Régis Debray et Le feu sacré

Aller en bas

Régis Debray et Le feu sacré

Message par Came le Jeu 4 Déc 2008 - 16:25

La médiation par laquelle quelque chose s’entend d’une autre correspond au niveau de communicabilité au sein duquel le langage fait œuvre. La philosophie, par son langage, fait l’être qui détermine l’histoire de sorte qu’en émerge un sens; elle trace donc l’itinéraire de ce qui viens «ensuite galvaniser nos sociétés repues [satisfaites et rassasiées] : évidées de tout absolu.» (Page 15 dans Le feu sacré de Régis Debray)



Le tribunal de la conscience fait donc acte au sein de l’individu où son dogmatisme personnel mine les fondements étatiques. C’est l’être, maintenant, qu’il faut interroger, l’être média, celui par lequel une démocratie est en train de renaître à toute vitesse. Ce n’est plus la personne elle-même que l’on considère, mais l’élément divin dans l’être médiatique. Le changement qui donnera mort à l’ancien et revivifiera la nouvelle traduction émergera des cendres ancestrales.

Dieu a peut-être été une invention nécessaire où l’homme faisait œuvre collective de son corps spirituel ? Toujours être impossible dans l’imprévisible, une erreur dont l’impossible se flatte d’être ainsi constitué. «Besoin d’un plus pour former l’unité d’un nous» en contraste avec un eux étranger au nous.

Les dogmes entretiennent peut-être des mystères pour tenir l'homme en perpétuel devoir de s'interroger, cette hétéronomie est sa médiate évaluation de lui-même en rapport à l'objet: un profond besoin de hiérarchie, d'un étranger qui s'oppose à un moi seul qui lutte dans sa crypte ancestrale; sans absolu de comparaison n'avons nous pas besoin d'un étranger pour se comparer et définir ce que nous avons de bon ? De ce qui est bon nous en déduisons le mauvais dans l'adversité, opération mise au point par le sort. La résurgence de l’expérience spirituelle est au plaisir de chacun et sa communicabilité trouve des difficultés dans la fermeture de l’autre, étranger à nous-mêmes. Le dogmatisme relié à cette fermeture n’est que le résultat d’un protectionnisme égoïste et sans foi en l’identité d’autrui et en son ouverture possible. L’acte religieux est une conséquence de l’expérience spirituelle, un partage de cette expérience donne lieu au religieux, cérémonie par lequel l'exaltation stigmatise les processions.

L'expérience spirituelle émerge d'un plaisirs de la connaissance; sa communicabilité naît de son exaltation suprême, un trop plein de bonheur, un excès ajouté à la totalité.

Le fait de concevoir l'homme dans une perspective historique permet d'évacuer l'essence de ce concept ou plutôt d'appréhender le concept lui-même de manière historique soit, d'étendre la séquence des événements à une échelle infinie. C'est ce que forge l'être auprès duquel l'homme se crée une unité conceptuelle. Il fait du concept: une procession.
avatar
Came
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 131
Localisation : Rigaud
Date d'inscription : 21/03/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum