Le moi et le soi dans l'Ethique

Page 6 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6

Aller en bas

Re: Le moi et le soi dans l'Ethique

Message par Vanleers le Ven 15 Déc 2017 - 14:50

Comme l’écrit Bruno Giuliani, l’ego se dissout dans la satisfaction de soi, c’est-à-dire dans la joie née de se contempler, soi et sa puissance d’agir.
Toute l’Ethique vise à renforcer la satisfaction de soi (acquiescentia in se ipso) jusqu’à son point le plus haut, l’acquiescentia, autre nom de la béatitude.
A propos de la joie d’être soi, Bruno Giuliani écrit :

Bruno Giuliani a écrit: Egalement appelée autoestime, cette joie naît de la perception de sa propre valeur.
[…]
L’autoestime ne détruit pas le désir de s’améliorer. Elle engendre au contraire une motivation joyeuse à progresser vécue dans la détente et l’acceptation de sa perfectibilité. La nuance est subtile : je désire m’améliorer mais je ne désire pas être meilleur que ce que je suis actuellement. Quand je suis heureux, je suis à la fois satisfait de qui je suis et enthousiaste de sentir que je peux devenir encore meilleur au fil du temps. (op. cit. pp. 122-123)

Vanleers
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 972
Date d'inscription : 15/01/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le moi et le soi dans l'Ethique

Message par Vanleers le Dim 17 Déc 2017 - 21:57

Je reviens à la question de la dissolution de l’ego en tentant une synthèse de mes deux derniers posts.
A mon point de vue, c’est lorsque l’homme est en proie à une passion (un affect passif), tout particulièrement à la haine, que l’ego entre en jeu.
Rappelons que Spinoza définit la haine comme une tristesse qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure.
Lorsqu’un homme passe d’une plus grande puissance a une moindre du fait d’un autre homme, ce passage sera vécu comme une attaque de son ego par un autre ego : il haïra cet autre, considéré comme la cause de sa perte de puissance (l'ego se rebiffe).
Spinoza nous indique un moyen de sortir de cette situation de tristesse en Ethique V 2 :

Spinoza a écrit: Si nous éloignons une émotion de l’âme, autrement dit un affect, de la pensée d’une cause extérieure, et la joignons à d’autres pensées, alors l’Amour ou la Haine à l’égard de la cause extérieure, ainsi que les flottements d’âme qui naissent de ces affects, seront détruits.

Eloigner un affect de la pensée d’une cause extérieure, c’est ne plus penser à cet autre supposé être la cause de ma tristesse. C’est facile avec la technique de la méditation de pleine conscience : il suffit d’être attentif à sa respiration et de laisser filer les pensées qui viennent à l’esprit, y compris la pensée de l’autre, cause de ma tristesse.
L’autre, vécu comme un ego s’opposant à mon ego, disparaît, rayé de la carte.
Mon propre ego disparaît également car il n’avait été réactivé que par l’irruption d’un ego perçu comme malfaisant qui a maintenant disparu de mon esprit.
Il devient possible de vivre la situation d’une autre façon car la satisfaction de soi a maintenant le champ libre pour occuper toute l’attention : c’est le sens de ces « autres pensées » dont parle la proposition ci-dessus, qui viennent consolider le rétablissement dans la joie.

Vanleers
Digressi(f/ve)
Digressi(f/ve)

Nombre de messages : 972
Date d'inscription : 15/01/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Page 6 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum