Evolution, explosion, progression

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Evolution, explosion, progression

Message par Vargas le Lun 4 Fév 2008 - 10:04

Il y a 2 schémas complètement différents, mais qui ne s'annulent pas l'un l'autre, de penser l'évolution, la vie, le développement.
Appelons cela comme on veut.

Le premier est physique, énergétique et se retrouve en économie.
Il est basé sur l'accumulation, le dépassement.

Afin de dépasser un seuil, de créer un évènement, il s'agit d'emmagasiner, de la force, de l'énergie, de l'argent pour se créer une réserve, pour accélérer ou rendre possible le prochain mouvement.
C'est l'augmentation du capital, la création de fonds d'investissements, mais aussi la conception du big bang.
On retrouve cette idée chez Nietzsche, et que Bergson à sa suite reprendra :
Accumuler de l'énergie occasionnellement, et la faire détoner comme de la dynamite.
une conception en tension.


Le seconde est biologique et cyclique
.
C'est tout simplement le schéma de du cycle alimentaire, celui régissant les rapports entre prédateurs et nourrritures, mais aussi les rapports symbiotiques
Une conception en durée et en relation.

Certains aliments possèdent une apport énergétique supérieur, comme la viande pour l'humain ominovore. On peut aussi penser aux sucres lents et aux sucres rapides.
Mais seules, elles ne suffisent pas et exigent un cycle plus long, puisqu'il faut que l'animal consommé ait lui-même consommé d'autres aliments auparavant.
Il y a passage par un plus grand nombre d'intermédiaires (je file le parallèle avec l'économie), avec une déperdition d'énergie plus importante en fonction du nombre de d'intermède.

En revanche, les aliments de base, entre autre les les fruits et légumes relevant de la photosynthèse connassient une déperdition d'énergie minimale.
Le rapport peut être de 1 à 40 entre ces deux types de consammation, en terme de nourriture nécessaire.

Ce second exemple illustre tout de suite le fait qu'il n'y a pas à choisir entre l'un et l'autre.
En général, l'être humain consomme des deux.


Tout cela pour dire quoi ?
Rien de déterminé. Sinon en attente de vos réactions.
Il me semble juste que ces 2 schémas se retrouvent partout, dans l'histoire, dans les systèmes de pensée et dans nos préoccupations actuelles (énergies fossiles et énergies renouvelables).



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Re: Evolution, explosion, progression

Message par lekhan le Mar 5 Fév 2008 - 13:39

Je ne vois qu'un seul schéma personnellement.

Basé sur la régulation ou plutôt la continuité.

Dans ton premier exemple, ton premier schéma tu parles d'un culminant qui serait une tension qui explose. Une explosion laisse place à la continuité. Il y a accumulation, dépassement pour continuer, ça n'est pas un état constant, mais un relais, un processus participant à la régulation.

Dans ton deuxième exemple, finalement je ne saisi peut être pas bien la différence, il y a consommation des deux aliments différents car il y a régulation par les besoins.
Un homme ne peut pas vivre (en bonne santé?) sans une alimentation "équilibrée" et "rationnelle". Les besoins participent également comme processus de régulation du même cycle.

Tu cites Bergson, c'est assez intéressant. Je crois que pour définir des "cycles" de durées, il faut segmenter, fractionner, le mouvement global du temps. Or la propriété chez Bergson au moins de ce mouvement temps, c'est de ne pas pouvoir se fractionner. On ne peut pas définir le temps comme un segment, ni d'ailleurs totalement comme une droite mais ça n'est pas le problème, le temps est "infini". Il n'est finalement pas véritablement mesurant physiquement, et les cycles de vies n'en sont qu'une composante. On est alors en quelques sortes dans un cycle sectorisé plus par notre condition.
Le temps est perception et non mesure, il nous survivra.

La condition humaine est alors une condition de régulation face aux besoins, aux situations et aux contextes. Il n'y a pas de cycle proprement différent, mais des processus d'adaptation, de poursuite, de cassure. On peut rompre un cycle pour en faire naitre un autre (de même nature?). Il y a à mon avis une forme de circularité de la condition humaine.

Je vais prendre un exemple un peu type mettant en jeu les deux cycles que tu décris. Je vais m'appuyer sur la concentration nazie. Si on prend un témoignage comme celui de Kertesz ou de Levi peu importe, il y a d'abord ignorance, puis arrivé au nouveau point (le camp de concentration), il y a rupture du cycle vital, pour une recréation d'un cycle vital. A moins que ça soit le même avec une cassure, finalement une tension inhérente au contexte. Il y a négation extérieur du cycle précédent via finalement une ritualisation. Le rituel du choix, de l'uniformisation (crâne et poil rasé, désinfection, douche, vêtement), puis s'établie ou se rétabli le mouvement, le cycle vital. On connait la suite du cycle.

Je disais ça met en jeu les deux cycles que tu décris, en effet, dans les témoignages on retrouve souvent d'abord ce que tu appels le cycle physique, énergétique. Il est basé sur l'accumulation. On le voit au niveau du rapport au travail concentrationnaire. Il y a volonté de réussite, d'accumulation pour améliorer le cycle vital. Si on travail bien l'appel durera moins longtemps, on ne sera pas tapé. La tension étant contenu dans une institution totalitaire elle ne peut éclater que sous forme de rupture définitive avec le cycle vital (suicide), ou via une autre forme de rupture de tentation, les relations sexuelles, la relation physique.
De même on retrouve le schéma du deuxième cycle que tu évoques, celui du cycle alimentaire. Il y a d'abord ingérassions de tout ce qui est donné dans l'instant, puis répartition journalière. D'abord on jette la soupe de légume séché, puis on fini par la manger. On mange également le bout de saucisse et la margarine sur le pain. On divise le pain pour la journée et le matin suivant. On le divise pour savoir qu'il y aura quelque chose à manger, pour continuer le cycle vital.

On est dans une forme de cycle autonome, inhérent à la condition humaine, s'adaptant via des processus (eux mêmes cycliques?) de "régulation", de continuité.
Une forme de circularité je ne sais pas. Mais pas la circularité libéral de régulation des systèmes, même si je pense que c'est la même base de raisonnement.

Par contre, or du fait qu'il y est un cycle inhérent à la vie, à la condition humaine, on peut considérer qu'il est individuel, et qu'il y a croisement des cycles, création de nouveau cycle via la relation social, enfin je ne sais pas bien, il doit y avoir des agencements, des jonctions qui aboutissent à un cycle vital-social, ou quelque chose dans ce goût là.

Tout ça pour réagir, avec plus ou moins de raison, à ton propos^^.
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Re: Evolution, explosion, progression

Message par lekhan le Mar 5 Fév 2008 - 13:44

En fait je dis sûrement des bêtises, mais est-ce que ça n'est pas plus une relation d'espace, de territoire qu'une relation cyclique.
Est-ce que le développement, la vie n'est pas plutôt affaire de territorialisation en fin de compte? De rapport à l'espace, de nouveaux espaces, d'espaces croisés qui se plient et se déplient, qui en engendrent de nouveaux et continuent.

Je ne vois pas le cycle comme un véritable mouvement. C'est une autonomie.

L'idée de cycle me semble limitée, je ne sais pas, comme si elle était finie, régulière, trop régulière. Bien sûr elle semble perpétuelle, mais elle est in-changeante, comme sans contexte. Alors n'est-ce pas plutôt l'idée de territoire, d'espace hétérogène qui se croisent? Qui résonnent?

Et je crois que ça sera autrement plus intéressant que l'idée précédente d'un cycle unique, un peu "monistique".
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Re: Evolution, explosion, progression

Message par Vargas le Mar 5 Fév 2008 - 14:44

Pour répondre au sujet du cycle :

En fait, il y a 2 niveaux de lecture, qu'il faut bien repérer car ça demande à être resitué à chaque fois.

- Il y en a une réfléchie, fabricable.
C'est le cas de l'économie, c'est le cas de la rigueur logique extrême des camps de concentration.

- Et il y a ce qui relève du corporel, du somatique, de la vie brute.
Et c'est aussi dans ce cas qu'on peut parler de cycle, de régulé.
C'est le principe de précaution, c'est le temps de la digestion, c'est la récupération des déchets.
Régulation par les besoins mais aussi, saisie d'une progression à continuer en fonction de ce qui évolue, fluctue, résonne.

Pour continuer avec Bergson, on peut ajouter en filigrane, d'un côté l'intelligence, de l'autre l'intuition.


Mais ce n'est pas l'un contre l'autre, ils ne s'annulent pas et on peut les comprendre en partie comme 2 aspects d'un même problème.
Il y a un moment où la régulation, le cycle créé, un équilibre trouvé ne tient plus.
Ca déborde, ça détone.
Cela permet aussi de produire quelque chose de nouveau, d'original, d'accélérer (les révolutions industrielles), de faire émerger une nouvelle phase. Evolution explosive.
Mais l'explosion c'est aussi la vie poussée à son paroxysme jusqu'à la mort, ou la dérégulation totale menant à une situation chaotique.

En particulier, quand on recherche une harmonie qui sent le classique, un contact avec le vivant qui peut partir sur des trips humanisant à bras raccourcis la nature.

Sous la perspective, les disproportions.
On croit jouer le jeu de la progression continue, mais c'est en vérité un jeu entre contraction et tension, entre continuité et rupture.



De ce point de vue, le cyclique me fait penser à ce que disait Bergson des lois scientifiques : nous arrivons à appréhender la réalité par des formules, à reconstruire les phénomènes par des relations de cause à effet, par des touches de mécanisme ou de finalisme.
Mais il s'agit au demeurant d'appréhender le cours d'une réalité mouvante face à laquelle nos explications ne peuvent que se poursuivre, tenter de s'améliorer.
Nous pouvons détourner un instant le cours du fleuve, mais pas le retenir.
Les barrages que nous mettons en place sont efficaces, renforçables jusqu'à un certain point.
Mais jamais suffisants et il faut les détruire et reprendre à zéro, sous peine de se scléroser, pour chercher d'autres pistes.

Le cycle comme un rythme cognitif. Non superposable à chaque chose, pas unique.
Mais aidant aussi à mesurer, à anticiper en fonction d'un système (cycle alimentaire ; exemple :la disparition programmée du thon rouge en rapport avec les zones de pêche, la prédation humaine, l'activité économique du secteur,etc).

Fini, en somme, l'idée de Descartes, dans toute sa certitude, de se trouver comme "maitre et possesseur de la Nature".
Parce qu'il y a co-relation.


Ensuite, au sujet du cycle comme mouvement, j'aurai ici aussi pu parler d'énergie.
Celle qui permet le prochain mouvement d'une action (de la main, au niveau social, sur le plan économique), etc.., celle qu'on déploie.

En terme d'espace, ça se comprend donc totalement.
Tendance expansionniste (l'espace vital de la Pangermanie pour reprendre l'exemple nazi),
repli communautaire ou autre (politique isolationniste), métissage culturel (plate-forme d'échange, par exemple le Paris du début du XXème siècle, Florence à la Renaissance, Byzance).


Enfin, ce n'est qu'une façon d'aborder le sujet.
C'est un thème relativement fécond qui permet d'évoquer beaucoup de chose.

Pour le présenter, j'ai choisi d'exprimer 2 schémas dans leur contrariété, dans les oppositions qu'elles régentent (c'est-à-dire au niveau des choix de société, de vie, de modèle de prospection, comme par exemple ici, au sujet des politiques énergétiques du XXI ème siècle).

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