov a écrit:Oui mais ce rapport ne procède t il pas uniquement de l'idée ?

Ce point de vue découlerait d'un scepticisme excessif, car il interdirait l'idée même d'expérience. Or, ce n'est pas par invention que l'on évoque le rapport entre le non-être et l'être, mais par analogie.

Ce que l'on imagine être ou ne pas être ne peut que se rapporter à notre propre expérience d'être ( pensant). Je ne suis pas ceci ou cela, suis-je pour autant néant ? Je vis l'expérience de la persistance et du changement en même temps. Je suis, tous les matins, moi-même et un autre à la fois. Je suis et je ne suis pas tout à la fois. Ceci sera paradoxal tant que je l'on croira à la substance telle qu'on l'imagine d'ordinaire, c'est-à-dire comme se conservant, et malgré le fait qu'on sait , par exemple, que la masse, c'est tout à la fois de la matière et de l'énergie dans deux états différents.

Je suis dans un état d'être qui ne se conserve pas et en cela, je suis aussi une potentialité d'être qui n'est pas encore manifesté; est-ce que cette potentialité ( ou probabilité si l'on préfère) est néant ? Non, cette potentialité repose sur le possible qui la contient. Tout est possible, beaucoup de chose sont potentielles, peu de choses sont avérées.


...............


Toniov a écrit:Tandis que l'Etre se déploie également dans l espace et le temps.

On peut aussi inverser la proposition : l'espace et le temps se déploient dans l'être.

Oui je comprends.
C'est très intéressant cette résistance au changement qui fait que des choses et des êtres ont la capacité de conserver provisoirement leur forme dans un monde où tout est impermanence. On pourrait imaginer un univers ou l'impermanence serait absolue, sans que jamais rien ne puisse se constituer et donc '' vide '' de tout ( un néant ? ). Ce n'est manifestement pas le cas.

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Re: Ontologie

Message par maraud le Sam 11 Nov - 16:25



Notre fonctionnement nous amène à trouver et construire des domaines de cohérence. Nous avons besoin de distinguer les choses, autrement dit de les juger. De sorte que lorsque quelque chose nous paraît incompréhensible, nous tendons à le vouloir compréhensible malgré toute la résistance qu'il oppose à notre entendement. Et lorsque un élément d'un système nous résiste, nous considérons le niveau supérieur d'organisation dans lequel il se trouve ( si nous ne savons pas comment fonctionne la boîte de vitesses, nous savons néanmoins qu'elle participe au fonctionnement général du véhicule, et souvent cela nous suffit); de la même façon, ne sachant pas comment fonctionne un individu, nous nous orientons vers le fonctionnement du groupe.

Ce qui est impermanent à une certaine échelle devient permanent à une autre échelle; les ouvriers de l'usine entrent et sortent selon leurs horaires de travail, mais l'usine , elle, fonctionne 24h/24h. Ce qui peut nous faire dire qu'il n'y a de changement que relativement à l'échelle considérée: les particules atomiques " bougent", mais la matière qu'elles constituent est inerte. De là à subodorer que, au plus haut point d'organisation, tout se passe dans un éternel présent, il n'y a pas loin.
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Re: Ontologie

Message par hks le Sam 11 Nov - 17:11

Maraud a écrit:Il y a de l'être comme il y a de l'eau chaude et il y a du non-être comme il y a de l'eau non chaude, autrement dit de l'eau froide.

oui là je comprends pourquoi tu dis que "le non être est possible".

Dit dès le début comme ça plutôt que
La difficulté vient de ce que le non-être est possible, et il est difficile de penser que ce qui n'est pas puisse avoir une potentialité d'être.
m'aurait permis un accès direct .... et au niveau adéquat.
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Re: Ontologie

Message par toniov le Sam 11 Nov - 17:16

Maraud, C'est vrai, c'est une question d'échelle.
On peut penser Dieu ainsi et on peut également considérer , comme les bouddhistes, que tout est impermanent. L'échelle a laquelle nous percevons une permanence - par exemple un individu - est une illusion car rien n'est en fait stable ( à une autre échelle )...et c'est là que je ne suis plus d'accord avec les bouddhistes...ils privilégient la '' vérité '' perçue à une certaine échelle par rapport à celle perçue à une autre échelle. Or, le fait que la résistance au temps existe et s'exprime fait partie également de la '' vérité ''. Ou, autrement dit cette '' illusion '' existe tout au moins en tant qu' illusion ... ce qui ne serait pas le cas dans un univers absolument impermanent ( puisque rien ne pourrait alors se constituer en lui ).

