Dictature, avenir de la démocratie ?

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Dictature, avenir de la démocratie ?

Message par Bergame le Lun 25 Aoû 2008 - 13:13

L'Occident, berceau et siège de la démocratie, est-il en train d'évoluer vers la dictature ? Came, dans un autre sujet, considère que les Etats-Unis connaissent une évolution politico-culturelle qui les éloigne de la démocratie, je pense qu'il n'a pas tort et que cela porte un nom : Le neo-conservatisme. Quand vous voyez quelles sont les références théoriques des neo-conservateurs, Léo Strauss, Carl Schmitt, Erich Voegelin, ce ne sont pas particulièrement de grands démocrates.
Par ailleurs, on connait le succès actuel du fondamentalisme religieux aux Etats-Unis. Ce mouvement n'est certes pas propagateur de démocratie non plus.
Enfin, il me semble que les Etats-Unis sont plus en danger qu'ils ne l'ont été depuis bien longtemps. Ils sont en passe de perdre leur statut de première puissance mondiale et cette fois, l'adversaire apparait bien plus solide que l'URSS ; la stratégie d'endiguement ne semble absolument pas fonctionner, et la Chine réalise des percées impressionnantes au niveau international ; ils focalisent le ressentiment international, particulièrement dans le monde arabe ; bref, ne seraient-ils pas tentés de resserer les liens de la "famille occidentale" aussi fermement que possible ?
9/11, la Chine, le monde arabe, le fondamentalisme religieux, la crise économique et surtout, industrielle, est-ce que cela ne fait pas beaucoup de menaces pour la démocratie aux Etats-Unis -et, peut-être, par contrecoup, en Occident ?

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Re: Dictature, avenir de la démocratie ?

Message par Came le Mar 26 Aoû 2008 - 0:32

Le néo-conservatisme à l’œuvre aux USA découle de la contre-révolution de l’école de Chicago, les Chicago Boys, dont le principal théoricien est Milton Friedman. Leur stratégie créer un choc économique ou attendre qu’une catastrophe frappe pour instaurer les valeurs (Mais quelles valeurs ?) néo-conservatistes. Qui est au pouvoir aux USA ? De fervents défenseurs de la doctrine économique de Milton Friedman.

Leur stratégie est en équilibre sur un axe principal, qui est en quelque sorte son objectif premier, favoriser sans vergogne la privatisation du domaine public. [Aux Moyens Orient 200 000 soldats américains pour 190 000 employés et mercenaires de société en sous-traitance pour le gouvernement américain et dont les principaux actionnaires sont des Chicago Boys.] Pour Milton Friedman, «l’État a pour unique fonction de protéger notre liberté contre ses ennemis extérieurs et contre nos concitoyens eux-mêmes : il fait régner la loi et l’ordre, il fait respecter les contrats privés, et favorise la concurrence» (page 14 du livre Capitalisme et liberté de Milton Friedman Édité chez Robert Lafont en 1971)

Une fois le peuple affaibli par le choc, qu’il soit économique, écologique, politique, les fameux (The famous) Chicago Boys arrivent en sauveur et propose leurs solutions, et ce avec l’aide du FMI et/ou de la Banque Mondiale. (Effondrement de l’URSS, guerre en Irak, Sri Lanka 2004, Katarina en Nouvelles-Orléans)

La théorie du choc économique (Extrait des pages 105 et 106 du livre La stratégie du choc de Naomi Klein édité chez Leméac-Acte sud en 2008)

«La théorie du choc économique repose en partie sur le rôle que jouent les attentes dans la mécanique inflationniste. Pour contenir l’inflation, il convient de modifier non seulement la politique monétaire, mais aussi le comportement des consommateurs, des employeurs et des travailleurs. Une soudaine volte-face déstabilise les populations et fait rapidement évoluer les attentes. On signale ainsi aux citoyens que les règles ont changé de façon radicale - les prix ne continueront pas à augmenter, et les salaires non plus. Selon cette théorie, plus vite les gens croiront que l’inflation a été maîtrisée, moins durera la douloureuse période de récession et de chômage élevé. En particulier dans les pays où la classe politique a été discréditée, seul un choc stratégique décisif est réputé pouvoir inculquer ces dures leçons au public.*

* Certains économistes de l’école de Chicago prétendent que la première tentative de traitement choc eut lieu en Allemagne de l’ouest le 20 juin 1948. Le ministre des Finances, Ludwig Erhard, élimina la plupart des contrôles des prix st introduisit une nouvelle devise. Ces mesures soudaines et imprévues secouèrent profondément l’économie et provoquèrent un chômage généralisé. Là, cependant, s’arrêtent les parallèles : les réformes d’Erhard ne touchaient que les prix et la politique monétaire. Elles ne s’accompagnèrent pas d’une compression des programmes sociaux ni de l’introduction rapide du libre-échange. On prit de nombreuses mesures pour protéger les citoyens contre les chocs.»


Dernière édition par Came le Sam 30 Aoû 2008 - 0:57, édité 3 fois

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Re: Dictature, avenir de la démocratie ?

Message par Came le Mar 26 Aoû 2008 - 0:53

P.S. Peut-être pas vers une dictature, mais plutôt vers une oligarchie !

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Re: Dictature, avenir de la démocratie ?

Message par Pierre Rivière le Mer 27 Aoû 2008 - 3:03

Mais ce qui est le plus inquiétant et qui rend possible la domination d'une élite sur la majorité est la conception implicite qui est véhiculé de l'homme, c'est-à-dire de son devoir-être. Cela forme une appréhension morale de soi chez les individus qui les rends dociles quant à l'imposition de mesures coercitives sur leurs précédentes libertés. Préparer psychologiquement les individus à se soumettre à la tyrannie est nécessaire afin de les y soumettre effectivement. La petitesse des biens auxquels s'attachent certaines gens les réduits d'ors et déjà au rang d'esclave. Cet attachement rend leur univers étroit et réduit par rapport aux possibilités de leur existence qui pourrait se dévoiler comme être spirituel sensuellement incarné et leur donner accès aux domaines de l'esprit qui méritent d'être défendus contre la chosification généralisé des personnes, Leur réduction au rang d'agent économique dans un système totalisant et totalitaire qui devient indépendant de ses membres, qu'ils aient été ses créateurs ou ses créations, démontre justement la toute-puissance du produit sur l'esprit producteur devenu trop faible pour l'abolir et le dépasser.

L'homme qui s'identifie à son produit ne vit plus.

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Re: Dictature, avenir de la démocratie ?

Message par Came le Sam 30 Aoû 2008 - 1:41

Dans un monde où l’appât du gain est la logique prescrite, lorsque la consommation motive nos relations et que la méfiance est de mise, avoir et être se confonde dans un «faire valoir la valeur de mon être avec ce que je possède de plus que toi». N’est-ce pas de cet étalage, pour ne pas dire de cette parodie, qu’il est question ? Tout est tellement consommation que l’on en vient à se vendre soi-même au plus offrant. Mais le danger de se perdre est évident ! À force de me présenter comme un produit, j’en viens à perdre mon identité et à gagner mon esclavage. Un curriculum vitae doit nous mettre en valeur, sans quoi il est un mauvais curriculum vitae; une coquille vide comme Humpty Dumpty.

N’est-ce pas la liberté à l’américaine ? Une liberté où la seule loi est la concurrence, un faire valoir. Cette liberté, qu’est-elle au juste ? Un pouvoir d’achat !!...? Mais qu’est-ce que le pauvre ? Un affranchi ou un exclu, un être sans nom, un produit sans nom, sans marque de commerce, une non-valeur ? Ne lui reste-t-il pas que son être ? Mais qu’est-ce que faire vœu de pauvreté ? Est-ce proclamer l’être ? Mais cet être, qu’est-il donc ? Il ne peut être une coquille vide sans quoi le pauvre n’existerait plus. L’être c’est ce qui reste une fois dépossédé ? Le corps vivant agonisant, là est-il la dernière dépossession ? affraid

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