Critique de la raison postmoderne

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Critique de la raison postmoderne

Message par pame le Sam 1 Juil 2017 - 7:56

Wikipédia a écrit:La postmodernité est l'éclatement des références temporelles et locales : quand les prémodernes se reposaient sur la tradition et les modernes sur l'avenir, les postmodernes auraient les pieds dans le vide.

Popper a cru en un progrès continu de la science, une ouverture optimiste mais illusoire.
Feyerabend a critiqué au contraire l’impératif de compatibilité des nouvelles théories avec les anciennes qui donne un avantage déraisonnable aux théories déjà instituées, ce qui érige une clôture.
Kuhn a soutenu l’évolution discontinue entre périodes de consensus stable et des ruptures conduisant à un renversement des représentations des savants.
René Tom, mathématicien des théories de la théorie du chaos, a découvert que les systèmes complexes passent par une succession de  périodes stables et de moments d’instabilité et de changement, ce qui a été qualifié de théorie des catastrophes.

On peut caricaturer l’histoire de la pensée du monde occidental comme une suite de catastrophes qui a conduit de l’antiquité à l’époque postmoderne:

- L’humanisme grec combiné au monothéisme juif a abouti à la religion chrétienne transformant la trilogie métaphysique des néoplatoniciens en trinité anthropomorphe et masculine.

- Augustin, par sa doctrine du péché originel et de la rédemption, a altéré la conception tri-unitaire par le dualisme éthique (Bien/Mal).

- Thomas d’Aquin, par sa généralisation abusive de la logique aristotélicienne de non-contradiction, a renforcé le dualisme éthique en dualisme logique (Vrai/Faux).

- La science cartésienne a utilisé la logique de contradiction exclue héritée de la scolastique pour justifier le rejet de la métaphysique en même temps que de la théologie. La philosophie étant réduite à l’ idéalisme et aux théories linguistiques ou psychologiques fondées sur des concepts ou des sentiments subjectifs, on aboutit au dualisme rationaliste (rationnel/irrationnel ou objectif/subjectif)

- Enfin la relativité, calamité finale, a émancipé la physique de la contrainte des coordonnées classiques d’espace et de temps devenues des variables. La physique a été réduite à une branche des mathématiques. De plus, la simulation informatique exonérant le chercheur de l’expérimentation a  créé  un monde virtuel.

- La vulgarisations scientifique a conduit au relativisme individualiste, à l’émancipation des conventions sociales et morales et au déconstructivisme des « french philosophs » dont la post-vérité a fourni aux think tanks américains une justification philosophique aux dérégulations financières dites néolibérale profitant aux créanciers en asservissant les débiteurs.

Le monde occidental postmoderne a les pieds dans le précipice d’un trou noir scientifique, financier et intellectuel et dans le fossé qu’il a creusé envers le monde oriental.

De la postmodernité à la post-vérité:

Un article de Philippe Grasset sur la [u]post-vérité reproduit l’article The truth about post-truth politics de Andrew Calcutt dont voici quelques extraits traduits.
Le 16 novembre 2016, Oxford Dictionaries a annoncé que « post-vérité» avait été choisi comme le mot qui, plus que tout autre, reflète «l'année de la langue». Il définit «post-vérité» comme «relative à des circonstances où les faits objectifs sont moins influents dans la formation de l'opinion publique que les appels à l'émotion et à la conviction personnelle ".

Il y a plus de 30 ans, les universitaires ont commencé à discréditer la «vérité» comme l'un des «grands récits» auxquels les gens intelligents ne pouvaient plus croire. Au lieu de «la vérité», qui devait être rejetée comme naïve ou Répressive, une nouvelle orthodoxie intellectuelle ne permettait que des "vérités" - toujours au pluriel, souvent personnalisées, inévitablement relativisées.
Selon les termes de cette perspective, toutes les réclamations sur la vérité sont relatives à la personne qui les fait; il n'y a pas de position en dehors de nos propres préoccupations pour établir la vérité universelle. C'était l'un des principes clés du postmodernisme, un concept qui a été abordé dans les années 80 après la publication de The Postmodern Condition: A Report on Knowledge de Jean-Francois Lyotard en 1979. À cet égard, pour autant que nous soyons postmodernes, Nous avons préparé la scène pour une époque «post-vérité».

