Kant, Critique de la Raison Pure : Préfaces et Introduction

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Kant, Critique de la Raison Pure : Préfaces et Introduction

Message par Bergame le Lun 17 Sep 2007 - 23:03

Par Olaf : Kant, Critique de la Raison Pure, Préfaces et introduction

Kant fut, selon Schelling, une révolution copernicienne. A l'époque de la physique Newtonnienne, qui ne consistait pas en une exposition des causes, mais plutôt en une étude des phénomènes, Kant viendra révolutionner l'approche philosophique en étudiant les caractéristiques propres du sujet humain dans la perception du réel.

L'objectif de ce sujet n'est pas de systématiser Kant avec rigueur... Ce sujet va se borner globalement aux préfaces et à l'introduction de la Critique de la Raison Pure.


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L'entreprise de Kant est la Critique, c'est-à-dire, une séparation claire et nette des différents champs. Cette critique, il la mener sur le domaine de la connaissance. En d'autre terme, que nous est-il possible de connaître? C'est ce à quoi il va tenter de répondre.


A - De la Sensibilité à l'Entendement

L'objectif de Kant n'est pas de découvrir l'en soi, de découvrir la cause première, ou d'autres domaines qui pour lui sont inconnaissables. Ces questions sont commes des poisons. Il va au contraire systématiser l'expérience sensible et ses lois d'apparition.

Il y a un en-soi, la chose, un noumène, un lieu innatteignable, et tout ce que l'on en a, c'est une représentation. Déterminer l'en-soi n'est pas l'objectif. Son objectif, c'est de déterminer la formation de la représentation. Car si la Chose nous agit, nous structurons notre représentation de la chose. Tout ce que j'ai de la chose, c'est un phénomène, et il faut se poser la question de la structuration du phénomène. Cette distinction Noumène / Phénomène éclairera plus tard de nombreux problèmes métaphysiques (comme la Liberté, Dieu...).

Kant distingue 2 instances de mon esprit qui jouent dans ma connaissance du monde:

1 - La Sensibilité, qui est l'instance de la réceptivité des sensations. Matière brute, informe, mais qui pourtant possède déjà ce que l'on pourrait appeler une présentabilité (on verra pourquoi par la suite).

2 - L'Entendement, qui est le lieu où réside certaines choses innées, certains concepts, qui permettent de lier l'expérience brute, à en faire des pensées.

S'il y a une poussée du monde, il y a aussi (surtout?), une poussée en moi. Le sujet possède tout un ensemble, un bagage a priori, qui précède l'expérience sensible (expérience dite a posteriori).
Par exemple, je me dis dans ma tête « si je lâche une balle, elle va tomber ». Cette réflexion est a priori car elle est seulement dans ma tête, elle précède l'expérience du lâcher de balle, qui, elle, sera a posteriori.

Vous remarquerez que l'entendement effectue une Synthèse entre le lâcher de balle et la chute de la balle, sous un concept : celui de la causalité. C'est une application d'un concept sur deux termes. Ainsi, Kant se fais le sucesseur de Hume, chez qui la cause n'est qu'un produit de l'esprit, appliquée sur l'expérience.
Ou plus simplement, prenons un corps. On lui enlève son habillage empirique (le poids, la taille, la couleur...), il reste de l'irréductible : l'étendue, la substance... Bref, des concepts a priori viennent se mêler au corps empirique.

Pour nous résumer : il y a un domaine a posteriori, l'expérience empirique, et un domaine a priori, domaine détaché de l'empirique, universelle et nécessaire. A cela, il faut rajouter un lieu interne à l'a priori : le pur. Le pur est totalement détaché de l'expérience, du sensible. Dans notre exemple de la balle, notre anticipation a priori comportait en effet les traces d'expériences antérieurs.
Ainsi, les Maths sont a priori. Mais sont-elles pures?


B - Pour Amorcer l'Esthétique Transcendantale

Nous venons de parler du pur, et nous allons en voir une forme. Selon Kant, il y aurait une forme pure de la sensibilité. Un invariant, condition de notre expérience empirique : l'espace et le temps.

En effet, le temps n'est pas une matérialité, je ne le rencontre pas, et il en va de même pour l'espace. Par contre, tout ce que je rencontre est ancré sur ce fond étrange, ce continuum absent, qu'est l'espace et le temps. Ma pomme, ma cafetières... sonts ancrées dans un espace et sont déterminées dans ma représentation par une succession d'instant de pommes, de cafetières.

L'espace et le temps sont déjà deux structure a priori, car sans expérience. Et surtout, ce sont des formes pures, transcendantale, complètement soustraite à l'expérience, et condition même de toute expérience. Rien n'est possible sans le temps et l'espace.

Ainsi, l'expérience sera présenté dans l'espace et le temps : Kant est un idéaliste transcendantal et un réaliste empirique, car le sensible n'est possible que par ces formes pures transcendantale.


C - Le Jugement

Pour terminer ce petit sujet, je voudrais aborder la question du jugement. Le jugement est cet acte qui me permet de travailler le réel. C'est très important pour Kant, car analyser ma manière de penser me permettra de mettre en place la critique.

Il y a chez Kant deux types de jugement :

1 - Un jugement analytique :
C'est lorsque le concept B est contenu dans le concept A. Ainsi, B est naturellement déduit, développé de A, qui le contient.
Par exemple, dire : "les corps (A) sont étendus (B)" est un jugement analytique, car l'étendue est la propriété même des corps.

Le jugement analytique est toujours a priori. Il n'ajoute rien, ne me permet que de me rendre plus intelligible une formulation.

2 - Un jugement synthétique :
C'est lorsque le concept B n'est pas contenu dans A. C'est un assemblage que je fais, par mon entendement.
Par exemple, dire : "les corps (A) sont pesants (B)", c'est lier la pesanteur au concept de corps.

On pourrait établir la formule suivant : A x B. Ce "x" vient signifier que l'assemblage de A et de B s'appuient sur quelque chose d'autre. Tout l'enjeu est de savoir sur quoi.
Dans notre exemple, A s'assemble à B par l'expérience empirique. Je vois bien, par mon expérience, que les corps sont pesants.

Il y a ainsi deux types de jugement synthétiques :

a) Un jugement synthétique a posteriori : c'est-à-dire, l'assemblage de deux concepts grâce à l'expérience.
Dire : "cette pomme est lourde", c'est, par l'expérience du poids de la pomme, assembler la pesanteur à la pomme.

b) Un jugement synthétique a priori : assemblage de deux concept, mais en dehors de toute expérience.
Par exemple, dire : "tout ce qui arrive a une cause", c'est assembler en dehors de l'expérience « ce qui arrive » et « cause » par un x... Quel "x" ???

Cette conception est assez utile pour nous permettre d'explorer l'activité de l'entendement sur notre raisonnement, sur notre exploration du monde.


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On devine déjà que la Critique de la raison Pure va être majeur dans l'histoire de la pensée. C'est un véritable tournant dans l'histoire de la philosophie...
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