Le réductionnisme, suite.

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Le réductionnisme, suite.

Message par Ragnell le Sam 17 Jan 2009 - 0:06

Bonjour.

Ceci se veut suite de cela : http://digression.forum-actif.net/philofight-club-f62/vinc0987-vargas-pour-ou-contre-le-reductionnisme-t274.htm .


Comme beaucoup de concepts, le réductionnisme renvoie
à un trop grand nombre d'idées pour que l'on puisse l'interpréter sans
le décomposer. Je limiterai mon post à une seule d'entre elles, celle à
laquelle semble se réfère le premier post : le réel s'organiserait dans
une structure hypothéticodéductive simple dans laquelle à chaque groupe
de conséquence correspondrait un nombre très restreint de causes.
L'interrogation "Est-ce une vérité" équivaut pour moi à "Doit-on la
considérer comme une vérité".


La raison pratique nous exige à forcer la nature à répondre aux
questions que nous lui posons (Kant). Comment en effet coordonner nos
actes à notre volonté sans connaissance relative à ce rapport de cause
à effet ? Il s'agit d'une des causes à la nécessité de la présence de
règles dont le processus aboutirait à l'acquisition de ces
connaissances. Si nous nous limitons au domaine théorique de la science
(je ne m'attarderai pas à sa description), celles-ci prennent la forme
d'un système dont la complexité se limites à ses modes de conception.
Il reste alors à savoir si nous devons considérer les lois de ce modèle
comme absolues ou approximatives.


Pour montrer l'invalidité du caractère absolu de ces loi dans le
cadre scientifique uniquement, je prendrai pour contre-exemple le
raisonnement inductif, étant donné que la grande majorité de ces lois
dérivent de ce dernier. En considérant l'ensemble des paramètres à
notre portée, nous pouvons bâtir une table de vérité à partir de
laquelle à chaque phénomène représente une condition. On utilise
l'algèbre de Bool. Par exemple, si d'une part, après modélisation, A ne
se manifeste qu'en présence simultanée de B et C à condition que D de
se manifeste pas, et d'autre part, A se manifeste toujours en présence
de E (quelque soient B,C et D), cela donne A = B.C./D + E. C'est à
partir d'interprétations de ce genre que l'on bâtit un modèle qui
respecte l'ensemble des phénomènes observés.


Cependant, tout individu non médiocre en science sait garder à
l'esprit que la connaissance des variables est, en outre, limitée par
nos instruments de mesure. D'autres variables inconnues ont pu rentrer
en jeu au cours de l'expérience. La dérive en réductionnisme ne
provient ici que d'une interprétation non scientifique des données que
nous pouvons rapporter à l'abstraction.

C'est là qu'intervient une autre démarche : le test de la
"solidité d'une loi". En constatant la validité de ladite loi dans les
conditions les plus diverses, nous lui attribuons un facteur de
"confiance". Ce dernier a cependant le devoir de se restreindre au
champ des conditions des tests dans lequel nous l'avons admis.


Ceci nétait qu'un simple exemple pour montrer que nous ne pouvons
réduire le réductionnisme au cadre scientifique puisque que celui-ci
s'y oppose. Je ne sais même pas s'il vaut la peine de s'attarder sur ce
point étant donné le nombre de principes scientifiques à caractère
relativiste. La nécessité de la croyance en un phénomène n'est pas la
conséquence du réductionnisme, elle en est la cause. Celle-ci, hors de
toute aliénation à la science, n'est qu'un produit social.



Sur le plan psychologique, tout le monde, ou presque, est capable
de constater le fantastique écart entre les règles théoriques de la
réflexion et leur mise en pratique. Par contre, ce que beaucoup
n'arrivent pas à comprendre, c'est que la rigueur des règles en
question est généralement inapplicable à la raison humaine. Il n'y a
qu'à lire le Discours de la méthode de Descartes : après ses premiers
écrits qui prônent une rigueur quasi-absolue, il "démontre" l'existence
de Dieu par l'idée du parfait. Si les scientifiques en question se
fixent cet absurde devoir de la rigueur absolue, il est normal que
leurs conclusions prennent le statut de l'opinion dans la mesure où ils
refoulent la possibilité du manque à leur devoir. Le réductionnisme,
surtout de part son caractère péjoratif, me semble davantage se
rattacher à l'inconscience qu'à une doctrine à part entière.


Il ne faut pas confondre la théorie et la pratique. Nier une
pratique commune à laquelle, en parallèle, chacun s'oppose à la
théorie, c'est un faux débat. Là où il serait plus intéressant de se
tourner, ce serait sur les manifestations sociales des états
psychologiques propices à la croyance ou au relativisme.
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Re: Le réductionnisme, suite.

Message par Courtial le Lun 19 Jan 2009 - 17:57

Serais-tu d'accord si je résumais une partie (en l'occurence, je ne vais pas tenter de le...réduire!) de ton propos - celle qui touche plus particulièrement à la pratique - en disant qu'au fond le réductionnisme n'est pas essentiellement un impératif cognitif, mais pratique?
Une position un peu bergsonienne, si tu vois ce que je veux dire : l'intelligence essentiellement pratique (et fabricatrice, technicienne) qui a besoin de se construire une vision "commode" (donc pas trop compliquée) du monde pour permettre son efficacité? La construction simplificatrice d'un vivant qui veut appuyer son bien vivre.
C'est à peu près ça ou j'ai mal compris?

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