De l'En-Soi, du Sujet a priori

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Mer 21 Sep 2016 - 0:49

J'en ai lu des bons, et même très bons, des forts, et même très forts, et même carrément parfois géniaux. Et puis un jour, je m'aperçois qu'il y a toujours en eux des éléments constitutifs, ontogéniques, profondément et radicalement inducteurs, causants, etc., relevant de la moraline. C'est toujours une déception, une tristesse. Nous héritons constitutivement via histoire, culture, famille, de ses éléments quand bien même on serait parmi les plus grands contempteurs, ennemis, etc., et ils sont foule, des origines, des fondements, représentants, de celle-ci. Sade ( Que Flaubert qualifie de " dernier mot du christianisme ". ), Nietzsche, pour ne citer qu'eux, sont de tels produits hurlants, tragiques, phénoménaux, de ce paradoxe déchirant. Mais il y a aussi le vulgus pecus ! Rien de moins que les sociétés occidentales, profondément ainsi déchirées, paradoxales, souffrantes.
Mais la dite déception, tristesse, mérite une bipartition. Le critère discriminant est le sujet, l'auteur, etc., est-il antérieur ou postérieur à l'avènement de la perspective psychiatrique - psychanalytique - psychothérapique - etc. ( Puisque qu'il n'y a toujours pas de solides bases théoriques, un langage, tronc, etc., communs dans ce domaine. ) ? Si le sujet considéré est antérieur, je suis franchement clément, s'il est postérieur, je le suis beaucoup moins.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Jeu 9 Mar 2017 - 20:25

Philosophiquement, le " je ", central sur mon schéma, la conscience, etc., est une foule de choses, dont celle-ci : le produit le plus manifeste de la relation au Monde génératrice du Sujet. Parfois, un peu agacé, énervé, Lacan parle de, je cite, " déchet ". Et il faut le dire, parfois, il a parfaitement raison. Un exemple au hasard ( Nan, je déconne ! ), le Sujet mâle sorti d'une usine culturelle d'obédience monothéiste croupit dans l'infâme, mortifère pour lui, vénéneux pour les autres, cloaque du péché, de la moraline, plus finement le Sien, et, nec plus ultra, il s'en félicite. Voilà comment on génère des civilisations entières d'êtres bicéphales, à deux têtes violemment antagonistes ( D'une part un gnome qui glorifie ses chaines chez Calypso, de l'autre un pourceau de Circé, sachant que le discours du premier omet toujours le second. ), et donc radicalement amoindris, petits, entravés, autodestructeurs, déprimés, maniaques, agressifs, vindicatifs, mélancoliques, etc. ad libitum et ad nauseam. Le désir d'exclusivité sexuelle n'a aucune autre ( Et si on veut me démontrer le contraire, je suis tout ouï. ) source, motivation, origine, justification, etc., que sa possibilité névrotique, elle n'a donc pas à être dogmatisée. Ce qui fut fait et on sait à quel point. Et donc les dits dogmatismes, d'abord religieux, puis culturels, ont sciemment généré des populations entières où cette option était la norme, la règle, sociétales, a été privilégiée dogmatiquement, constituant donc une donnée constitutive du Monde et donc de la Relation formatrice du Sujet, etc. Et des exemples de sociétés passés ou présents où cette exclusivité n'est pas dogmatique, exigée, montrent que celles-ci sont parfaitement, concrètement, gérables et parfaitement viables en tant que telles. A contrario, tout un chacun peut juger par lui-même de ce qu'ont donné ces tentatives.

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" Tout Étant est à la fois a priori Donné ( C'est, il est, et ça suffit pour commencer. ) et Suspect, parce que Mien ", " Savoir guérit, forge. Et détruit tout ce qui doit l'être ", ou, équivalents, " Tout l'Inadvertancier constitutif doit disparaître ", " Le progrès, c'est la liquidation du Sujet empirique, notoirement névrotique, par la connaissance ". Moi.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Ven 5 Mai 2017 - 2:16

Prenons le cas de l'hypocondriaque. Il est intimement convaincu d'être condamné, médicalement donc. Dans une certaine mesure, il a raison. Il se sait condamné parce qu'il se " sait ", je mets des guillemets, on entre ainsi dans le second cercle, coupable. Et il l'est coupable ! De quoi ? De certaines Intentions constitutives, on a compris, peu reluisantes, d'ordre névrotique. Le thérapeute cherchera celles-ci et ensuite y conduira le patient lui-même. Et on peut en faire autant avec le racisme ou une autre forme de violence, de ressentiment, etc., compulsive, on trouvera une origine névrotique, on s'apercevra que le racisme ou autre était un exutoire, autorisé par le " je ", la conscience, etc., au sein du troisième cercle, à une " Pulsion " ( Personnellement je dis " Intention constitutive ". ).C'est un art, une tekhnè, un discours, etc., absolument comme tous les autres : adapté à ses objets, propres donc. Et on peut penser tout ce qu'on veut des pionniers, moi le premier, c'est les pionniers. Et, déjà dit, il est toujours intéressant de se pencher une fois dans sa vie sur l'histoire d'une discipline positive, c'est toujours pareil : comme il se doit, ça rame, tâtonne, s'égare, etc., etc., etc.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Mer 21 Juin 2017 - 13:56

" Connaissance de la psyché " ( Sujet qui a été censuré par le forum " Liberté - Philo ", pour des raisons d'ordre, je cite, " moral ", ça ne s'invente pas ! ).

