L'absurde ou le monstrueux ?

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L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Philin (varna) le Mar 19 Avr 2011 - 10:33

Comment vivre dans un monde (pas que l'humain) où tout est exclusivement rhétorique, où le faire-croire seul est la vérité de toute communication ? Peut-être en s'inventant un autre monde, purement imaginaire bien sûr, où même la science serait exposée sous la forme d'un roman par exemple. Car la vérité, dans un monde absolument rhétorique, cela ne peut être, moralement parlant, – qu'un monstre !


Dernière édition par Philin (varna) le Mer 20 Avr 2011 - 16:53, édité 1 fois

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Ipse le Mer 20 Avr 2011 - 6:23

C'est sûr qu'entre parler de la vérité et dire la vérité il y a un monde.

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par simone le Mer 20 Avr 2011 - 13:04

"Car la vérité, dans un monde absolument rhéorique"
Même ta langue a buté dessus :lut:

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Philin (varna) le Mer 20 Avr 2011 - 17:05

simone a écrit:"Car la vérité, dans un monde absolument rhéorique"
Même ta langue a buté dessus :lut:

La vérité, c'est de suivre à la lettre, Simone, en effet. :-)
Voilà c'est corrigé.
Sinon, à l'inverse, la rhétorique dans un monde absolument de vérité, ce serait quoi, selon toi ?

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par simone le Jeu 21 Avr 2011 - 8:29

Son pur écho.

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Ipse le Jeu 21 Avr 2011 - 10:23

Philin (varna) a écrit:
simone a écrit:"Car la vérité, dans un monde absolument rhéorique"
Même ta langue a buté dessus :lut:

La vérité, c'est de suivre à la lettre, Simone, en effet. :-)
Voilà c'est corrigé.
Sinon, à l'inverse, la rhétorique dans un monde absolument de vérité, ce serait quoi, selon toi ?

Une dégénérescence.

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Pat le Ven 20 Mai 2011 - 0:19

bonjour Simone
il ne peut y avoir d'écho rhétorique dans un monde de vérité ?

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Came le Lun 23 Mai 2011 - 17:35

Imaginons- nous, question d'un instant, qu'il y ait un humain possédant la vérité. Qu'en ferait-il? Se suffirait-il à la conserver en lui comme un secret bien gardé ou s'aventurerait-il à la transmettre au moyen d'une rhétorique? Dans le deuxième cas, c'est-à-dire celui où il s'engagerait dans l'aventure qui pose le problème de la communicabilité comme un problème fondamental, cet humain rencontrerait le problème implicite à la communicabilité qui est celui de la traduction de cette vérité en signe. Quelles seront les signe les plus aptes à répondre aux exigences de cette vérité, si celle-ci s'annonce à cet humain comme une intuition. Comment traduire cette intuition en une rhétorique compréhensible?

Pour qu'il y ait communicabilité ne doit-il pas y avoir une certaine quantité d'usage de signes mise en place donnant lieu à une culture par exemple? Comment cette culture peut-elle devenir porteuse d'un langage par lequel elle s'exprimera? Encore là nous sommes devant un problème difficile à résoudre. Pourquoi la vérité favoriserait-elle une culture plutôt qu'une autre pour sa diffusion?

Lorsque l'on pose le problème de la vérité, on pose tout simplement le problème de sa communicabilité sans laquelle la vérité, par voie de conséquence, deviendrait mortelle.

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Oui, mais ... :-)

Message par Philin le Mer 25 Mai 2011 - 17:26

Came,
Vous reprenez là, si je vous lis bien, le double problème traditionnel 1) de la traduction ou de la transposition d'une intuition en langage intelligible et communicable et 2) de la diversité, et donc la relativité – bientôt par trop "subjective" – des divers supports linguistiques à cette fin.
Mon hypothèse (*) poussée à bout (seulement intuition ? Déjà raison ? - ça n'a pas d'importance ici) est que la vérité, dans un monde relationnel absolument rhétorique, n'est qu'une figure imposée au penser de chacun pour une communication optimale (càd chacun doit croire absolument en la vérité possible), laquelle communication permet en outre aux hommes que nous sommes de supporter que ce que nous avons à nous dire ... n'en soit pas (de la vérité).
Au vrai pourtant (**), si la transcendance n'est pas, et si le monde ne tient réellement "que par les côtés" (par notre inter-dire rhétorique), alors on ne peut convaincre qui que ce soit de vérité sans le tromper.
Alors pour ma part, je ne retiens de nos langues que les verbes et les adjectifs ... càd de quoi agir et qualifier, "sans plus". :-)

(*) je dis "hypothèse" dans l'esprit d'une expérimentation à vivre, non point dans celui d'une quête de vérité.
(**) Un vrai de l'être au monde qui n'est pas exactement en phase avec nos discours.

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Came le Jeu 26 Mai 2011 - 22:50

Lorsque j'adopte cette attitude «analytique» face au problème de la vérité, et surtout en présentant l'éventualité qu'il soit possible de la maintenir ancré en son sein, je ne peux faire autrement que de jeter sur moi-même un regard rempli de circonspection. Dois-je me prendre au sérieux lorsque je me laisse aller à tenter de telle construction?

Ce que je remarque en général chez les gens qui parlent peu, une fois les façades disparues, c'est qu'ils ont beaucoup à dire et beaucoup à m'apprendre. J'ai souvent reçu une quantité phénoménale d'information chez des gens qui m'apparaissait, a priori, sans intérêt. C'est comme si cette vérité dont j'avais tant besoin me fréquentait à mon insu, dans les carrefours, au pied d'un vieux chêne ou sur le trottoir dans la peau d'un mendiant, une vérité qui est à la fois discrète et bien visible.

Ne fait-elle pas que prendre la mesure de tous nos préjugés?
Suis-je en train de devenir romantique?



Dernière édition par Came le Mar 31 Mai 2011 - 21:26, édité 2 fois

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diables de rhétoriciens

Message par Renaud le Mar 31 Mai 2011 - 5:46

citation "Comment vivre dans un monde (pas que l'humain) où tout est exclusivement rhétorique, où le faire-croire seul est la vérité de toute communication ? Peut-être en s'inventant un autre monde, purement imaginaire bien sûr, où même la science serait exposée sous la forme d'un roman par exemple. Car la vérité, dans un monde absolument rhétorique, cela ne peut être, moralement parlant, – qu'un monstre !"

Ca fait quelques temps que je me dis que les gens de nos jours se posent des questions que les religions ont résolus depuis de millénaires... Le meilleur rhétoricien? Le diable. Je ne dis pas ça pour défendre l'idée de l'existence du diable mais c'est...parlant. Le sage quant à lui se tait la plupart du temps. Jésus avait la vérité et tentait de la communiquer grâce à une figure de rhétorique, la parabole. Mais je suppose que la part non verbale de sa communication avait son importance.

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Haras le Ven 6 Jan 2012 - 1:34

Je suis contente de lire ce que je viens de lire parce que c'est le problème que je rencontre. Je pense détenir la vérité (aussi impossible cela puisse-t-il être) et cela fait depuis 2007 que je réfléchis à la meilleure médiation possible dans le sens où je rejoins Renaud sur le caractère diabolique de la rhétorique qui tend sournoisement à la manipulation des consciences par la séduction. Je ne peux donc pas utiliser la même méthode pour transmettre "mon savoir" mais surtout parce que c'est impossible émotionnellement en un sens, au risque de "perdre" cette vérité.
Je cherche depuis plusieurs années des gens qui me ressemblent, parfois tentée de baisser les bras en me convaincant moi même que je délire et que je ferais mieux d'essayer de me construire une petite vie "comme tout le monde". Mais non je sais bien que je ne peux plus reculer, je ne vois pas de meilleures personnes que des philosophes pour m'écouter et me croire potentiellement ou du moins réflechir sérieusement à ce que j'ai à dire. J'ai vu beaucoup de psychiatres mais tous m'ont renvoyés une image négative de ce que je disais. Tout le monde croit que j'ai des tendances psychotiques alors que non, je ne sais pas comment me faire entendre sachant que je suis très très timide et que je ressens "l'egoïté" de chaque personne comme une menace dans le sens où elle en est une pour la vérité de chacun (difficile à expliquer en quelque mots). Je sais par ailleurs que ce que je dis sonne comme un ésotérisme infondé mais j'ai puisé mes propres réflexions dans tous les champs de réflexions et à partir d'éléments piochés et analysés au fur et à mesure sans jamais m'éloigner de mon ressenti, partant à la base d'un simple besoin de compréhension de moi même au vu de ma phobie sociale et j'ai fini par découvrir beaucoup plus que ce je demandais.
Je suis une jeune femme de 27 ans, étudiante, je n'appartiens à aucun groupe de pensée en particulier mais à la fois un peu à tous en ce sens que tout le monde détiens une pièce du puzzle. J'oscille entre la volonté de mener à terme mes études de Lettres pour "prouver" ce que j'avance et la volonté de continuer dans mon coin mes recherches, car la reconnaissance sociale fait partie du piège et est source de beaucoup de souffrances.

Bref, ceci est un prélude - si quelqu'un "sent" la bonne foi et l'innocence qui émanent de ce texte et se dit que cela peut raisonnablement arriver au vu de ce que vous venez de démontrer à travers ces échanges - qu'il me réponde, j'avoue être fatiguée de devoir mettre à rude épreuve mon hypersensibilité pour sentir la fiabilité des mes différents interlocuteurs.
Je suis dépourvue de masque social et de ce fait très fragile d'où mon choix pour ce forum.
Merci d'avance de me répondre même si vous ne croyez pas à ce que je dis. Je réponderai à toutes les questions s'il y en a mais je peux d'ores et déjà citer quelques unes de mes "inspirations". La pensée complexe d'Edgar Morin, Alice Miller psychanalyste américaine, C.G Jung, Miguel Ruiz, Nietzsche, Spinoza, Kant (de très nombreux films tels que inception, le village, indentity...etc), les philosophes antiques, de nombreuses théories de littérature comparée, d'art comparé etc, un peu de scientifique telle que la théorie des cordes et beaucoup d'autres. Tout ceci n'est pas dans l'ordre et dans chaque oeuvre il y a à la fois du vrai et du faux puisque cette vérité réside surtout dans les liens que l'on peut faire de sa propre histoire avec l'histoire du savoir et de l'humanité en permettant une sorte de désaliénation à "soi", par la confrontation du rationnel et de l'emotionnel, dans un désir de fusion un peu à la Proust qui en définitive ressemblerait à une fusion de la conscience et de l'inconscient sans que ce soit dangereux pour la psyché. J'ai caricaturé à gros traits mais c'est l'idée de surface car ce n'est pas aussi simple.
J'ai plein d'autres choses à partager évidemment donc à vous de voir si cela vaut le coup mais j'éspère que cet appel sonne à vos oreilles, comme une piste possible dans les méandres de la vie et du savoir :)

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Philin (varna) le Dim 8 Jan 2012 - 22:26

Haras > Pour vous, face à l'alternative proposée, c'est donc l'impasse ? Avez-vous lu les mystiques et découvert chez eux quelque parenté avec votre problèmatique ? Au vu de votre hypersensibilité, peut-être êtes-vous ce qu'on nomme une surdouée ? Il y a un forum de surdoués, là :
http://zebrascrossing.free.fr/
Peut-être y arriverez-vous à "forcer le passage" ?

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Haras le Lun 9 Jan 2012 - 2:25

Merci de cette réponse que j'ai guettée tous les jours. Je n'ai pas lu les mystiques mais en effet je pense que j'ai quelque chose des surdoués, j'ai eu l'occasion de lire un livre en rapport il y a quelque temps et je m'y suis beaucoup reconnue.
Je ne sais pas encore comment véhiculer mes idées sans que cela soit ressenti comme une menace par les autres, car mes idées provoquent presque instantanément une sensation de rejet ou de peur chez certains. Cela perturbe inévitablement leurs certitudes profondes et sucite une sorte de vertige d'effroi à l'idée d'un monde illusoire (comme la caverne de Platon).

