L'Ethique de Spinoza et la spiritualité ignatienne

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Message par Vanleers le Dim 12 Jan 2020 - 10:16

François Jullien soutient que Saint Jean résume l’essentiel de l’Evangile au passage d’un mode de vie à un autre : passage de la psuché à la zôê.
Il désigne ce passage comme une spiritualisation du concret, qu’il distingue de la conceptualisation des Grecs :

François Jullien a écrit:Les Grecs nous ont appris, en effet, à conceptualiser, c’est-à-dire à passer du pluriel concret des choses à l’idée unitaire rassemblant (« subsumant ») ce divers dans l’intelligible : à s’élever ainsi des « belles choses » au beau en soi, autrement dit à l’idée du beau. C’est là la leçon de Socrate, dans Platon et d’après Aristote, ouvrant la voie à la connaissance théorique. L’évangéliste, quant à lui, apprend à spiritualiser, ce qui est tout autre chose. C’est-à-dire qu’il apprend à déployer une dimension spirituelle (est-ce seulement un sens?) à partir du concret des choses, cette dimension spirituelle se confondant, chez Jean, avec celle qui rend vivant ou qui « fait vivre » : de l’eau tirée du puits à « l’eau vivante ». L’« esprit » y devient le souffle-esprit insufflant et répandant la vie (pneuma) et non plus l’esprit d’intellection et de représentation (noûs) de la philosophie. C’est pourquoi spiritualiser ne se réduit pas à symboliser : à passer de l’image à ce dont ce serait l’image, comme si l’eau du puits était « symbolique » de l’autre. C’est-à-dire que spiritualiser n’est pas exploiter un rapport analogique pour d’élever dans l’idéel, car ce symbolique en reviendrait à l’opposition de l’intelligible et du sensible et, par là même, ferait rater le vivant de la vie. Spiritualiser, ce sera par conséquent, chez Jean, passer de l’être-en-vie des êtres (leur psuché) à ce qui les rend effectivement vivants (en tant que zôê) (pp. 65-66)

On reviendra à cette conception de la spiritualisation en la confrontant à la spiritualité ignatienne et à l’Ethique.

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Message par Vanleers le Lun 13 Jan 2020 - 9:44

Il semble que François Jullien ne relève pas que le passage de la psuché à la zôê qui, selon Saint Jean, constitue l’essentiel de l’Evangile, s’accompagne de la joie évangélique, essentielle, elle aussi.
Ignace de Loyola, avec la notion de consolation, et Spinoza, avec celle de béatitude, ont davantage mis en évidence l’importance de la joie dans ce passage, c’est-à-dire, selon F. Jullien, dans la spiritualité.
La consolation ou la béatitude est « le signe que notre destination est atteinte » (Bergson), c’est-à-dire que nous avons effectué le passage à la vraie vie (zôê)

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Message par Vanleers le Mar 14 Jan 2020 - 9:41

Rappelons que, dans sa première lettre aux Corinthiens, Saint Paul écrit que  l’Evangile est un scandale pour les Juifs et une folie pour les Grecs (1 Cor 1 23).
Saint Jean va dans le même sens lorsqu’il dit que le Christ annonce qu’il faut haïr sa vie (psuché) pour vivre vraiment (zôê) :

François Jullien a écrit:Être vivant signifie en effet deux choses : peut signifier seulement être en vie, c’est-à-dire ne pas être mort, à titre de condition ; et avoir en soi surabondamment la vie, c’est-à-dire en tant qu’elle est vivante et, par suite, ne peut mourir : à titre de vocation. Tout l’effort de Jean sera, du moins dans un premier temps, d’écarter le plus possible, en étendant le champ du pensable, ce second sens du premier.
Tel est l’écart ouvert désormais entre ces termes que, dans une des grandes formules de Jean, ils peuvent même être conduits à se repousser l’un l’autre : « qui aime », c’est-à-dire est attaché à sa « vie » (psuché : l’être en vie), « la perd » ; et « qui hait sa vie en ce monde » (psuché toujours), c’est-à-dire sait s’en détacher, ne pas y coller, « la gardera pour en faire une vie (zôê) qui ne meurt pas » (12 25). C’est-à-dire que qui reste dans l’adhérence à son être-en-vie, et s’enlise en lui, perd sa capacité d’être pleinement, c’est-à-dire surabondamment vivant. Mais qui sait se libérer de cette dépendance à l’égard du seul souci de sa vie peut déployer celle-ci en vie effectivement vivante et telle qu’elle ne pourra  mourir. Ce dépliement et dépassement de psuché en zôê, de l’être vital au pouvoir d’être pleinement, c’est-à-dire surabondamment vivant, est propre à Jean […] (pp. 56-57)

Dominique Collin, déjà cité, qui a publié une thèse sur Kierkegaard, dit que l’Evangile (euaggélion : bonne nouvelle) est une très mauvaise nouvelle pour le moi auquel l’homme tient spontanément car le moi doit être perdu pour qu’un soi, que je ne connais pas, advienne :

Dominique Collin a écrit:Dorénavant, par « moi », j’entendrai cette identité d’un « je » fermée sur elle-même, sans rapport à (de) l’Autre, cet ego replié sur lui-même, sans accès à l’exister (qui consiste à sortir du « moi » en vue d’être Soi) (op. cit. p. 31)

Le moi, l’ego, est encombrant et la spiritualité est vécue comme un désencombrement de l’ego.
Ce désencombrement (cette mort de l’ego) n’a rien de morbide car opéré en ayant la joie pour boussole comme nous l’avons vu précédemment.

Ce qui est étonnant, c’est que l’advenue du soi, là où était le moi, peut être transposée, en remplaçant « soi » par « je » et « moi » par « ça » dans la célèbre formule de Freud commentée par  Lacan (Ecrits – Seuil 1966 p. 524) :

Lacan a écrit: La fin que propose à l’homme la découverte de Freud, a été définie par lui à l’apogée de sa pensée en des termes émouvants : Wo es war, soll Ich werden. Là où fut ça, il me faut advenir.
Cette fin est de réintégration et d’accord, je dirai de réconciliation (Versöhnung).

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Message par Vanleers le Mar 14 Jan 2020 - 15:18

Dominique Collin explique concrètement en quoi consiste le désencombrement de l’ego dans le cadre chrétien :

Dominique Collin a écrit:La foi sauve de l’angoisse en nous disposant à abandonner tout souci de soi (de son « moi »), à renoncer à toutes les tentatives désespérées de garantir sa vie sans passer par la confiance en l’Autre. (op. cit. p.48)
[...]
Quand j’angoisse du fait de ma contingence et de ma finitude, je suis tenté de m’accrocher à mon « moi » (psuché) : je veux ne dépendre de personne, être limité par rien et, comme on dit, « vivre ma vie ». En revanche, quand je fais confiance à la parole de la Vie, j’accepte de laisser tomber mon « moi », je reçois alors mon Soi d’un Autre. La vie (bios) devient alors la métaphore de cette Vie vivante qu’est la Zôê à laquelle nous introduit l’Evangile de Jean : « Celui qui aime sa vie (psuché) la perd, et celui qui hait sa vie dans le monde la gardera en vue de la Vie vivante [Zôê] (Jn 12, 25) (p. 54)

Or, la spiritualité ignatienne consiste à « chercher et trouver la volonté de Dieu, c’est-à-dire sa consolation » comme l’écrit Adrien Demoustier, déjà cité, qui précise

Adrien Demoustier a écrit:Choisir de faire la volonté de Dieu sera toujours, d’une façon ou d’une autre, une détermination qui permettra de trouver paix et joie au travers de la difficulté de vivre.

La spiritualité ignatienne consiste donc, elle aussi, à « faire confiance à la parole de la Vie et accepter de laisser tomber son « moi » pour recevoir, dans la joie, son Soi d’un Autre ».
Elle est une voie concrète de désencombrement de l’ego et la consolation qui l’accompagne est le signe que nous commençons à vivre de la Vie vivante (Zôê).

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Message par Vanleers le Jeu 16 Jan 2020 - 8:12

Recevoir son Soi d’un Autre et vivre de la Vie vivante (Zôê), comme l’écrit Dominique Collin, c’est cela le salut (sôteria) au sens chrétien comme on peut le lire en :

http://www.cenaclesauges.ch/diary9/25LaVieEternelle.pdf

Michel Maret a écrit:Le terme sôteria grec ne signifie pas seulement le contraire de la perdition. Le terme contient une certaine idée de perfection, de plénitude: le salut, c’est l’intégrité, la santé parfaite du corps et de l’âme, l’immunité de tout défaut et de toute maladie. Le salut, c’est donc la plénitude de vie. Jésus a dit: «Je suis venu pour que vous ayez la vie, et que vous l’ayez en abondance» (Jn 10, 10). Le salut, c’est donc cette vie en abondance que Jésus veut nous donner.

La spiritualité ignatienne nous amène à prendre conscience à la fois des échecs de notre vie (psuché) et du salut (sôteria), c’est-à-dire du don (du pardon) que Dieu, c’est-à-dire la Vie vivante (Zôê), nous fait à tout moment :

Adrien Dumoustier a écrit:Cette grâce de l’allégresse qui concilie le repos et le dynamisme ne supprime en rien les difficultés à vivre. Elles sont mises à leur place. Sans être superficielles, elles ne sont pas le centre de l’être. Elles peuvent être vécues en sortant du malheur d’avoir à les vivre. L’homme peut être soucieux sans être prisonnier de son souci. La vie est donnée et ne dépend en rien de la manière dont l’homme en porte le poids. Cette expérience sauve de la tristesse. Elle assure qu’il sera toujours donné de porter la difficulté du jour, y compris celle d’avoir à mourir. Elle délivre de la culpabilité, du regret d’avoir échoué, puisque les ratés d’hier ne sont en rien un obstacle au don que Dieu fait aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, la vie a toujours été donnée et le sera toujours, puisque aujourd’hui elle est accordée sans aucune condition préalable, dans la gratuité d’un amour qui n’a pas de causes.
Cette expérience, perçue plus que sentie, transforme les racines de la mémoire et permet de vivre autrement espérance, foi et charité. Tout ce qui était ressenti comme échec, regret devient mouvement de conversion. Il rééduque le sentiment d’un amour purifié de l’amour propre, la jouissance des dons libérée de la volonté propre et d’une vaine recherche d’identité. L’orgueil est démasqué de sa prétention à être sa propre origine. L’expérience, même fugitive et à peine perceptible, de cette paix dynamique marque la mémoire et fonde la possibilité de vivre autrement en assumant la totalité de son histoire comme une histoire sainte, vécue selon l’alliance divine. (op. cit. pp. 54-55)

La vie, toujours donnée et « accordée sans aucune condition préalable, dans la gratuité d’un amour qui n’a pas de causes » peut être assimilée à l’action divine qui « pénètre et surnage toutes les créatures » comme on le lit dans L’abandon à la Providence divine :


L’action divine inonde l’univers, elle pénètre toutes les créatures, elle les surnage ; partout où elles sont, elle y est ; elle les devance, elle les accompagne, elle les suit. Il n’y a qu’à se laisser emporter par ses ondes.

https://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Caussade/Abandon.html

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Message par Vanleers le Ven 17 Jan 2020 - 14:16

Quelques éléments saisis au vol en écoutant Dominique Collin qui parle de l’éthique :

L’Evangile n’est ni une doctrine, ni une morale mais une éthique de la vie.
Pas une doctrine, au sens où il y aurait des vérités à croire (beaucoup de « vérités » énoncées jadis par les Eglises sont devenues incroyables aujourd’hui).
Pas une morale, au sens où il y aurait des normes, des exigences, des devoirs ou des interdits à respecter, un effort moral à consentir (qui ne fait que mettre le moi en difficulté par l’intermédiaire du surmoi au lieu de tourner l’homme vers le soi).
La Bible ne distingue pas le bien et le mal mais la vie et la mort ; elle est une éthique du vivre pour de vrai.
La vraie vie, la vie vivante, est un don, une générosité, ce qui met l’amour-agapé au premier plan et fait de l’éthique de la vie une éthique de l’amour.
Pour savoir ce qu’est la vraie vie, il faut se mettre à l’écoute de l’Evangile, du Christ qui est une incarnation de la Zôê, de l’amour, car la Vie (Zôê) s’est manifestée en un homme.
Le Christ est le témoignage vivant d’un homme qui a été un Soi vivant, non pas un exemple mais une icône de ce que nous sommes invités à devenir.
La Vie est amour, don, elle ne se retient pas elle-même.
Vivre vraiment signifie générosité, libéralité, véritable liberté et libération.
On reçoit au-delà de toute mesure, de tout calcul.
Devenir soi-même pour les autres un témoin de cette générosité, une expression concrète, incarnée de la Parole de la Vie.

La foi (pistis en grec) est exprimée par deux verbes en latin :
- fidere : avoir confiance, se fier
- credere : croire, avoir une opinion, savoir

Depuis le XVII° siècle, la science est apparue comme un savoir fort, ce qui a eu pour conséquence de faire apparaître la religion comme un savoir faible, une croyance.
Les Eglises ont alors chercher à réarmer les croyants, notamment par des mesures d’autorité.
Or la foi n’est pas la croyance, encore moins la crédulité.
C’est faire confiance à quelqu’un, avoir confiance dans une parole, se mettre à l’écoute de quelqu’un qui se dit Fils.
La foi-confiance est toujours attachée à l’existence.
La foi est l’antidote au moi. Elle fait mourir la mort, elle nous fait naître à nouveau.
La Vie vivante (Zôê) est la Vie éternelle.

Ces quelques éléments seront étudiés et replacés plus tard dans le cadre du fil.

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Message par Vanleers le Dim 19 Jan 2020 - 8:36

Dire, avec Dominique Collin, que l’Evangile est une éthique de la vie et même de l’amour, trouve un écho dans l’Ethique.

Spinoza a construit une éthique de la joie, résumée dans la maxime : bene agere et laetari (« bien agir et être dans la joie » – E IV 50 sc.).
Mais, d’une part, cette éthique est aussi une éthique de la vie car Spinoza  démontre que le conatus, la force de vivre, est l’essence de toute chose (E III 6).
D’autre part, cette éthique de la joie est aussi une éthique de l’amour, défini comme « une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure » (E III déf. aff. 4)

Par ailleurs, nous avons déjà vu que le Dieu de Spinoza pouvait être appelé Vie (c’est ce qu’a fait Bruno Giuliani dans Le bonheur avec Spinoza).
Or, Zôê, la Vie éternelle, est la nature du Dieu chrétien que l’on peut donc rapprocher, à ce titre, du Dieu de Spinoza. :

François Jullien a écrit:Car avoir en soi la vie est ce qui définit Dieu même, aussi bien que son Fils, et les lie l’un à l’autre : « Comme le Père a en soi la vie, de même il donne au Fils d’avoir en soi la vie » (Jean 5).

Quant au « Soi » dont parle Dominique Collin et qu’il oppose au « moi », on  en trouve un équivalent dans l’Ethique en notant que Spinoza distingue deux sens de l’existence dans le scolie d’E II 45 et dans celui d’E V 29 qui se réfère au précédent.

Spinoza (E II 45 sc.) a écrit:Ici, par existence je n’entends pas la durée, c’est-à-dire l’existence conçue abstraitement et comme une certaine espèce de quantité. Car je parle de la nature même de l’existence qui se voit attribuée aux choses singulières pour la raison que de l’éternelle nécessité de la nature de Dieu suivent une infinité de choses d’une infinité de manières (voir la Prop. 16 p. 1). Je parle, dis-je, de l’existence même des choses singulières en tant qu’elles sont en Dieu. Car, quoique chacune d’elles soit déterminée par une autre chose singulière à exister d’une manière précise, il reste que la force par laquelle chacune persévère dans l’exister suit de l’éternelle nécessité de la nature de Dieu. A ce sujet, voir le coroll. Prop. 24 p. 1.

Vivre sur le mode du « moi », c’est vivre (exister) dans la durée, en commerce avec d’autres « moi » alors que vivre sur le mode du « Soi », c’est vivre (exister) en tant que nous sommes en Dieu, avec d’autres « Soi » auxquels nous sommes éternellement unis (cf. E V 40 sc.).
Dans ce cas, la force, la vie, qui nous fait vivre vient de la nature de Dieu, c’est-à-dire de la Zôê éternelle.

Nous vivons sur le mode du « Soi » lorsque « nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels » (E V 23 sc.).
Spinoza écrit : « nous sentons et expérimentons » et non « nous savons », ce qui montre que cet accès à l’éternité est une expérience plénière qui requiert l’homme dans sa totalité : esprit, corps et âme en entendant « âme » comme ce qui relève de l’affectivité de l’esprit et du corps.

Nous faisons cette expérience plénière du « Soi », précise Dominique Collin, en nous mettant à l’écoute de l’Evangile, du Christ, incarnation de la Zôê car la Vie (Zôê) s’est manifestée en lui qui est un Soi vivant, icône de ce que nous sommes invités à vivre.
Spinoza a reconnu l’importance de Jésus-Christ et, dans la lettre 73 à Oldenburg :

Spinoza a écrit:Pour vous montrer, dit-il, encore plus ouvertement ma pensée sur le troisième point, je dis qu’il n’est pas absolument nécessaire de connaître le Christ selon la chair ; mais il en est tout autrement si on parle de ce Fils de Dieu, c’est-à-dire de cette éternelle sagesse de Dieu qui s’est manifestée en toutes choses, et principalement dans l’âme humaine, et, plus encore que partout ailleurs, dans Jésus-Christ. Sans cette sagesse nul ne peut parvenir à l’état de béatitude, puisque c’est elle seule qui nous enseigne ce que c’est que le vrai et le faux, le bien et le mal. Et comme cette sagesse, ainsi que je viens de le dire, s’est surtout manifestée par Jésus-Christ, ses disciples ont pu la prêcher telle qu’elle leur a été révélée par lui, et ils ont montré qu’ils pouvaient se glorifier d’être animés de l’esprit du Christ plus que tous les autres hommes. 

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Message par Vanleers Aujourd'hui à 7:37

L’Evangile est la Parole de la Vie (Zôê) qui s’est incarnée en Jésus-Christ.
Il faut entendre « Parole » au sens large : ce qu’a dit mais aussi ce qu’a fait Jésus-Christ.
Cette Parole de la Vie rend vivants ceux qui la rencontrent vraiment, qui lui font confiance, qui ont foi en Elle.

L’Ethique de Spinoza est-elle, elle aussi à sa façon, une parole de vie, une parole qui vivifie, qui rend vraiment vivants ses lecteurs ?
C’est, semble-t-il, le but de Spinoza comme il l’écrit au début de la partie II où il se propose de « conduire comme par la main à la connaissance de l’Esprit humain et de sa suprême béatitude ».
On a vu, dans le post précédent, comment l’Ethique opérait cette vivification. J’en rappelle les points principaux :

1) L’Ethique est une éthique de la vie et de l’amour
2) Vie est un autre nom du Dieu de Spinoza
3) L’Ethique ouvre la perspective d’un autre mode d’existence que la durée : la vie sur le mode du Soi
4) En sentant et expérimentant que nous sommes éternels, nous accédons à ce mode de vie
5) Selon Spinoza, la sagesse de Dieu (de la Vie) qui s’est principalement et surtout manifestée en Jésus-Christ nous fait accéder à la béatitude, c’est-à-dire à la vraie vie

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