Autarcie mondialisation

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Autarcie mondialisation

Message par lekhan le Jeu 6 Sep 2007 - 16:41

La mondialisation c'est d'abord la réciprocité. Réciprocité d'une société à un marché globale société. En sommes l'interaction entre la culture A dite culture mondiale, et la culture B dite Nationale. On peut très bien remplacer culture par société, et société par flux ou échanges. La mondialisation est d'abord et avant tout une interaction normative transformative.
La schématisation est simple:

A<-------->B
A -------->

Se pose un problème avec le schéma, la part de l'interaction A sur B. Alors que pour un équilibre et une raison on devrait avoir:

A<------->B

Nous avons:

A<------->B
A ------->

L'interactivité de A trouve son essence dans l'imbrication de B dans la logique de marché qu'induit A. Ou plus clairement pour qu'il y est interaction il faut que A modélise, formalise le système interactif B.

S'en suit le problème d'uniformisation qu'on peut appeler mixte. En sommes l'idéologie A dominante, tire sa domination de l'interaction positive ou de l'apport B. Or elle est comme autarcique, hermétique à toute interaction idéologique. On ne connait plus l'origine, ni la légitimité de A sur B, mais on admet seulement A comme on admet une norme.
L'autarcie de A par rapport à B, sa dominance interactive aboutit irrémédiablement à l'acceptation et l'uniformisation en A.


Qu'induit le problème de l'uniformisation?

La négation des B en tant que "résistants" autarciques, qu'entité au système A autarcique dominant par nature et sans réelle origine.

L'aboutissant: Une vision que l'on peut rapprocher à celle d'une vision sociologique.

Si cette globalité est un objet société alors A est une logique bien séante en sommes une culture globale, générale, La culture globale, générale. Et B devient une sous culture minoritaire, ultra minoritaire.
Arrive le logique problème de l'affrontement identitaire et ici du non choix et de l'acculturation.

La finalité résultante est la mise en exergue d'UN individu ontologique étant la société à lui seul.

L'interaction et la réciprocité, le don et le contre don étant en déséquilibre il en résulte le problème de la mondialisation actuelle.

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Re: Autarcie mondialisation

Message par Duanra le Jeu 13 Sep 2007 - 21:24

Je ne vois pas à quoi renvoit A. Une culture mondiale, ou mondialisée, n'existe nulle part. Il n'y a que des cultures qui interfèrent entres elles, et qui se syncrétisent en permanence. En d'autres termes une pléiade de B.

La culture A que tu désignes ne correspond en fait qu'à l'économie de marché : ce n'est pas à une culture à proprement parler, c'est un système d'échanges entre les hommes. Pas de normes, de références, de bien ou de mal, d'acceptable ou d'inacceptable : seulement un type de régulation des échanges particulier.

Là où j'abonde volontiers dans ton sens, c'est qu'effectivement ce que tu nommes A n'est pas remis en cause, n'est jamais sujet à débat. La régulation n'est pas discutée, imposée par une culture particulière (occidentale anglo-saxonne pour le dire grossièrement). Sachant que ce sont les pays et les cultures les plus puissantes du globe qui portent la mondialisation telle que nous la connaissons, il y a effectivement un désequilibre. A n'est pas non-discutable en tant que tel : il est porté par des cultures à l'hégémonie non-discutable, mais dont la domination est discutée. Ce qui change la donne. Elle n'est pas une épée de Damoclès menaçant chaque pays du globe, mais sur laquelle ces pays n'auraient pas de prise. A est en fait contenue dans une culture B, et à ce titre est tout aussi sujette à discussion que la culture B elle-même.

L'uniformisation n'est pas aussi irrémédiable que cela. Les pays d'Amérique latine par exemple, las de la domination de la Banque Mondiale, ont créé la Banque du Sud, qui sort purement et simplement du giron dominateur (car dominé par une poignée de cultures B) de la Banque Mondiale et du FMI. Ce qui rend possible cet îlot de résistance, c'est la relativité de l'emprise de A : même si le phénomène est supranational, il est porté idéologiquement par des pays, des sociétés et des cultures particulières. Ce qui me paraît relativiser sensiblement son caractère dominant.

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Re: Autarcie mondialisation

Message par lekhan le Mar 18 Sep 2007 - 14:55

Duanra a écrit:Je ne vois pas à quoi renvoit A. Une culture mondiale, ou mondialisée, n'existe nulle part. Il n'y a que des cultures qui interfèrent entres elles, et qui se syncrétisent en permanence. En d'autres termes une pléiade de B.

La culture A que tu désignes ne correspond en fait qu'à l'économie de marché : ce n'est pas à une culture à proprement parler, c'est un système d'échanges entre les hommes. Pas de normes, de références, de bien ou de mal, d'acceptable ou d'inacceptable : seulement un type de régulation des échanges particulier.

Pour te répondre si j'utilise culture c'est pour son double sens. A la fois produit de la transformation humaine (ici pour démontrer qu'il y a transformation-mutation d'un système par un autre système), et son sens classique.
Pour moi, il peut être désigné comme culture tout système véhiculant des normes et des valeurs qui lui sont propres. Système étant nébuleux, indéfini, A, cette entité véhiculant normes-valeurs par l'économie de marché peut être appelé culture.

En sommes, l'économie de marché n'est pas le terme adéquat à mes yeux pour désigner ce que j'appelle A.

A est pour moi un système tout à fait imbriqué dans sa diffusion (l'économie de marché), mais il n'est en aucun sa diffusion.
C'est un agrégat de normes, que véhicule la transformation économique. Pas la transformation économique.

Peut être que c'est plus clair, c'est vrai que je n'ai pas beaucoup détaillé.

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Re: Autarcie mondialisation

Message par Pierre Rivière le Mar 25 Sep 2007 - 4:00

Malheureusement... Je suis d'accord...

C'est la transformation des multiplicités culturels (souveraineté nationale) au profit d'une idéologie qui ordonnent une pluralité de types sociaux (complémentaire dans la logique de l'idéologie - je dirais plutôt de la formation discurcive) comme étant le seul mode d'être-au-monde. Un mode d'être-au-monde qui fonctionnalise tout selon la logique circulaire de la production-consommation dans le cirque de la spéculation économique. Et, bien entendu, ce sont les meilleurs spéculateurs qui profitent du jeu... Ce qui nous mène à une société oligarchique, selon le pouvoir financier.

Toutefois, dans une telle situation, il ne faut pas pratiquer la "négation du style, mais le style de la négation" (Guy Debord) Wink

Par ailleurs, la partie n'est pas encore perdu, il subsiste encore des formes de résistance.

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Re: Autarcie mondialisation

Message par Vargas le Mar 2 Oct 2007 - 9:32

En fait, le problème se trouve dès le titre :
autarcie, du grec autarkeia, signifie étymologiquement indépendance.
L'auto-suffisance, quoi.

Ta schématisation souligne un décalage, une inadéquation et un emboitement.
Seulement, la mondialisation est simultanément hégémonie et interdépendance, ce qui complexifie la donne .
C'est l'interaction dont tu parlais.

C'est-à-dire, qu'il y a à la fois des pouvoirs, des zones, des institutions imbriquées dans ce que A désigne.
Avec les enjeux de subordination, de coopération, de féodalité, d'élargissement, de prise de décision, de conflit etc... que cela implique.
Mais aussi des double-sens, des ouvertures et élargissements, du coextensif, du codéveloppement, et parfois du 1+1=3 (j'ai un groupe de musique avec mélange improbable de style en tête mais j'ai oublié lequel) .
Et ce qu'a souligné Duanra au sujet du caractère pluri-national de cette culture A va, d'une certaine façon, dans ce sens.

Pour reprendre Foucault, le pouvoir traverse, investit les dominés mais aussi les dominants.
Ce sont donc dans les rapports entre culture B, inégaux, historicisés, stratifiés que A s'identifie aussi.

Et j'irais plus loin en disant que la mondialisation telle qu'on la connait, dépendant essentiellement des révolutions techniques du siècle dernier (avant tout mondialisation du potentiel des télécommunications) trouve ses prémisses, et non pas son explication ni sa cause, dans la période de colonisation qui a précédé.

L'enjeu culturel justifiait alors la conquête nationale et économique.
La raison économique de coloniser n'avait peu à peu plus de raison d'être (à la fin ca coutait plus cher que ca ne rapportait au métropoles).
Mais les enjeux de culture, d'identité nationale demeuraient.


De ce mouvement il est resté quelque chose dans la mondialisation d'aujourd'hui.

A la fois supranational mais aussi, plus nouveau, national relatif : les différences s'estompent, les nuances et l'étalonnage deviennent visibles.
Certaines de façon provoqué, d'autres en quelque sorte d'elles-mêmes, nous rappellant que la nation est une création humaine, pas un donné.

Le risque est alors qu'on prenne au bout du processus pour universel ce qui est uniformisé.

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Paul Valéry, Poésie et pensées abstraites
(cité par Herbert Marcuse, in L'homme unidimensionnel)

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