René Guénon

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René Guénon

Message par maraud le Jeu 13 Juil 2017 - 10:44




Il est des esprits qui bouleversent le cours de leur temps et secouent la succession des idées sans que pour autant ils deviennent les étincelantes vedettes des engouement fugitifs. René Guénon est de ceux-là. Humble et effacé, ayant mené une vie silencieuse, il semble passer lentement d'un clair-obscur à la nuit complète sans s'occuper beaucoup des figures de son époque et des recettes qui assurent la célébrité.
Ce solitaire amoureux éperdu des grandes perceptions spirituelles fut-il un philosophe ? Assurément pas. Il contempla la philosophie et put, chose insigne et légitime dans son cas, se permettre d'en sourire.
De toute façon son propos couvrait trop de choses et dévoilait trop de richesses pour qu'il soit possible d'en faire l'homme d'une spécialité. Nul "dada" ne fut son domaine. La synthèse de l'homme et de l'univers seule le préoccupait réellement. Et, ayant peut-être découvert des arcanes de la grande mécanique céleste il put bientôt se moquer de nos agitations, de nos concepts sitôt remplacés par d'autres tout aussi éphémères.

Guénon ne propose pas , ne suggère pas. Il affirme. Sa devise serait bien celle de quelque brahmane védique: " connaître et imposer". Nul dogmatisme pour autant, mais l'assurance de celui qui revient d'un voyage étonnant.( J-C Frère)
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Re: René Guénon

Message par pame le Jeu 13 Juil 2017 - 18:32

Je n'ai pris connaissance de Guénon seulement après avoir formé mes propres convictions, semblables en partie aux siennes en ce qui concerne "la crise du monde moderne" et "la grande triade". Mais en étudiant l'évolution de la pensée en Europe occidentale depuis l'antiquité, je suis arrivé à des conclusions différentes.

Dans "La crise du monde moderne il espérait encore un réveil de la tradition par une élite qu'il voyait dans l'Eglise catholique. Il n'avait pas compris que ce sont les erreurs et déviations de celle-ci qui sont à l'origine de la décadence. Il a sans doute compris son erreur puisqu'il a trouvé refuge dans l'Islam.

Pour ma part je constate que le déclin de l'Occident est inévitable et que les puissances orientales imposeront leurs orientations civilisationnelles. La Russie orthodoxe et la Chine taoïste ont gardé leur tradition fondée sur le ternaire et leur logique de complémentarité et du tiers inclus.

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Re: René Guénon

Message par maraud le Jeu 13 Juil 2017 - 20:13

Pame a écrit:Dans "La crise du monde moderne il espérait encore un réveil de la tradition par une élite qu'il voyait dans l'Eglise catholique. Il n'avait pas compris que ce sont les erreurs et déviations de celle-ci qui sont à l'origine de la décadence. Il a sans doute compris son erreur puisqu'il a trouvé refuge dans l'Islam.

Je pense qu'il avait compris bien plus de chose que moi-même; je ne saurai donc rien dire à ce sujet. Tu dis qu'il a trouvé refuge dans l'Islam...

Il faut savoir qu'il était bien plus orienté vers l'Inde ( l'Orient) que vers le Moyen-Orient ( Égypte), et que s'il a finalement opté pour l'ésotérisme islamique, c'est d'une part parce qu'il ne pouvait se convertir à l'hindouisme ( l'hindouisme n'est pas prosélyte) et d'autre part, parce qu'il avait reçu des influences, en France, de convertis à l'Islam ( notamment Léon Champrenaud, dir. de revue " La Voie"))

Au reste, le Moyen-Orient était une synthèse, un pont, entre l'Orient et l'Occident.

On ne peut pas vraiment dire qu'il a choisi l'Islam, mais plus précisément la Tradition Primordiale ( le Soufisme, par exemple en est fortement imprégné).

Il ne fait pas de doute, pour moi non plus, que l'Occident est à la rue...Maintenant, faut-il attendre quelque chose  du sursaut Sino-russe ; sincèrement, je ne sais pas, et je suis pessimiste à ce sujet, car l'hystérie militariste qui règne de l'autre côté ne présage rien de bon. ( Dougine? combien de chars..?
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Re: René Guénon

Message par Ahmed II le Ven 14 Juil 2017 - 15:47

J'espère que l'on va en lire plus à propos de Guénon.
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Re: René Guénon

Message par maraud le Sam 15 Juil 2017 - 20:54

Bon, puisque j'ai pris l'initiative d'ouvrir ce sujet, et puisqu'il faut bien commencer quelque part, autant le faire par ce qui nous intéresse en premier lieu: l'être vs l'individu.

[L'individu, même envisagé dans toute l'extension dont il est susceptible, n'est pas un être total, mais seulement un être particulier de manifestation d'un être ( soumis aux conditions spéciales d'existence) et occupant une certaine place dans la série indéfinie des états de l'être total. C'est la présence de la forme parmi ces conditions d'existence qui caractérise un état comme individuel; il va de soi que cette forme ne doit pas se réduire comme spatiale.

Distinction du Soi et du moi, ou de la personnalité et de l'individualité.
Le "Soi" est le principe transcendant et permanent dont l'être manifesté, l'être humain par exemple n'est qu'une modification transitoire et contingente , modification qui ne saurait affecter le principe(1). Immuable en sa nature propre, il développe ses possibilités dans toutes les modalités de réalisation, en multitude indéfinie(2) qui sont pour l'être total autant d'états différents, états dont chacun a ses conditions d'existences limitatives, et dont un seul constitue la portion ou plutôt la détermination particulière de cet être qui est le moi ou l'individualité humaine.
Au reste, ce développement n'en est un, à vrai dire, qu'autant qu'on l'envisage du côté de la manifestation, en dehors de laquelle tout doit nécessairement être en parfaite simultanéité dans " l'éternel présent" (3), et ce pourquoi la permanente actualité du soi n'en est pas affecté(4). Le soi est ainsi le principe par lequel existent, chacun dans son domaine propre, que nous pouvons appeler un degré d'existence, tous les états de l'être; et ceci doit s'entendre, non seulement des états manifestés, individuels comme l'état humain ou supra-individuels , c'est-à-dire, formels ou informels, mais aussi, bien que le mot "exister" devienne alors impropre, des états non manifestés, comprenant toutes les possibilités qui, par leur nature même, ne sont susceptibles d'aucune manifestation, en même temps que les possibilités de manifestation elles-mêmes en mode principiel; mais ce "Soi" lui-même n'est que par soi, n'ayant dans l'unité totale et indivisible de sa nature intime, aucun principe qui lui soit extérieur .

Le mot manifesté ne peut pas s'appliquer au non-manifesté, c'est-à-dire l'état principiel. Pris dans son sens strict ( du latin ex-stare), ce mot indique l'être dépendant à l'égard d'un principe autre que lui-même, autrement dit: celui qui n'a pas en lui sa raison suffisante, donc l'être contingent, qui est la même chose que l'être manifesté.]

Note bas de page: [ Il résulte de là que, rigoureusement parlant, l'expression vulgaire " existence de Dieu" est un non-sens , que l'on entende d'ailleurs par Dieu, soit l’Être comme on le fait le plus souvent, soit, à plus forte raison le Principe Suprême qui est au delà de l’Être.]




-1) Il faut imaginer la figure d'une roue qui tournerait sur son axe sans que la nature de cet axe n'en soi affectée ( exemple d'un axe qui maintiendrait cette roue en lévitation, donc sans frottement ni contrecoups d'aucunes sorte)

-2) ( Guénon était mathématicien et s'est préoccupé du calcul infinitésimal) Selon toute logique, on ne peut, d'un point de vue de la logique pure, n'envisager qu'un seul infini, pour la raison que "deux" infinis se limiteraient l'un l'autre. C'est pourquoi il parle de l'infini pour ce qui relève du Possible et de l'indéfini pour ce qui regarde le manifesté: les possibles du Principe sont infinis, mais les " possibles" états d'être manifestés sont indéfinis ( nécessairement).

-3) Il n'y a de "temps qui passe" que dans le champs des objets manifestés ( en cela, ce sont bien les êtres manifestés qui créent l'espace, et donc le temps)

-4) On fait tous l’expérience d'être, tous les matins, soi-même ( sauf grosse cuite ou trouble de l'identité).
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