L'intellectuel et ses façons

Page 3 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par hks le Mar 27 Aoû 2013 - 14:11

à Victor

Intellectuel

Qui a un goût prononcé (ou excessif) pour les choses de l'intelligence, de l'esprit; chez qui prédomine la vie intellectuelle. Dont la vie est consacrée aux activités intellectuelles.
IL me semble que ce n'est pas ce que courtial vise. Il pense aux "grand intellectuels". J' ai cherché de l'antérieur à Zola et à l'introduction du mot . Erasme par exemple. Rechercher dans l' histoire  des esprits  d' influence   qui ne sont pas circonscrits dans une spécialité et dont on ne puisse dire de tel ou tel que  "c'est un philosophes  ou un essayiste ou même un penseur". Rechercher donc le petit plus  ou la différence.

Non spécialisation  mais aussi  une dimension d' influence sociétale  dans ce concept d' intellectuel .
Par exemple je vois JF Revel ou Arthur Koestler ou Chomsky.

Le grand intellectuel brasse et embrasse tout un ensemble de données.  C'est une sorte de généraliste, on parlait  autrefois d' humaniste . Mais humaniste intervenant. Dans ce sens Montaigne est d'abord un humaniste, dans la mesure où il publie et est lu il devient un des intellectuels de son temps.

 Où est le problème ? Parce qu'il y en a bien un de problème. Le problème est que dans notre période de spécialistes  on va précisément reprocher à l'intellectuel de ne pas en être un (de spécialiste ).

hks
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 4831
Date d'inscription : 04/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par victor.digiorgi le Mar 27 Aoû 2013 - 16:00

.

Bah ! Je ne vois pas de raison de reprocher quoi que ce soit à un intellectuel, s'il fait bien son métier et ne fait pas trop déféquer le monde en philosophant par exemple sur l'intellect et l'intellectuel.

Cela dit, personnellement, je ne vois pas d'inconvénient à ne plus m'intéresser dans la vie qu'au volet pragmatique, utilitaire et matérialiste de la philosophie.

Et parmi les choses utiles que je vois en philosophie, il y a la faculté offerte de discuter inutilement de tout et de n'importe quoi, car ça me permet personnellement de garder un peu la forme en favorisant la maigre efficacité des mes circuits neuronaux grâce à des exercices de rhétorique et d'écriture très agréables, de l'avis de ma carcasse en fin de course.

.

_________________
.
.
.
Au nom de l'ART, de la SCIENCE et de la PHILOSOPHIE. (Ainsi soit-il.)
.
.
.
avatar
victor.digiorgi
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 2042
Date d'inscription : 23/04/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par baptiste le Mar 27 Aoû 2013 - 16:54

Courtial a écrit:
L'intellectuel est aussi à distinguer d'un expert, et même à opposer totalement. Un expert ne peut agir que validé (comment ? , je ne rentre pas dans le détail pour l'instant) et qui exprime seulement son savoir faire.
Mais Hugo ou Voltaire n'ont pas été des intellectuels pour avoir fourni des grands conseils sur la façon de versifier ou de faire du théâtre, qui étaient pourtant le domaine de leur expertise.

Dernière chose : l'intellectuel n'est pas plus celui que sa profession destine à cela. Un professeur de philosophie, un concepteur d'émissions de media et bien d'autres exercent sans doute une profession "intellectuelle". Mais ce ne seront pas du tout des intellecuels.
Les intellectuels d'aujourd'hui semblent donc préférer rester dans leur tour d'ivoire académique et ne paraissent pas souhaiter devenir des Intellectuels avec un I majuscule. Prudence ou réalisme, qui sont les derniers Intellectuels français (au sens fortement médiatisé) Bourdieu, Castoriadis, cette génération, mais déjà rien à voir avec Camus, Sartre ou Aaron?? mais est-ce un phénomène spécifiquement français ?

baptiste
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 1238
Date d'inscription : 21/03/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par victor.digiorgi le Mar 27 Aoû 2013 - 17:59

baptiste a écrit:Prudence ou réalisme, qui sont les derniers Intellectuels français (au sens fortement médiatisé) Bourdieu, Castoriadis, cette génération, mais déjà rien à voir avec Camus, Sartre ou Aaron??  mais est-ce un phénomène spécifiquement français ?
Pour information, côté ouest de l'Atlantique Nord, ça fait longtemps que l'Intellectuel avec un I majuscule a complètement disparu de la circulation.

Mais

tout diplômé universitaire de l'équivalent français d'un doctorat (dans le domaine de la médecine, de la physique, de l'économie, du droit, etc.) reçoit automatiquement le titre de Docteur en philosophie (Ph. D.).

Je pense que cela fait partie d'une culture philosophique où le pragmatisme domine tout le reste en ce sens que la fin de toute instruction, ce n'est pas la connaissance, mais l'action. (Ou la connaissance permettant avant tout d'agir, ce qui revient au même.)

J'ai sans doute un peu déteint ...

.

_________________
.
.
.
Au nom de l'ART, de la SCIENCE et de la PHILOSOPHIE. (Ainsi soit-il.)
.
.
.
avatar
victor.digiorgi
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 2042
Date d'inscription : 23/04/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par hks le Mar 27 Aoû 2013 - 23:36

à Victor
Je ne vois pas de raison de reprocher quoi que ce soit à un intellectuel, s'il fait bien son métier.
J' ai essayé de t' expliquer que ce n'était justement pas un métier. Ce n'est pas non plus un rôle (d' emprunt)... Ce serait peut -être une vocation. Les grands intellectuels ont une spécialisation à l'origine, ils en sortent et tentent de penser multi-disciplinairement  comme on dit dans un monde où il y a des disciplines dont le domaine est bien circonscrit. Ils osent nourrir explicitement leur pensée  de ce qui n'est pas de leur spécialité d 'origine.


Ce que dit courtial est assez juste
Un intellectuel est une personne qui, ayant acquis une réputation dans un domaine relevant de la culture "élevée" (donc pas un chanteur ou une strip-teaseuse quels que soient leur mérite), use de cette autorité pour s'engager dans des champs politiques et sociaux qui ne sont pas les conditions ordinaires de son magistère.
Sauf que cette autorité ne tient pas  nécessairement si l'intellectuel en question se révèle trop insuffisant hors de son domaine. Sauf aussi que son engagement  sur la scène n'est pas nécessairement non plus politique ( je pense à Paul Valéry, à Jacques Monod).

Politiques, il ne sont d' ailleurs pas tous de gauche comme certaines interventions tenteraient de le dire .
( Malraux ?  Alain de Benoit ? et même.... Régis Debray?)

Bon maintenant que tout le monde chez toi reçoive le titre de docteur en philosophie montre bien le décalage entre  la philosophie comprise chez nous et chez eux . Cela dit il y en a quand même aux USA de plus philosophes que d'autres lesquels pour pragmatiques qu'ils soient n' en demeurent pas néanmoins  très spéculatifs. Il ne faudrait pas laisser croire à ceux qui ne connaissent pas la philosophie américaine qu' on n y pense pas.
avatar
hks
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 4831
Date d'inscription : 04/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par victor.digiorgi le Mer 28 Aoû 2013 - 5:00

hks a écrit:à Victor
Je ne vois pas de raison de reprocher quoi que ce soit à un intellectuel, s'il fait bien son métier.
J' ai essayé de t' expliquer que ce n'était justement pas un métier.
Pourrais-tu essayer de me l'expliquer de nouveau, après avoir pris connaissance de la troisième définition du mot « métier » donnée par le Robert de la langue française, définition qui se lit comme suit ?

Métier :

3 - Occupation permanente qui possède certains caractères du métier.
« Le métier de roi est grand, noble et flatteur » (Louis XIV).
Faire le métier de voleur, de proxénète.  
Fonction qui ressemble à un métier.
Condition. Le métier de courtisan. Les intellectuels, « dont le métier est de chercher la vérité au milieu de l'erreur » (Romain Rolland).
Fonction, rôle. Le métier de parents.


.

_________________
.
.
.
Au nom de l'ART, de la SCIENCE et de la PHILOSOPHIE. (Ainsi soit-il.)
.
.
.
avatar
victor.digiorgi
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 2042
Date d'inscription : 23/04/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par baptiste le Mer 28 Aoû 2013 - 10:00

hks a écrit:

Bon maintenant que tout le monde chez toi reçoive le titre de docteur en philosophie montre bien le décalage entre  la philosophie comprise chez nous et chez eux . Cela dit il y en a quand même aux USA de plus philosophes que d'autres lesquels pour pragmatiques qu'ils soient n' en demeurent pas néanmoins  très spéculatifs. Il ne faudrait pas laisser croire à ceux qui ne connaissent pas la philosophie américaine qu' on n y pense pas.
Tous les docteurs d'universités dans le monde entier utilisent cette dénomination, y compris en France lorsqu'ils publient dans des revues internationale, le mot philosophie fait référence en l'occurrence à la "connaissance" en général et ne fait référence à aucune spécialité.

Mais qui c'est qui pense et qui c'est qui pense pas? :?: Ce serait quoi un philosophe qui ne pense pas? Ou ce serait quoi un Ph D qui ne serait en l'occurrence pas docteur en philosophie mais par exemple docteur en anthropologie ou sociologie: un être qui ne pense pas?

baptiste
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 1238
Date d'inscription : 21/03/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par Bergame le Mer 28 Aoû 2013 - 12:13

Bon hé bien admettons donc qu'"intellectuel" soit un métier, dans ce cas, que signifie : "bien faire le métier d'intellectuel" ?

Accessoirement, c'est un autre sujet, mais il y a qui comme grands philosophes américains ? Je veux dire, à part ceux qui ont émigré entre 30 et 40 et qui avaient été formés en Europe ? Ouais, il y a donc les pragmatistes (Peirce-James-Dewey), Rawls, et éventuellement Thoreau pour faire plaisir à poussbois. Qui d'autre ?

_________________
...que vont charmant masques et bergamasques...
avatar
Bergame
Persona
Persona

Nombre de messages : 2625
Date d'inscription : 03/09/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par poussbois le Mer 28 Aoû 2013 - 14:24

:)

Merci. Ca me fait effectivement plaisir...

je rajouterais Aldo Leopold et John Baird Callicott, de purs produits américains.

Si on cherche des penseurs/intellectuels/philosophes anglo-saxons, il faut chercher dans les courants de pensée qui ont une forme d'actualité. Ces gens-là sont des pragmatiques. L'écologie est d'actualité. Et il n'est pas anodin que Peter Singer (néo-zélandais je crois) soit également anglo-saxon
Et comme le dit HKS, pragmatique ne veut pas dire non-spéculatif. Ce n'est d'ailleurs à mon sens pas (totalement) antinomique.

_________________
Le Nord, c'est par là.
avatar
poussbois
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 1623
Localisation : Petites Antilles
Date d'inscription : 18/07/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par hks le Mer 28 Aoû 2013 - 14:43

Je ne vais pas ergoter sur "métier" . J ai donné plusieurs exemples de ce qui me semblait correspondre au mot " intellectuel " ( compris comme grand intellectuelset non comme  "intellectuel" opposé à "manuel" ). J' y ajoute Diderot ...Liste non exhaustive.

Passons aux grands philosophes.

Objectivement la postérité décide de la grandeur. Le consensus est justifié selon divers critères que l'on peut toujours contester.
Cela dit je peux juger subjectivement qu'un philosophes  du passé n' est pas estimé  à sa juste valeur ( je pense à Maine de Biran ou à Nicolas de Cues ).
On ne peut savoir à l'avance  la destinée  d 'estime d' un  ou plusieurs philosophes américains ( disons de la sphère anglo-saxonne ).
Reste ceux que  l' on connait  du XXème siècle ou en activité et qui ne sont pas ceux cités par Bergame.
Whitehead en premier.( métaphysicien  dans la tradition speculative continentale )
et puis bien d' autres, eux dits de la philosophie analytique.(ou philosophie de l'esprit).
Comment pense par exemple David Chalmers ( australien d' origine ). Avant d' en juger il faut avoir fait l'effort de le lire.(idem de Davidson, H Putnam, Nelson Goodman ou JR Searles ... j' en passe donc ).

Pour paraphraser Montesquieu: " comment peut -on être David Chalmers ?"
"Ah ! ah ! Monsieur est Philosophe de l'esprit  ? c'est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Philosophe de l'esprit  ? »

  Je précise à Victor que ses propos sur la philosophie américaine   laisse planer un doute  sur la connaissance qu'il en a
Je cite

Je pense que cela fait partie d'une culture philosophique où le pragmatisme domine tout le reste en ce sens que la fin de toute instruction, ce n'est pas la connaissance, mais l'action. (Ou la connaissance permettant avant tout d'agir, ce qui revient au même.)
avatar
hks
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 4831
Date d'inscription : 04/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par hks le Mer 28 Aoû 2013 - 15:15

à poussbois
il faut chercher dans les courants de pensée qui ont une forme d'actualité. Ces gens-là sont des pragmatiques. L'écologie est d'actualité. Et il n'est pas anodin que Peter Singer (néo-zélandais je crois) soit également anglo-saxon
et oui ... Gregory Bateson ... autre exemple et non des moindres.

Mais si ce n'est  pas  l'université (quoi alors d'autre?) qui va faire nous faire ne serait- ce que prendre un minimum au sérieux cette sphère culturelle? Cette sphère très étrange j' en convient pour un continental.
 Vois cela ( étonnant pour nous ! ). La bibliographie fin de volume de l' opus magnum de Chalmers  (L esprit conscient... 5OO pages ) ne contient aucun  nom de continentaux ( Descartes  Hume et Locke sont  à peine évoqués dans le texte ). C' est à dire que Chalmers pense la question de la conscience sans  aucune référence explicite à la philosophie continentale . ( D' 'où d'ailleurs la difficulté de lecture).