Je travaille sur cette idée d'impasse, le meilleur média que j'ai pu trouver pour l'instant est internet car il protège dans une moindre mesure des retours de bâtons émotionnels. (Newton: "tout action entraîne une réaction de force égale et opposée".) Cela s'applique également aux émotions.
Je ne peux pas, par ailleurs "forcer le passage" , les mécanismes de défenses émotionnelles sont très puissants, et chacun est en mesure de voir et d'entendre que ce qu'il veut bien comprendre (sur lui même avant tout). Si on a peur et que l'on fuit, je ne peux rien contre et si je force trop cela risque de se retourner contre moi.

Même écrire un livre est problématique car il oblige à une linéarité qui empêche les liens en plusieurs dimensions. Les images par ailleurs sont des signifiants plus puissants que les mots car d'une part elles n'ont pas de linéarité et d'autre part, un mot est le signifiant d'une image avant d'être le signifiant d'un concept en sorte qu'il est la copie d'une copie et donc cette copie est un reflet plus déformé qu'une image. La nature en elle même est un signifiant relié à son signifié un peu comme ce que disait Platon.
Il y a dédoublement de signifiants qui oblige à traverser plusieurs couches pour atteindre "le bon sens" celui de l'univers qui n'est pas celui de l'Homme social d'où ma crainte du monde social car il est mutilant en un sens.

Je suis en mesure d'expliquer bien des choses quant aux mécanismes inconscients, par exemple, ceux les plus profonds dans la psyché humaine ne sont pas colorés par le prisme de la subjectivité. Il n'y a pas de notion de bien et de mal au même titre que les lois naturelles en sciences physiques. Il y a des mécanismes inconscients plus "proches" de la surface qui eux répondent à une subjectivité donc cela peut faire très peur selon les croyances de chacun.
Tout savoir est illusion dès lors qu'il manque des liens entre tous les champs de savoir, la connaissance de soi y compris (et surtout). Quand on est en mesure de tisser tous les liens, l'idée de hasard se réduit en sorte que chaque début et chaque fin n'ont plus de réalité puisqu'ils se rejoignent. La linéarité s'annule au profit d'une cyclicité à l'image du cosmos. En fait, le logos est en décalage par rapport au cosmos mais remettre en question ce dernier fait très peur car ce sont toutes les croyances autour de l'histoire de l'humanité qui s'effondrent ainsi que la sienne propre.
Je suis en mesure également d'expliquer de façon tout à fait rationnelle pourquoi ces "croyances" perdurent de génération en génération et pourquoi une tâche aveugle sur sa propre identité induit une tâche aveugle sur un savoir scientifique ou philosophique pure.

La subjectivité est à la fois notre meilleure amie et notre pire ennemie, en ce sens que l'on a besoin d'elle pour avoir un jugement le plus juste possible sur le langage du corps.
Mais d'un autre côté sa subjectivité est problèmatique puisqu'elle a tendance à croire en la notion de bien et de mal, il faut savoir que la notion de bien et de mal peuvent se superposer selon les cultures et les époques, il n'y a donc pas de vérité générale à ce propos, le seul en mesure de juger de ce qui est juste ou faux est son propre corps. L'objectivité en somme n'existe pas vraiment et même si l'on n'a pas conscience des émotions induisant une idée/croyance ou raisonnement, elles agissent malgré tout sur sa perception et sa logique. Car autant que son désir de connaitre la vérité par pur raisonnement logique puisse être, la négation de sa subjectivité et de son ressenti tend à nourrir ces tâches aveugles de contradictions intérieures inévitables.

La contradiction humaine est donc le coeur de cette vérité universelle. Il faut être en mesure de rentrer le plus à l'intérieur possible de sa subjectivité pour en comprendre ses mécanismes et ceux des autres et ainsi "emboîter" toutes les subjectivités pour n'en faire qu'une seule en sorte qu'on acquiert une vision très élargie, et potentiellement absolue.
Socrate avait raison quand il disait "connais toi toi même" car le "toi même" induit un retour sur soi et le "connais toi" un autre retour sur soi, qui en somme forme une spirale descendante. La conscience par la suite, étape par étape, se conforme à la "conscience" du corps et donc de la nature. Ce sont les émotions qui sont les meilleurs guides pour acquérir cette conscience mais il ne faut pas avoir peur de ressentir et d'extérioriser ses souffrances passées et infantiles ainsi que d'entretenir sa capacité d'empathie car on ne connait jamais vraiment la réalité des autres si l'on n'est pas capable de la ressentir. L'évolution du ressenti s'opère toujours en un retour lucide sur lui même et son mécanisme/mouvement sous-jacent, il y a intéraction entre son ressenti et sa logique.

Par ailleurs, je vais regarder votre lien, je ne l'ai pas encore fait. Merci encore de m'avoir répondu.
Je suis tellement contente d'être écoutée que je n'arrive plus à m'arrêter. :D

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Philin (varna) le Lun 9 Jan 2012 - 9:14

Haras > mon expression "forcer le passage" était un peu ironique car en rapport direct avec votre (frénétique ?) envie de dire et la réticence naturelle d'autrui à lire d'aussi longs propos ... d'emblée. Sans doute avez-vous besoin vous-même des liens (avec autrui) dont vous parlez pour construire, voire exprimer votre pensée. Mais alors ce besoin des autres exprime à mon sens tout autre chose que ce que vous voulez, vous, consciemment, nous expliquer. Sinon pourquoi ne tenteriez-vous pas de le faire seule, le cas échéant dans un livre, quoi qu'il vous en coûte ? N'est-il pas possible de vous entendre dire un jour "J'ai quelque chose à dire mais il n'est pas si sûr que j'ai à VOUS le dire" ? Peut-être est-ce le meilleur préalable ? Peut-être l'envie de nous dire -- cela viendra-t-il après ? Comprenez-moi : quand la vérité est à ce point liée aux autres, c'est qu 'ELLE n'est pas le plus important dans l'esprit même de celui qui se tue à la proclamer. Ou bien ?

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Haras le Lun 9 Jan 2012 - 12:53

Son partage n'est pas le plus important si l'on est un parfait égoïste à mon sens, mais je vois ce que vous voulez dire, et je reconnais construire effectivement mes idées en lien direct avec les autres mais cette vérité n'a aucune valeur si elle n'est comprise de personne d'autre que de moi même. Cela peut très bien se comprendre, car elle induirait de profonds changements sociaux et identitaires. Et en effet, je me sens extra terrestre si je suis la seule à comprendre tout ça.

Par ailleurs, je n'ai pas renoncé à l'idée d'un livre mais il me faut être stratégique malgré moi car comme votre réaction le montre; l'innocence pure ne convaint personne, on s'en méfie même, ce qui est un temps soi peu paradoxal.
Je n'ai que 27 ans, il me faut du temps pour construire un livre en ordonnant correctement mes idées, en faisant un maximum de liens entre les choses, des idées qui s'étendent donc très très loin, et comme vous le dites, j'ai besoin des autres pour ça (comme je l'ai dit dans mon dernier développement) j'ai besoin de la subjectivité et du raisonnement des autres pour complèter les miens, mais comme tout à chacun s'il souhaite détenir une quelconque vérité universelle, ce n'est que pratiquer mauvaise foi que de penser le contraire et quelque peu égocentré.
Je crois que n'importe qui se montrerait "frénétique" à l'idée de partager un savoir que personne ne veut entendre depuis des années et dont cette personne est sûre du bien fondé, d'autre part que mes propos soient longs ne différent en rien des autres propos sur ce forum, je ne vois donc pas où est le problème.
Mais pas d'inquiètude, je ne vous dérangerai plus.

