La substance, siège de l'individualité

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La substance, siège de l'individualité

Message par Phydias le Jeu 17 Sep 2009 - 11:27

Bonjour,

Ca faisait longtemps que je n'étais pas venu vous embêter avec mes questions !
Mais je suis de retour.

Mon problème d'aujourd'hui se pose sur la notion de substance chez Leibniz, que j'essaie de clairement distinguer de celle de Spinoza.
En effet, chez Spinoza, la substance est ce qu'on peut concevoir seul comme existant indépendamment d'autre chose et qui subsiste par elle-même.
Le problème de cette définition pour Leibniz, c'est qu'elle ne peut renvoyer qu'à Dieu seul, car en tant que toute autre chose est créée par lui, celle-ci ne peut être conçue indépendamment de son Créateur.
Pourtant, Leibniz confond monade et substance (ainsi Dieu devient Monade Primi) de telle sorte que le monde intermonadique voit se mouvoir en lui plusieurs substances.
J'en ai donc conclu que ce qui était important pour Leibniz, c'est que la notion de substance permette d'asseoir l'individualité du biologique, ce qui n'est pas le cas chez Spinoza puisque tout est enveloppé immanément dans la Nature.

Ma question est : quelle est la définition de la substance individuelle chez Leibniz qui accepte la transcendance sans supprimer le lien causal ?

Est-ce que j'aurais tort de formuler la chose de la façon suivante :
La substance, c’est la monade pour Leibniz, et même la monade dominante, c'est-à-dire celle qui détermine le sujet et assoit son individualité vitale. Mais la substance, c’est aussi tout ce qui lui est lié par un lien substantiel comme les monades secondaires qui constituent les corps. On peut donc penser une substance corporelle, mais seulement lorsqu’elle est en lien avec la monade dominante, l’âme.

En vous remerciant :)

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Re: La substance, siège de l'individualité

Message par Courtial le Mar 29 Sep 2009 - 22:47

je resterai discret sur Leibniz, que je ne fréquente plus guère...
Mais pour ce qui concerne Spinoza, il faut bien saisir que l'absence de substantialité n'enlève rien à l'individualité. L'individu n'est pas une substance, tout simplement, mais ceci ne suffit pas à le pulvériser, à l'atomiser. C'est pas très aristotélicien, mais c'est comme ça.
Pour creuser la question, il faut aller voir la seconde série d'axiomes et de lemmes que nous lisons après la proprosition 13 du livre II de l'Ethique. Il propose des modèles très intéressants qui conduisent à des considérations assez abyssales, qui ont fasciné Deleuze (je pense moins à son livre qu' à ses cours), et sur lesquelles Guéroult (dans le deuxième tome, sur l'âme) propose des aperçus fort intéressants aussi (Huyghens, la mécanique de la vibration, etc.). (pour ces deux auteurs, je parle de leur livre sur Spinoza, naturellement).
Pour le dire très vite, il en ressort que l'individualité est à penser essentiellement comme système de relations, et donc pas sur le mode de la substantialité tel qu'il est entendu d'habitude (sur le mode Aristote).
Mais ici, ce n'est pas très différent de Leibniz (harmonie (un rapport, donc) préétablie, substance monadique "exprimant" toutes les autres substances, etc.).

Courtial
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