IL y a eu un assez fort mouvement d' opinions opposé à la nomination  de Claudine Tiercelin au collège de France. Il y a en France une résistance  à la pénétration de cette philosophie analytique ( ou  de l'esprit). Pourquoi? Pourquoi ce qui était il y a un siècle co-présent  en Europe s' est- il  divisé . (  Frege  et Husserl par exemple ont correspondu )
avatar
hks
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 4831
Date d'inscription : 04/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par Bergame le Mer 28 Aoû 2013 - 15:44

Je ne nie pas que Davidson soit un philosophe, je demande si c'est un grand philosophe. Que retiendra-t-on de lui (et combien de temps ?) à part une théorie de l'action (inintéressante, à mon sens, mais c'est un autre sujet), et voila tout ?
Et si tu avais à choisir entre Austin et Searle, tu garderais Searle ?
Goodman, Putnam, je les connais peu, mais tu maintiens qu'ils méritent le qualificatif de "grand philosophe" ?

C'est intéressant, d'ailleurs, que la discussion en arrive à la philosophie analytique, parce que ce pourrait l'exemple même du courant philosophique qui se refuse à verser dans la figure de l'Intellectuel.
Or, comparé à ces philosophes qui se présentent comme des scientifiques, il me semble que le terme d'"intellectuel" reprend des couleurs. C'est-à-dire qu'entre Searle et Derrida, par exemple, pour l'intérêt intellectuel, pour la pénétration d'esprit, pour la fécondité, pour le spectacle de l'intelligence en action, mon choix, personnellement, est vite fait.

Parce que je rappelle que c'est ça, un philosophe, selon la première définition historique du terme : Un homme fécond en esprit. Et finalement, est-ce que les premiers philosophes, nos amis grecs, n'étaient pas typiquement des Intellectuels ? Il ne m'apparaît pas, en tous cas, que la spécialisation ait été le principal souci de Platon ou d'Aristote ? Et ces deux-là ne se refusaient même pas à intervenir dans la politique de leur temps.

En fait, est-ce vraiment la figure de l'Intellectuel qui est une catégorie moderne ? Ou n'est-ce pas plutôt la figure du Spécialiste -de l'Expert, quoi ?

_________________
...que vont charmant masques et bergamasques...
avatar
Bergame
Persona
Persona

Nombre de messages : 2625
Date d'inscription : 03/09/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par poussbois le Mer 28 Aoû 2013 - 15:58

est-ce que les premiers philosophes connus, nos amis grecs et autres métèques méditerranéens n'étaient pas typiquement des intellectuels ?

Sisi

Je te rejoins également sur la philosophie analytique qui a plus l'allure d'un cul de sac intellectuel que d'une révolution philosophique.
On a eu également quelques produits de cette école sur d'autres forums, ils n'étaient pas spécialement impressionnants ni beaucoup plus malins que les autres...

_________________
Le Nord, c'est par là.
avatar
poussbois
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 1623
Localisation : Petites Antilles
Date d'inscription : 18/07/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par neopilina le Mer 28 Aoû 2013 - 16:21

Bergame a écrit : " En fait, est-ce vraiment la figure de l'Intellectuel qui est une catégorie moderne ? Ou n'est-ce pas plutôt la figure du Spécialiste -de l'Expert, quoi ? "

C'est plutôt l'étiquette " Intellectuel " qui est récente, on a un peu fait sa filiation historique au dessus. Mais surtout oui, avec le temps, l'émergence, la différenciation, la multiplication, des spécialités qu'on a vu historiquement, c'est bien plus le Spécialiste qui est neuf. Il faut un peu jauger cette accélération. Je me suis penché de très prés sur l'histoire de la paléontologie. Il a fallu une bonne vingtaine de siècles à cette discipline, et pas mal d'autres, pour devenir telle, une discipline pleinement telle au XIX, avec une lenteur qu'on s'imagine mal aujourd'hui, un démarrage laborieux au XVII, comme beaucoup, beaucoup, d'autres. Et aujourd'hui, au début du XXI, elle compte des dizaines de spécialités hyper-pointues, où règnent les experts. C'est quelque part, historiquement, dépouillé toujours un peu plus l'intellectuel.
Il se pourrait bien que l'émergence de l'expert ait plus en plus fait d'ombre à ce généraliste qu'est l'intellectuel. Il ne viendrait à l'esprit de personne aujourd'hui, parce que c'est devenu absolument impossible suite aux dites émergences, d'entreprendre une oeuvre telle que celle d'Aristote, à vouloir exceller dans tous les domaines du savoir existants. Il me semble qu'il y a là une piste à explorer à propos des péripéties de l'intellectuel.
Au début, le " philo-sophos " et ses parallèles historiques dans d'autres régions, s'accaparent sans peine tous les domaines du savoir.

neopilina
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 3926
Date d'inscription : 31/10/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par victor.digiorgi le Mer 28 Aoû 2013 - 16:53

Bergame a écrit:Bon hé bien admettons donc qu'"intellectuel" soit un métier, dans ce cas, que signifie : "bien faire le métier d'intellectuel" ?
Ça consiste à ne jamais faire de fautes de syntaxe, ni de grammaire, ni d'orthographe, par exemple. À ne pas se tromper de citation, par exemple aussi. À ne pas déformer la pensée des autres, par exemple encore.

Après, s'il a envie de parler de la vérité absolue de l'idée pure du contenu de sa cocotte et de son assiette, ça le regarde, pourvu qu'il ne meure pas trop vite de faim en oubliant de s'alimenter la carcasse, car un intellectuel mort, ça ne fait pas bien son métier.

Bergame a écrit:Accessoirement, c'est un autre sujet, mais il y a qui comme grands philosophes américains ? Je veux dire, à part ceux qui ont émigré entre 30 et 40 et qui avaient été formés en Europe ? Ouais, il y a donc les pragmatistes (Peirce-James-Dewey), Rawls, et éventuellement Thoreau pour faire plaisir à poussbois. Qui d'autre ?
Je ne sais pas ce que vaut le poids de la carcasse physique des corps des philosophes additionné de celui des ouvrages pondus par ces dites carcasses, mais si c'est un critère d'importance, alors tirons notre chapeau aux écrivains de l'annuaire du téléphone de tous les pays du monde.

Mais pour parler sérieusement et répondre à ta question, je vois surtout Ralph Waldo Emerson, qui a écrit une assez remarquable déclaration d'indépendance par rapport à la pensée idéelle de l'Europe en général et à celle de l'Allemagne en particulier, et dont Nietzsche disait qu'il était très près de lui.

Je vois aussi Walt Whitman, qui s'est servi d'une remarquable poésie pour rapprocher transcendantalisme et réalisme et développer aussi une philosophie de la tolérance envers les diverses orientations sexuelles. (Qui sait si François Hollande ne l'a pas lu, LOL...)

Mais actuellement, je vois en philosophie des pensées cherchant à se rapprocher étroitement de la science. Je pense notamment au petit essai que j'ai sur la table.

Il est pondu par un bonhomme du nom de Claude Lagadec (il est mort en 2000, ah ! le con !) et s'intitule « Les Fondements biologiques de la morale ».

Cet essai propose d'introduire la méthode expérimentale en morale. D'après Lagadec, de bonnes connaissances des mécanismes régissant l'ethnocentrisme et le racisme fondant la morale, qui est uniquement celle du groupe, et il n'y a pas d'autre morale que celle-là, dit-il (bonsoir, monsieur Kant), ces connaissances devraient pouvoir servir à favoriser l'émergence de politiques œuvrant pour le bien et le plaisir de tous.

Pour acquérir ces connaissances, il propose simplement de créer des protocoles d'expérience faisant appel à la méthode scientifique. Je ne sais pas lesquels pour l'instant. Je n'ai pas tout lu de lui.

.

_________________
.
.
.
Au nom de l'ART, de la SCIENCE et de la PHILOSOPHIE. (Ainsi soit-il.)
.
.
.
avatar
victor.digiorgi
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 2042
Date d'inscription : 23/04/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par victor.digiorgi le Mer 28 Aoû 2013 - 17:00

hks a écrit:Je précise à Victor que ses propos sur la philosophie américaine   laisse planer un doute  sur la connaissance qu'il en a
Il ne faut pas douter, mon vieux. Je te le dis tel que je le pense : Je suis un inculte.

.

_________________
.
.
.
Au nom de l'ART, de la SCIENCE et de la PHILOSOPHIE. (Ainsi soit-il.)
.
.
.
avatar
victor.digiorgi
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 2042
Date d'inscription : 23/04/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par Bergame le Mer 28 Aoû 2013 - 17:21

neopilina a écrit:Bergame a écrit : " En fait, est-ce vraiment la figure de l'Intellectuel qui est une catégorie moderne ? Ou n'est-ce pas plutôt la figure du Spécialiste -de l'Expert, quoi ? "

