Rhizome, Immanence, Aîon

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Rhizome, Immanence, Aîon

Message par Vargas le Sam 8 Sep 2007 - 12:56

Rhizome, Immanence, Aîon



NB : Ce sujet avait été composé par notre ami Olaf Oesuden, aujourd'hui définitivement déterritorialisé pour entrer dans le désert.

Je vais a présent essayer de synthétiser Deleuze dans ses rapport à Spinoza et Bergson. Mais auparavant, un petit prélude botanique...

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A - Rhizome & Immanence
Un rhizome, c'est un réseau, c'est l'inverse d'un arbre, qui lui à un tronc, une racine, un point d'unité. Le Rhizome, c'est un réseau.
Petit cours sur les plantes:

Le rhizome:
Tige souterraine, ordinairement horizontale, sans chlorophylle et dont les feuilles sont des écailles, chargée de réserves, sur laquelle naissent les tiges aériennes, les feuilles et les racines.

Le rhizome:
Le rhizome est une tige souterraine et ne doit pas être confondu avec une racine.Les rhizomes ont des noeuds, des bourgeons qui produisent des petites feuilles et des tiges. La ramification, parfois intense, peut causer la propagation rapide des espèces qui en sont dotées.
Les extrémités des rhizomes peuvent donner des tubercules comestibles. Les plantes à
rhizomes sont aussi cultivées comme ornementales, fleurissant au printemps ou vers l'automne, comme les plantes à bulbes. Leur multiplication est facile, par division des rhizomes, y compris pour celles d'entres elles qui sont aquatiques, comme les nénuphars.


Maintenant un peu de philosophie:

Un rhizome ne commence pas et n'aboutit pas, il est toujours au milieu, entre les choses, un inter-être, intermezzo. L'arbre est filiation, mais le rhizome est alliance, uniquement d'alliance. L'arbre impose le verbe "être", mais le rhizome a pour tissu la conjonction "et... et... et...". Il y a dans cette conjonction assez de force pour déraciner le verbe être (...). Entre les choses ne désigne pas une relation localisable qui va de l'une à l'autre et réciproquement, mais une direction perpendiculaire, un mouvement transversal qui l'emporte l'une et l'autre, ruisseau sans début ni fin, qui ronge ses deux rives et prend de la vitesse entre les deux.
DELEUZE (Gilles) GUATTARI (Félix), Mille plateaux

Résumons les caractères principaux d'un rhizome: à la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque, et chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature, il met en jeu des régimes de signes très différents et même des états de non-signes. Le rhizome ne se laisse ramener ni à l'Un ni au multiple. Il n'est pas l'Un qui devient deux, ni même qui deviendrait directement trois, quatre ou cinq, etc. Il n'est pas un multiple qui dérive de l'Un, ni auquel l'Un s'ajouterait [n+1]. Il n'est pas fait d'unités, mais de dimensions, ou plutôt de directions mouvantes. Il n'a pas de commencement ni de fin, mais toujours un milieu, par lequel il pousse et déborde. Il constitue des multiplicités linéaires à n dimensions, sans sujet ni objet, étalables sur un plan de consistance, et dont l'Un est toujours soustrait [n-1].
DELEUZE (Gilles) GUATTARI (Félix), Mille plateaux


En dessous de l'individuation, de l'enfermement, de l'aliénation dans le discours, il y a un rhizome. Le mot d'ordre est d'ailleurs la multiplicité. On est meute de loups, on est plusieurs, avant d'être un Moi. On est branché sur le social, sur la littérature, on est une succession de Plateaux, d'anneaux. C'est d'ailleurs la structure de Mille Plateaux, qui part dans la philo, la psychanalyse, la littérature.... c'est un corps dans le réseau.

La Schizoanalyse essaie d'atteindre ce plan, cet embranchement de Rhizome. Elle fait un curetage des figures aliénantes que sont papa-maman. On est bien plus que ça. On est désir, on est meute. Opposition entre l'espace lisse et l'espace strié.

Pour me faire comprendre, L'espace Lisse, c'est comme le Jeu de Go, jeu où les pions peuvent apparaître n'importe où, sans règle, alors que le jeu d'échec lui, est ultra structuré (métaphore favorite du structuralisme d'ailleurs). Le strié est donc une réalité, mais comprise dans l'infini du lisse, dans la liberté de mouvement et d'apparition.

Le Lisse, aussi appelé Nomos, est fait de ligne, de mouvement, d'intensité, c'est la liberté total, c'est l'infini.
Le Strié, appelé Polis, c'est comme si l'on rabattait le lisse pour en faire quelque chose de fermé, de quadriller. C'est fait de Segments.

On voit réapparaître les formes de la Schizophrénie et de l'Oedipe, le Désert, et le Théâtre.

Mais Strié et Lisse Cohabitent, se traversent, le désert existe grâce à la ville, le nomade grâce au sédentaire.
On aurait tort de croire qu'il y a un refus radical du Strié, même si Deleuze préfère le mouvements nomades.

*


B- Moléculaire / Molaire
Mais Deleuze ne s'arrête pas sur un dualisme Multiplicité / Unité. Au contraire, il rajoute de la multiplicité partout... C'est la pensée moléculaire, multiplicité, et molaire, segment rigide.

Un exemple, la bureaucratie, grosse machine molaire, rigide, qui soumet, mais qui comporte quand même un peu (un peu) de moléculaire, instantanéité, impulsion, liberté. Bref, on rejoint la pensée des micropouvoirs de Foucault.

On peut même déduire une éthique dans Mille Plateaux, avec un mot d'ordre: Expérimentez! Voyez avec qu'elle rhizome vous pouvez vous branchez, sortez du molaire, des figures théâtraliser de l'inconscient Oedipien, devenez moléculaire... Une véritable révolution en somme. l'Anti-Oedipe est une révolution individuelle, une révolution moléculaire. Partir faire la guerre dans le désert.

Pour l'instant, nous avons deux plans, auquel on pourrait placer dans l'entre deux les lignes molaires et moléculaire. C'est la jonction finalement entre ces deux plans, tout en étant inclus dans les deux.

*


C - Le Plan d'Immanence Bergsonien
C'est l'apport Spinoziste. Sur le plan du rhizome, plan d'immanence, c'est à dire, où l'effet n'est pas en dehors de la cause elle même, tout se définit selon deux axes:

- Parts Extensives: Il n'y a que des Latitudes et des longitudes
- Parts Intensives: Il n'y a que des intensités.

Ainsi, cette immanence est une pure affirmation sans négation. L'intensité, c'est l'affect sur le plan de composition. En effet, l'affect nous soumet face à la meute qui nous compose.

C'est là que Deleuze mélange Spinoza et Nietzsche: l'affirmation est intensive, le plus fou des hommes est égal au plus sages. La distinction sur ce plan d'indifférenciation est d'abord quantitative avant d'être qualitative.

En effet, le petit fonctionnaire sera peu intense, peut affirmé, alors que le grand fou sera très intense, de même que le grand sage. Ainsi Deleuze ne parle pas d'Antipsychiatrie, il parle d'intensité.

Bien sûr, tout cela ne serait pas complet si l'on excluait l'apport Bergsonien. En effet, le temps du plan d'individuation, c'est Chronos, c'est-à-dire le temps du calendrier, de l'horloge.
En revanche, la temps de l'immanence, c'est l'Aîon, la durée de Bergson, le temps relative, l'année entière qui passe dans la salle d'attente.
On voit que ce plan est une totale liberté finalement, il n'y a rien qui l'emprisonne. C'est une coupe, avec des intensités, quelque chose d'infini, qui n'est que vibration, qui n'est que temps qui sort de ses gonds comme dit Rimbaud.

L'opposition Lisse / Strié devient aussi Aîon / Chronos

Deux plans (Immanence / Individuation ) + deux processus (Moléculaire / Molaire), + Deux Temps (Aîon, Chronos), mais sans jamais pour autant tomber dans un Dualisme, car un tel mode de pensée appartient à l'individuation. Tout est situé sur le même plan.

Vargas
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