Sociologie psychotique

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Sociologie psychotique

Message par Tenzin Dorje le Jeu 15 Nov 2007 - 10:46

Entre socio et psycho, je me dis que considérer l'individu comme multiple (parce qu'il compose avec les autres, qu'on participe de lui, etc), c'est limite psychotique. On est dans l'intrusion de l'objet.

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Re: Sociologie psychotique

Message par Bergame le Ven 16 Nov 2007 - 12:03

Qu'est-ce que tu entends par "intrusion de l'objet ?"
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Re: Sociologie psychotique

Message par lanK le Ven 16 Nov 2007 - 12:19

Je voulais poser la même question.

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Re: Sociologie psychotique

Message par Tenzin Dorje le Ven 16 Nov 2007 - 13:49

Le psychotique a tendance à croire qu'on lit dans ses pensées (paranoïa), il est dans la relation fusionnelle avec l'autre. A un degré moindre, quand le regard des autres est excessivement important (il y a intrusion de l'objet), c'est "limite".

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Re: Sociologie psychotique

Message par Bergame le Ven 16 Nov 2007 - 16:38

Euh, justement, en parlant de paranoïa, là, le fait que tu proposes ce sujet, comme ça, d'une phrase laconique, l'air de rien, comme si, justement il y avait pas de rapport, hein, ça n'a rien à voir avec le fait que j'ai posté mon auto-présentation hier, hein, rien, bien sûr, mais ouiiiii, tiens, j'y vois clair, moi, 'tention, on me la fait pas, à moi (ad lib)
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Re: Sociologie psychotique

Message par Tenzin Dorje le Ven 16 Nov 2007 - 16:53

Bergame a écrit:Euh, justement, en parlant de paranoïa, là, le fait que tu proposes ce sujet, comme ça, d'une phrase laconique, l'air de rien, comme si, justement il y avait pas de rapport, hein, ça n'a rien à voir avec le fait que j'ai posté mon auto-présentation hier, hein, rien, bien sûr, mais ouiiiii, tiens, j'y vois clair, moi, 'tention, on me la fait pas, à moi (ad lib)
Rien à voir, en effet.

C'est la lassitude (pas la fatigue mais une lassitude vraiment existentielle) qui me fait parler laconiquement. Je suis usé.

Même éprouver ici ou ailleurs dans la rencontre, ce n'est plus trop mon trip.

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Re: Sociologie psychotique

Message par Bergame le Ven 16 Nov 2007 - 17:39

Bon bon, je plaisantais bien sûr -enfin, j'essayais :)
Mais la manière dont tu poses la question me renvoie effectivement à la manière dont je me suis auto-décrit. J'ai effectivement ce sentiment profond d'être une personnalité multiple, et d'avoir présenté des facettes différentes de cette personnalité dans les "mondes" différents au sein desquels j'ai évolué -qui, j'en ai eu effectivement le sentiment, n'attendent pas nécessairement tous la même chose de toi.
Je crois effectivement que c'est une question de personnalité. Je pense qu'il peut effectivement y avoir là danger, pour certaines personnalités, une angoisse... de morcellement, dit-on je crois, si le terme renvoie bien à ce que j'évoque ? Et puis pour d'autres, ça l'est beaucoup moins, et la prétention de l'individu à s'autoreprésenter comme consistant, perpétuel, "d'un bloc" peut apparaitre au contraire comme motivé, justement, par une réaction à l'angoisse.
Mais c'est là une question de psychologie, je ne vois pas trop comment tu la lies à la sociologie ? Tu veux sans doute dire autre chose, en fait ?
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Re: Sociologie psychotique

Message par prgrokrouk le Lun 26 Nov 2007 - 18:50

Je pense, (si je puis dire, Bergame), qu'en se regardant à posteriori et en se racontant éventuellement, on peut atteindre le sujet. Mon grand-père (mon père dans une mesure non-négligeable), a été quelqu'un d'exceptionnel. Pour moi, mais aussi pour plein d'anecdotes. Il était réservé, savait regarder le trait, être rare, gardait des réflexions qui pouvaient laisser sans voix dans la répartie, n'importe quel Artaban ou Tartarin... un genre qu'il n'aimait pas et contre lequel il s'était spécialisé. On se promenait au Jardin Botanique, à Metz. Je suis passé de l'Orangina au Monaco. Lorsque je lis Kierkegaard, qui se promenait avec son père, je comprends quelque chose que je connais.

Mais enfin, si je parle ainsi, c'est pour indiquer que l'unicité individuelle ne peut être un sentiment exempt de multiples médiations et expériences.

Quant à toi, Adam, si j'osais, je t'inviterais à ne pas prêter trop de consistance à un savoir psycho-psychanalytique, qui cache beaucoup de misère derrière un sérieux compassé pour midinettes. D'où, j'imagine, ces dessins formalistes cherchant un contour, que tu as tantôt réfléchi. La psycho-psychanalyse manque singulièrement DE COUILLES, à mon idée... Un sérieux auquel Rolland GORI, estimable intellectuel dont on ne parle pas assez, croit encore. La philosophie, dont je me sens participant, est beaucoup plus étendue, beaucoup plus profonde, et mieux... DANS SA PEAU. Cela dit, Winnicott et Tausk, valent un large détour.

Je suis sûr que tu gagnes à être connu. Bergame aussi.

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Re: Sociologie psychotique

Message par Tenzin Dorje le Mar 27 Nov 2007 - 20:58

Qui croit que je prête de la consistance à quelque chose ?

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Re: Sociologie psychotique

Message par prgrokrouk le Mer 28 Nov 2007 - 12:18

J'ai considéré un moment, l'individu comme multiple ou comme surveillant constamment ses arrières, depuis que j'ai lu : "considérer l'individu comme multiple (parce qu'il compose avec les autres, qu'on participe de lui, etc), c'est limite psychotique. On est dans l'intrusion de l'objet."

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Re: Sociologie psychotique

Message par Bergame le Jeu 29 Nov 2007 - 19:34

Jamais réfléchi à cela, prgrokrouk, mais ça m'ouvre des fenêtres. Pour ma part, je n'ai aucun souvenir de mon enfance, ma vie commence vers 17 ans, 15 ans si je pousse au plus loin. Dans mes cours de l'époque -loin, tout cela, tout de même- je me souviens qu'il y avait un fantasme qui m'avait un peu plus interpelé que les autres, le fantasme du Phénix, dont la traduction plus courante est celui du gars-qui-s'est-fait-tout-seul. Va savoir... [boh tiens, je le laisse celui-là, c'est joli comme lapsus :D ].

Mais enfin, tu as beau dire, ami prgrokrouk, tu as un style très psycho, mmmh. Wink
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Re: Sociologie psychotique

Message par x-ray le Jeu 29 Nov 2007 - 21:16

Il suffit de regarder ton avatar, Bergame, pour voir que tu n'es pas si multiple que tu ne le crains : tu n'es que double !!! Embarassed

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Re: Sociologie psychotique

Message par SShut7pi le Sam 8 Déc 2007 - 2:18

Proposer la combinaison des mots "sociologie" et "psychotique" dans le même intitulé relève à mon sens du génie. Ma Yahoo Pipe m'en a averti dès qu'elle fut opérationnelle.

Je ne peux m'empêcher de penser immédiatement à Deleuze et Guattari et à leur oeuvre monumentale "Capitalisme et Schizophrénie". Bien sur, je vais détourner leurs propos pour promouvoir ma cause, mais c'est un préliminaire évident (bien que dissimulé sous des apparats idéaux la plupart du temps) à la retranscription de l'information.

Deleuze et Guattari s'attaquent dans un premier temps à l'Oedipe (tome 1: "L'anti-Oedipe"), et proposent une réévaluation éthique de la pensée schizophrénique (celle qui se refuse à attribuer à une personne des contenus de pensées, c'est-à-dire qui refuse d'enfermer les pensées dans des catégories tupperware). Dans ce cadre, on voit dans un délire politique une manifestation psychologique du système dans sa totalité, et non une perversion intrinsèque de la personne, qui a la liberté de réinvestir sa libido ailleurs (définition de la tolérance s'il en est). Le délirant nazi, communiste ou ultra-libéral n'est pas un ennemi mais une sorte de chaman qui par catharsis collective et investissement libidinal intense transmet aux autres les dimensions sémiologiques autrement inaccessibles aux "routiniers" de l'existence (= les humanistes de cabinets ou humanistes du net).

D'après Deleuze et Guattari, (arrêtez de me lire parce que " Deleuze est un penseur culte de la gauche ", bande de victimes du sytème !) le schizophrène souffre du despotisme de l'Oedipe, et il va tout faire pour fuir cet Oedipe (NB: Oedipe= les 2 premières personnes avec qui je noue des liens, l'autrui primordial, c'est papa-maman). Attention, Deleuze et Guattari ont tout de même l'excellence de reconnaitre la profonde découverte de la psychanalyse (= le sujet n'est pas clair à lui-même, ses perceptions sont contraintes par des schémas récurrents).

MAIS, l'Oedipe serait une "ruse de la raison" bourgeoise nous contraignant à réintégrer l'ensemble des signifiants de l'existence dans le triangle papa-maman-enfant. Or, ce que démontre le schizophrène ( qui se fout éperdument d'être maoiste le lundi, jauréssien le mardi et anarcho-capitaliste le mercredi...), c'est que la libido investit le champ socio-historique avant d'investir papa et maman: papa et maman ne sont que des inducteurs, c'est-à-dire des médiateurs, des points à partir desquels on trace des courbes, des ellipses et des droites. Ils nous accompagnent, mais ne nous régissent pas. Dans la schizo-analyse, les "noms de l'histoire" remplacent le "nom du père".

Ainsi, d'après Deleuze et Guattari, la libido se doit de "délirer les races,les classes, les civilisations et d'halluciner l'histoire" pour faire du désir un processus révolutionnaire. La thèse est très intéressante, et infiniment plus complexe que cette présentation mais elle est accessible à toute personne réellement sensibilisée à l'altruisme (c'est-à-dire vivant loin de son lieu de naissance et de ses parents, les autres ne faisant que se masturber sur un idéal abstrait de l'autre -je n'en démords pas ). Aussi, j'invite toutes les personnes qui aiment la combinaison "sociologie"+"psychotique" à lire avec attention l'oeuvre de Deleuze et Guattari...parce que que l'on peut être consciemment gauchiste et inconsciemment réactionnaire, consciemment réactionnaire et inconsciemment gauchiste, ou encore, comme le schizo, s'en battre les couilles éperdumment, et ne rechercher qu'à maximiser l'intensité du plaisir sur le corps sans organes....


Et allez voir "I'm not there" de Todd Haynes au cinéma, parce qu'on a encore beaucoup à apprendre de la vie de -tout fétichisme exclu- Bob Dylan (bande de sales cons). Et méditez cette phrase de Casanova : "Un athée qui, s'occupant de son système, pense à Dieu, vaut mieux qu'un théiste qui n'y pense jamais".

TeaBoh


PS: ça fait du bien de chier...

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Re: Sociologie psychotique

Message par AnythingK le Sam 8 Déc 2007 - 13:31

Ça fait très longtemps que je veux lire Deleuze et Guattari, mais là, ça urge. Ce sera une de mes lectures du temps des fêtes. Merci TeaBoh !

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