C'est plutôt l'étiquette " Intellectuel " qui est récente, on a un peu fait sa filiation historique au dessus. Mais surtout oui, avec le temps, l'émergence, la différenciation, la multiplication, des spécialités qu'on a vu historiquement, c'est bien plus le Spécialiste qui est neuf. Il faut un peu jauger cette accélération. Je me suis penché de très prés sur l'histoire de la paléontologie. Il a fallu une bonne vingtaine de siècles à cette discipline, et pas mal d'autres, pour devenir telle, une discipline pleinement telle au XIX, avec une lenteur qu'on s'imagine mal aujourd'hui, un démarrage laborieux au XVII, comme beaucoup, beaucoup, d'autres. Et aujourd'hui, au début du XXI, elle compte des dizaines de spécialités hyper-pointues, où règnent les experts. C'est quelque part, historiquement, dépouillé toujours un peu plus l'intellectuel.
Il se pourrait bien que l'émergence de l'expert ait plus en plus fait d'ombre à ce généraliste qu'est l'intellectuel. Il ne viendrait à l'esprit de personne aujourd'hui, parce que c'est devenu absolument impossible suite aux dites émergences, d'entreprendre une oeuvre telle que celle d'Aristote, à vouloir exceller dans tous les domaines du savoir existants. Il me semble qu'il y a là une piste à explorer à propos des péripéties de l'intellectuel.
Exactement. Mais du coup, là, en caractérisant l'intellectuel comme un généraliste, et en suggérant qu'historiquement, l'expert lui succède, tu es bien en train de révoquer en doute l'hypothèse précédente selon laquelle l'"intellectuel" était une figure récente ?
Et effectivement, je crois que c'est une piste intéressante. En fait, je fais l'hypothèse que l'éducation jusqu'au XIXe consistait plutôt en un enseignement généraliste. L'"homme cultivé", l'"honnête homme", c'était un homme possédant une culture classique, relativement large et relativement superficielle, lui permettant d'intervenir sur un nombre élevé de sujets. C'était en effet, dans les salons où l'on cause, un homme qui avait de la conversation. Ce n'est qu'avec l'industrialisation et la spécialisation des tâches que l'éducation se spécialise -en même temps, d'ailleurs, qu'elle devient plus technique et "scientifique".
Ainsi, si l'"intellectuel" agace, s'il apparaît déplacé, c'est peut-être parce que, en quelque sorte, il s'est trompé d'époque. Il réinvestit la figure de l'"homme cultivé" pré-moderne dans un environnement historico-culturel qui ne jure que par l'expertise, le pragmatisme, et l'efficacité.

_________________
...que vont charmant masques et bergamasques...
avatar
Bergame
Persona
Persona

Nombre de messages : 2625
Date d'inscription : 03/09/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par euthyphron le Mer 28 Aoû 2013 - 17:30

poussbois a écrit:est-ce que les premiers philosophes connus, nos amis grecs et autres métèques méditerranéens n'étaient pas typiquement des intellectuels ?
A l'évidence, oui, ce n'était pas des travailleurs manuels. Et pourtant on ne dit pas "intellectuel de l'Antiquité".
Il me semble qu'il faut dater du Moyen Age l'apparition de la figure de l'intellectuel tel qu'on l'entend. Parce que c'est au Moyen Age que naissent les universités. L'universitaire n'est pas seulement celui qui utilise sa tête plutôt que ses mains, il est celui dont la fonction sociale est d'être capable d'une pensée originale, et qui a vocation à la formuler en public. Bien sûr, je n'ignore pas que sa parole a été surveillée, voire censurée, mais c'est justement une manière de reconnaître son originalité.
L'intellectuel d'aujourd'hui, normalement, est toujours celui dont la parole est stimulante, parce qu'elle apport un éclairage inattendu. Si Bernard-Henri Lévy est une baudruche, c'est parce qu'il y a beau temps qu'il ne surprend plus, et qu'on sait d'avance les conneries qu'il va dire.

_________________
amicus plato sed magis amica veritas
avatar
euthyphron
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 1507
Date d'inscription : 01/06/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par victor.digiorgi le Mer 28 Aoû 2013 - 18:44

.

Bah, y faut pas être trop méchant avec BHL. Il a quand même pondu y a pas longtemps à Saint-Paul de Vence une assez bonne exposition d'art contemporain alliée à de la récitation in situ de textes philosophiques ayant un petit rapport avec les œuvres exposées.

Cette passerelle créée ainsi entre l'Art et la Philosophie n'est pas con, loin de là, je trouve. Mais c'est une question de goût personnel, bien sûr.

.

_________________
.
.
.
Au nom de l'ART, de la SCIENCE et de la PHILOSOPHIE. (Ainsi soit-il.)
.
.
.
avatar
victor.digiorgi
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 2042
Date d'inscription : 23/04/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par hks le Mer 28 Aoû 2013 - 19:43

à bergame

En fait, est-ce vraiment la figure de l'Intellectuel qui est une catégorie moderne ? Ou n'est-ce pas plutôt la figure du Spécialiste -de l'Expert, quoi ?
C' est ce que je suggérais.

Je ne tiens aucun des philosophes  actuels pour grand au sens ou seule l' avenir peut en montrer l' importance. Cela dit la postérité n' est pas d' une absolue véracité non plus. C' est une véracité mondaine et transitoire.

A vrai dire le grand ou les grands sont ceux qui me parlent  intimement. Jugement subjectif ! Kant est mondainement un grand mais subjectivement il ne l'est pas (pas pour moi ).
Donc si certains textes de philosophie analytique m' ont passionné, c'est mon seul critère d' évaluation. Cette évaluation n'est pas classificatoire /hiérarchisante. Il se peut que j' estime grand et ce sera subjectif,  donc grand pour moi, un petit texte d Austin (Sense and Sensibilia).

Je n'ai pas d'affection passionnelle a priori pour les anglo-saxons. Certains traitent les questions que je me pose  du point de vue continental (celui qui m' a formé). Le traitement analytique est particulier et rompt avec les manières de penser continentales.( pas autant qu' on veux bien le dire )
En  Europe nous avons eu de telles ruptures d' approches. La plus récente étant la phénoménologie. Nous nous sommes accommodés de la coexistence  du rationalisme et de la phénoménologie. Je peux lire et apprécier Spinoza et Maine de Biran,  voire Nietzsche ou Husserl  (ou/et Michel Henry ).
La variation de perpectives m' intéresse ( toujours subjectivement ). Je ne focalise pas absolument et exclusivement sur Un philosophe (ou un style de pensée ),  je fais jouer les perspectives.
Et la philosophie de l'esprit est une perspective .
avatar
hks
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 4831
Date d'inscription : 04/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par hks le Mer 28 Aoû 2013 - 20:00

à poussbois
Je te rejoins également sur la philosophie analytique qui a plus l'allure d'un cul de sac intellectuel que d'une révolution philosophique.
Je ne sais à qui tu réponds ... dommage.

On a certes au début Frege et puis Russell qui estiment faire la révolution ... et puis Wittgenstein qui lui en fit sans doute une. Et puis une manière de penser qui s' est généralisée ( USA et monde anglo-saxon ) avec bien des nuances,  bien des controverses  et oppositions. La famille en question est loin d' être unifiée  et taxable de "cul de sac". Pas plus "una voce"  au fond que la famille phénoménologique ne l'est  ou la rationaliste.  C 'est un monde de pensée qui s' est constitué un peu comme la scolastique médiévale constituait un monde de pensée , comme l' idéalisme allemand constituait un monde lui aussi ... et la phénoménologie encore un autre. Ce sont des sacs si tu veux, mais pas des cul de sac ...pas a priori.
avatar
hks
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 4831
Date d'inscription : 04/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par neopilina le Mer 28 Aoû 2013 - 20:09

Les temps sont durs pour notre " homme ", il peut être une femme, certes depuis peu. Dés le début du fil, on a parlé de " disette ".

On a vu sur le tard, c'est à dire dernièrement, à l'époque contemporaine, des personnages issus d'une spécialité, d'abord des experts donc, acquérir auprès du plus grand nombre et auprès des " honnêtes hommes " une forme certaine de respectabilité, d'audience, d'attention. Avoir une certaine " aura ".
C'est que là, en plus de l'expert, ce qui lui a permis de se hisser un tant soi peu, on a également un Homme. Que d'instinct, tout le monde va reconnaître comme tel.

Je crois, à voir nos débats, que l'intellectuel a eu son heure de gloire au XIX et au XX, avec la démocratie ?, on a parlé d'Hugo, de Zola, jusqu'à Aaron, Camus, Sartre, etc. Après, sans que je ne me l'explique plus, on voit bien que ça change, que ceux sus-cités prennent le relais.

Et si on prend encore plus de recul, historique, on voit bien les tribulations de notre personnage.

Oui, plutôt que de cul de sac parlons de " branches ", encore des spécialités ( Je propose une métaphysique, en m'empressant de dire que sa phénoménologie pêche clairement. ).

neopilina
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 3926
Date d'inscription : 31/10/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par hks le Jeu 29 Aoû 2013 - 0:58

à neo

on voit bien que ça change, que ceux sus-cités prennent le relais.
On a un défilé de points de vue spécialisés ... mais sans synthèse. Sans synthèse de haute tenue.
Plus exactement  on se méfie de la synthèse, la synthèse est devenue douteuse. On ne fait plus du tout confiance  à la vertu généralisante de l' esprit humain. On nous dit ( parole d' experts ) que le monde est devenu trop complexe et on le croit.
Les philosophes se spécialisent , non plus experts de tel grand système, mais spécialiste d'une question ou d' un domaine précis. Sur le modèle des sciences. On peut reprocher à cette philosophie américaine  sa tendance à la spécialisation( c'est dans l'idée même d analyse! ). Il est bien évident que nous avons  besoin de synthèse. Jusqu' à peu les philosophes continentaux y pourvoyaient encore.
avatar
hks
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 4831
Date d'inscription : 04/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par poussbois le Jeu 29 Aoû 2013 - 9:45

hks a écrit:à poussbois

On a certes au début Frege et puis Russell qui estiment faire la révolution ... et puis Wittgenstein qui lui en fit sans doute une. Et puis une manière de penser qui s' est généralisée ( USA et monde anglo-saxon ) avec bien des nuances,  bien des controverses  et oppositions. La famille en question est loin d' être unifiée  et taxable de "cul de sac". Pas plus "una voce"  au fond que la famille phénoménologique ne l'est  ou la rationaliste.  C 'est un monde de pensée qui s' est constitué un peu comme la scolastique médiévale constituait un monde de pensée , comme l' idéalisme allemand constituait un monde lui aussi ... et la phénoménologie encore un autre. Ce sont des sacs si tu veux, mais pas des cul de sac ...pas a priori.
Compris et bien vu. Du coup, j'aurais tendance à voir la philosophie analytique au même niveau que la phénoménologie : une sorte d'outil qui permet de penser autrement. Un peu comme quand on a commencé à parler de systémique avec l'arrivée des sciences écologiques. Par contre, l'idéalisme ou le matérialisme sont des familles de pensées qui me semblent dépasser cette simple notion d'outil. Je me trompe encore ?

_________________
Le Nord, c'est par là.
avatar
poussbois
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 1623
Localisation : Petites Antilles
Date d'inscription : 18/07/2012

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par euthyphron le Jeu 29 Aoû 2013 - 10:33

Un de mes professeurs disait qu'en tout il y a deux écoles : il y a ceux qui préfèrent le champagne dans des coupes et ceux qui le préfèrent dans des flûtes drunken . La philosophie est marquée par cela, depuis Héraclite et Parménide (qui, aux dernières nouvelles, n'auraient en fait jamais couché ensemble). Et nous n'en avons pas fini d'opposer Platon et Aristote, même à coup de préjugés :pirat: . Bref, toujours opposer les petits boutiens aux gros boutiens, sinon la philosophie risque de ne plus être drôle. Et n'oublions pas la question subsidiaire, qui est de savoir si les petits boutiens sont les analytiques et les gros boutiens les phénoménologues (ce vers quoi j'incline), ou si c'est le contraire.
Cependant, c'est une vraie question que de se demander où passe la grande fracture, se demander quelle est la question en quelque sorte. Si par exemple on la fait passer  entre idéalisme et matérialisme, donc entre deux dogmatismes, alors la philosophie est morte ou peu s'en faut en tant qu'effort de pensée. Il est beaucoup plus intéressant a priori d'opposer deux styles, voire deux méthodes, comme on a pris l'habitude de dire dans les facs aux étudiants qu'il fallait le faire, entre analytiques et phénoménologues. Mais à part nourrir les querelles de pouvoir et de préséance dans les universités je ne crois pas que cela nous mène quelque part. Il y a beaucoup de pipeau derrière tout cela.

_________________
amicus plato sed magis amica veritas
avatar
euthyphron
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 1507
Date d'inscription : 01/06/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'intellectuel et ses façons

Message par hks le Jeu 29 Aoû 2013 - 14:20

à euthyphron

J' ai soulevé la question suivante : pourquoi suis-je  aussi intéressé ( donc impliqué ) par la lecture de Spinoza et puis la lecture de Husserl  enfin celle de Wittgenstein ( liste non exhaustive... mais je pose là des  philosophes où le contraste apparait  ) Est- ce que cela tient de mon tempérament  "bon public"? Ou bien est- ce qu' après  tout j' estime valide plusieurs manières d'aborder les choses?
Pourquoi ai- je la nature du caméléon ?  Car pour répondre à l'injonction :"connais- toi toi -même", il me semble bien  me savoir caméléon  quelque part.
Hors du bestiaire ... j'ai cinq sens , cinq perspectives. En philosophie pourquoi  privilégier ( exclusivement ) un sens ( analogiquement une manière de penser et poser les questions ) sur d'autres possibles ?
avatar
hks
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 4831
Date d'inscription : 04/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Page 3 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum