"Connais-toi toi-même".

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"Connais-toi toi-même".

Message par neopilina le Dim 28 Juil 2013 - 13:12



L'origine précise, l'auteur, de la maxime, du précepte, de la formule, est inconnu. On sait qu'elle figurait, avec quelques autres, dont le "E" ( Tu es. ), très proche philosophiquement, sur le fronton du temple d'Apollon à Delphes. On croit souvent qu'elle émane de Socrate, ce n'est pas le cas, il ne fait que la reprendre.

Il est parfaitement possible, c'est même indispensable, ça correspond à la mise en oeuvre pratique de la maxime, de faire ce qu'on à faire, etc, tout en ayant parallèlement un petit réflexe introspectif, déculpabilisé et déculpabilisant quant à soi, ce qu'on pense, dit, fait. Personne n'est parfait, mais avec une telle attitude on tend à se corriger, à corriger ce qui doit l'être.

Je ne suis pas moraliste. Ce terme est trop connoté : derrière plane l'ombre écrasante, culpabilisante, du monothéisme. Cette façon de faire est même contre-productive, elle fabrique ce qu'elle condamne. Les églises sont vides ? Peu importe, le terme "Salope", exemple emblématique, n'a jamais été aussi consistant, c'est le vomissement d'une âme malade, porteur de façon constitutive de toute l'histoire de sa culture, le " mot " claque comme un coup de fouet, synthétique, et désir et juge. Au haut moyen âge, quant un évêque organisait un banquet il ne manquait pas de faire venir des prostituées de la ban-lieue. L'Occident judéo-chrétien se débarrasse aussi péniblement que possible de cette folie aberrante, alors que chez l'Islam, de 6 siècles plus tardif, elle est à son paroxysme. L'Islam vit ce que l'Occident a vécu il y a plusieurs siècles, avec par exemple, également emblématique, l'Inquisition.

La mise en oeuvre aussi paisible que déterminée du "Connais-toi toi-même" permet peu à peu le "E", "Tu es", les guillemets ne sont pas des fioritures : je cite le Dieu qui s'adresse à toi, yeux dans les yeux, le Grec qui se rendait à Delphes le vivait ainsi. Le but de la démarche est spirituelle, philosophique, c'est ÊTRE a priori, constitutivement, en Paix. Celle ou celui qui EST en Paix a priori, si quelque chose d'extérieur ne vient pas le contrarier, est de prime abord serein, affable, insouciant, etc.

Les derniers mots de Socrate disent en substance que la vie elle-même chez notre espèce était devenue une maladie, j'ai longtemps été de cet avis. Je ne le suis plus, je dirais plutôt, que c'est la vie qui chez notre espèce est malade, en l'occurrence de la morale monothéiste, judéo-chrétienne, chez nous.

Il y a d'abord toute la considération que peut avoir ces conseils du Dieu ( Du, le, les, Dieux, chez les païens, Dieu, forcément, chez les monothéismes. ). Au-dessus, quant à cette démarche à laquelle nous invitent plusieurs Dieux grecs, j'ai dit spirituelle, philosophique, mais pas religieuse. Chez les Grecs le Dieu est plus un voisin bienveillant, avec ses défauts et ses qualités, qu'un "patron" absolu et tellement parfait qu'il peut en devenir inhumain. C'est tout le secret des prouesses intellectuelles, artistiques, etc, inouïes de cette civilisation où l'émancipation du meilleur de l'homme a peu voire pas de parallèle, c'est pourquoi on parle souvent de miracle grec. Le Dieu est un ami bienveillant, un ami, ce qui n'empêche surtout pas la lucidité quant à l'ami. Les frasques des Dieux grecs sont également célèbres.

Ensuite l'Autre être humain, l'un des trois piliers de l'éthique avec l'Animal et la Nature, celle-ci à la fois comme entité en soi et lieu et ultime horizon pour soi, nous. Autre être humain que l'on peut qualifier donc parfaitement d' "autre nous-même", c'est finalement à cause de l'identification de soi à l'autre, l'empathie, qu'on sait au fin fond de soi si on a mal ou bien agit à l'égard de tel autre.

Il va de soi que je ne fais pas d'angélisme. Mon premier ennemi c'est moi, mes défauts, et je m'engage à les combattre. Ensuite si tel ou tel autre se comporte mal envers l'Autre et/ou l'Animal et/ou la Nature, je n'aurais aucun mal à en faire mon ennemi, et à le combattre avec les moyens adéquats.

Problème de la violence. Elle ne se justifie que dans un cas, et pas un de plus : la légitime défense, quand je fais l'objet de violence ou quand l'autre se prépare à faire preuve de violence à mon égard ou à l'égard d'autrui. Je n'ai aucun souci avec ça : oui nous vivons encore à une époque où le Soldat est encore nécessaire. Si nos garçons n'étaient pas au Mali, ça serait des otages en plus et de nouveau des bombes dans le métro parisien, etc.

Le "libéralisme" ? Allons, appelons un chat un chat : la cupidité, la soif du profit, de l'argent. C'est l'autre grande maladie qui affecte le sujet humain. Elle assassine des enfants, des femmes, des hommes, elle détruit des écosystèmes entiers, avec flore et faune, est la cause directe de la disparition d'espèces, de pollutions qui donnent le vertige, elle asservit des milliards d'êtres humains, en fait elle asservit l'humanité, l'animal, et porte des atteintes souvent irrémédiables à la nature. La liste des maux qu'elle génère est sans fin. En atteignant les trois piliers reconnus philosophiquement de l'éthique, elle s'est faite ennemie de la vie toute entière.

L'une des très grande force du libéralisme économique est la dilution de la responsabilité, de la culpabilité. Ma compagne et moi, somme toute, ne savons ce que notre banque fait avec l'argent de notre livret d'épargne populaire ( Mais il paraitrait que ce placement en France sert à financer les logements sociaux.). L'immense majorité des actionnaires ne veulent surtout pas savoir ce que font les entreprises pour satisfaire leur soif de dividendes. Ceux qui ont les moyens ont un portefeuille qu'ils font gérer par autrui, leur banque, voire des spécialistes. Pas de sang sur les mains, pas de pétrole dans la pelouse, ne surtout pas troubler le sommeil. Avec la morale, c'est effectivement l'autre souci, défi, majeurs.

On peut être serein a priori, sans que cela empêche en quoi que ce soit la colère ou la tristesse et j'en passe. Et j'affirme même le contraire, si quelque-chose d'externe vient provoquer une colère et/ou une tristesse légitime, le Serein a priori ne le sera plus du tout en acte, a posteriori, a contrario de l'éthique quant à l'Autre, l'Animal et la Nature qui est la sienne. Et en ces occasions je serais fort de ce que je suis a priori.

Et c'est déjà bien de savoir qu'on navigue, tous déjà, a priori, on n'est peu dans ce cas. On sais très bien qu'on ne navigue pas à vue, on a des objectifs, les moyens qu'on peut se donner.
Et ce n'est certainement pas parce qu'on en fait pas des mots qu'on n'a pas de valeurs, d'éthique, dans ce cas là, on est simplement comme tout le monde. C'est la métaphore du Voyageur développée dans l'Odyssée. C'est le récit d'une quête philosophique, spirituelle, ÊTRE en Paix a priori, constitutivement.

Comme TOUT le monde, tu erres, comme Ulysse, comme le relatait Homère dans l'Odyssée.
A chacun SA Mer du Couchant.
Avoir conscience de sa condition première de Voyageur, c'est déjà bien.
Tu erres donc dans TA propre Mer du Couchant, en affrontant des monstres, des fantômes, des sirènes, etc, qui sont les Tiens, et c'est un euphémisme, ils sont des éléments constitutifs de ta personne.
Homère nous relate les difficultés d'Ulysse à rentrer chez lui après la guerre de Troie.
Et Homère lui-même éprouve d'énormes difficultés à nous dire ce dont il a l'intuition. De son aveu même, le périple d'Ulysse n'est pas terminé, le fantôme du devin Tirésias le lui dit, de mémoire :" Une fois de retour, tu prendras ta rame ( Symbole du périple.) et tu marcheras jusqu'au moment où tu rencontreras des hommes qui te demanderont ce que tu fais avec une pelle à grain sur l'épaule". C'est à dire des Hommes, qui ignorent les affres de la Mer du Couchant, dont l'existence n'est pas une errance parmi les autres.

Il va de soi, d'emblée, qu'une telle démarche n'est pas à la portée de tous, et encore moins de toucher au but, mais le Bouddha disait très justement que le chemin compte autant que le but.

Comment ? Je l'ai déjà esquissé, j'ai déjà indiqué le cap. Connais-toi toi-même, donnes-toi une éthique, etc, et tiens-toi y. Parce que ton problème principal, et c'est le cas de TOUT le monde, c'est d'abord toi.

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Re: "Connais-toi toi-même".

Message par Geo Rum Phil le Dim 28 Juil 2013 - 13:28

neopilina a écrit:
Comment ? Je l'ai déjà esquissé, j'ai déjà indiqué le cap. Connais-toi toi-même, donnes-toi une éthique, etc, et tiens-toi y. Parce que ton problème principal, et c'est le cas de TOUT le monde, c'est d'abord toi.

Pour faire plus court, voici la méthode du comment… Wink


Qu'est-ce que le bouquin émissaire ?

Le bouquin émissaire est un livre de confession individuelle où on mémorise touts nos fautes et tous nos torts. Une fois remplit on n'a pas besoin de l'envoyé dans le désert, mais regarder attentivement son désert intérieur.

Source:
L'évolution des moeurs / du bouc...au bouquin émissaire
( http://digression.forum-actif.net/t602-new-le-bouquin-emissaire )
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Re: "Connais-toi toi-même".

Message par neopilina le Dim 28 Juil 2013 - 13:46

Pas mal.

Mais je suis loin d'être un désert. Du bordel où règne tout et son contraire, de l'exténuant champ de bataille intérieur, où s'affrontent dans une Guerre sans merci le " Je veux " et le " Tu dois, ne dois pas ", au désert, il y un juste milieu. Je suis bien vivant.
Mais c'est vrai que mon " Des Dieux ", mon journal qui comprend tout ce que j'ai pu commettre à l'écrit, a permis, en marquant à la culotte, en jalonnant, mon propre Périple, a eu également ce rôle cathartique.
Mon " De la Nature ", et plus encore l'abrégé qui le termine, et que j'ai donné, est une ligne droite tracée sur une carte, on dirait " distance à vol d'oiseau", mais au sol voire en Mer où en Montagne, le cheminement a été plus que sinueux ! Tiens ! Je me rends compte qu'il est question de ma vie !

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C'est à pas de colombes que les Déesses s'avancent.
" Tout Étant est à la fois a priori Donné ET Suspect, parce que Mien ". Moi.

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Re: "Connais-toi toi-même".

Message par Geo Rum Phil le Dim 28 Juil 2013 - 15:31

neopilina a écrit: Du bordel où règne tout et son contraire, de l'exténuant champ de bataille intérieur, où s'affrontent dans une Guerre sans merci le " Je veux " et le " Tu dois, ne dois pas ", au désert, il y un juste milieu.

...oui, juste au milieu du désert il y a la Fata Morgana du champ de bataille intérieur "Je veux "  " Tu dois, ne dois pas ",  etc.

Le bordel est là où tout et son contraire règne en désordre, la confusion étant la reine dans son bordel, qui croit que l'impudeur est une forme plus évoluée de la pudeur.
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