L'anus et la déréliction

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L'anus et la déréliction

Message par Guy Housse le Jeu 29 Nov 2007 - 14:18

Je m'interroge sur l'expérience existentielle et ses analogies avec l'anus. Alors qu'on l'utilise quotidiennement et qu'on croît le connaitre, l'anus n'est pas une chose qui se donne d'emblée ; il faut se contourner, se tordre, ou aller voir celui d'autrui. C'est à l'image de l'ontologique qui est à dévoiler dans un continuum quotidienne, et à l'image de la rencontre intersubjective dans son ébranlement de désirance.
Il faut chercher son anus ! Quête plurisensorielle qui engage la vue, l'odeur, le toucher aussi, l'ouïe parfois. Pourtant dans son caractère d'intimité, là aussi il doit se voiler. Pour exister proprement et verticalement, il faut nier son anus et se lancer dans le vagabondage. Mais l'anus et ses productions nous hante, ils nous tire vers les tréfonds de notre existence, dans la jouissance du pet qui annihile l'estime de soi mais provoque une hilarité symbiotique.
L'anus est un pli en soi, une cavité qui métaphorise la cavité de l'ego, du foyer d'aperception. L'anus est la part cloacal de l'ego qui sans cesse lui rappelle qu'il est organique avant tout, bref, qu'il est mortel. Au plus profond de l'anus se trouve la mort et la jouissance de la plénitude par le baton fécale ou la virilité d'un ami.

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Hymne à l' Anus

Message par Brutus le Jeu 29 Nov 2007 - 20:14

Trop beau ! Vraiment j’adore ! Et tout en exactitude !
Quelle réflexion intéressante qui rend enfin toute sa place à cette partie de notre anatomie si injustement dépréciée et négligée
Nous voici enfin confortés dans notre passion inavouée pour notre sublime merde.
Enfin quelqu’un pour oser glorifier le parfum de nos fèces.
Organe de rétention qui libère dans la jouissance de chier le produit de cette alchimie quotidienne amoureusement et longuement macéré dans notre intériorité , Anneau maitre de l’essentielle matière pour illustrer la noble activité du plus pur don de soi.
Ne lâche-ton pas généreusement sa merde là où l’on peut sans réticence, ni regrets ni remords et sans attente de retour.
Anus initiatique dans l’expérience primordiale du nouveau né qui recueillant son caca à pleines mains dans un geste innocent et naturel provoque le premier affrontement maternel pour découvrir la frustration, l’interdit et l’apprentissage de la soumission..
Anus objet des plaisirs méconnus retrouvés dans l’extase de la sodomie au paroxysme hémorroïdaire,( ton image est superbe ) …
Tu te souviens ?
Poisson pourri de Salonique
Long collier des sommeils affreux
D’yeux arrachés à coup de pique
Ta mère fit un pet foireux
Et tu naquis de sa colique

Bourreau de Podolie Amant
Des plaies des ulcères des croûtes
Groin de cochon cul de jument
Tes richesses garde-les toutes
Pour payer tes médicaments


Bon retour à toi, on va enfin pouvoir recommencer à se masturber.
(pas facile de se refaire une virginité !!) Laughing
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Re: L'anus et la déréliction

Message par Guy Housse le Jeu 29 Nov 2007 - 21:35

Tu cernes assez bien plusieurs points fondamentaux que je vais reprendre : la merde est don de soi, et par là, c'est l'acte le plus altruiste possible. Chier, c'est faire l'expérience de la perte. Là aussi, la mort point son nez !
Autre chose, c'est la merde qui fait le corps et pas l'inverse ! La merde fait exister les bords du cul, donne sa matière à la chair et en dessine les contours lorsqu'elle sort péniblement. La merde macère et fait exister l'intériorité, donne du volume à l'ego et fait naître par les turbulences digestives le concept de puissance. Regarde comme je tapisse les murs ! J'ébranle le monde de par mon existence ! Nietzsche se ballade dans les pissotières.
L'origine de la philosophie, du savoir, du connaître, du regarder sous le paraître, tout ça trouve son origine au fond du cul. C'est pour cette raison que j'aime à dire à mes amis de mon club privé qu'au fond du cul se trouve le troisième oeil. Après, il faut concrêtiser cette quête ! La sodomie est une aventure à rebours...
Puisque je trouve des oreilles qui savent entendre, je rédigerai quelques unes de mes thèses principales sur le chair et l'oeil, le voyeurisme à la constitution transcendantale de l'espace.

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Re: L'anus et la déréliction

Message par lanK le Ven 30 Nov 2007 - 0:01

le cru près de la vérité
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Re: L'anus et la déréliction

Message par Brutus le Ven 30 Nov 2007 - 0:18

J'aurais pas mis le cigare à cet endroit là , parait faiblard !!
Sinon je sugère une prouesse artistique innovente : tubes de matière fécale colorée pour les artistes barbouilleurs , et fanfares pétarradantes pour les musiciens !
Qui nous fait une proposition ?
(en plus de la lecture recommandée des Magistronostrandi de Chaultcouillon pour nos petits moinillons ).
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Re: L'anus et la déréliction

Message par Brutus le Ven 30 Nov 2007 - 0:19

Ben Lank t'as changé ton image sans prévenir !! Pas loyal ça !! :D
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Re: L'anus et la déréliction

Message par Brutus le Ven 30 Nov 2007 - 0:30

Revenons aux choses sérieuses !!
Oui Guy Housse je t'entends bien même si je ne vais pas aussi loin que toi; affaire de contenant et de contenu , de forme et de matière ; qui épouse l'autre ?
Et tout en étant d'accord sur le schéma , j'estime que le sentiment de puissance veut plus que quelques efforts pour pousser .
Mais j'attends volontiers l'oeil de Housse qui sera probablement affecté d'un strabisme d'un genre particulier (mais révélateur) pour qu' à la fois pourvoyeur d'intimités cachées il soit également apte à fournir à notre regard interne les ingrédients de nos fantasmes vitaux .
Mais j'anticipe ?
A toi la parole ...
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Re: L'anus et la déréliction

Message par Guy Housse le Dim 9 Déc 2007 - 20:21

Je suis surpris de retrouver ma prose ici, sachant qu'elle est tout ce qu'il y a de plus sérieux.

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Re: L'anus et la déréliction

Message par Brutus le Dim 9 Déc 2007 - 23:14

Amer constat de l'incompréhension
Inanité d'un monde sans imagination
Mais fi de l'endroit où tu te poses
S'il t'en suffit d'un pour apprécier ta prose
Je serai celui-là.
Foie de Brutus!

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Re: L'anus et la déréliction

Message par Vargas le Lun 10 Déc 2007 - 9:47

Papa Freud ne parle-t-il pas de régression au stade anal ?

En te relisant, je pensais aux approches phéno-existentielles (Merleau pour pas le citer, par exemple).
On parle d'être-éjecté-au-monde. Comme un caca tout mou qui vient de naître et doit s'endurcir un peu.
Qu'on ne parle plus de pureté ! Voilà un point fort positif.
Tous constitués du même marasme organique. Naître dans l'amniose, le sang et les sucs, et apprécier cette pensée en face.
Etre retourné, chiasmatique, au croisement du touchant et du touché.

Mais c'est dépasser l'anus. C'est tout le corporel qui est atteint, concerné ... jusque là !!!

"Là ou il y a du caca, il y a de l'être !", dixit Artaud
"La lucidité tient dans mon froc !", "ton style, c'est ton cul !" chante Ferré.

Claustrophobie du cul serré ; se relacher et faire des plissements, art fessier, dans le tissu du réel ; être cul-cul, anocentré sur sa forme, représenté ; indécision et schizophrénie de se trouver le cul entre deux chaises. (Ou est ma place ?).

Déreliction ? impasse existentielle, aporie et cul-de-sac !
Mais un mur, ça s'enfonce, et cul-par-dessus tête pour remettre en cause. Partir à la que-quête du seigneur des anus.

La voilà, l'imagination ! Toujours en voyage, en partance d'un quai pour se départir de l'illusion d'organes sans corps, de ports sans attaches. Et faire son trou dans la vie.
Profondeur ontologique non donnée, mais qui se creuse, qu'on autar-chie.




- Recto-verso déclassicé d'un Rimbaud qui dépeint Vénus anadyomène :
Les reins portent deux mots gravés : CLARA VENUS;
- Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.

- Non je ne chanterai pas une complainte du trou-du-cul que Quevedo a déjà entonnée :

Y así, como cosa tan necesaria, preciosa y hermosa, lo traemos tan guardado y en lo más seguro del cuerpo, pringado entre dos murallas de nalgas, amortajado en una camisa, envuelto en unos dominguillos, envainado en unos gregüescos, abahado en una capa, y por eso se dijo: "Bésame donde no me da el sol".

"Embrasse-moi là où le soleil n'entre pas."

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(cité par Herbert Marcuse, in L'homme unidimensionnel)

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Re: L'anus et la déréliction

Message par Bergame le Mar 11 Déc 2007 - 23:12

Vargas, je dois dire que j'en suis sur le cul ! :)
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Re: L'anus et la déréliction

Message par AnythingK le Mer 12 Déc 2007 - 4:51

Wow, je défie un quelconque serré du cul de le rester après ça !

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Re: L'anus et la déréliction

Message par Infinity le Sam 22 Déc 2007 - 12:41

Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d'amour qui suit la pente douce
Des fesses blanches jusqu'au bord de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous l'autan cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s'en aller où la pente les appelait.

Ma bouche s'accoupla souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C'est l'olive pâmée, et la flûte caline ;
C'est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs éclos !

Verlaine et Rimbaud, Le Sonnet du Trou du cul.

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Re: L'anus et la déréliction

Message par Arkh le Jeu 7 Fév 2008 - 14:14

Saviez-vous que l'ovule fécondé, après la division cellulaire, se creusait d'un pli fondamental ? Cette première étape métamorphe, nommée gastrulation, correspond à la formation de l'anus (migration vers l'intérieur d'un certain nombre de cellule).

On ne saurait donc mieux souligner sa place essentielle, fondamentale au sein de notre être.

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Re: L'anus et la déréliction

Message par Vargas le Jeu 7 Fév 2008 - 14:21

Ce n'est pas ce qui explique qu'il y ait toujours un creux en bas des oeufs de poule ?
Pour permettre les échanges gastriques ?

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Re: L'anus et la déréliction

Message par Guy Housse le Jeu 7 Fév 2008 - 16:47

Arkh a écrit:Saviez-vous que l'ovule fécondé, après la division cellulaire, se creusait d'un pli fondamental ? Cette première étape métamorphe, nommée gastrulation, correspond à la formation de l'anus (migration vers l'intérieur d'un certain nombre de cellule).

On ne saurait donc mieux souligner sa place essentielle, fondamentale au sein de notre être.
Et bien non, c'est stupide, car on ne fait pas l'expérience de ce premier pli, et c'est bien de cela dont il s'agit.

Sinon hier, j'étais aux bains-douches municipaux et j'ai réalisé combien il était possible de ramener la dialectique Fichtéenne à la mise en scène du corps, doublé du regard de l'autre qui en même temps, rappelle mon propre regard sur le corps d'autrui... Sans que jamais l'un et l'autre ne se confondent malgré ces multiples renversements. On retrouve là l'écart, la césure, le hiatus entre le JE / ME qui habite la sphère charnelle. Je posterai peut-être quelque chose là dessus plus tard.

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