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Re: Ontologie

Message par hks le Sam 11 Nov - 17:52

Toniov a écrit:L'échelle a laquelle nous percevons une permanence - par exemple un individu - est une illusion car rien n'est en fait stable
Le bouddhisme admet l'individu... mais pas comme stable.

Disons non stable telle qu'une substance /essence de chaque individu perdurerait stable. L'individu est lui et non lui.

Effectivement le bouddhisme  dénonce l'illusion d'un repli possible sur des (une) positions stables (identité de l' Ego refermé sur lui même).

La relation se constitue et c 'est un acte (les actes ) mais cet acte  demande que  l'ego pour ne pas dire le MOI et le non ego  soit re-posés ( sans possibilité d' un arrêt dans une stabilité) posés à nouveau

Il y a bien la constitution de la relation.... et c'est la permanence de l'impermanence .

Prendre conscience qu'on est en acte, c 'est apaisant.

enfin bon moi ce que dis ... c' est à chacun et n'importe qui de le  faire.
en gros il ne sert à rien de le dire si on ne le fait pas.

http://www.centrebouddhisteparis.org/Bouddha/L_individu_et_le_monde_contemp/bouddha_et_individu.html


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Re: Ontologie

Message par maraud le Sam 11 Nov - 18:18

hks a écrit:
Maraud a écrit:Il y a de l'être comme il y a de l'eau chaude et il y a du non-être comme il y a de l'eau non chaude, autrement dit de l'eau froide.

oui là je comprends pourquoi tu dis que "le non être est possible".

Dit dès le début comme ça plutôt que
La difficulté vient de ce que le non-être est possible, et il est difficile de penser que ce qui n'est pas puisse avoir une potentialité d'être.
m'aurait permis un accès direct .... et au niveau adéquat.

Ce sera au niveau qui te convient. Mes contributions ont toujours été elliptiques; ce n'est pas sans raison.

Eau chaude, eau froide.... cela prêterait à sourire s'il n'y avait pas la complication de la température. Bah oui: la qualité de l'eau fait d'elle autre chose que de l'eau; la glace et la vapeur sont-elles de l'eau ? il est une loi qui régit l'état d'être de l'eau; est-ce que cette loi n'a plus aucune potentialité quand l'eau est à l'état liquide ?

Dans quel état se trouve l'être lorsqu'il n'est pas soumis aux lois qui le manifestent sous telle ou telle forme ? ( pour moi, il est dans l'état de non-être, c'est-à-dire qu'il est possible, mieux, il est potentiel.)

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Re: Ontologie

Message par maraud le Sam 11 Nov - 18:28

toniov a écrit:Maraud, C'est vrai, c'est une question d'échelle.
On peut penser Dieu ainsi et on peut également considérer , comme les bouddhistes, que tout est impermanent. L'échelle a laquelle nous percevons une permanence - par exemple un individu - est une illusion car rien n'est en fait stable ( à une autre échelle )...et c'est là que je ne suis plus d'accord avec les bouddhistes...ils privilégient la '' vérité '' perçue à une certaine échelle par rapport à celle perçue à une autre échelle. Or, le fait que la résistance au temps existe et s'exprime fait partie également de la '' vérité ''. Ou, autrement dit cette '' illusion '' existe tout au moins en tant qu' illusion ... ce qui ne serait pas le cas dans un univers absolument impermanent ( puisque rien ne pourrait alors se constituer en lui ).

Oui, il y a nécessairement quelque chose de permanent qui régit l'impermanence apparente. Et comme l'impermanence est substantielle, le permanent doit se situer dans le/les principe(s).

Dans les doctrines orientales, il y a toujours la représentation d'un principe intemporel ( dans le symbole de la roue cosmique, c'est le centre qui permet à cette roue de tourner sans que ce principe d'axe ne soit influencé par le mouvement ( il faut imaginer quelque chose comme un "roulement à billes sans billes" , en tout cas sans "friction")
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Re: Ontologie

Message par toniov le Sam 11 Nov - 19:03

Si ce principe ( axe ) ne peut être influencé par le mouvement, il ne peut se situer en effet dans l'espace temps. On en vient à penser à un principe abstrait, purement mathématique ou à une '' émotion '' première une force d'existence qui '' fait être '' le monde et son contenu.

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Re: Ontologie

Message par maraud le Sam 11 Nov - 19:19

purement mathématique

Oui, quasiment. en tout cas, un principe apte à assouvir notre sens logique dans sa dimension la plus pure.
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Re: Ontologie

Message par kercoz le Sam 11 Nov - 19:21

Vous avez l' "Entropie" comme principe premier. Qui autorise une "néguentropie", qui se sert de l'entropie comme énergie de support...Ce qui repousse le problème. Le frein sur l' entropie est il un principe " naturel" ? Je veux dire, pourquoi le système va valoriser une descente de 3000 m sur neige sur des km de pentes douces et des des semaines plutôt qu' un "Tout shuss" en 3 mn ?

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Re: Ontologie

Message par hks le Sam 11 Nov - 21:11

Maraud a écrit:Ce sera au niveau qui te convient. Mes contributions ont toujours été elliptiques; ce n'est pas sans raison.


Elles expriment toujours  une métaphysique et pour parler des doctrines orientales, elles expriment plutôt le brahmanisme ... alors que moi je me tiendrais plutôt dans la perspective du bouddhisme. Le bouddhisme est très réservé (c'est peu de le dire) sur la pertinence des thèses métaphysiques...
C'est à dire toute thèse sur l'Etre (ou l 'UN ) principiel.
Il y a, certes, un certain scepticisme sur ce que nous pouvons penser au delà de notre possible et il y a l'équivalant (similarité) chez certains philosophes occidentaux.
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Re: Ontologie

Message par maraud le Sam 11 Nov - 21:53


Si mes contributions sont elliptiques, c'est avant tout pour ne pas imposer un point de vue spécial; d'où la coloration métaphysique ( universelle). En cela, le bouddhisme m'intéresse moins que le védantisme par exemple, parce que le bouddhisme a une dimension pratique ( proche du culte) qui ne me séduit pas.
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Re: Ontologie

Message par hks le Dim 12 Nov - 0:41

Maraud a écrit:En cela, le bouddhisme m'intéresse moins que le védantisme par exemple,
Je l'ai bien senti ainsi .
Il est évident que la seule ? dimension du bouddhisme est pratique.  Bien antérieurement à la distinction kantienne entre raison théorique et raison pratique, il opte pour la raison pratique.  

J'ai lu dans les nouvelles littéraires N 32 1928 Bergson au japon

Sinon comme théorie de la connaissance, du moins comme métaphysique des moeurs,
le kantisme une fois importé ne saurait jamais mourir dans le pays du bushido
Ce court texte parle surtout de Bergson, mais apparaît un rejet du pragmatisme  anglo -saxon. Philosophie pratique, mais pas le pragmatisme ( nuance )
c'est en fin de volume https://books.google.fr/books?id=hMkgCwAAQBAJ&pg=PA144&lpg=PA144&dq=bouddhisme+kantisme&source=bl&ots=8eFIyxelxB&sig=tCBGYuFDPvAp1N5RYUJDAsQ4Kcc&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiJ6_ao37fXAhXQ4qQKHZCPAKAQ6AEIPzAF#v=onepage&q=bouddhisme%20kantisme&f=false

Sur ta remarque sur le culte, je dirais, mais ce serait une longue histoire, que le cultuel est l' épiphénomène.  Les quatre évangiles ont engendré un cultuel, le Coran également et ce qui apparaît c'est ce cultuel.
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Re: Ontologie