Et ces attitudes se répandent rapidement dans une société plus large. ..

Au milieu des années 1990, les journalistes suivaient les universitaires en rejetant l'objectivité comme rien de plus qu'un rituel professionnel. Les journalistes de l'école ancienne qui continuaient d'adhérer à l'objectivité comme leur principe organisateur ont été accusés de tromper le public et se tromper en même temps. ...
Ce changement ne s'est pas limité à la minorité qui a embrassé le célèbre «journalisme de l'attachement»…soutenant l'idée que les journalistes devraient répondre personnellement à l'événement. ...Sous le drapeau du pragmatisme, le consensus professionnel a permis une version amoindrie de la vérité, largement équivalente au relativisme académique.

Pendant ce temps, l’économie devint  « créative » ...

Au cours de la seconde moitié des années 1990, le marketing constituait l'activité principale des «industries créatives» nouvellement classées… Tout au long de la seconde moitié des années 1990 et dans le nouveau siècle, il y a eu une discussion optimiste sur une «nouvelle économie», stimulée par l'expansion de la technologie et de l'Internet. Il était apparemment basé sur toute une génération d'«analystes symboliques» - le terme de Robert Reich pour les travailleurs qui composent les économies créatives et de la connaissance ...

La post-vérité politique

Mais le domaine politique a également connu des développements parallèles,  les politiciens étaient également alignés sur la tendance vers la "post-vérité". Aux États-Unis, Bill Clinton a initié la transformation de la politique en "showbiz for uglies" (spectacle pour lamentables)
Alors que les protagonistes se rapprochaient du rôle d'un prêtre ou d'une pop star dans leurs spectacles presque mythiques, la triade Clinton-Blair-Obama a éloigné la politique de la vérité, plus proche du domaine de l'imagination.

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Re: Critique de la raison postmoderne

Message par maraud le Dim 2 Juil 2017 - 20:15


Avec la postmodernité, on pourra même s'émanciper de la réalité ; l'hyperréalité devrait suffire.

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Re: Critique de la raison postmoderne

Message par neopilina le Dim 2 Juil 2017 - 23:00

" Postmodernité, fin de l'histoire, etc ", c'est degré zéro de la pensée : alors que nous marchons toujours à quatre pattes. Faute de pouvoir liquider la névrose on a toujours composer avec, et même plus : toujours, in fine, comme elle le voulait. Le Sujet empirique doit être liquidé par la connaissance, ensuite on pourra peut être envisager un autre mot que " Histoire " ( Comme histoire des pulsions, de la cupidité notoirement. ) pour la suite. Mais pour l'instant, on est toujours dedans, jusqu'au cou : il faut purger l'Égout, arrêter de détourner le " regard ".  Les Lumières, suite au travail de sape commencé à la Renaissance, ont effectué des brèches irrémédiables dans les remparts de l'Ancien Monde. Mais les territoires ainsi libérés, rendus, offerts, etc., sont loin, très loin, d'avoir été conquis explicitement. Non seulement les Lumières, éclipsées par le scientisme ( Positivisme réducteur. ) et le romantisme, ne l'ont pas fait, mais dans le lot, il y en a même qui ne l'auraient pas voulu ( Rousseau, Voltaire, etc. ) mais s'il y en a bien un qui n'a pas raté le coche, pris la clef des champs, le plus résolument qui soit, c'est Donatien Sade. Il est grand temps de reprendre. A partir de quand ? Par exemple, le dernier grand texte des Lumières, la " Juliette " de Sade.

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