Nietzsche, la volonté de puissance

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Re: Nietzsche, la volonté de puissance

Message par Courtial le Lun 20 Juin 2016 - 0:07

rêveur a écrit: Un boxeur, un haltérophile ou un bodybuilder, même après des années d'entraînement, continue de viser la force, de vouloir être plus fort. Mais ne va pas lui dire en face qu'il est faible (à la rigueur, pour le bodybuilder, ça peut être de la "gonflette", comme on dit, mais pour le boxeur, fais gaffe si tu tiens à toi).

Je ne parle pas à ce genre de petites gonzesses, ça finit toujours mal. Je me souviens d'une fois où Schwarzenegger s'était permis de me contredire, j'ai dû donner la punition, en l'occurrence une fessée cul nul devant tout le monde. Je m'en suis voulu de mon intolérance, puisque ça l'a motivé à mettre fin à sa carrière de gros dur pour se consacrer à la politique.

Pour le reste, Nietzsche ne manque jamais de mentionner que la volonté de puissance est une volonté de plus de puissance, ce que tu dis est donc tout à fait exact et c'est même la base.
J'ai expliqué moi-même qu'on s'interdit d'y comprendre quoi que ce soit en raisonnant sur le mode binaire (ou dialectique), faut penser en quantité et en intensité.

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Re: Nietzsche, la volonté de puissance

Message par Invité le Lun 20 Juin 2016 - 0:45

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Courtial a raison. La modalisation de la volonté de puissance cosmologique que nous sommes toujours-déjà-encore, sent sans se sentir, qu'elle n'est pas toute-puissante, mais elle veut s'éterniser. Or, pour s'éterniser, elle a besoin de - comme tu dis - tendre vers - comme dit Courtial - plus de puissance, en s'arrogeant d'autres potentialités d'actualisation - comme aurait dit Aristote, et où l'on voit bien l'écart Nietzsche-Aristote (ainsi que Nietzsche-Darwin, et Nietzsche-Schopenhauer, d'ailleurs).

Au reste, Nietzsche n'est pas obscur : il dit lui-même que la grammaire, que les mots sont des leurres, des illusions vitales - comme tout.

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Re: Nietzsche, la volonté de puissance

Message par Rêveur le Lun 20 Juin 2016 - 0:54

Malcolm Cooper a écrit:Au reste, Nietzsche n'est pas obscur : il dit lui-même que la grammaire, que les mots sont des leurres, des illusions vitales - comme tout.
"Nietzsche l'Obscur", bien sûr, c'était pour reprendre le mot sur Héraclite - l'Obscur - c'est Aristote qui l'appelait comme ça, je crois.

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Re: Nietzsche, la volonté de puissance

Message par Invité le Lun 20 Juin 2016 - 1:11

Oui, je n'avais pas fait le lien. Mais ce serait plutôt Nietzsche le Limpide - l'Hyperboréen, comme il aimait à métaphoriser - le Flamboyant !

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Re: Nietzsche, la volonté de puissance

Message par kercoz le Lun 20 Juin 2016 - 7:38

Courtial a écrit:
J'ai expliqué moi-même qu'on s'interdit d'y comprendre quoi que ce soit en raisonnant sur le mode binaire (ou dialectique), faut penser en quantité et en intensité.

Ne dis je pas la même chose en disant que le "Bien" n' est qu' un "moindre mal" ? ...qu' il n' y a pas de dualité binaire mais une dualité "relative".

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Re: Nietzsche, la volonté de puissance

Message par neopilina le Lun 20 Juin 2016 - 14:21

kercoz a écrit:Ne dis je pas la même chose en disant que le "Bien" n' est qu' un "moindre mal" ?

Chez 99, 99 ... 99 % des espèces, l'instinct de reproduction n'est rien de moins que génétiquement encodé ( En biologie, c'est ça un instinct. ), à partir de là comment explique tu que c'est un " moindre mal " ?
Laisse-moi te faire l'aumône d'un " secret " : notre espèce est la seule où l'individu n'est jamais sevré. Donc, exit la sociobiologie et même l'éthologie pour notre espèce, la seule dans ce cas.