Message par maraud le Dim 12 Nov - 9:16

Lorsque l'on envisage l'exploration d'un domaine en ayant recours à une méthode qui fait appel à l'induction, tous les faits récoltés ne sont pas de même valeur. Et ceux qui ont une grande valeur sont ceux qui se partagent le mieux. Ainsi, dans ma quête de métaphysique pure, je retiens principalement les faits universels, c'est-à-dire ceux que l'on retrouve dans le plus grand nombre de doctrines possibles. Cela à pour conséquence de devoir évacuer tous les faits particuliers et un grand nombre de faits spéciaux. Autrement dit, tout ce qui appartient au seul Japon ne m’intéresse pas ( pour l'instant); tout ce que le Japon, par exemple, partage avec la Chine m'intéresse d'avantage et tout ce qu'il partage avec le reste du Monde m'intéresse au plus haut point.

C'est pourquoi, je m’intéresse peu aux pratiques, aux cultes, aux us et coutumes...( on ne vit qu'une fois), car c'est en collectionnant les faits communs ( les dénominateurs communs) que l'on peut espérer en déduire la/les loi(s) première(s). ( Kepler, en collectant les différentes positions de planètes, en a déduit la course elliptique; après une vingtaine de modèles de course différents.)
J'ai l'avantage de savoir ce que je cherche puisque je ne fais que vérifier quelque chose de déjà connu.


.......................

Le pragmatisme anglo-saxon ( un sujet en soi) , au delà de la colonisation idéologique de notre pays, nous a surtout apporté une forme de scepticisme dont on aurait pu se passer ( outre l'Utilitarisme dont il n'est pas utile de rappeler les effets).




...........................


Bon, pour ne pas trop digresser, demandons-nous ce que pourrait être une ontologie considérée d'un seul point de vue, autrement dit, d'un point de vue spécial ?


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Re: Ontologie

Message par hks le Dim 12 Nov - 10:40

à Maraud

Je t 'ai cité un court texte daté de 1928... juste pour montrer un lien philosophique qui vaut ce qu'il vaut.
La philosophie japonaise  sur un socle imprégné de bouddhisme semble avoir eu une appétence  pour  l' idéalisme allemand et la phénoménologie( y compris le bergsonisme) plus que pour la "métaphysique"  occidentale.
Cette philosophie japonaise a été impliquée dans une tension contradictoire entre le nationalisme
et l' universalisme.https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Kyoto

L' article en lien traite de philosophes Japonais contemporains. La connaissance qu'ils ont de la philosophie continentale est bien supérieure à celle qu'inversemnt nous aurions de la leur.

Je ne sais pas le rapport apparemment mince qu'ils ont à la philosophie nord-américaine.

Je lis ce que je peux trouver sur internet et je trouve des textes assez stupéfiants tel celui ci

Tous tiennent à se situer par rapport à l'École de Kyoto, mais, cela dit, plusieurs obstacles se dressent au fur et à mesure que les entretiens se succèdent. Il faut d'abord constater l'évidence: dans tous ces entretiens, les Japonais disent d'abord ne pas bien comprendre les questions qu'on leur pose. Politesse, formalités? On ne sait trop. Rien, par exemple, ne leur paraît plus étranger que la recherche cartésienne de la certitude. Qu'il s'agisse de la raison, de la subjectivité, du monde, de l'éthique, ils font répéter et finissent par répondre «à côté». Le lecteur comprend à son tour que c'est cet «à côté» qui doit l'intéresser s'il veut s'approcher de ces penseurs fascinants. La question du langage, centrale déjà dans le travail de la langue, apparaît comme une aporie toujours relancée. Plus claire cependant, la différence dans la réflexion sur l'identité et sur le sujet provoque étonnement et perplexité: plus le questionneur occidental insiste sur des questions existentielles comme l'intensité de l'existence, le sens de la vie de la pensée, la supériorité éthique de la contemplation ou de l'action, plus ces penseurs reculent. S'y engager leur paraît suspect et, parfois irrités, ils laissent entrevoir un monde de pensée où la rationalité européenne ne fournit pas les bonnes clefs. C'est à ce moment que la pensée du zen fait retour, toujours dans un repli paradoxal sur l'impuissance de la raison et le renoncement à la maîtrise.

  http://www.ledevoir.com/culture/livres/115731/la-philosophie-japonaise





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