La philosophie, divertissement suprême?

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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par cedric le Sam 3 Nov 2012 - 12:16

Je suis assez d'accord avec ce que tu écris Euthyphron. La philosophie comme thérapeutique est du reste la manière dont les anciens l'envisageaient.

Ceci dit, une fois compris ce grand vide existentiel, on peut dire dès lors que toute apparition sociale relève d'une sorte de supercherie et de mise en scène de soi-même. ( D'ailleurs de ce point de vue, l'énorme notoriété des acteurs de cinéma a peut-être quelque chose d'objectif d'un point de vue anthropologique, ce que personne ne semble saisir il me semble ). Dès lors, chacun est libre de choisir la manière dont il se montre aux autres, son style, la manière dont il va traverser l'existence. Le salut ? Le salut, c'est peut-être justement cette manière dont tu traverses l'existence, et pas ce qui t'attend à la fin. Donc, philosophe ou pas...tout est une question de style. L'esthétique de soi me semble, tout bien pensé, ce qui reste à l'homme en dernier recours. Et en ce sens la philosophie peut bien apparaître comme un divertissement suprême, oui, c'est à dire un divertissement basée sur des valeurs qui elles, ont quelque chose d'invariable, de stable, et c'est ça qui fait défaut à tout un chacun, de par la définition même de ce qu'il est mortel et changeant, la stabilité. Un divertissement noble.

J'adore Platon : est beau ce qui participe de la beauté. Je veux dire, cette apparition des qualités par transposition. Est noble ce qui participe de la noblesse...Ces qualités n'appartiennent à personne, mais tout un chacun peut s'y hisser, en effaçant le subjectif en soi et en se faisant un révélateur.

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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par quid le Sam 3 Nov 2012 - 13:39

cedric a écrit:Dès lors, chacun est libre de choisir la manière dont il se montre aux autres, son style, la manière dont il va traverser l'existence. Le salut ? Le salut, c'est peut-être justement cette manière dont tu traverses l'existence, et pas ce qui t'attend à la fin. Donc, philosophe ou pas...tout est une question de style. L'esthétique de soi me semble, tout bien pensé, ce qui reste à l'homme en dernier recours. Et en ce sens la philosophie peut bien apparaître comme un divertissement suprême, oui, c'est à dire un divertissement basée sur des valeurs qui elles, ont quelque chose d'invariable, de stable, et c'est ça qui fait défaut à tout un chacun, de par la définition même de ce qu'il est mortel et changeant, la stabilité. Un divertissement noble.
Je suis peut-être un peu hors sujet, mais si il y a différents moyen de traverser l'existence, on peut remarquer qu'au début de cette existence, nous somme souvent propagé par notre environnement dans un monde de certitudes ou en tout cas qui nous charge de certitudes. Le doute n 'est pas une attitude qui est souhaitable par la communauté. Les parents veulent que leur enfants réussissent socialement. L'école veut que les élèves accèdent au monde du travail. Et j'ai l'impression que tout concorde à nous entraîner dans la ronde des certitudes. En ce sens la personne, qui se questionne, et qui par là même questionne, est dérangeante. De ce fait, elle est un peu écartée, car bien souvent elle apporte des questions sans forcément les réponses exhaustives. Il me semble alors que la philosophie n'est pas un chemin forcément aisé. Et en terme de divertissement elle apporte plus souvent son lot de frustrations que de contentement.
Reste que traverser l'existence assis dans ses certitudes et palier le doute existentiel uniquement par du divertissement, me semble l'inverse de la philosophie, qui regarde ce doute existentiel. Je ne dis pas que ces deux approches soient plus louables l'une que l'autre, mais elles me semblent se distinguer notablement.

De plus, le divertissement est-elle une notion aussi pertinente à toutes les époques ? Et se divertir de quoi ? A tout moment on fait une chose ou une autre. Faire diversion au questionnement ?

cedric a écrit:
J'adore Platon : est beau ce qui participe de la beauté. Je veux dire, cette apparition des qualités par transposition. Est noble ce qui participe de la noblesse...Ces qualités n'appartiennent à personne, mais tout un chacun peut s'y hisser, en effaçant le subjectif en soi et en se faisant un révélateur.
J'aime aussi Platon, cependant j'ai quand même l'impression que ses démonstrations se construisent souvent en opposition à son interlocuteur. Ainsi quand Thrasymaque pose « L'injustice », Platon peu poser « La justice » et de là montrer que la justice est préférable à l'injustice et de conclure que la « La Justice » doit bien exister afin qu'il existe une mesure dans ce domaine.
Et donc, « Est noble ce qui participe de la noblesse » me semble du même genre il pose le « noble » d'un peu nulle part.
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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par maraud le Dim 4 Nov 2012 - 14:31

Considérant l'homme comme étant un animal génétiquement programmé pour apprendre,j'envisage simplement la chose:c'est un plaisir que d'apprendre,même ce qui est désintéressé,c'est donc bien la subjectivité de l'amour qui nous pousse à l'objectivité du savoir philosophique.

La question devient: Quelle est la dose de vérité que l'on peut supporter ? ( comme dirait Nietzsche.)
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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par euthyphron le Dim 4 Nov 2012 - 15:45

Mais il faut être diablement puritain pour confondre le plaisir et le divertissement (je ne dis évidemment pas que ce soit ton cas)!
Quant à la "dose de vérité", c'est une image que je trouve inadéquate. Ce n'est pas une question de dose. Une vérité intégrale est plus supportable qu'une vérité partielle.

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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par maraud le Dim 4 Nov 2012 - 16:20

Imaginez un instant que le plaisir de voir une belle oeuvre d'art est similaire au plaisir de boire une bière, et que la neurobiologie contredise Kant ?
Plaisir ou divertissement, les deux sont l'assouvissement d'une certaine gêne qui se fait sentir selon le même protocole.( même la pensée est l'effet d'une certaine gêne, car qui se mettrait à réfléchir si une certaine gêne ne se faisait sentir?)

La vérité est toujours une erreur redressée disait Alain.( il y a des erreurs que l'on redresse difficilement sans anesthésie. Wink
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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par euthyphron le Dim 4 Nov 2012 - 17:46

Quand je bois une bière, la conséquence en est que mon verre est vide. Boire, c'est consommer. Quand je me délecte à contempler, écouter, ou lire une oeuvre de l'esprit, elle est toujours là, je ne l'ai pas consommée. Première différence.
Quand je bois une bière, ou plusieurs, cela produit en moi des effets prévisibles et aisés à décrire. Quand j'apprécie une oeuvre, l'effet en est inconnu. Il se peut qu'il soit décisif, telle une initiation, il se peut qu'il ne fasse que passer. Il peut même arriver que j'apprécie profondément une oeuvre sous le mode d'un plaisir intellectuel, sans émotion visible.
Les neuromachins peuvent dire le contraire s'ils le veulent, cela ne fera que marquer les limites de leur science. Quant à Kant, je ne suis pas convaincu qu'il ait dit le dernier mot à propos du jugement esthétique, mais il a commencé par en repérer la spécificité, et il y a de quoi effectivement s'en inspirer afin de ne pas confondre l'amour de l'art avec un divertissement, si on veut bien restreindre ce mot à sa signification ordinaire.

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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par maraud le Dim 4 Nov 2012 - 18:19

...


Dernière édition par maraud le Mer 7 Nov 2012 - 18:41, édité 1 fois
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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par Xeroxe le Mer 7 Nov 2012 - 1:39

eutyphron a écrit:
Tu proposes une conception très élargie du divertissement, Baptiste au contraire penche pour prendre ce mot au sens strict, je suis d'accord avec Baptiste et reconnaît qu'il a raison même d'exclure du divertissement les conduites addictives, ce que je n'avais pas fait.
Etre d'accord ou pas avec ce que j'appelle le divertissement me parait déplacé.
C'est comme si l'on n'était pas d'accord avec un énoncé du type: "Soit x un réel". Il n'y a pas à être d'accord ou en désaccord avec cet énoncé. De la même manière, j'ai posé:soit le divertissement= blabla. C'est une notation personnelle, rien de plus. Il n'y a aucune idée, je ne défend rien en appelant les thérapies existentielles le divertissement.
C'est en quelque sorte une convention, pour éviter de dire à chaque fois, thérapie contre l'angoisse existentielle, je dis divertissement. J'aurais pu appeler ça, un chapeau, ou x, peut importe, pourvu que je donne une définition. Evidemment, je n'ai pas donné le nom de divertissement au hasard, mais pour souligné un lien insoupçonné entre philosophie et divertissement(dans son sens commun cette fois).

Mais mon idée ne réside pas dans la façon dont je nomme les choses, mais plutôt dans la façon dont je lie les choses ainsi définies.
Mon idée réside dans l'inclusion de la philosophie dans la notion de divertissement que j'ai défini.
Je ne suis pas sur d'être très clair, mais comme tu le dis ce n'est pas très important, ce qui compte est le fond, non la forme.

eutyphron a écrit:
Parlons du fond, qui est, si j'ai bien compris, que toute activité humaine vise à conjurer une angoisse existentielle.
A ceci je dis oui.

eutyphron a écrit:
Autrement dit, celle-ci est inévitable et profonde, qui croit y échapper ne fait que la reculer, c'est bien ça?
A ceci je dis non. Comme je l'ai déjà mentionné je pense, l'angoisse est évitable. La thérapie peut fonctionner. Je pense qu'un véritable croyant ou un stoïcien convaincu on réussi à répondre à cette question de l'angoisse.

[digression]
Aussi je tiens à apporter un nuance majeure à ce que j'ai dis.
Je l'ai déjà mentionné également, mais tout ce que j'ai dis est purement personnel.
Tel Montaigne, je pense qu'il est vain d'aller au delà du personnel. Que sait-on en dehors de soi même?
Donc quand je dis(ou quand tu dis en me résumant) que l'angoisse est inévitable et profonde, je pense que c'est le cas en effet, du moins en ce qui me concerne. Je ne prétend pas savoir ce que les autres pensent.
Après tout, je n'ai aucune preuve de ce que j'ai dis.
A aucun moment je n'ai prouvé le fait que l'existence était habitée par l'angoisse, que l'on se devait de combler. C'est seulement un sentiment personnel, et je voulais savoir si d'autre le partageaient. En fait, on ne peut même pas dire que j'ai raison, ou tort, je ne parle de la réalité, mais je décris un sentiment, mon sentiment, sur la question.
[/digression]
La partie entre balise est peut être un peu en dehors du sujet, c'est peut être une digression, mais après tout , on est là pour ça non? :)


eutyphron a écrit:
Si l'on va jusqu'au bout de l'idée précédente, il s'ensuit que la question primordiale, celle qui est au coeur toute activité humaine, est celle du salut, compris comme victoire définitive contre l'angoisse. Philosophie et religion auraient ainsi le même but, mais aussi la politique et la pêche à la ligne, la différence étant que philosophie et religion seraient conscientes de leur tâche, alors que les autres activités, sauf peut-être l'art, je ne sais, seraient des fuites.
Or, il me semble que nous tenons là éventuellement un mode de classement des différentes philosophies, plutôt qu'une définition de la philosophie en général. Il y a les philosophies qui sont, à leur manière, en quête du salut par les voies de la philosophie, Spinoza étant sans doute le plus représentatif, mais aussi Epicure ou les stoïciens. Il y a les philosophies pour lesquelles la question du salut est essentielle, mais qui ne l'attendent pas de la philosophie, Pascal en est le prototype. Il y a enfin celles pour lesquelles la question du salut est secondaire, voire ne mérite pas d'être posée. Ceci se veut purement descriptif et non normatif. Les trois manières de pratiquer la philosophie ainsi délimitées t'apparaissent-elles des divertissements au même titre? Que faire en particulier de la troisième? Si un philosophe se tamponne royalement de la question du salut tel que je l'ai défini, est-ce qu'il est en train de fuir?

Je suis d'accord avec tout ce que tu dis ici. Il est vrai, toute les philosophies ne se préoccupent pas du salut. Elle ne se propose pas pour but de nous sauver. En fait, je ne sais pas si elle se proposent même un but du tout, dans certain cas.
Mais, la pêche à la morue non plus ne se propose pas comme but la question du salut. Outre un but de survie(la nourriture), mais ce n'est pas le sujet, puisque je parle ici de la pêche loisir, la pêche ne se propose pas vraiment d'autre but que de nous détendre, de nous occuper. Et pourtant, elle sert ce but, qui est de nous échapper, sans le savoir, sans le dire.
Les philosophies peuvent également rejeter la question de salut. Elle servent donc le salut sans le dire, ou sans le savoir, tout comme la pêche. Les philosophies descriptives(catégorie 3) par exemple, sont donc plus proche du divertissement classique(=la définition commune, dans laquelle rentre la pêche) que la philosophie qui se préoccupe du salut(catégorie 1 et 2).

Ainsi la technique d'échappatoire à l'angoisse existentielle des philosophies de catégorie 3 est à peu près la technique de l'autruche, comme le divertissement: le salut, on s'en fou, on verra bien.

Les philosophies de catégorie 1 et 2 sont plus fines:
la catégorie 1 prétend nous soigner, elle est donc un thérapie qui se sait thérapie. La catégorie 3 ne se sait pas thérapie mais cela ne l’empêche pas de l'être.
La méthode des philosophies de catégorie 1 est un méthode plus noble: par le questionnement, la remise en question, une certaine connaissance et une certaine lucidité(selon elles), elles nous sauvent, activement, et consciemment.

Les philosophies de catégorie 2 rejette la question de salut sur une autre discipline, sur une autre manière de penser.
Donc, une philosophie qui ne se préoccupe pas du salut peut exister sans contredire mon idée, et même elles existent. Ces philosophies se veulent lucides, en ce sens qu'elles ne veulent pas ignorer la question de salut, mais elles ne sont pas aussi ambitieuses que celles de catégorie 1. En réalité, si elles savent que la question du salut est essentielle et qu'elle avoue leur impuissance à y répondre, elles admettent leur futilité.

Cette catégorie 2 est intéressante, je pense qu'elle mérite qu'on la détaille un peu, ce que je vais faire(mais des fois, il faut aussi dormir). La suite au prochain message :)

Jusqu'à présent, j'ai mis toutes les philosophies dans la catégorie 1. C'est un tort. Ton message m'a fait réaliser que cela méritait plus de précision.

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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par Chut le Mer 7 Nov 2012 - 15:05

Xeroxe a écrit:

Etre d'accord ou pas avec ce que j'appelle le divertissement me parait déplacé.
, j'ai posé:soit le divertissement= blabla. C'est une notation personnelle, rien de plus. Il n'y a aucune idée,

C'est en quelque sorte une convention, pour éviter de dire à chaque fois, thérapie contre l'angoisse existentielle, je dis divertissement. J'aurais pu appeler ça, un chapeau, ou x, peut importe, pourvu que je donne une définition. Evidemment, je n'ai pas donné le nom de divertissement au hasard, mais pour souligné un lien insoupçonné entre philosophie et divertissement(dans son sens commun cette fois).



Je ne suis pas sur d'être très clair, mais comme tu le dis ce n'est pas très important, ce qui compte est le fond, non la forme.


Comme je l'ai déjà mentionné je pense, l'angoisse est évitable.

Donc quand je dis(ou quand tu dis en me résumant) que l'angoisse est inévitable et profonde, je pense que c'est le cas en effet, du moins en ce qui me concerne.


Il est vrai, toute les philosophies ne se préoccupent pas du salut. Elle ne se propose pas pour but de nous sauver. En fait, je ne sais pas si elle se proposent même un but du tout, dans certain cas.


Mais, la pêche à la morue non plus ne se propose pas comme but la question du salut. Outre un but de survie(la nourriture), mais ce n'est pas le sujet, puisque je parle ici de la pêche loisir, la pêche ne se propose pas vraiment d'autre but que de nous détendre, de nous occuper. Et pourtant, elle sert ce but, qui est de nous échapper, sans le savoir, sans le dire.


Les philosophies servent donc le salut sans le dire, ou sans le savoir, tout comme la pêche. Les philosophies descriptives(catégorie 3) par exemple, sont donc plus proche du divertissement classique(=la définition commune, dans laquelle rentre la pêche) que la philosophie qui se préoccupe du salut(catégorie 1 et 2).






A aucun moment je n'ai prouvé le fait que l'existence était habitée par l'angoisse, que l'on se devait de combler. C'est seulement un sentiment personnel, et je voulais savoir si d'autre le partageaient.
Euthyphron étant en réanimation suite à la lecture de ton post, j'indique une petite remarque sans prétention, en tant que lecteur lambda qui, malgré la tentation passagère , mais je sais que c'est mal, d'imaginer de voir traité ton post par feu Hémicyclo, sait parfois rester sobre.

J'ai juste extrait quelques phrases, en les relisant je pense que tu reconnaitras aisément que certains de tes propos manquent de substance et de rigueur, parfois même ils se contredisent, tu pourrais il me semble essayer de faire mieux, prends peut-être plus de temps pour l'extraire.



En ce qui concerne le dernier point que j'ai noté ("A aucun moment ..... partageaient") je te propose la lecture de ce petit passage de Lucrèce (auteur connu et apprécié de Montaigne, ce philosophe qui ne fait que parler de lui :) )

C’est l’heure maintenant d’expliquer la nature
De l’esprit et de l’âme ; il est temps que mes vers
Rejettent au néant cette peur des enfers
Qui si profondément trouble la vie humaine
Que nul plaisir n’est pur, nulle volupté pleine,
Tant l’ombre de la mort en assombrit le cours !

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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par Xeroxe le Jeu 8 Nov 2012 - 0:37

Dans ce que tu dis, je vois en effet un paradoxe.

chut a écrit:
Xeroxe a écrit:
Comme je l'ai déjà mentionné je pense, l'angoisse est évitable.

Donc quand je dis(ou quand tu dis en me résumant) que l'angoisse est inévitable et profonde, je pense que c'est le cas en effet, du moins en ce qui me concerne.


Bon alors l'angoisse évitable ou non?


Cette contradiction est syntaxique: je dis une chose et son contraire, littéralement.
Sauf qu'il y a un détail qui n'en est pas un: entre, il y a du texte. Le sens d'un mot ne se résume pas seulement à sa syntaxe, il dépend du contexte. Et ce contexte peut changer au cours du même message. Mais évidemment, si on ne prend que le message par bribes, le contexte n'est plus là.
Je pense que cette technique de sélection de phrases d'un message rend le message originel moins clair qu'il ne l'était, dès lors je ne vois pas trop son intérêt.

Mais bon cette contradiction demande une explication, donc j'explique.

En fait, ce que j'ai voulu dire dans la première occurrence de "évitable", c'est que l'angoisse existentielle peut je pense, se surmonter, peut se guérir définitivement.

Par la deuxième occurrence de "évitable", je voulais dire, incontournable, qui s'impose, et qui(en tout cas pour moi) est cruciale. Elle surgit, elle doit surgir.

Il y a une contradiction syntaxique, mais la sémantique enlève le paradoxe.
C'est comme dans l'énoncé suivant:
Soit x un réel impair.
2x est pair.
Soit x'=2x
Blablablabla
...
blablablaba
Avec tout mon blabla, j'ai oublié que la variable x était déjà prise(i.e affectée).
Malencontreusement j'écris donc:
Soit x=x'.
Donc x est pair.


Tu enlève le blabla, et on voit:
x est impair.
x est pair.

Absurde? tout dépend de ce qu'est x.
Ici, x n'est plus le même d'un bout à l'autre du raisonnement.
La même enveloppe syntaxique désigne deux concepts différents.

J'ai fait la même erreur de syntaxe, avec x="évitable".
Donc, oui, on peut me reprocher d'utiliser des notations malheureuses.

Mais maintenant, vu que j'ai précisé le sens derrière "évitable" qui diffère d'un endroit à l'autre du texte, cela devrait être plus clair.

Je résume: pour prendre le vocabulaire de la maladie, l'angoisse existentielle serait une maladie inévitable parce qu'elle toucherait tout le monde, mais pas incurable(donc la mort par la maladie est évitable, peut être surmontable convient mieux). La maladie touche tout le monde: on doit s'en guérir. Mais toute tentative de guérison n'est pas nécessairement vaine.








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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par Xeroxe le Jeu 8 Nov 2012 - 1:02

Tant qu'à faire, je continue d'améliorer ma syntaxe. Plutôt, qu'angoisse existentielle, j’appellerais plutôt le phénomène que je décrit comme vide existentiel. Cela correspond mieux à mon idée que tout est plus ou moins futile, qu'il n'y a pas de but autre que nous faire endurer l'existence, pas de transcendance, pas de vérité, pas d'objectivité, pas de toute ces valeurs qui nous dépassent, seulement des activités qui comblent un vide.

Et puisque j'en ai envie, sans raison aucune, totalement futilement, du Cioran:
"Ces grondements intérieurs qui n'aboutissent à rien, et où l'on est réduit à l'état de volcan grotesque".
De l'inconvénient d'être né


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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par poussbois le Jeu 8 Nov 2012 - 9:28

Cioran était pétomane ?
:arrow:

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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par maraud le Jeu 8 Nov 2012 - 10:29

...




Dernière édition par maraud le Ven 9 Nov 2012 - 19:40, édité 1 fois
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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par euthyphron le Jeu 8 Nov 2012 - 16:36

Xeroxe a écrit:Je résume: pour prendre le vocabulaire de la maladie, l'angoisse existentielle serait une maladie inévitable parce qu'elle toucherait tout le monde, mais pas incurable(donc la mort par la maladie est évitable, peut être surmontable convient mieux). La maladie touche tout le monde: on doit s'en guérir. Mais toute tentative de guérison n'est pas nécessairement vaine.
Je suis assez d'accord pour voir dans tes contradictions la marque d'hésitations légitimes. C'est ce qui justifie la torture dialectique à laquelle tu es soumis!
Or, en précisant ta pensée tu as mis en évidence la contradiction, ou l'hésitation fondamentale, de ton propos. On peut donc guérir, du moins il n'y a pas de raison de postuler que l'angoisse existentielle soit sans remède, sauf pour amuser les foules, comme le faisait un célèbre clown pétomane d'origine roumaine.
Si l'on peut guérir, alors une ligne de démarcation s'opère entre d'une part les stratégies de fuite, feindre de ne pas être malade parce qu'on ne peut en supporter l'idée (et ceci est une excellente figure du divertissement); et d'autre part les soins apportés, qui présupposent que l'on regarde la maladie en face. La philosophie, dans la mesure où elle est thérapeutique, ne serait donc pas un divertissement, au pire une charlatanerie, au mieux l'activité essentielle à laquelle tout homme doit se livrer dès qu'il est en âge de le faire. La conclusion provisoire de tes messages est donc en contradiction avec le point de départ.
Mais il y a une suite, où la maladie redevient incurable.
Xeroxe a écrit:Cela correspond mieux à mon idée que tout est plus ou moins futile, qu'il n'y a pas de but autre que nous faire endurer l'existence, pas de transcendance, pas de vérité, pas d'objectivité, pas de toute ces valeurs qui nous dépassent, seulement des activités qui comblent un vide.
Ainsi l'on retrouve la cohérence de ton propos, sous l'étiquette de nihilisme. Avec, je continue à le soupçonner, une certaine hésitation. Cela me rappelle la preuve de l'existence de Dieu formulée par Descartes dans la troisième Méditation. Oublions Dieu pour le moment, quoi que ce que tu dis ressemble fort à un regret de l'absence de Dieu, mais passons. Je veux dire que la structure de la preuve cartésienne s'applique bien ici. D'où provient cette idée de futile? Comment ai-je pu former en moi l'idée de futile, qui apparaît comme une négation, s'il n'existe rien qui soit non futile? On peut aussi demander de quoi le vide est-il vide.

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Re: La philosophie, divertissement suprême?

Message par Chut le Ven 9 Nov 2012 - 19:25

Merde, vous êtes durs avec Cioran, bande d'optimistes, va.

Xeroxe a écrit:Plutôt, qu'angoisse existentielle, j’appellerais plutôt le phénomène que je décrit comme vide existentiel. Cela correspond mieux à mon idée que tout est plus ou moins futile, qu'il n'y a pas de but autre que nous faire endurer l'existence, pas de transcendance, pas de vérité, pas d'objectivité, pas de toute ces valeurs qui nous dépassent, seulement des activités qui comblent un vide.
C’est un peu passer de l’angoisse existentielle à l’existence angoissielle, ça, non ?

Le vide n’existe pas, Bergson l’a joliment montré. Donc même si c’est plus angoissant, parlons un peu de l’angoisse pour combler le vide.
Car l’angoisse prend la place de ce qui se vide, et le vide se comble, par exemple par un divertissement, de l’angoisse qui s’en va.

On voit ici que ça définit un divertissement en négatif, je crois que ça a déjà été évoqué. Divertissement bouche-trou, je mange pour divertir un moment ma faim qui reviendra, divertissement porteur d’utilité et de plaisir. Futilité essentielle du divertissement.

Mais ce fonctionnement est lui-même angoissant, Renata Saleci écrit : « Aussi, faut-il assumer qu’un choix est toujours lié à une perte : prendre une direction, c’est en délaisser une autre. »

Comme déjà dit il me semble, on peut imaginer la philo plutôt dans un champ de divertissement positif, non destiné à prendre la place de l’angoisse mais à réaliser sa réalité de possible, avec une dimension donc créative et découvreuse, d’éveil, porteuse de réalisation de l’essence du vivant et de joie.Mais plutôt que de développer ce point, voyons quand même s’il se trouve des approches spécifiquement d’ordre philosophique liées à la lutte contre l’angoisse.
Ou plutôt les angoisses.

Passons sur le côté pathologique, et d’ailleurs il conviendrait d’éviter de galvauder ce terme d’angoisse, employer par exemple le terme d’anxiété, et ce afin d’éviter une psychose parmi les lecteurs.

Passons également sur l’angoisse existentielle comprise comme ce qui peut être perçu comme désagréable dans une tension naturelle de l’être vivant du fait qu’il vit et subit les lois de la nature, ne serait-ce que par la gravité.

Mais l’être vivant est aussi doté de perception, de mémoire et d’imagination, qui vont rendre possible l’angoisse.
Et là, il s’agit d’être raisonnable, et d’abord pas trop excessif :
Savoir se défendre, ne pas se donner si possible une angoisse disproportionnée en intensité, en sujets, en fréquence, en temps consacré, liée à ce qu’on a à craindre de mauvais, statistiquement parlant (prendre l’avion, un astéroïde qui explose la Terre) ou dans un délai raisonnable ou inconnu (la mort). Ne pas se laisser entraîner par les risques plus ou moins fantasmés ou inutiles (l’insécurité présentée par les médias, la maladie, être en retard demain). Une certaine coloration stoïcienne.
Là, on peut dire qu’un certain travail de rationalisation peut aider, et éviter de trop focaliser son imagination sur les possibles désagréables aide à mieux vivre, c’est du bon sens mais ça requière quand même un effort. Un effort de gestion réfléchie du quotidien, en somme. Soyons aussi philosophes dans le quotidien. Comme disait l’autre : J’ai décidé d’être immortel, et jusqu’à maintenant tout se passe comme prévu.

Cet effort, qu’on retrouve dans le comblement du vide existentiel qui refoule l’angoisse, peut trouver aussi un écho dans l’activité philosophique avec une notion d’effort lié à la une résistance, selon Comte Sponville qui écrit : «L’Ethique est un traité de l’effort de vivre, donc aussi de la joie et de l’amour. C’est pourquoi c’est un traité de résistance : il s’agit de s’opposer à tout ce qui menace ou réduit notre existence, aussi bien à l’extérieur de nous-mêmes qu’à l’intérieur. »
On peut retrouver ici pourquoi pas une résistance à l’angoisse, ça parait possible, comme quoi tout n’est pas si simple.

D’autant plus que le possible n’existe pas, comme l'a joliment montré Bergson.(mais attention, l’impossible, si affraid )

Parmi la multiplicité des sources d’angoisses possibles il y a aussi celle de la liberté de choix. Renata Saleci écrit : "Avoir le choix est devenu la chose la plus importante dans nos vies. (…) Qu’il s’agisse de nos affaires familiales, de nos choix de carrière ou de nos loisirs, toute décision doit résulter d’un juste calcul. Chacun est censé être totalement maître de sa destinée. Et il ne peut s’en prendre qu’à lui-même s’il n’a pas effectué le bon choix. C’est ce que j’appelle la tyrannie du choix. »
Et les choix n’ont pas tous le même poids, plus il y a de poids, de conséquences possibles (même si Bergson…), plus c’est angoissant. On découvre à ce sujet un Freud humoristique quand R. Saleci écrit : « A un ami qui lui demande conseil au sujet d’une affaire amoureuse, Freud répond que, pour les petites choses de la vie, on doit peser mûrement sa décision, mais que, pour les affaires graves, on doit foncer. »

Autre volet angoissant et moins futile : le manque de choix, évidemment : comment bouffer demain sans le sou ?
Aliénation de la répétition.

Bref on est aliénés de tous les bords, et c’est angoissant.
Mais retour (et recours) encore une fois possible à de la philosophie si j’en crois Alexandre Lacroix : «… la philosophie se veut d’abord et avant tout un remède à l’aliénation. Les obligations que le monde fait peser sur nous entravent notre puissance de penser, donc d’agir ? Gageons que la philosophie est le café qui nous empêchera de tomber dans le sommeil dogmatique et nous aidera à rester en éveil. »

Mais au-delà de ça on rejoint une activité philosophique qui n’est plus de l’ordre du divertissement tout en restant source de joie, il suffit d’ajouter un peu de calva dans le café. :clown:



Chut
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