RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

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RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Mer 27 Nov 2013 - 23:30

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RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

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S'il est une règle en philosophie, c'est bien celle-ci : une doctrine philosophique n'est jamais réfutée, mais remplacée par une autre, laquelle devient la nouvelle doctrine à la mode qui prend la place de l'ancienne diva. La façon dont les constellations philosophiques se succèdent, apparaissent et disparaissent, révèle l'état d'effondrement dans lequel se retrouve la philosophie placée devant la nécessité d'entretenir et d'administrer ses morts. La philosophie est devenue le mannequin vivant de ce qu'elle fut jadis, un grand musée où s'entassent de vieilles antiquités sur lesquelles se pratique en permanence la réanimation artificielle ! Une poupée Petrouchka qui reprend provisoirement vie à travers l'analyse et l'exégèse de ses textes sacrés que les « Amis des idées » utilisent pour entraîner les jeunes à se mouvoir dans le monde de la spéculation pure et des abstractions.

La science est susceptible de progrès (impossible, là, de retourner en arrière et de revenir à des théories déjà réfutées) alors qu'en philosophie il n'y a pas d'évolution, mais une succession de doctrines où, à chaque fois, un nouveau sauveur proclame la mort de la philosophie pour la faire renaître sous un nouveau déguisement qui cache derrière un langage et une phraséologie nouvelle de vieux réflexes et d'anciennes attitudes. Chacun n'a-t-il pas pour tâche, en digérant le matériau philosophique, de montrer l'unique voie possible en annonçant la restauration de la philosophie à partir du nouveau fondement qu'il affiche ? Chaque philosophe peut recommencer à zéro sans avoir à se soucier de ceux qui le précèdent (ses adversaires, ses devanciers) sinon à mettre tout de suite et prudemment hors jeu son rival le plus proche (Platon pour Aristote. Kant pour Hegel. Husserl pour Heidegger). Le salut de l'homme dépend du nouveau sauveur. À lui de dénoncer les erreurs séculaires à l'humanité son fondement instaurateur. Le sentiment que le système seul (le platonisme, l'aristotélisme, le cartésianisme, l'hégélianisme …) et lui seul détient la vérité et que tous les autres ont tort ne peut venir d'aucune vérification on infirmation extérieure puisque la philosophie se refuse par définition à tout contrôle empirique ou expérimental, contrairement aux sciences où, une fois pour toutes, le déchet s'élimine. Platon et Aristote peuvent côtoyer Marx et Hegel, Sartre et Heidegger, Jaspers et Bergson et ceux-ci ceux-là sans que l'ordre de ces rapprochements artificiels et arbitraires ne pose aucun problème.

Le brouet éclectique de la philosophie officielle ne peut mener le débutant qu'à l'égarement et à la confusion la plus complète : Il n'y a rien de plus triste qu'un jeune philosophe à la fois un peu cartésien et un peu hedeiggérien, un peu rationaliste et un peu lacanien, sincèrement structuraliste et plutôt antiscientiste, volontiers marxiste et très sensible aux charmes de l'idée de Dieu, tenté par l'incroyance, mais imprégné de théoscolastique. Et (par-dessus tout) définitivement opposé à toute forme d'éclectisme !

On fabrique couramment ce genre de monstre. C'est légal.

Mieux, c'est institutionnel !

La légitimation de la philosophie renvoie à elle-même dans un cercle sans fin qui passe par le retour et le recours à sa propre fondation. Ce qui donne de la valeur à un auteur, c'est de le citer, et une plus grande valeur encore, c'est de le citer souvent ! La banalité nivelante, l'indifférence philosophique où tout s'équivaut et tout s'échange forment les pages roses de l'académisme philosophique. Que l'auteur dise vrai ou faux, cela n'a pas d'importance; l'important n'est pas ce que l'auteur a dit, l'important, c'est ce qu'on peut lui faire dire pour transformer son langage philosophique en proposition révolutionnaire. Le fait de le convoquer, de toute façon, lui confère cette importance (les philosophes-thaumaturges connaissent les inépuisables vertus du discours oraculaire ou performatif : « Il l'a dit, donc c'est vrai »), l'acte de convocation devant être salué comme la marque du plus grand respect et de la plus grande admiration pour la pensée, même si les thèses sont discutables, dépassées ou totalement erronées !

Devant l'impossibilité pour la philosophie moderne de construire des systèmes ou des doctrines de style traditionnel comme ceux qui jalonnent la philosophia perennis, il ne lui reste plus qu'à faire appel au témoignage des anciens quand il s'agit de traiter d'une question dont la vérité lui échappe, vérité qu'on saura toujours trouver chez les grands auteurs et dans la cohabitation de leurs écrits historiques. Il y a les chefs de file, Platon, Aristote, Kant, Hegel, nous les connaissons déjà, il y a ensuite ceux qui traînent ou qui suivent les « modes » mais qui sont parfois tout aussi importants : Marc-Aurèle, Plotin, Pascal, Spinoza, Leibniz, Fichte, Shoppenhauer, Husserl, Bergson, Jaspers, Sartre …

Curieusement, les sensualistes, les empiristes et les pragmatistes sont à peu près toujours absents des compilations, des manuels et des différentes « introductions » à la philosophie. Ce sont des pensées décidément trop vulgaires ! Trop peu éthérées ! Trop éloignées de l'Esprit et des sublimes élévations ! Mieux valent les « philosophies positives » de Jaspers, de Derrida, de Levinas, de Ricœur ou de Heidegger ! Mieux vaut placer les jeunes âmes à l'abri des tentations « matérialistes », « scientistes » ou « positivistes » et renvoyer plus sûrement à la Grande Tradition.

Citer les auteurs (la « citationnite » : maladie propre à l'académisme dont souffrent de nombreux mandarins), puiser ça et là sans tenir compte du contexte et des circonstances dans lesquelles elles ont été écrites, n'est-ce pas cela qui s'appelle du détournement ou de l'escroquerie ?

En lieu et place d'une lecture attentive, d'une lecture serrée (critique) des textes, on préfère mimer les auteurs, s'exalter devant des jeux de mots éminemment spirituels, pratiquer sur les œuvres une exégèse pieuse et hagiographique. Le mimétisme est un excipient en philosophie, perroqueter devient philosopher, ou poser la question, la sempiternelle question qui se transforme d'elle-même en savoir authentique (pour Heidegger, il s'agit d'un savoir « sur le mode du questionner » !). À travers ce verbalisme foncier et ces nombreux rabâchages raffinés et compliqués, c'est la philosophie institutionnalisée qui se révèle dans sa triste vérité : par leur chute dans l'irréalité, les alchimistes du Verbe qui administrent la philosophie n'administrent plus qu'un cadavre qui fonde l'authentique domaine de la philosophie !

Cette idéologie où les croyances s'affrontent dans la confusion des théories et l'arbitraire anecdotique des « dépassements », c'est l'histoire de la philosophie revêtue de sa ridicule robe d'apparat. La philosophie continue de s'accrocher au préjugé voulant que sans « point de vue philosophique », la science ne peut qu'errer ou se perdre, que les savants sont incapables de s'interroger sur les fondements de leurs sciences, préjugé qui est absolument faux.

Il est plutôt grave que l'académisme philosophique continue à véhiculer les mêmes mensonges sur la science afin de détourner le regard du travail scientifique véritable et, surtout, des avancements véritables de la science dont les progrès font pâlir les philosophes. Cette méfiance à l'égard des sciences cherche à maintenir l'illusion d'un lustre perdu, ce qu'on se garde bien cependant d'avouer : « La science est en crise » (Husserl), « La science ne pense pas » (Heidegger), « Les théories scientifiques perdent de vue l'homme véritable » (Jaspers), « La science est barbare » (Michel Henry).

Curieux retournement : ce sont les sciences qui sont en train d'organiser la faillite de la philosophie dont les systèmes ne sont plus qu'un sauve-qui-peut général devant ce qui menace les privilèges et les prérogatives des Socrates fonctionnaires ! Si la philosophie osait réellement donner la parole aux sciences, il ne resterait plus rien de son édifice théorique et de son vain bavardage.

La philosophie est le champ de bataille des problèmes non résolus, sa prétendue remise en question perpétuelle, ses présumés « dépassements » (coups d'État de la pensée) se résument à de vulgaires prises d'ambassade qui n'ont conduit tout au plus qu'à de bruyantes, mais inoffensives révolutions de palais.

Au regard des disciplines devenues conquérantes : l'histoire, la psychologie, la sociologie, l'ethnologie, depuis que les grands progrès de la connaissance sont accomplis par les technosciences, la philosophie ne sait plus que faire. À mesure que les sciences progressent, que les méditations ne cheminent plus infailliblement par « la classe de philosophie », les systèmes philosophiques s'effondrent à un rythme qui fait peur. Que reste-t-il de ces vaillants combattants dont le progrès de chacun a été de nier tous les autres ? Platon … Aristote … Descartes … Des figurines abstraites et démodées, des penseurs vénérables soumis à une tradition fabriquée qui est encore une habile façon de justifier, par bribes, un état de fait insupportable.

Toute cette tradition idéaliste et métaphysique qui forme et structure le corpus philosophique, l'Institution la relaie. La philosophie française n'est pas en reste, elle qui soutient grâce à l'académisme universitaire toute une tradition spiritualiste qui remonte à Maine de Biran, qui se développe à travers les philosophies idéalistes des Renouvier, Lachelier, Boutroux, Lalande avant de se terminer dans les élucubrations philosophico-oraculaires de Bergson (toujours le bienvenu) et de Teilhard (le jamais oublié) ! Quelle misère ! Plus on monte, plus le verbe se fait Roi : les élucubrations d'un Ricœur, d'un Derrida ou d'un Lacan sont des morceaux de bravoure dans le domaine de l'escalade métaphysique. Le discours creux et prétentieux passe pour plein philosophique, pour saisie de l'être, capture du concept, dévoilement de la vérité qu'aucun, bien sûr, n'a su approcher avant eux. Ce qui transfigure les choses en liturgie verbale a toujours eu du succès. Toute gigantomachie langagière profite à la philosophie.

Les Apôtres du Pli, de la Trace ou de la Déchirure, maîtres de la Différance (bien différent avec un « a ») et de la Ritournelle sont les héros, les héraults des pauvres débutants, dévots heideggeriens, hégéliens, derridiens, deleuziens ou foucaldiens qu'ils abusent.

On enseigne aux apprentis philosophes à se mouvoir dans les Abstractions. La philosophie ne se fait plus action, elle n'est plus recherchée en vue d'une possible et incertaine sagesse, non, la philosophie maintenant s'écrit ainsi : Il ne s'agit pas d'énoncer un discours susceptible d'éclairer la situation des êtres vivants, mais de développer de façon autonome un certain univers de mots.

Il y avait la théologie, qui parlait de Dieu, l'ontologie, qui parlait de l'Être. Maintenant, de « logies » en « logies », on est parvenu à la logologie, qui est discours sur le discours. Le philosophe (ou ce qu'il en reste) n'est plus devant le monde, car celui-ci pourrait bien avoir disparu que le logologue ne s'en serait même pas aperçu. Il est devant un vocabulaire et une grammaire qu'il va remanier à sa guise, conformément à une esthétique de la désincarnation. On se prend à regretter Platon, Aristote et Descartes qui au moins faisait leur travail honnêtement. Devant ce pseudo-mysticisme et la fascination pour le vide de ces prétendus penseurs, même les premiers ne s'y reconnaîtraient pas !

Pour ceux qui ont depuis longtemps constaté que le recours à la grande tradition conduisait à une impasse, il est possible d'y échapper. Il leur reste la pratique des métiers. On peut faire de la logique, de l'esthétique, de la morale, de l'histoire de l'art, de l'histoire des religions, de la psychologie, de la traductologie. Les grandes machines spéculatives sont remplacées par un travail beaucoup plus modeste qui a au moins le mérite de fuir le bavardage.

Loin des ambitions totalisantes de la philosophie et délivré des efforts pour se maintenir à des hauteurs apocalyptiques, chacun peut s'aménager un petit coin tranquille qu'il pourra cultiver dans l'espoir d'y découvrir peut-être quelque vérité pratique, stratagème moins dangereux, mais somme toute peut-être plus utile aussi.
Ceux qui pratique ainsi leur métier sont de braves serviteurs de la philosophie. La philosophie est leur affaire, leur gagne-pain, même si la plupart d'entre eux, qui s'en sont souvent fort éloignés, n'ont de philosophique que le nom. Mieux vaut gagner sa vie à tourner sa broche, se disent-ils, qu'à jouer au pontife qui s'évertue à donner vie à un squelette de philosophie.

Ce ne sont pas tous les philosophes qui ont la même facilité et le même talent pour administrer la pénurie ! Tout cela n'est pas dénué de sens et c'est en pleine conscience, c'est-à-dire en réaction à l'état général de déroute de la situation actuelle, qu'ont commencé les défections. Les défections sont nombreuses et le choix se porte souvent sur les sciences humaines, psychologie, sociologie, droit, linguistique, traductologie, journalisme, qui aspirent les intellectuels blasés et fatigués d'une philosophie exsangue vers une vraie spécialité. Déçus par la pauvreté de la discipline, fatigués du pseudo-socratisme, si ces gens ont quitté la philosophie, soyons-en rassurés, c'est dans l'intention de n'y plus revenir.

Je sais que ce genre de critique de la philosophie ne peut qu'attirer lui-même la critique et l'inimitié des philosophes de la philosophie officielle de ce forum. S'en prendre à la philosophie, cette grande Église laïque et hétéroclite, c'est s'attaquer à un objet de dévotion, à une Institution que, pour de nombreuses raisons (historique, sociales, politiques, idéologiques, matérielles), certains ont intérêt à préserver dans sa sainteté et son intouchabilité. Il n'est jamais prudent de s'attaquer à des structures et des modes de pensée profondément enracinés dans la culture et l'histoire et remettre en question un système que les dignes descendants de Socrate, sous couvert de défendre les valeurs, la démocratie et quoi encore, ont bien l'intention de défendre bec et ongles.

Il est tout à fait indéniable que la philosophie a eu à jouer un rôle positif au cours du passé, mais son pouvoir, qui faisait aussi son prestige, s'est volatilisé. Son refus à l'admettre est une tentative désespérée pour dissimuler sa condition. Le rôle historique de la philosophie semble achevé. Continuer à faire  aujourd'hui de la philosophie comme si rien n'avait changé, ce n'est plus qu'une imposture. Une discipline qui est incapable de se renouveler et qui ne se perpétue qu'en glorifiant son passé et ses pères fondateurs est une discipline vouée à disparaître tôt ou tard, et plus tôt que tard !

Pourquoi les philosophes, si férus de théorie, si prompts par leur pensée et si avides d'esprit critique, ne s'interrogent-ils pas sur leur rôle ? Comment la philosophie a-t-elle pu être réduite à ce lamentable verbiage, à ce gaspillage de salive qui l'a dépouillée de sa mission fondatrice ?

La philosophie ne réside pas dans les barbarismes ou les langages abscons. Elle n'a pas à être hermétique, solipsiste ou psittaciste. La philosophie doit nous apprendre à vivre. Et à bien vivre. Elle doit viser l'édification et la construction de soi. Une fois que nous avons reconnu les égarements de la philosophie, pourquoi devrait-on respecter les erreurs qui lui sont congénitales ?

Il ne s'agit pas de renier ou de rejeter pêle-mêle toutes les philosophies, mais de se débarrasser au plus vite de toutes celles qui cèdent au platonisme, à l'idéalisme, à la métaphysique et aux délices de l'irrationalisme. Il y a tout un pan de la philosophie auquel on ne peut administrer aucun remède. La philosophie ne peut pas être remplacée par quelque chose, ou par plusieurs choses qui ressembleraient à la philosophie, mais par quelque chose ou par plusieurs choses qui prendront ou plutôt qui ont déjà pris et continueront de prendre d'autres formes, sous lesquelles il est impossible d'exiger a priori de reconnaître les caractéristiques de la forme ancienne.

C'est pourquoi l'idée de remède est encore une idée académique, car elle implique la conservation, pour l'essentiel, de ce à quoi il s'agirait de remédier. Or, je ne tiens pas à remédier aux insuffisances de la philosophie de Hurssel ou de Heidegger. Je tiens au contraire à ce que ces philosophies disparaissent le plus vite possible ! En un mot, une critique constructive n'est pas une critique tempérée d'éloges. C'est une critique qui rend impossible pour tout esprit soucieux de connaissance le retour de certaines erreurs. Je ne vois pas pourquoi on devrait « proposer » quelque chose « à la place » de ces erreurs.

La réalité n'attend pas après la philosophie pour répondre aux questions devant lesquelles les hommes de tout temps sont sommés de répondre et de réagir. Si la philosophie cesse, on peut supposer que les femmes et les hommes d'aujourd'hui vont continuer à réfléchir, à doute et à s'interroger, comme ils l'ont toujours fait avec ou sans philosophie.

Il ne s'agit donc pas de « sauver » la philosophie, ce qui supposerait que la philosophie puisse être « corrigée » ou « dépassée », mais peut-être de redonner la parole à d'autres philosophies, c'est-à-dire aux « parias » de la philosophie que la tradition (l'histoire de la philosophie) a niés en faisant le silence sur eux. Imaginons que les cinquante livres de Démocrite et  les trois cents rouleaux d'Épicure aient été retrouvés ! Un effort véritable peut permettre de nous libérer de la tradition pour écrire aujourd'hui ces livres et ces rouleaux, à notre façon, bien sûr, qui est celle du 21e siècle !

Les Serviteurs de l'Idée, les Alchimistes du Verbe, les Structurologues et les Grammatologues, les Apôtres du Plis, de la Trace ou de la Différance, les Artisans du Je-ne-Sais-Quoi-et-du-Presque-Rien, ils sont en train d'organiser la faillite de la philosophie.

Devant la troublante image de sa décrépitude, il serait temps que les Socrate fonctionnaires se réveillent :

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Il dormaient ...

« Mes amis, savez-vous la nouvelle ?
J'ai touché de mon front la voûte éternelle ;
Je suis sanglant, brisé, souffrant pour bien des jours !

Frères, je vous trompais : Abîme ! Abîme ! Abîme !
Le Dieu manquait à l'autel où je suis la victime …
Dieu n'est pas. Dieu n'est plus ».

Mais ils dormaient toujours ! …


Gérard de Nerval, Le Christ aux oliviers

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par neopilina le Jeu 28 Nov 2013 - 11:30

Il y a beaucoup, beaucoup, de vrai là-dedans.
Mais il se trouve que je ne me sens pas du tout concerné par ce qui est vrai. Je n'ai pas à quitter ce paquebot endormi et à la dérive : je n'en ai jamais été.
P.S. Pourquoi ouvrir plusieurs fils ? C'en est un seul, manifestement, I, II.
P.S.2. Je dois saluer la contribution : la dernière fois que tu en as fais une digne de ce nom, je ne m'en souviens plus.
P.S. 3. Tu remarqueras que contrairement à toi, je ne me suis pas contenté d'une chiure de mouche.

victor a écrit :

Tiens, ça me rappelle une chose que j'ai entendue l'autre jour à la télévision de l'UQAM (Université du Québec à Montréal).

La masse (le poids) de TOUS les mammifères de la terre est constitué à 90 % de l'humain et des animaux domestiqués par lui.

Voilà le résultat physique d'une métaphysique de la mesure de toute chose ... Ou le criquet dévastateur de l'animalité sauvage en tant qu'être ou sujet pensant ... Mais comme c'est Dieu ou la nature naturante qui nous a donné tous les droits, nous sommes sauvés ...

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" Tout Étant est à la fois a priori Donné ( C'est, il est, et ça suffit pour commencer. ) et Suspect, parce que Mien ", " Savoir guérit, forge. Et détruit tout ce qui doit l'être ", ou, équivalents, " Tout l'Inadvertancier constitutif doit disparaître ", " Le progrès, c'est la liquidation du Sujet empirique, notoirement névrotique, par la connaissance ". Moi.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Aldo le Jeu 28 Nov 2013 - 15:15

Avant que de décréter ce genre de truc, il faudrait quand même s'entendre sur la définition que l'on veut bien mettre sur "la philosophie". On est par exemple pas du tout forcé de ne l'envisager qu'à travers une succession de "systèmes"... qui forcément, ne pourraient que se réfuter les uns les autres.
Moi je considère que la philosophie, c'est un ensemble d'outils aidant à comprendre comment ça marche. Aidant à replacer les problèmes les uns par rapport aux autres et à apporter le plus d'informations possibles relatives à ces problèmes, et susceptibles donc d'aider à les résoudre, ou au moins à les comprendre au mieux.

Il est donc avant tout question de les clarifier, de les décanter des interactions ponctuelles dans lesquelles ils sont imbriqués via de mauvaises questions, associations d'idées etc... de les représenter au mieux par rapport à un contexte sans doute introuvable, mais dont on ne peut faire l'économie : celui de l'environnement dans laquelle tout problème est actualisé.
Soit l'exact inverse des abstractions dont tu fais grief à la philo (sur lesquelles je ne puis répondre), qui ne seraient qu'un placage idéel certes cohérent, mais où effectivement telle ou telle théorie/système ne ferait pas forcément plus de sens qu'une autre, si ce n'est qu'elle répondrait mieux à l'actualité de son époque à elle.
Il s'agit de faire du concret et rien d'autre (l'abstrait n'explique rien). Toute autre démarche serait effectivement du pipeau.

Il n'est pas/plus question de proposer un système qui représente le vrai, mais qui soit à l'abri du faux, et c'est complètement différent...

Ça veut dire proposer une grille de lecture qui soit suffisamment souple et précise à la fois pour prendre en compte toute possibilité de présupposé qu'ils s'agit de traquer – oui - si l'on veut donner de nouveaux titres de noblesse à la philosophie, je veux dire lui accorder une rigueur tout aussi scientifique que celle censée encadrer la science.
Mais une rigueur par rapport au monde, pas par rapport à une quelconque cohérence interne : on serait là encore dans une histoire (d'une très grande banalité) où tout sens serait à trouver dans la cohérence interne de chacun et non dans le rapport à l'extérieur, ce qui est absurde !

Une sorte de tableau noir de départ. Un tableau noir comme un plan d'immanence.
(j'y viens, hi hi)
Pourquoi d'immanence parce que toute transcendance est un évitement de la réalité de chaque problème qu'elle prétend déborder, englober ; parce que dire qu'un problème est soumis à une transcendance quelconque, c'est parler d'autre chose, c'est éviter le problème, le réduire, le nier. C'est le contraire de la tâche de la philosophie.

Donc un tableau à partir duquel on va réfléchir, puis poser des concepts.
Un tableau rigoureusement plan, incompatible avec toute transcendance comme toute forme d'abstraction autre qu'indispensable, parce que le boulot de la philo est poser au mieux les vrais problèmes : tous et de façon concrète... en se foutant de chercher à fabriquer une entité cohérente à tous prix : si c'est pas cohérent, ben ça reste en suspens, tant pis, on y reviendra, pas grave...  
(tout comme pour le vrai dont on peut se foutre à condition de se mettre à l'abri du faux, on peut se foutre de la cohérence à condition de se mettre à l'abri de l'incohérence... et si un jour ça fait système, bravo, bingo)
Le seul problème à ce niveau-là (philosophique) est que ça puisse faire système (un jour), que ce ne soit pas incompatible avec un système, parce qu'alors ça voudrait dire qu'il y a de l'incohérence quelque part, voilà tout.

Deleuze propose en guise de tableau un plan d'immanence non-philosophique, qui pourrait être au rapport au monde de chacun ce qu'est la représentation qu'il s'en fait par la pensée.
Là-dessus, on pose les problèmes, un à un. Et sur chacun d'eux on trace au mieux un territoire avec tout ce qu'on peut en comprendre.
Mais on fait pas que ça bien sûr, on tente de mettre un peu d'ordre dans ces territoires dès qu'on s'aperçoit que les problèmes eux-même débordent les uns sur les autres, et aussi interagissent entre eux (si on veut engendrer du sens - et il n'est question que de ça puisqu'il est question de comprendre - la cohérence est indispensable).

Tout ça fait une espèce de géographie aux contours sans doute moins nets que ceux des anciens systèmes tout propres tout cohérents, mais bien plus pragmatique dans le sens apte à être complété sans être renié ; et surtout bien plus rigoureux au niveau des concepts... parce que chaque concept ne s'occupe que du problème dans ce qu'il peut avoir de plus concret, et n'est pas obnubilé par une cohérence finale, et autres querelles de prétendants.
La cohérence est une condition, pas un but.
(dans une telle "construction" par exemple, la réfutation de tel ou tel concept n'engendrera justement pas l'explosion de l'organisation puisque celle-ci est ouverte (non "finie") : on déplace, on ajoute, on rabote, on réajuste... on continue de chercher)

Mais on a vaincu le monstre, celui de la vérité éternelle, celle d'un monde figé, immuable, d'où est exclu toute possibilité de mouvement, d'évolution, qui n'était relié qu'au sujet surplombant, ou la pensée surplombante, ou le dieu surplombant, que sais-je... et dont se rit la science (et pas qu'elle) depuis lurette. C'est ça qui est terminé, rien d'autre.

Sûrement pas la philosophie.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Jeu 28 Nov 2013 - 17:05

neopilina a écrit:P.S. Pourquoi ouvrir plusieurs fils ? C'en est un seul, manifestement, I, II.
Le développement II est en effet une élaboration du développement I.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par quid le Jeu 28 Nov 2013 - 19:45

Le problème de tout ce pavé, même s'il est bien écrit et ostensiblement incisif, c'est que victor, j'ai l'impression que tu entretiens une confusion entre la philosophie et l'enseignement de la philosophie. Il n'y a pas de metier de Philosophe contrairement à celui de Scientifique.
La philosophie, pour s'enseigner, doit bien se retourner sur son histoire, elle n'enseigne pas seulement que untel a dit ceci ou celà, mais également met en évidence les rouages d'une réflexion.
Alors bien sûr cette réflexion s'inscrit dans une époque, mais certaines réflexions, même si ce n'est qu'en partie, restent pertinentes.
Pour ces raisons on ne peut faire table rase du passé. La philosophie n'a pas d'autre tâche que d'être enseignée, elle n'a pas la tâche de dire ce qui doit être pensé, mais d'éclaircir les courants de pensées et les manières de penser.
Ce n'est pas parce-que tu as opté pour le matérialisme radical que cela met hors jeu toute autre forme de positionnement. Car au fond un positionnement de pensée est une croyance. Une croyance parce-qu'on s'est convaincu soi-même, en mettant en jeu des considérations qui importent pour soi.

Il n'y a pas de metier de Philosophe parce-que la philosophie n'est pas un metier. Elle est donc destinée à tout un chacun, et il est faux de dire que l'on doit forcément en passer par toute son histoire pour appréhender les grandes problématiques. Cependant, il est vrai que si certaines problématiques ont déjà été appréhendées par certains penseurs, il peut être utile de s'en enquérir si cette problématique nous importe.
Il va de soi qu'un enseignant sera trés utile dans ce domaine, car il sera en mesure d'orienter par sa connaissance du domaine vers les penseurs ayant abordés certains thèmes et dans qu'elle mesure.

Si le monde scientifique se sent abandonné ou méprisé par les philosophes pour se penser (ce que je ne crois pas en dehors de ta posture), c'est peut-être qu'il a tout simplement abandonné la philosophie. Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même si il préfère avancer sans se penser. La philosophie n'est pas destinée aux philosophes, elle est destinée à tout un chacun et c'est l'intéressement qu'on lui porte qui fait le philosophe et la philosophie.
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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Ven 29 Nov 2013 - 17:15

quid a écrit:victor, j'ai l'impression que tu entretiens une confusion entre la philosophie et l'enseignement de la philosophie.
Je n'entretiens pas une telle confusion si je mets en exergue la remarque suivante au début de ma partie I.

La vraie philosophie se moque de la philosophie.
Blaise Pascal

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Geo Rum Phil le Ven 29 Nov 2013 - 18:25

victor.digiorgi a écrit:Je n'entretiens pas une telle confusion si je mets en exergue la remarque suivante au début de ma partie I.

La vraie philosophie se moque de la philosophie.
Blaise Pascal
La ‘vraie’ philosophie se moque (tourne en dérision) la ‘fausse’ philosophie !

Donc, pour les amoureux de la « citationnite » mandarinée, que tu avais dénoncé, la ‘vraie’ philosophie tourne encore plus en dérision la ‘fausse’ philosophie qui est déjà un assemblage de dérision ! Cela veut dire que la vraie dérision est plus performante que la fausse dérision ! …ça alors ! Nom de sophiste amoureux des sophismes !  

Victor Onfray, pourquoi as-tu crié en MAJUSCULES le titre de ce topique ?  
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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Courtial le Ven 29 Nov 2013 - 19:32

Geo Rum Phil citant Victor di giorgi citant Pascal a écrit:La ‘vraie’ philosophie se moque (tourne en dérision) la ‘fausse’ philosophie !
Il a dit aussi que "la vraie morale se moque de la morale". Il a dû ressortir ça aussi sur un troisième truc, je ne me souviens plus lequel.
Il avait de grandes idées Pascal, mais il était un peu rapiat, au plan créativité, enfin tout ça sauf son respect.

C'est  pas d'une profondeur abyssale non plus, hein. Ca veut dire que ceux qui ont vraiment l'esprit philosophique se foutent de la lettre de telle ou telle doctrine instituée, comme ceux qui ont une réelle exigence morale ne se contentent  pas des préceptes codifiés dans un canon moral définitivement arrêté, etc.

C'est intelligent, c'est joli, c'est bien dit, mais on va quand même pas ouvrir une bouteille de champ' non plus.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Geo Rum Phil le Ven 29 Nov 2013 - 20:36

Courtial a écrit:C'est intelligent, c'est joli, c'est bien dit, mais on va quand même pas ouvrir une bouteille de champ' non plus.
 
 
Sur le champ sémantique, « intelligent joli » c’est comme ta bouteille de champ’ (moitié de mot) qui est déjà ouverte à toute sorte d’interprétation. L’ambigüité par faute de précision sera valable aussi pour « la vraie morale se moque de la morale ».
 
Courtial a écrit:Geo citant Victor citant Pascal...
 
Citer en analysant le contenu de la bouteille, n’est pas pareille au fait de se formaliser en citant juste l’étiquette de la bouteille.
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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Ven 29 Nov 2013 - 20:47

Si le monde scientifique se sent abandonné ou méprisé par les philosophes pour se penser (ce que je ne crois pas en dehors de ta posture), c'est peut-être qu'il a tout simplement abandonné la philosophie.
Le monde scientifique ne se sent ni « abandonné » ni « méprisé » par les philosophes et il n'a pas non plus « abandonné la philosophie », puisqu'il parle parfois lui-même philosophie par la plume de nombreux penseurs s'appuyant à divers degrés sur la science (Derk Pereboom, Galen Strawson, Ted Honderich, Bruce Waller, Neil Levy, Saul Smilansky, Thomas Nadelehoffer, Daniela Goya Tocchetto, Benjamin Vilhauer, Susan Blackmore, etc.).

Chacun peut interroger Internet pour se renseigner sur ce genre de penseurs.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par euthyphron le Sam 30 Nov 2013 - 10:35

Courtial a écrit:
Geo Rum Phil citant Victor di giorgi citant Pascal a écrit:La ‘vraie’ philosophie se moque (tourne en dérision) la ‘fausse’ philosophie !
Il a dit aussi que "la vraie morale se moque de la morale". Il a dû ressortir ça aussi sur un troisième truc, je ne me souviens plus lequel.
Il avait de grandes idées Pascal, mais il était un peu rapiat, au plan créativité, enfin tout ça sauf son respect.

C'est  pas d'une profondeur abyssale non plus, hein. Ca veut dire que ceux qui ont vraiment l'esprit philosophique se foutent de la lettre de telle ou telle doctrine instituée, comme ceux qui ont une réelle exigence morale ne se contentent  pas des préceptes codifiés dans un canon moral définitivement arrêté, etc.

C'est intelligent, c'est joli, c'est bien dit, mais on va quand même pas ouvrir une bouteille de champ' non plus.
Si ça ne casse pas trois pattes à un canard, c'est dans la mesure où n'importe quel philosophe aurait pu dire la même chose.
En effet, c'est ainsi depuis le début, il faut qu'il y ait la sophistique pour que naisse la philosophie, comme ce qui la rectifie. Toute philosophie se définit par opposition à une imposture, une fausse manière de penser qui par contraste laisse entrevoir ce que serait la philosophie authentique. A tel point même que les imposteurs professionnels (je ne citerai pas de nom) sont eux-mêmes voués à dénoncer les impostures, certains ne font même que cela, ce qui devrait réveiller un peu l'esprit critique.
Alors Pascal fait comme tout le monde, il défend la vraie philosophie, la sienne, en combattant celle des autres.
Mais qu'est-ce qu'est pour lui une philosophie inauthentique? Ici, la troisième patte du canard commence tout de même à trembler.
La philosophie qui ne vaut pas une heure de peine, c'est celle qui prétend à la scientificité. Descartes est évidemment le principal visé, mais je suis convaincu que la scolastique est aussi une cible du dénigrement pascalien. Il n'y a de philosophie authentique que dans l'ignorance, et conduisant à l'ignorance, "mais c'est une ignorance savante qui se connaît" (je cite Pascal, on l'aura reconnu).
Tout le reste, toute philosophie qui se croit vraie parce que démontrée depuis les fondements, sur le modèle d'une théorie scientifique, ce n'est qu'une manière de flatter son amour-propre, de faire le malin, de "faire les entendus" comme il dit.
Eh bien les amis je crois qu'il a raison.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Geo Rum Phil le Sam 30 Nov 2013 - 14:04

euthyphron a écrit:   Il n'y a de philosophie authentique que dans l'ignorance, et conduisant à l'ignorance, "mais c'est une ignorance savante qui se connaît" (je cite Pascal, on l'aura reconnu).

Tout le reste, toute philosophie qui se croit vraie parce que démontrée depuis les fondements, sur le modèle d'une théorie scientifique, ce n'est qu'une manière de flatter son amour-propre, de faire le malin, de "faire les entendus" comme il dit.
Eh bien les amis je crois qu'il a raison.
 
Pascal, le Pape des croyantes. Bien sûr que ses étudiants ignorants croiront qu’il a raison tant qu’ils ne sont pas capables d’interagir avec les sophismes-paralogismes de leur maître, son ignorance qui le conduit à celle des ses étudiants.
 
Dire que la vraie philosophie se moque de la philosophie c’est équivalent à dire que l’autodidacte se moque, en croyant que sa dérision est la vraie dérision, plus vraie que la dérision du système pédagogique. Le comble de l’aberration paradoxale est le fait qu’en s’instruisant lui-même ‘sans maître’, l’autodidacte cite ses maîtres à penser !...ça alors ! Autodidactos-Aberantos-Paradoxalos.
 
sans maître’ c’est-à-dire, sans élément de médiation entre lui et ses maîtres à penser, car le prof de l’univ n’est pas un maître à penser, mais un psittaciste d’un autre âge que les étudiantes psittacistes ou les autodidactes, les vrais psittacistes…
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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Sam 30 Nov 2013 - 15:53

victor.digiorgi a écrit:je mets en exergue la remarque suivante au début de ma partie I.

La vraie philosophie se moque de la philosophie.
Blaise Pascal

.
Exergue :

Ce qui présente

(Robert de la langue française)

.

La vraie philosophie, aujourd'hui, qu'est-ce que c'est ?

Eh bien c'est par définition la philosophie d'AUJOURD'HUI.

Et qu'est-ce que c'est, la philosophie d'aujourd'hui ?

Réponse : C'est celle qui a conclu une alliance entre ce qui reste aujourd'hui d'elle-même et la méthode d'explication et d'exploration actuelle de l'étendue et de la substance du monde.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Geo Rum Phil le Sam 30 Nov 2013 - 17:34

victor.digiorgi a écrit: Et qu'est-ce que c'est, la philosophie d'aujourd'hui ?

Réponse : C'est celle qui a conclu une alliance entre ce qui reste aujourd'hui d'elle-même et la méthode d'explication et d'exploration actuelle de l'étendue et de la substance du monde.
 
Est-ce une Vraie Alliance ou s’agit-il comme d’habitude d’un faux-semblant ?
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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Sam 30 Nov 2013 - 17:54

Geo Rum Phil a écrit:
victor.digiorgi a écrit: Et qu'est-ce que c'est, la philosophie d'aujourd'hui ?

Réponse : C'est celle qui a conclu une alliance entre ce qui reste aujourd'hui d'elle-même et la méthode d'explication et d'exploration actuelle de l'étendue et de la substance du monde.
 
Est-ce une Vraie Alliance ou s’agit-il comme d’habitude d’un faux-semblant ?
.

Derk Pereboom, Galen Strawson, Ted Honderich, Bruce Waller, Neil Levy, Saul Smilansky, Thomas Nadelehoffer, Daniela Goya Tocchetto, Benjamin Vilhauer, Susan Blackmore, Peter Sloterdijk, Alonso Torsedillas, Pierre Thuillier, Michel Onfray (celui-là comme philosophe français vraiment mal aimé par les philosophes d'État), entre autres, car ils sont très nombreux aujourd'hui à penser et agir comme eux partout dans le monde, ceux-là ont la réponse ...

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Geo Rum Phil le Sam 30 Nov 2013 - 18:34

victor.digiorgi a écrit: Derk Pereboom, Galen Strawson, Ted Honderich, Bruce Waller, Neil Levy, Saul Smilansky, Thomas Nadelehoffer, Daniela Goya Tocchetto, Benjamin Vilhauer, Susan Blackmore, Peter Sloterdijk, Alonso Torsedillas, Pierre Thuillier, Michel Onfray (celui-là comme philosophe français vraiment mal aimé par les philosophes d'État), entre autres, car ils sont très nombreux aujourd'hui à penser et agir comme eux partout dans le monde, ceux-là ont la réponse ...
Victor Onfray, je doute que tu ignores que les philosophes du pouvoir sont rusées comme les renards, car les académies sont les têtes pensantes de chaque état. Ils savent s’allier (faux-semblant) avec les autres philosophes pour récupérer par suite le meilleur pour leur propre et hypocrite postérité. Il est facile à reconnaître les philosophes de pouvoir, ils ont une imprimerie et toute une équipe pour eux–même, et leurs privilèges ne les partagent avec personne.  
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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Courtial le Sam 30 Nov 2013 - 19:08

euthyphron a écrit:
Courtial a écrit:
Geo Rum Phil citant Victor di giorgi citant Pascal a écrit:La ‘vraie’ philosophie se moque (tourne en dérision) la ‘fausse’ philosophie !
Il a dit aussi que "la vraie morale se moque de la morale". Il a dû ressortir ça aussi sur un troisième truc, je ne me souviens plus lequel.
Il avait de grandes idées Pascal, mais il était un peu rapiat, au plan créativité, enfin tout ça sauf son respect.

C'est  pas d'une profondeur abyssale non plus, hein. Ca veut dire que ceux qui ont vraiment l'esprit philosophique se foutent de la lettre de telle ou telle doctrine instituée, comme ceux qui ont une réelle exigence morale ne se contentent  pas des préceptes codifiés dans un canon moral définitivement arrêté, etc.

C'est intelligent, c'est joli, c'est bien dit, mais on va quand même pas ouvrir une bouteille de champ' non plus.
Si ça ne casse pas trois pattes à un canard, c'est dans la mesure où n'importe quel philosophe aurait pu dire la même chose.
En effet, c'est ainsi depuis le début, il faut qu'il y ait la sophistique pour que naisse la philosophie, comme ce qui la rectifie. Toute philosophie se définit par opposition à une imposture, une fausse manière de penser qui par contraste laisse entrevoir ce que serait la philosophie authentique. A tel point même que les imposteurs professionnels (je ne citerai pas de nom) sont eux-mêmes voués à dénoncer les impostures, certains ne font même que cela, ce qui devrait réveiller un peu l'esprit critique.
Alors Pascal fait comme tout le monde, il défend la vraie philosophie, la sienne, en combattant celle des autres.
Mais qu'est-ce qu'est pour lui une philosophie inauthentique? Ici, la troisième patte du canard commence tout de même à trembler.
La philosophie qui ne vaut pas une heure de peine, c'est celle qui prétend à la scientificité. Descartes est évidemment le principal visé, mais je suis convaincu que la scolastique est aussi une cible du dénigrement pascalien. Il n'y a de philosophie authentique que dans l'ignorance, et conduisant à l'ignorance, "mais c'est une ignorance savante qui se connaît" (je cite Pascal, on l'aura reconnu).
Tout le reste, toute philosophie qui se croit vraie parce que démontrée depuis les fondements, sur le modèle d'une théorie scientifique, ce n'est qu'une manière de flatter son amour-propre, de faire le malin, de "faire les entendus" comme il dit.
Eh bien les amis je crois qu'il a raison.
Mmmoui... Je ne suis pas très convaincu.
Je ne suis pas sûr du tout que Descartes soit visé. Ce n'était pas vraiment la figure de la "philosophie officielle" quand Pascal écrit, vers 1660. C'était quand même un type qui s'était réfugié en Hollande, considéré comme particulièrement louche et dangereux par les penseurs de l'Eglise, dont la doctrine avait été publiquement condamnée comme contraire au Christianisme.  Certes, il jouissait déjà d'un grand prestige dans le milieu des savants que fréquentait Pascal, mais certainement pas comme une autorité académique ou un représentant de "la philosophie".
Et il ne faut pas s'éxagérer les distances entre Pascal et Descartes (1)
Quant au projet de construire une science certaine, il passe quand même par le doute (et ceci n'est pas dans l'enseignement de l'Ecole). Par ailleurs, si elle est telle que tu la présentes, la position de Pascal devient mal lisible : Descartes est incertain, donc il faut renoncer à traiter de la philosophie comme science (énoncé au reste anachronique) ? C'est la visée de certitude qu'on lui reproche ? Mais alors, pourquoi en même temps d'être incertain ?
Je ne crois pas praticable de mêler l'idée que Descartes est incertain et celle qu'il vise à constituer une science. Science dont Pascal n'était pas du tout l'ennemi.

Sur toutes ces questions, j'aimerais bien que l'on me produise des textes, de l'époque classique, où "science" d'une part, "philosophie" d'autre part, sont, je ne dis pas opposées, mais seulement distinguées (pour Démocrite et Platon, je n'en parle même pas, je demande seulement : au 18ème siècle).

(1) Et puis Pascal ne connaîssait pas Descartes si bien que ça (pas aussi bien que toi ou moi, certainement. Une partie des oeuvres de Descartes (les Traité du Monde, de l'Homme, etc.) ont été publiés après sa mort, en 1660, et je ne suis pas sûr que Pascal pouvait se pointer à la FNAC du coin pour les avoir. A supposer qu'il en ait eu l'envie.


Dernière édition par Courtial le Sam 30 Nov 2013 - 20:26, édité 1 fois

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par hks le Sam 30 Nov 2013 - 19:35

mais certainement pas comme une autorité académique ou un représentant de "la philosophie".
Oui on pourrait faire les comptes ... le compte des réprouvés, des hors système ( Descartes, Spinoza, Berkeley, Hume ...Schopenhauer, Nietzsche, Kierkegaard ... et  j'en passe une foule ... de ceux  qui sont restés à la mémoire et qui n'était pas "académiques" en leur temps.
Voir si Wittgenstein fut académique et officiel.

  Cette distinction entre l' officiel et le réfractaire c'est du populisme  ambiant.

Mais le long texte introductif de Victor (que je n'ai pas lu ) apporte sans doute des réponses à ce à quoi ce fil en est arrivé à poser comme problème.
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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Sam 30 Nov 2013 - 20:07

Geo Rum Phil a écrit:
victor.digiorgi a écrit: Derk Pereboom, Galen Strawson, Ted Honderich, Bruce Waller, Neil Levy, Saul Smilansky, Thomas Nadelehoffer, Daniela Goya Tocchetto, Benjamin Vilhauer, Susan Blackmore, Peter Sloterdijk, Alonso Torsedillas, Pierre Thuillier, Michel Onfray (celui-là comme philosophe français vraiment mal aimé par les philosophes d'État), entre autres, car ils sont très nombreux aujourd'hui à penser et agir comme eux partout dans le monde, ceux-là ont la réponse ...
Victor Onfray, je doute que tu ignores que les philosophes du pouvoir sont rusées comme les renards, car les académies sont les têtes pensantes de chaque état. Ils savent s’allier (faux-semblant) avec les autres philosophes pour récupérer par suite le meilleur pour leur propre et hypocrite postérité.  Il est facile à reconnaître les philosophes de pouvoir, ils ont une imprimerie et toute une équipe pour eux–même, et leurs privilèges ne les partagent avec personne.  
En effet ... Et ce que tu dis est d'autant plus vrai que toutes les relations entre les humains sont régies par des rapports de force (et de ruse, ce qui revient au même).

Aujourd'hui, dans le monde de la pensée (et de l'action, puisque les pensées sont des actions), le matérialisme et la science sont les nouvelles diva de la force et de la ruse.

Les formes traditionnelles de la pensée et de l'action sont mortes. Les traditions Platonicienne, Aristotélicienne, Cartésienne, Rousseauienne, Hégelienne, Heideggerienne, pour ne citer que celles là, eh bien il va falloir se faire à l'idée qu'elles ont aujourd'hui la forme exacte du cadavre en putréfaction particulièrement avancée.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Courtial le Sam 30 Nov 2013 - 20:48

Ah bon ?
Parce que moi, dans l'amour, j'avais l'impression d'avoir conservé une forme d'action hégélienne : je te touche un sein, tu m'attrapes le sexe, je te caresse les fesses tu me suces les doigts, enfin, j'y avais vu un échange dialectique.
Et je croyais bien me conformer au plus strict hégélianisme (et tu imagines bien que, sans cela, je ne me serai jamais livré à ces pratiques dégoûtantes. J'avais la philosophie pour moi, tu devrais considérer davantage cet aspet).
Mais si c'est pas scientifique et que c'est dépassé, n'hésite pas à m'informer des nouvelles manières. Je veux bien mettre des hormones, des enzymes et tout ce que tu veux pour faire sérieux, mais il y aura quand même une dialectique...

Pour revenir plus sérieusement à la question. Aucune forme traditionnelle de la pensée n'est morte. Elle ne l'est que si on ne la critique pas.
Mais, par exemple, l'opposition entre l'Identité et la Différence, n'est pas morte. Elle est critiquée, et donc elle est vivante. Ou par exemple, pour prendre Descartes, la question de savoir si la réalité telle que je la perçois est la même que celle qui est sans ma perception (nous avons eu un débat sur la couleur, par exemple), elle n'a rien de mort, et tu ne me feras pas croire qu'aucun scientifique ne se pose la question.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Sam 30 Nov 2013 - 21:22

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Ce sont évidemment les formes de la tradition accordant de la valeur à TOUTE la pensée de tel ou tel penseur et accordant également de la valeur à TOUS les penseurs choisis par cette tradition qui sont mortes, et les philosophes ne regardant pas de HAUT la science savent justement très bien faire la différence entre ce qui a de la valeur encore aujourd'hui chez ces penseurs et ce qui n'en a plus hors du champ exclusif de l'étude historique.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Courtial le Sam 30 Nov 2013 - 22:24

On n'avance pas.
Je ne cherche pas et je n'ai jamais cherché une foi, dans la philosophie. Je n'ai absolument pas besoin de m'imaginer que c'est vrai pour aller lire Aristote ou Leibniz. Donc, le "c'est faux, donc on élimine", ce n'est pas mon approche. Je m'en fous, que ce soit faux, au sens où tu l'entends : il n'y a pas de simulacres épicuriens qui se baladent dans l'air,il n'y a pas d'esprits animaux (Lucrèce, Descartes) mais il faut absolument enseigner la doctrine des esprits animaux.
Il faut enseigner la théorie des tourbillons chez Descartes. Complètement fausse.
Je vais te répéter ce que je t'ai déjà dit : quand j'ai parlé à des physiciens qui la connaissaient, cette théorie, ils ne m'ont pas du tout tenu le même discours que celui que tu tiens. Et qui est celui de La Science (c'est-à-dire juste moi, moi et remoi).
Ils m'ont dit que c'était super-malin, sans doute faux, mais pas à oublier - même en transformant considérablement le modèle - dans le monde la physique contemporaine, qui est un univers infiniment plus compliqué que celui où règnerait La Science  qui met tout le monde d'accord, où tout le monde communie, bref l'histoire pour gamins de 6 ans que tu nous racontes.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Sam 30 Nov 2013 - 22:42

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Personne ne contestera que nous vivons sur des continents différents au sens propre comme au sens figuré. Le changement de l'eau en vin par Jésus aussi, ça intéresse les scientifiques qui savent transformer le carbone en diamant.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par Courtial le Sam 30 Nov 2013 - 22:46

Autres sujets de cours : il faut faire des cours sur Montaigne, tout ce qu'il dit sur les Cannibales, etc. , même s'il n'y a plus aujourd'hui de cannibales. Il n'y a plus de cannibales, mais il y a encore des racistes.
Il faut faire des cours sur Pascal même si Dieu n'existe pas, ça pourra peut-être donner des pistes pour penser l'expérience de la foi.

En ce qui concerne les philosphes (ici pris au sens, non pas des auteurs, mais des gens qui pratiquent la philosophie, où que ce soit, y compris sur un forum) le mieux est je crois de les laisser faire. Et ne pas décider à leur place sur ce qu'ils ont envie d'étudier.
La logique comme quoi ils sont tous cons parce qu'on leur a inculqué, etc. , c'est les prendre pour des buses. Juste des victimes. Donc les dénier comme philosophes.
L'ensemble de ton texte repose sur cette mise en place déplaisante qui voudrait que tu détiens le secret de ce qu'il est important d'enseigner en philosophie, et de faire par ailleurs passer ceux qui s'intéressent effectivement à cette discipline pour des cons, des types qui ne veulent que manger des morts, etc. Et en plus au sujet d'études dont tu ne connais rien.

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Re: RÉFLEXION SUR LA QUESTION DE LA PHILOSOPHIE - II -

Message par victor.digiorgi le Sam 30 Nov 2013 - 22:59

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Tu remarqueras, peut-être pas tout de suite, que Victor ne pratique plus l'art du gros mot ni de l'attaque ad hominem sur ce forum. Mais c'est secondaire.

Quiconque a fait sa marque dans l'histoire de l'humanité mérite sans contestation possible d'être étudié du point de vue historique. Qu'il soit penseur, assassin, bienfaiteur, guerrier ou poète ne change rien à l'affaire. Qu'il s'appelle Montaigne, Platon, Napoléon, Heidegger ou Hitler n'a pas de réelle importance.

Les professeurs de philosophie seraient d'excellents professeurs d'histoire, ce qu'ils sont en réalité me semble-t-il dans les faits, mais dans le champ plutôt restreint de leur domaine de prédilection. Il leur faudrait simplement étendre le champ de leur enseignement à tous les personnages du passé. Le titre de professeur d'histoire est aussi honorable que celui de professeur de philosophie.

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