Dernière édition par neopilina le Lun 20 Juin 2016 - 14:24, édité 1 fois

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Re: Nietzsche, la volonté de puissance

Message par Courtial le Lun 20 Juin 2016 - 14:22

kercoz a écrit:
Courtial a écrit:
J'ai expliqué moi-même qu'on s'interdit d'y comprendre quoi que ce soit en raisonnant sur le mode binaire (ou dialectique), faut penser en quantité et en intensité.

Ne dis je pas la même chose en disant que le "Bien" n' est qu' un "moindre mal" ? ...qu' il n' y a pas de dualité binaire mais une dualité "relative".

J'avais moi-même pris cet exemple au sujet de "au-delà/par delà de bien et de mal" et souligné la nécessité de traduire comme ça plutôt que "au-delà du bien et du mal".
Ben si tu l'as dit, tu as bien dit la même chose. Mais ce qu'il y a, c'est que par delà Héraclite l'Obscur et Nietzsche l'Obscur, il y a encore Kercoz l'Obscur, voilà tout.

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Re: Nietzsche, la volonté de puissance

Message par Rêveur le Lun 20 Juin 2016 - 16:59

.kercoz... la l' le Conffus.......plutot....
(cela dit je ne suis pas sympa, il ne s'exprime plus ainsi depuis un certain temps, il a bien amélioré son expression ; et même sur le fond il est moins confus qu'au début je trouve, il a vraiment - presque  - l'air d'un intervenant parmi les autres qui discute normalement.)

Courtial a écrit:J'avais moi-même pris cet exemple au sujet de "au-delà/par delà de bien et de mal" et souligné la nécessité de traduire comme ça plutôt que "au-delà du bien et du mal".

 Même plutôt "Au-delà de bien et mal", ou mieux "Par-delà bien et mal", comme on fait généralement, non ?

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Re: Nietzsche, la volonté de puissance

Message par Courtial le Lun 20 Juin 2016 - 19:43

En français, je ne distingue pas entre "au-delà" et "par delà". Jenseits veut dire au-delà.

Note de Maurice de Gandillac sur cette traduction :

O.C Gallimard de Nietzsche, tome 7, p. 361 a écrit:La traduction de Jenseits von Gut und Böse pose deux problèmes. D'abord l'absence d'article et le fait que les deux mots Gut et Böse soient au nominatif, non au datif  nous a déterminés à rendre ce titre en écrivant : par delà bien et mal, c'est-à-dire non par delà le bien et le , mal, mais par delà leur antithèse (ce qui signifie que Nietzsche ne cherche pas un domaine transcendant à deux valeurs opposées, mais nie cette opposition même, comme née du ressentiment des faibles). D'autre part, s'il s'agit parfois du bien et du mal comme entités métaphysiques (...) la formule renvoie souvent (...) aux qualificatifs bons et méchants (...).

En dehors de toute philosophie, j'avais indiqué l'aspect grammatical : on peut reprocher à Nietzsche toutes sortes de choses, moi le premier, mais pas de ne pas connaître l'allemand ou d'être un mauvais en allemand et de commettre des erreurs de déclinaison qui sont du niveau sixième. Si on veut dire "par-delà le bien et le mal", on met un article, qu'on verra en transparence en écrivant tout simplement jenseits von Guten und Bösen. Datif.  Là, il ne décline pas, donc il les prend comme des adverbes.
Et c'est évidemment plus intéressant : il n'y a pas d'un côté une substance et qui serait le Bien, et de l'autre une autre et qui serait le mal, et ce pauvre Nietzsche essayant de ramer pour trouver un Troisième Homme. Ou une synthèse dialectique un "dépassement" hégélien, ou quelque chose comme ça. Il veut faire autre chose, qu'on peut aimer ou pas, mais pas ça.

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