Dans le fil " De la moraline " ( Dans cette même section. Fermé. ), l'un des arguments les plus récurrents du membre Bergame c'est, je cite, " l'homme, la femme et le couple naturels ". On peut encore très régulièrement entendre, lire, etc., que " la sodomie, l'homosexualité, etc., c'est contre nature ". Je vais donc me dévouer pour expliquer deux, trois, trucs à Bergame et compagnie. Jeter un caillou en l'air, dans les conditions habituelles sur cette planète, et qu'il ne retombe pas, ça, c'est contre nature. Dés 1783 dans une lettre à la marquise, Sade dit très bien à celle-ci à propos des passions : " Comme si la nature se mêlait de tout cela ". Effectivement, on va le voir. " Sodomie " est un terme objectif qui définit l'introduction d'un objet, il est vrai, assez souvent un pénis, à des fins, le plus souvent aussi, sexuelles, dans un anus. C'est un fait, voilà pour la science, la nature, sans majuscule ni guillemets, en tous cas ( On y viendra. ), c'est un terme objectif, descriptif. Ce qui est important, c'est Ce qui la motive, surtout chez notre espèce ( Et pas chez les lions ou encore chez les cygnes, où 15% des couples sont homosexuel/le/s, le double des populations humaines, etc. ). Il s'agit donc de la ou des Intentions constitutives du Sujets ainsi actualisées. Il y a d'une part l'Intention constitutive actualisée ainsi et d'autre part comment, le " ainsi ", même si on ne voit que le second, même si on croit que c'est le principal, la finalité en soi. " La ou les ", effectivement, non seulement l'inconscient ne connaît pas le principe de non-contradiction, mais c'est un remarquable cuisinier, bricoleur, et un très très grand rusé. Quitte à en souffrir toute sa vie, il n'est pas de Sujets qui abandonne un de Ses Éléments constitutifs, il faut l'extirper, et il ne peut l'être que via la connaissance, de Soi donc ici. Je tiens à préciser que je suis un hétérosexuel strict, que je n'ai jamais été tenté par la sodomie. A contrario je suis un garçon circonspect et tolérant ( Ce qui n'est pas forcément visible ici, j'en conviens, puisque la présence de certains énergumènes que je pourrais fuir dans d'autres circonstances m'est imposée, autre débat. ). En tous cas, je connais quelques wagons d'hétérosexuels, coté Réaction ( Chez qui on peut être, je cite, " homosexuel par mode " !!, etc. J'y reviendrais. ) pour tout dire, je me targue d'être clair, qui vont se prendre quelques douches froides, du genre mémorables, peut être même sans précédent.

Après 30 ans ( Pile-poil. ) de pratique assidue de la philosophie, je sens poindre un tout petit peu d'ennui. Et, entre temps, j'ai eu l'occasion de constater qu'il régnait en matière de " Connaissance de la psyché " à peu près le même prodigieux bordel, confusion, dispersion, extrêmes, etc. qu'en philosophie quand je découvre celle-ci. Je me propose donc ouvertement de tenter dans ce domaine ce que j'ai tenté en philosophie. Réussi ? Je laisse au seul tribunal compétent, celui de la raison et de l'histoire, en juger. La nouveauté relativement aux petits textes qui précédent, constats, idées, réflexions, etc., épars, c'est que je vais tenter d'être systématique.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par aliochaverkiev le Dim 25 Juin 2017 - 9:35

neopilina a écrit:" l'inconscient ne connaît pas le principe de non-contradiction, mais c'est un remarquable cuisinier, bricoleur, et un très très grand rusé. Quitte à en souffrir toute sa vie, il n'est pas de Sujets qui abandonne un de Ses Éléments constitutifs, il faut l'extirper, et il ne peut l'être que via la connaissance, de Soi donc ici. Je tiens à préciser que je suis un hétérosexuel strict, que je n'ai jamais été tenté par la sodomie.

Quelques remarques sur votre discours.
La division inconscient/conscient est une méthode analytique, cette division n'existe pas pour moi sur le plan du fonctionnement global de l'esprit. C'est une méthode de physicien, ou de mathématicien, une méthode intéressante mais qui, appliquée à l'esprit, me parait dangereuse. Elle crée une division artificielle.
Les hétérosexuels pratiquent aussi la sodomie. Pas tous mais beaucoup.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Dim 25 Juin 2017 - 15:46

aliochaverkiev a écrit:La division inconscient/conscient est une méthode analytique, cette division n'existe pas pour moi sur le plan du fonctionnement global de l'esprit. C'est une méthode de physicien, ou de mathématicien, une méthode intéressante mais qui, appliquée à l'esprit, me parait dangereuse. Elle crée une division artificielle.
Les hétérosexuels pratiquent aussi la sodomie. Pas tous mais beaucoup.

C'est moi qui souligne " analytique ". Surtout pas !! Même médiocre, je suis un continental pur sucre. Il va bien sur de soi que cette division, je te cite, " sur le plan du fonctionnement global de l'esprit n'existe pas " : il n'y a pas de cloisons, de ridelles, etc. ad libitum et ad naudeam dans le cerveau. J'adore ce mot d'un scientifique à son propos, il parle de " massivité massivement interconnectée ". Sur ce point, nous sommes tout à fait d'accord. Ma distinction repose sur la réalité, l'expérience la plus commune, elle est prudente, descriptive, : il y a des choses, des faits, etc., émanant de l'activité du cerveau qui sont inconscientes et d'autres qui ne le sont pas. Je ne veux surtout pas aller plus loin. Dans la tentative qui est la mienne, et que je me propose de soumettre, je refuse même la notion de  " topique ", j'entérine les données de l'expérience en distinguant deux " domaines " ( Oui, je sais, " domaine " est une notion spatiale, mais je vais préciser. ), disons registres, très relatifs, qui sont intimement, radicalement, reliés donc, ainsi décrits, définis : en vertu de l'expérience la plus commune qui soit, empirique, il y en a un où se passe des choses inconscientes et un autre où il se passe des choses conscientes, c'est tout. Absolument, catégoriquement, rien de plus. On a assez vu que des " topiques " plus prononcées se heurtaient effectivement de front à " la massivité massivement interconnectée " et finissaient par générer plus de problèmes que de solutions. On sait que ce qui distingue ces deux registres, permet, autorise, de les distinguer, c'est des activités, des processus, psychiques, tels que résistances, refoulements, réinvestissements économiques, etc., etc. C'est l'activité globale du cerveau qui génère elle-même la distinction, qui est donc dynamique et non " topique ".

aliochaverkiev a écrit:Les hétérosexuels pratiquent aussi la sodomie. Pas tous mais beaucoup.


Tout à fait. En fait, j'ai beaucoup hésité à dire que j'était hétérosexuel strict, etc. Je le regrette, ce n'était pas nécessaire. Et je suis certain qu'en me lisant tu as bien compris l'intention. C'était destiné à mes adversaires dans ce type de débats. Pour s'en tenir à un seul exemple, j'ai deux cousins homosexuels. L'un d'eux est adorable, l'autre est un exécrable petit con. Je pense que tu m'as compris. Mes distinctions, que je vais préciser et argumenter, je ne les fais pas où mes adversaires les font.
La sodomie est un fait scientifiquement descriptible. Et il se trouve qu'il n'y a pas de " fait scientifiquement descriptible contre nature " : c'est un oxymore. En fait, tous ces gens qui utilisent ainsi " contre nature ", même s'ils n'en ont pas conscience ont bien pensé, écrit ou dit " contre Nature " avec une majuscule, on va vite comprendre, telle que décrétée par l'Ancien Testament, Moïse, Christ et autres, descendants historiques ( Un islamophobe homophobe est toujours bien plus musulman, via Ses héritages constitutifs monothéistes, qu'il ne veut bien l'imaginer, etc. ) et compagnie. Et l'ironie de l'histoire, c'est que ces anathèmes vont se retourner contre eux : émanant d'eux, ils traduisent une culpabilité d'ordre névrotique qui est la leur. Comme je l'ai dit ci-dessus, ce n'est pas tant le fait scientifique de la sodomie qui pose problème, ce qui est un euphémisme, le scientifique s'en fout de la sodomie ( Si un scientifique y pense, ça sera éventuellement en terme de lubrifiants, etc., c'est tout. ), mais bien Ce qui la motive, Ce qui est ainsi actualisé par le Sujet. Et pour que les prophètes et compagnie anathèmisent à ce point, ça devait effectivement être du très lourd, chez eux. C'est donc, stricto sensu pour le coup, la " Nature " de la ou des Intentions constitutives du Sujet ainsi actualisées qui comptent. Ces gens ont accablé, maudit, métaphysiquement, le Sexe, ils avaient leurs raisons ? Sans doute, oui : mais qu'ils se souviennent bien que c'étaient les Leurs. Et on les examinera d'un peu plus près. C'est l'histoire d'un délinquant sexuel qui vient nous expliquer que le sexe c'est mal. C'est un " peu " gonflé, le prix de gros est un " peu " outrancier, et il y a vice de forme, ça commence à faire beaucoup.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par aliochaverkiev le Mar 27 Juin 2017 - 18:41

Tout à fait d'accord avec toi Neopilina, tu expliques avec plus d'aisance que moi l'unité de l'esprit (le mot n'est peut-être pas approprié ?) mais aussi son fonctionnement différencié. Il y a en effet des processus conscients et d'autres inconscients. Ce qui m'agace en fait dans la distinction inconscient/conscient c'est qu'on en vient à créer une hiérarchie de valeur entre l'inconscient (animal) et le conscient (humain) comme s'il s'agissait de deux continents séparés. Je crois même que tout surgit de l'inconscient, et soit y reste, soit pénètre notre conscience. Je ne nie pas l'existence de résistances, de refoulements, etc. c'est-à-dire de verrous entre l'activité consciente et l'activité inconsciente bien sûr, mais l'existence de tels verrous ne justifie pas une séparation nette entre l'activité consciente et l'activité inconsciente.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Mar 27 Juin 2017 - 19:00

aliochaverkiev a écrit:Je crois même que tout surgit de l'inconscient, et soit y reste, soit pénètre notre conscience.

Oui.

aliochaverkiev a écrit:Je ne nie pas l'existence de résistances, de refoulements, etc. c'est-à-dire de verrous entre l'activité consciente et l'activité inconsciente bien sûr, mais l'existence de tels verrous ne justifie pas une séparation nette entre l'activité consciente et l'activité inconsciente.

Ma distinction est basique, d'une extrême prudence, humilité, et comme il se doit, d'abord expérimentale : il y a des faits inconscients et qui peuvent le rester longtemps, voire toujours chez certains, et d'autres inconscients qui deviennent conscients. Les dits " verrous ", processus, relèvent déjà du questionnement provoqué par ce constat, cette distinction, initial expérimental. Et, oui, cette distinction est effectivement tout sauf, je te cite, " nette ", comme j'avais pris soin de le préciser.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Ven 13 Avr 2018 - 14:58

Les versions traditionnelles et empiriques de la Femme, de l'Homme, du Couple, etc., c'est un sujet de débats, de réflexion. Certains parlent carrément de la Femme, de l'Homme, du Couple, etc. naturels. Et là, tout de suite, catégoriquement : stop. Question de méthode (1). Ça, ça ne va pas être possible, il y a une faute épistémologique, pour la énième fois, on mélange les torchons et les serviettes, les genres, etc., c'est par exemples, présupposer qu'une mine de fer livre directement des petites cuillères, de la tôle, et pourquoi pas la carrosserie finie, des câbles, des aciers spéciaux, que le cacaoyer produit directement des tablettes de chocolat à l'orange (j'aime bien) emballages inclus.
Un jour, je vois bien que le dentiste à l'oeil brillant, la mine réjouie, je prospecte, et il finit par me dire que j'ai, je cite, " la dentition des livres ". Je le regarde d'un oeil suspect. Bon, au moins, je ne suis pas un handicapé des dents. Il y en a 32, d'origine ou pas, la vie c'est mouvementée, de soignées, dont les 4 dites de sagesse, sorties sans même que je m'en aperçoive à la fin de ma croissance, emboîtement des mâchoires micrométriques, symétries parfaites, etc., effectivement, celle des livres. Et moi je m'étonne que le dentiste s'étonne de voir une dentition normale. Et il me dit qu'en fait cette dentition il ne la voit pas souvent, vraiment pas souvent, de telle sorte que quand il la voit il a le sourire du connaisseur. La dentition des livres, c'est une dentition normalisée et idéalisée. C'est finalement ce qu'elle devrait être, si une multitude de paramètres individuelles ne le démentaient pas. Idem pour les lions et autres surpris en flagrant délit de sodomie, il ne faut pas trop en demander aux lions : faute de grives on mange des merles, ça suffira amplement. Idem pour des pratiques qu'on peut encore voir dans les internats, à l'armée et dans les prisons, ils vous diront tous qu'ils ne sont pas homosexuels, faute de grives on mange des merles. A Sumer, en Grèce, à Rome, où les curseurs moraux étaient très différents, on retrouve pourtant les mêmes railleries grinçantes, non pas à propos des invertis, des homosexuels, mais bien à propos des efféminés (voir Aristophane, c'est tordant). Les problèmes de coincés, c'est des problèmes de coincés, il ne faudrait tout de même pas en faire autre chose. Je suppose qu'on connaît un peu " mon affection " pour les aristocraties soi-disant misanthropiques souverainement auto-proclamées, alors qu'il n'y a là que des handicapés de l'Autre, du lien à autrui, du lien social, etc. Les Aristocraties, Seigneurs, etc., nouveaux (ceux qui prétendent succéder aux Anciens), se sont tous montrés être des coalitions de parvenus ayant atteints leurs fins, rien d'autre. Il y a des trisomiques plus lucides, courageux et probes. Mais avec le taré montant sur le trône en vertu de la tare, on est au sommet du gouffre (désolé!). Je reviens à mon propos. En tant qu'espèce humaine, nous avons des problèmes spécifiques, et chercher les solutions à ces problèmes très particuliers, et même carrément uniques, dans la nature en général est parfaitement illusoire, et même donc carrément, précisément, illicite. Ne traduit rien d'autre qu'une médiocrité, confusion, intellectuelles, voire d'obscurs boulets constitutifs du Sujet, mais donc avec cette majuscule je change de sphère. Non, le cacaoyer ne produit pas des tablettes de chocolat à l'orange prêtes à la vente. La femme, l'homme, le couple, naturels, c'est ceux du sens, de la science, c'est à dire le mâle, la femelle, la reproduction sexuée, l'accouplement et la reproduction, etc., humains considérés par le biais de lucarnes biologiques, chimiques, physiologiques, etc., on a compris, et rien d'autres.

(1) Si toutes les plus grandes institutions scientifiques du monde s'efforcent de posséder leur exemplaire de l'édition originale du " Discours de la méthode " de Descartes, ce n'est certainement pas pour la formulation du cogito. Le scientifique et le philosophe ne lisent pas ici le " même " livre. Forcément donc : par définition, le scientifique a une oreille pour le sens, et le philosophe une autre pour le Sens.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Mar 17 Avr 2018 - 2:21

- La révolution sexuelle ce n'est que le volet sexuel de la révolution, et celle-ci au sens le plus général et global ne peut être que métaphysique et pour être effective il faut d'abord qu'elle soit explicite, ensuite c'est le principe du virus. La connaissance est un virus assez étrange, singulier, il n'a pas d'autre remède que plus de connaissance. La révolution sexuelle marchera donc peu ou prou du même pas que la révolution.

- Le Couple, en tant que pulsion constitutive du Sujet, est la première, la plus radicale, atavique, essentielle, est un avatar névrotique visant (d'abord et principalement, mais pas que, j'insiste : il y a ensuite accrétion du reste à cet élément premier) rétablir, revivre, la Situation inaugurale qui est la Relation inaugurale, ce qui sera également source de la violence, le Tiers sera forcément très malvenu, surnuméraire. Nous sommes donc tous d'abord profondément incestueux, même les homosexuels et autres (L.G.B.T.I.A.Q.P., n'en jetez plus!). Que les borgnes d'un oeil s'associent  pour faire face aux injustices émanant du gros, du tout venant, de la production empirique du principe de réalité, borgne de l'autre oeil, rien de plus normal. Récemment j'ai appris que Romain Gary avait écrit quelque chose d'intitulée " La promesse de l'aube ", c'est magnifique, je ne vois pas très bien comment faire mieux, je n'ai même pas envie, paraphraser un peu suffira : et bien la promesse de l'aube, elle ne vaut que pour l'aube.

- Pour une Cléopâtre, combien de polyhandicapés discrètement noyés ? Historiquement, les familles royales, princières, aristocratiques, etc., pratiquant l'inceste à des degrés divers n'ont pas manqué. Jusqu'au milieu du XX° siècle, en Occident les mariages entre cousins sont très très fréquents, on a relevé depuis longtemps que 1 enfant sur 4 a de gros soucis manifestes (chiffre que je confirme à titre purement personnel dans les cas dont j'ai eu directement connaissance) mais ça n'a pas beaucoup empêché : il permet de sauvegarder, de consolider, etc., les patrimoines (terres émiettées par les successions ou des millions d'actifs, etc.). C'est très très important les patrimoines. Les hommes ont toujours tout sacrifié au lucre. En son nom, on a vu et on verra encore longtemps, tous les jours, Dieu et Diable s'asseoir à la même table.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Mar 17 Avr 2018 - 17:44

De la " mode " actuelle sur l'épilation intégrale du sexe féminin.

Mais, me dira t-on, depuis la nuit des temps, il y a épilation féminine de la même façon que l'homme gère les poils de son visage à sa guise la plus complète. C'est exact : mon propos ici est justement de bien distinguer les deux parce qu'ils se trouvent qu'elles sont de nature radicalement différente. Je ne supporte pas de façon épidermique, viscérale, pour un peu ça me donnerait envie de chialer, l'impression d'être un pédophile, ça m'anéantis, la dite " mode ". A ce point, j'ai décidé d'y penser sérieusement. J'aime le sexe féminin, la vulve, le beau fruit constitué par les volumes des grandes lèvres, tous ses bijoux constitutifs, dont, expressément son pubis. Et cette pratique vient souiller, blesser, anéantir, ce que j'aime. A première vue, eut égard à l'objet apparent de cette minuscule digression, il ne devrait pas ici être question des obsessions sodomites de certains hommes, inavouées, assumées ou lyriques. Mais si, c'est même ce dont il est question, eut égard à l'épilation féminine classique, historique. L'épilation intégrale actuelle, avec ses prolongements logiques radicaux, chirurgie des petites lèvres pour les réduire, chirurgie des grandes lèvres pour en réduire le volume sous-cutané (adieu beau fruit), est un avatar anal et/ou sadico-anal et/ou sodomite déguisé. Le terme extrême de cette " logique ", c'est une fente verticale en bas du ventre, j'ai failli dire sur un morceau de celluloïd. Un de ces bons vieux compromis dont le Sujet a le secret. Baubo (1) est rendue méconnaissable, mutilée, et pour la énième fois remplacée par un anus très présentable. J'insiste sur ce cumul qui me permet d'être extrêmement sensible ici : j'aime le sexe féminin et je n'ai aucune inclinations sodomites, mêmes refoulées, dissimulées, travesties, etc. Décidément, impossible d'avaler cette couleuvre. On me prend quelque chose que j'aime, adore, vénère, pour le remplacer par quelque chose d'autre que je n'aime pas. Ça fait beaucoup, trop. Le tout m'est éminemment personnel, tout à fait, " les goûts et les couleurs ", et c'est encore plus vrai en matières de goûts, d'inclinations, sexuels, mais donc ça permet une sensibilité, une réaction, qui va forcer la démarche inquisitoriale analytique. Il faut comparer avec la problématique classique, standard, de l'épilation féminine. Elle n'est pas universellement, génétiquement, la même partout : les nordiques, les négresses, etc., ont un poil fin et des toisons qui ne sont pas drues, denses, qui ne cachent rien, le sexe féminin, tout et partie, est parfaitement visible, elles n'ont pas les problèmes de certaines méditerranéennes, arabes, etc. Avec certaines partenaires d'origine, génétique donc, italienne ou arabe, on a fait l'expérience et évoqué cet inconvénient. La partenaire veut laisser, faire, voir, offrir, montrer, séduire, et le partenaire veut découvrir, voir, être séduit, tout est en ordre. Mais des fois la nature s'y oppose, contrarie nos deux gais lurons (2), avec un poil épais, long, et une toison dense, drue. La génétique est capricieuse, et ici un exemple pubien s'impose, il illustre bien a contrario. J'ai connu une jeune femme métis, mère portugaise, père française. Elle avait le poil très épais (dans son cas et d'autres j'ai pensé aux soies du dos du sanglier, désolé !), la toison très dense (nombre de poil par unité de surface), une vraie moquette. Et, le dit caprice génétique : ce poil était blond !! Ça ne cachait rien, et c'était merveilleux (désolé !). Son poil avait l'épaisseur, le diamètre, du poil des très brunes, mais il était de couleur blonde ! Hétérosexuellement, épiler intégralement une nordique au poil clair, fin, long, et à la toison clairsemée, devrait mettre la puce à l'oreille. Dans le cadre hétérosexuel et celui de l'épilation féminine classique, ça n'a aucun sens, c'est même inverse, criminel, jeter de l'acide sur une toile de maître sous prétexte qu'on aime le blanc. Ce qui sévit actuellement n'a absolument rien d'une " mode ", c'est infiniment plus ample, radical, et autre, en l'occurrence grave, c'est encore un énième et crasse diktat des désirs masculins sur le corps même de la femme. Et ce n'est donc pas les éventuels dits désirs que je dénonce, mais le dit diktat, son caractère sournois, analytique, l'avatar, la dissimulation, le compromis, la ruse, formels, névrotiques. Un jour, entre hommes, un grand fan, enthousiaste, plaide la cause de cette épilation intégrale. J'écoute le plaidoyer. Je relève dans son propos que " le poil c'est sale ". Je lui dis qu'un poil propre est un poil propre et qu'un poil sale est un poil sale, de plus je me suis permis de relever ingénuement que l'argument hygiénique dans la bouche d'un sodomite lyrique me laissait un peu perplexe. Fou rire général.

(1) Baubo chez les Grecs anciens signifiait la vulve. A l'origine il y a une anecdote impliquant une servante de Déméter qui se nomme Baubo. Déméter est tout à son chagrin suite à l'enlèvement de Perséphone par Hadès, alors sa servante, jambes écartées, relève brusquement ses jupes pour découvrir cette perspective à sa maîtresse afin de la dérider un peu, de lui arracher une rire.

(2) Dans une des pièces d'Aristophane parvenues complètes, une femme rapporte sa détresse d'adolescente quand elle s'est aperçue que ce poil, un peu trop généreux, qui faisait d'elle une femme, allait la contraindre à un combat, une corvée, perpétuels.

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Re: De l'En-Soi, du Sujet a priori

Message par neopilina le Ven 8 Juin 2018 - 12:40

De la moraline, deuxième partie.

On va commencer peinard, situer un peu la problématique, les objectifs, planter sa tente tranquillement !

Indéniablement, selon moi (clause cartésienne de sécurité, ça, c'est fait), Freud, consorts et continuateurs ont planté d'innombrables banderilles dans le Sujet, et c'est irrémédiable, on ne peut plus faire comme si ça n'était pas arrivé. A contrario, je trouve qu'on piétine gravement dans ce domaine, je ne vois personne pour lui avoir glisser une lame jusqu'au coeur. C'est un fait, un constat, on n'en vient pas à bout, il n'y a pas de coup de grâce. Sans préjuger du résultat bien sûr, je me propose d'aller plus en avant, d'essayer, de contribuer.

Freud découvre une porte qui donne sur une perspective, des espaces, à conquérir par l'entendement, la raison, la connaissance. Cette porte, brèche, relativement à toutes les autres du même genre, a une particularité qui apparaît unique : si on la pousse puis qu'on arrête de la pousser, elle se referme toute seule, elle intègre le plus constitutivement, radicalement, qui soit, un dispositif de rappel : tout le monde reconnaîtra les phénomènes d'éludation (des volitions, avatars conscients, qu'on veut ignorer, oublier, qu'on écarte), de mauvaise foi, de déni, plus ou moins conscients, et ceux plus radicaux de résistances, de refoulement. Premier axiome, il est de nature comptable, économique, dynamique : tout ce qui ne pourra pas être actif extérieurement, tout ou partie, à cause de ces mécanismes essentiels (participant de l'essence du Sujet freudien) le sera intérieurement, tout ou partie, c'est les somatisations. Le Sujet est un tout comptable. A minima, en l'état et en premier, la psychanalyse constitue un pied en travers de cette porte pour l'empêcher de se refermer. Ensuite, c'est une multitude très hétérogène d'explorations au delà.

Le seul marbre, ciel, platonicien ou autre, où la sexuation (le genre, homme, femme, les orientations et les pratiques sexuelles, etc.), le couple, la sexualité et l'amour (ici le sentiment amoureux) sont inscrits est celui, dans l'immense majorité des cas (je n'en aborderais pas d'autres), de la névrose constitutive, ontogénique, du Sujet. Ils doivent donc être traités comme tels, de façon adventices, adjacentes, accessoires, et privées (sauf à regarder la Loi, toujours appelée à évoluer). Ils ne doivent plus être au centre de la vie et donc des sociétés, des cultures et des civilisations, et ici ni Freud, ni consorts et continuateurs ne vont jusque là : et si la psychanalyse ne faisait pas mieux parce qu'elle ne le veut pas et/ou n'ose pas plus ? Dés qu'on s'intéresse à la psychanalyse, on va très très vite voir des formules telles que " Freud révolutionnaire " (grand bourgeois, conservateur, s'il en fut, la disparition de l'Empire le fera pleurer comme une Madeleine, c'est lui qui le rapporte, etc., je renvoie aux grandes biographies), " révolution freudienne ". Il faut être conséquent, aller au terme des conséquences. On doit donc cesser d'en faire la promotion en tant que formes d'accomplissements, d'objectifs existenciels majeurs, etc., on les gérera en tant que ce qu'ils sont, des constructions empiriques et des maladies chroniques de l'âme, de la psyché, parfaitement inadvertancières. C'est plus fort que nous, c'est ce que nous sommes, etc. ? Tout à fait : il faudra ruser, la jouer fine, et être patient, endurant, persévérant. Il y a un facteur temps incompressible, la reconquête, la refonte, de Soi, se fait neurone par neurone si j'ose dire : même pour se débarrasser d'un travers bien constater, verbaliser, il faut des années. A contrario, " Ce que nous sommes " n'a jamais constitué une raison, une justification objective, nous le savons déjà. La liste de ce que nous avons pu être, sommes, et serons, à tort, est loin d'être close. La psychanalyse nous montre dans une mesure primordiale, essentielle, sur quoi, avec quoi et comment, a priori, sont, entre autres, notoirement faites les sociétés traditionnelles, il faut l'entériner complètement, alors que si Freud et compagnie le disent, ce n'est certainement pas pour réformer le Monde (i.e. des hommes) en conséquence.

Le couple, qui est d'abord pulsion de couple, tire son origine de la relation inaugurale. Le couple ne vise qu'à réactualiser celle-ci. C'est l'élément essentiel, premier et structurant, du désir, du ça, de la libido, de la sexualité, du sentiment amoureux. Cette Intention constitutive du Sujet est première, structurante et structurelle (Moi et Autre distincts aux yeux du Sujet lui-même adviennent à la suite de la scission de l'univers inaugural qu'ils constituaient), c'est la plus radicale, atavique et importante en terme pulsionnel, dynamique, économique, comptable. Elle constitue un lieu où toutes les autres choses ultérieures de, et donc dans, ce registre prendront place.

Pour des raisons également d'ordre névrotique, relevant justement de l'importance de la relation inaugurale, sur lesquelles je reviendrais, de nombreuses sociétés, cultures, ont confiné et confinent encore l'exercice de la sexualité au couple. C'est une faute : c'est considérer que le désir, le ça, la libido, les pulsions, la sexualité ne sont constitués que de la première Intention. Alors que ce n'est expressément pas le cas, il y en a plein d'autres : une sexualité est tout aussi éminemment synthétique qu'hétérogène. Le seul point commun de ces Intentions est justement d'être actualisées sexuellement, en terme de forme par le sexe. La sexualité n'est que la réponse à la question " comment " sont actualisées les, à tout le moins certaines, tout ou partiellement, Intentions constitutives du Sujet qui justement se trouvent être actualisées via le sexe, et il y en a beaucoup, c'est un moyen, pas une fin en soi (même si bien sûr le Sujet est absolument convaincu du contraire).
Si une intention constitutive est refoulée pour être ensuite filtrée, reconfigurée, transférée, réinvestie, etc., etc., c'est qu'elle est a priori problématique. Les dites Intentions, advenues lors de l'ontogenèse, de la psychogenèse, du Sujet se divisent en deux grandes catégories : les positives, elles traduisent de l'amour, de l'affection, etc., on a compris, et les négatives, qui traduisent de l'agressivité, du rejet, de la violence, du ressentiment, de la colère, etc., je suppose qu'on a également compris. Ensuite peut être problématique la façon dont une Intention est actualisée sexuellement. Une Intention peut donc s'avérer au cas échéant doublement problématique : même si elle est positive, elle peut concerner quelqu'un frappé par l'interdit incestueux (mère, père, frère, soeur et toute autre membre de la famille ou personne ayant significativement compté dans, participé à, l'ontogenèse) et ensuite être actualisée d'une façon problématique, interdite, décrétée comme telle par le principe de réalité (empirique, ce qu'il serait peut être temps de considérer sérieusement, on lit, on utilise, ce concept, cette formule comme une évidence qu'il n'est vraiment pas), le forçage hétérosexualisant, vers la génitalité, du Sujet réalisé par l'éducation, l'environnement familial, culturel, historique, religieux, etc. Et donc l'Intention négative va cumuler une troisième tare, celle, justement, d'être négative, c'est les plus graves, problématiques, pour le Sujet (je ne parle que du vulgum pecus), éminemment culpabilisantes, génératrice de culpabilité (la pulsion de mort de Freud selon moi) si elles affectent un individu qui fait aussi (ambivalence) l'objet d'une Intention positive tout aussi importante quantitativement. Nous savons tous qu'il existe une pulsion d'exclusivité sexuelle et/ou amoureuse. Ce qui ramène à la relation inaugurale, poids lourd premier de la sexualité et fondement d'une relation amoureuse, potentielle, hypothétique. Le Sujet veut à la fois privilégier la pulsion la plus importante, à cause de la relation amoureuse au cas échéant, alors qu'il en a constitutivement d'autres qui vont se trouver synthétiquement adjointe à la première.

Je n'ai pas encore dit quel étaient selon moi l'ouvrage philosophique le plus important du XX° siècle : c'est " Le Deuxième Sexe " de Beauvoir. Et personne pour se dire qu'on peut faire exactement la même chose avec l'Homme et le Couple !? Même si Beauvoir ne le dit pas son ouvrage est fondamentalement, foncièrement, cartésien, pour préciser mon propos je vais exceptionnellement m'autoriser une petit barbarisme : il est cogitesque. Il nous dit Ce qu'est la Femme, et c'est surtout, en prétextant à la base des éléments d'ordre scientifique, c'est la femelle, Ce qu'en ont fait les Hommes, tout aussi construits, de la même façon et empiriquement. Il y a un mot fantastique à ce sujet dans " Les Travaux et les Jours " d'Hésiode, à propos de l'épouse, et il est bien question de l'institution sociale, il parle du, je cite, " Tyran domestique ". Et moi je dis : la faute à qui ? Il serait peut être temps de coupler la démarche psychanalytique et la démarche philosophique dans ce genre de travaux. Alors, et la psychanalyse et la philosophie feront l'une et l'autre mieux ce qu'elles font. Pour plagier, paraphraser, le mot de Descartes qui dit qu'il est insensé de vivre sans la philosophie, suite à l'effraction inaugurale de Freud, j'ajoute qu'il est insensé de vivre sans la philosophie et la psychanalyse.
Une petite remarque annexe à propos de Beauvoir. Je ne lis pas, ne fréquente pas, la philosophie anglo-saxonne : je n'y arrive pas, rien n'accroche chez moi et si ça n'accroche pas, je ne persiste pas. Déjà, pour moi, les premiers philosophes anglais ne font plus de philosophie continentale, la Manche semble déjà avoir son double métaphysique. Mais récemment, via les porn-studies (la pornographie devient enfin un objet académiques) initiées aux États Unis dans un contexte très particulier, puis d'autres thèmes, textes, de fil en aiguille (de la même façon, si j'ai une petite culture sur le XVII° siècle, c'est à cause de Descartes, et sur le XVIII° siècle, c'est à cause de Sade), je me suis rendu compte que la philosophie continentale était présente dans cette sphère, y avait fait souche, et c'est principalement grâce à Beauvoir (et quelques autres, Foucault, etc). Je considère que c'est une prodigieuse bonne nouvelle. Il y a dorénavant des auteurs anglo-saxons qui produisent de la philosophie continentale ! Ouf !!

L'Ancien Testament nous rapporte le combat de Jacob (Genèse, 32, 23-32, et une courte mention dans le livre d'Osée, 12, 4-5.) avec un Ange la nuit qui précède les retrouvailles de celui-ci et de son frère. Ça fait longtemps qu'ils ne se sont pas vus, et quand ils se sont quittés c'était dans les pires conditions possibles : il y avait du meurtre dans l'air. Ce texte est énigmatique à souhait, l'embarras manifeste, l'auteur fait ce qu'il peut, on ne sait pas trop ce qui se passe. Jacob aurait triomphé, on apprend seulement a posteriori que cet Ange serait Dieu, que Jacob s'en sort avec une douleur à la hanche, boiteux, et que l'événement est tel que Jacob est renommé Israël par Dieu. Je trouve le court passage dans Osée plus clair. Ce qui vaudra au nerf sciatique d'être interdit par la cacherout (en pratique cette disposition, ôter ces nerfs, est tellement fastidieuse que les juifs et les musulmans préfèrent renoncer à la consommation des cuisses). Drôle d'Ange. Selon moi, Jacob a affronté le pire du pire du pire de lui-même (il n'y a, selon moi, pas pire) : le boucher, l'assassin, le tueur. Pas un assassin froid, hygiénique, mais bien le boucher, celui qui tue, supplicie, sauvagement, se vautre dans les chairs sanglantes. Si on le privait de la sauvagerie, il serait frustré. Jacob s'est enfin débarrassé de l'assassin, du tueur, qui sommeille en lui, c'est cela la dite victoire. Dés le moment où Jacob s'est débarrassé de l'assassin qui demeure tapit en lui, il a le droit, il mérite, de devenir Israël. Pour accéder à cette dignité octroyée par Dieu lui-même, Jacob a du renoncer au mal, vaincre le mal, en lui, le Sien (et le cas de l'intention fratricide est effectivement la mieux connue, la plus emblématique, dans l'A.T., c'est Abel et Caïn). Pour la douleur dans la hanche, j'y vois un avatar somatique, et donc comme Jacob est victorieux, celle-ci devrait disparaître. Le texte, ailleurs dans l'A.T., sauf inadvertance de ma part, ne précise pas si Jacob reste boiteux. " La banalité du mal ", c'est selon moi cela, nous sommes tous constitutivement concernés, et il est essentiellement de nature névrotique et concerne toujours d'abord inauguralement des très proches dans l'histoire du Sujet, d'où la radicalité du refoulement, de la culpabilité : par exemple, vouloir tuer un père qu'en même temps on vénère, ça c'est une excellente version de l'Enfer. Ensuite, des filtrations tout aussi constitutives, les contingences, les circonstances, etc., vont favoriser son actualisation, des réinvestissements économiques, pulsionnels, les passages à l'actes. Et nous savons tous qu'il y a toujours des volontaires pour solliciter ce genre de fibres chez autrui, pour donner libre cours aux siennes du même genre. Le mal, pour le dire en un mot, est présent constitutivement chez le Sujet. Et, brimé, refoulé, quant à l'essentiel, ses causes, origines, premières, il reste constitutif et devient donc ainsi persistant en terme économique, dynamiquement, et donc pulsionnel. Idem pour les Intentions positives qui réclament donc cycliquement leurs actualisations, apaisements (sexuels et autres). Si certains ordres, et on sait que par définition l'ordre est dans une certaine mesure déresponsabilisant, peuvent être si facilement exécutés par tant de personnes, c'est expressément à cause de cela. A contrario, le donneur d'ordre se retrouverait vite derrière des barreaux, avec option capitons. Si certains ordres, discours, etc., fonctionnent chez certains Sujets c'est parce qu'ils y trouvent un écho favorable, sinon, non. L'écho supposent deux termes. Le démagogue, le populiste (soi dit en passant, adeptes convaincus de la double peine, méprisant à l'endroit de la base de la pyramide, " si t'es socialement, etc., une bouse, c'est de ta faute, c'est parce que t'en est une), le fasciste, etc., caressent autrui dans ce sens. Ce sont des ennemis de la démocratie à dessein et/ou par voie de conséquence. Et quand je dis démocratie, c'est une démocratie forte, comprenant tous les contre pouvoirs nécessités par la " Nature, la condition, humaines ", c'est à dire plus clairement le Sujet, notoirement tel pour des raisons ontogéniques. Et le capitalisme, c'est à dire l'instrumentalisation de l'économie par la cupidité, nous montre que nous sommes très loin du compte à ce sujet : les libertés individuelles soit, c'est essentiel, mais le capitalisme démontre a contrario qu'il n'y a manifestement pas que ça, il y a aussi la justice économique, sociale et écologique (et une foule de disciplines scientifiques et de sciences humaines sont en train de nous montrer que ce n'est pas trois choses différentes, mais bien trois aspects d'une même chose).

La relation inaugurale est à l'origine de la pulsion de couple, du sexe (de l'élément premier, structurant et le plus important de celui-ci), et de façon potentielle, optionnelle, du sentiment amoureux (dont la mise en avant sociale et culturelle, ce qui revient à une mise en culture, on le favorise, le valorise, culturellement, est un phénomène très récent historiquement, typiquement romantique), toutes choses pas forcément désagréables, mais c'est aussi l'origine, la source, directe, de la moraline, et ça c'est une plaie qui ravage l'humanité depuis toujours, et ce d'autant plus dans certaines régions, sphères culturelles, où certains ont crus devoir en faire un Dieu, des religions, on a reconnu le monothéisme des Livres, ce qui revient à une mise en avant sociale et culturelle (autre mise en culture) éminemment aporétique, infernale et mortifère. Le martyr, ou encore ce genre de terroriste d'une terrible actualité, ne voit pas d'autre issue à ses propres souffrances que le suicide (Christ a escaladé la croix, et Nietzsche à ce titre se compare à bon droit à lui), ça au moins c'est de la pulsion de mort.
Peut être que si la psychanalyse ne remet pas en cause le couple et le sexe en eux-mêmes, c'est parce qu'elle croit, pense, qu'il y a encore chez eux quelque chose de naturel. Elle ne s'occuperait ici que de certains désordres pouvant les affecter. Mais je pense qu'il n'y a absolument plus rien de naturel dans la Sexualité de notre espèce (d'où la majuscule, on sort du domaine du sens pour celui du Sens). Le Sujet de notre espèce n'a jamais été sevré. Ça fait bien longtemps que notre espèce ne se livre plus au sexe uniquement à des fins de reproduction. Je postule que la Sexualité, la libido, le ça, etc., comme on veut, d'un Sujet n'est rien d'autre que la liste de Ses, et à chacun les siennes, intentions constitutives, ontogéniques, névrotiques, qui sont, tout ou partie, actualisées sexuellement, via le sexe (scientifiquement, biologiquement, physiologiquement, etc., dit) désormais instrumentalisé par celles-ci, assujetti (!). Le Sujet a totalement (et donc la psychanalyse ne va pas jusque là) mis la nature à son service. Emblématiquement, par exemple, la psychanalyse dit que la structure psychique normale est névrotique, est la norme. " Normale " parce que c'est la plus fréquente, qu'il en a toujours été ainsi ? Bis repetita : cela ne fait pas une raison.

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