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Philin (varna) le Lun 9 Jan 2012 - 14:25

Haras > voilà donc que vous manifestez clairement votre exigence d'être tenue pour innocente alors même que vous n'avez pas même commencé à nous expliquer. Pour moi, en supposant que vous déteniez "la vérité", il n'est pas du tout sûr que vous soyiez tout à fait dans le vrai de votre impulsivité à la dire. Or, si toute verité objective se passe de toute identité personnelle puisqu'elle est par définition impersonnelle, le genre de vérité que vous voulez expliquer, en revanche, ne peut faire l'impasse de votre personne. C'est pourquoi l'on commence en pareil cas par juger de vous - personnalité - avant que de juger d'elle, vérité. Si vous estimez devoir être crue a priori et en personne, c'est mal parti pour le reste.
Voyez, vous ne vous attendiez certainement pas à cela - que l'on vous pose à notre tour quelque condition. Croyez-moi, je vous dit ça sans malveillance aucune ; c'est juste pour que vous ne confondiez pas la vérité avec vos mouvements d'humeur ...

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Haras le Lun 9 Jan 2012 - 16:48

Je comprends que "mes mouvements d'humeurs" soient générateurs de doutes mais chaque fois que je tente d'expliciter cette vérité que je pense avoir, j'y mets toujours en premier lieu un mouvement d'innocence, car c'est dans l'innocence que cette vérité est justement (cela est démontrable mais long à expliquer).
J'éspère toujours par conséquent tomber sur quelqu'un avec une empathie suffisamment développée pour être à même de percevoir cette innocence à travers mes premiers dires. La suite de mes mouvements d'humeur se calque logiquement selon les lois naturelles de la physique (ceux des mouvements de miroir, en ce sens que dans la capacité d'empathie, on rentre en quelque sorte dans ce miroir qui nous fait face) sur ceux des autres.
En conséquence, la personne de qui doute aux premiers abords mon interlocuteur ce n'est pas réellement de moi mais d'elle même car l'innocence de départ devrait, par logique pure, avoir pour retour une innocence égale, or s'il y a décalage ou une inversion de reflet cela veut dire que mon interlocuteur n'est pas capable de se mettre à ma place et en effet doute de sa propre innocence (en étant en quelque sorte incapable de se mettre à sa propre place). Cela veut dire que sa conscience est inversée ou décalée par rapport à ses émotions naturelles. J'emploie ici le mot naturel au sens originel car personne ne pourra nier que l'intention première d'un nouveau né est l'innocence (avec certainement cette souffrance liée à tout accouchement à un monde nouveau).
Cette éxigence dont vous parlez ce n'est pas moi ou mon ego qui l'exige c'est la logique des lois naturelles inhérentes à la physique. Si au départ je sens que je suis en accord avec mon émotion naturelle et innocencte, les sciences physiques "exigent" que l'ont réponde en retour de force égale et opposée (opposition qui induit un face à face mais pas forcément une inversion dès lors que l'on est empathique), de sorte qu'un échange naturel et inncocent soit possible, pour en somme réussir à parler la même langue.
Quand vous dites, toute vérité objective se passe de toute identité personnelle, j'ai l'impression que vous n'avez pas lu mes explications pécédentes, la vérité objective est un leurre puisqu'il est physiquement impossible de penser en dehors de soi car soi est un sujet pas un objet, quand bien même l'on tenterait de faire abstraction de ses émotions, elles existent quoi qu'il arrive et quelqu'un de très empathique peut les lire aussi rationnel que le discours en face semble être donc il n'y a jamais d'impasse à sa personne (ou à celle des autres d'ailleurs), que cela vienne de moi ou d'un autre.
Etre jugée a priori et en personne, en d'autres termes par la forme est tout à fait possible dès lors que l'on reconnait que cette forme peut se lire comme des signifiants, et tout signifiant est relié à un signifié, de même que tout signe référe à une réalité/vérité, or si l'on ne fait pas de bons liens entre tous ces éléments de part sa propre fausse croyance, (celle d'un soi ,miroir déformé d'une vérité émotionnelle) il sera en effet problématique de me juger de façon juste et adéquate sur les apparences mais ce n'est pas impossible car des liens sous-jacents existent toujours entre la forme d'un discours et son fondement idéal.
En ce qui concerne votre dernière remarque, si bien sûr que je m'attendais à ces conditions, il me sembe avoir dit plus haut que d'emblée je sucite une réaction de rejet ou de peur ou de specticisme en effet (que je considère comme le fruit d'une peur profonde, celle de toute tentative de manipulation.)
Je comprends relativement bien tous ces mécanismes émotionnels, les miens comme ceux des autres en sorte que je n'accuse personne si un décalage (emotionnel ou rationnel) se produit d'emblée.
Mais comme tout élan inncocent, un retour en décalage est naturellement (ou originellement) source de douleur qui elle-même induit une potentielle colère. Le degré de tout cela dépend de la croyance ou la foi que l'on met dans un retour à sens égal.
L'impulsivité par ailleurs peut s'expliquer logiquement par le biais des sciences physiques, il suffit d'imaginer un mouvement que l'on empêcherait de toute part et qui trouverait une issue potentielle, sa "sortie" se manifesterait de façon accelérée au niveau de son orifice de sortie et tenderait à se ralentir par la suite en s'éparpillant.

Voilà, j'espère avoir répondu convenablement à vos doutes. Je suis disposée à répondre à d'autres interrogations si vous le souhaitez mais entendons nous bien, je n'exige aucun échange que vous ne puissiez humainement et intellectuellement me fournir mais si par ailleurs vous ressentez cet échange comme une incapacité, cela ne me choquerait pas outre mesure et je m'en irai chercher quelqu'un d'autre plus apte à répondre de façon égal à mon cheminement émotionnel et intellectuel. (Ce ne sera pas la première fois, ni sans doute la dernière, j'en bien conscience.)

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Philin (varna) le Lun 9 Jan 2012 - 17:22

Schopenhauer aurait dit (je ne peux vérifier) :
''Toute vérité passe par trois stades : En premier lieu on la ridiculise; en deuxième lieu on s'y oppose violemment; enfin on l'accepte comme si elle allait de soi.''

A quel stade se trouve celle énoncée, là, à votre avis ?

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Haras le Lun 9 Jan 2012 - 19:40

Vous la ridiculisez sans équivoque.

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Haras le Lun 9 Jan 2012 - 19:42

Mais est-ce que vous en connaissez les raisons? Wink

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Philin (varna) le Lun 9 Jan 2012 - 19:59

Haras a écrit:Vous la ridiculisez sans équivoque.

Poussez donc le raisonnement jusqu'au bout eu égard au contexte ! Si je la ridiculise (ou ridiculisais, ceci dit pour d'autres que vous), elle aurait donc toutes ses chances. Il lui suffi(rai)t en effet d'attendre son heure, ce jour où elle ira-it de soi.

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Haras le Lun 9 Jan 2012 - 22:24

Oui en effet, je me rendais compte de ce point. Mais c'est votre regard sur elle qui la tourne au ridicule, elle n'est pas ridicule en essence, et donc c'est à vous de me dire quand vous êtes pret à passer à la seconde étape en m'envoyant ballader. :D

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Philin (varna) le Lun 9 Jan 2012 - 23:01

Je ne suis pas pressé de vous voir atteindre la troisième. Vous n'aurez alors plus rien à dire qui n'aille de soi. Le jour de votre victoire sera-it aussi celui de votre mort.
A certaine vérité finale je préfère voir vivre son symptome.

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Re: L'absurde ou le monstrueux ?

Message par Haras le Mar 10 Jan 2012 - 0:43

Je crois que l'on ne m'avait jamais faite une remarque aussi violente mais merci de votre franchise.
Faut croire que plusieurs siècles d'évolution n'aident pas forcément l'être humain à réaliser qu'il n'y a rien à gagner, bien au contraire (je sais de quoi je parle), à "tuer" une vérité avec son auteur. Socrate doit se retourner dans sa tombe. :no:
Je vous laisse donc survivre avec vos symptômes pendant que j'existe avec ma vérité qui n'a pas besoin, par ailleurs, de ma mort pour être une victoire en elle même.

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