L'amour platonique.

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L'amour platonique.

Message par Magni le Ven 26 Mai 2017 - 18:49

Selon Platon, on épouse de belles femmes pour avoir de beaux enfants, mais on aime les hommes.

Avec les femmes, si on a des enfants, c'est qu'on pratique l'amour physique, et c'est sexuel.

Donc si Platon recommande l'amour psychique, détaché du physique, il ne se limite pas à cela car il recommande aussi de procréer.
Ce que Platon rejette, c'est l'homosexualité, pas la sexualité.

Platon a une piètre opinion des femmes. Pour lui, les hommes passent de vie en vie par la métempsychose, ils sont mortels, mais leur vie est tout de même éternelle. Cependant, il pense que les femmes ne participent pas a la métempsychose et n'ont pas ce don de la vie éternelle, car leur esprit est trop rudimentaire.
Dans le même ordre d'idée, il ne se sens pas capable d'aimer psychiquement les femmes, qui lui apparaissent comme des êtres inférieurs. Quand Platon parlent des hommes, il ne parle pas des humains en général, il parle des citoyens grecs, il ne fait pas allusions aux esclaves, ni aux barbares, ni aux femmes.
Il aime donc ses alter égaux, mais il n'a pas d'amour pour les êtres inférieurs.

En filigrane, Platon rejette la pédérastie traditionnelle des cités états grecques qui consiste à faire initier sexuellement les hommes pré pubères par leurs précepteurs masculins.
Dans "le banquet" il donne l'exemple de Socrate, déjà reconnu et d'âge mur, qui se refuse physiquement à de jeune hommes qui le convoitent.

Les notions de sexualités étaient différentes dans l'antiquité et aujourd'hui.
Chez les dauphins, le dominant baise tout le monde, mâles et femelles, ce n'est pas une question de sexe, c'est une question de hiérarchie, si un dauphin sous-fifre vient renifler de trop près une femelle devant le fifre, le sous fifre va se faire sodomiser.
Dans la Rome antique, les pratiques sexuelles étaient quelque peu comparables à celles de ces animaux sauvages sociaux et intelligents.

Un citoyen de Rome pouvait à loisir sodomiser ses esclaves mâles (ou femelles, peu importe), il n'y avait là rien que la morale romaine pouvait réprouver.
Par contre, si un citoyen se faisait prendre en position de soumission sexuelle à un esclave, c'est à dire se faisant sodomiser par un serviteur, là c'était très grave, pire que la mort, le traître à la virile nation des descendants d'Énée était alors déchu de sa citoyenneté et dégradé au statu d'esclave.

Platon est un aristocrate, il croit au gouvernement des meilleurs, il élève des tyrans pour dominer la populace et établir l'ordre. Dans son refus de l'homosexualité, ce qu'il refuse, ce n'est pas la sexualité, c'est la soumission d'un citoyen guerrier à un autre.


En conclusion, ce qu'on appelle aujourd'hui l'amour Platonique est une lointaine extrapolation de ce qu'entendait Platon.

Chez deux jeunes ado hétéros n'ayant pas encore consommé, il peut y avoir de l'amour platonique dans le sens moderne du terme, pas dans le sens ou Platon parlait de l'amour, car il n'imaginait pas l'existence de l'amour entre hommes et femmes.
De plus, entre ces deux personnes n'ayant pas encore consommé, s'il y a du désir charnel, ce n'est pas de l'amour platonique. Aimer platoniquement c'est aimer sans désir sexuel, ce n'est pas éprouver du désir sexuel sans avoir encore eu l'occasion de pratiquer.
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Re: L'amour platonique.

Message par Bergame le Dim 28 Mai 2017 - 12:03

Je ne discute pas la thèse sur l'homosexualité. Mais j'aimerais discuter ce que tu dis de Platon et l'amour, j'espère que tu ne m'en voudras pas. Parce que c'est une thématique magnifique, Platon et l'amour, en tout cas que je trouve, personnellement, passionnante.

D'abord, ce qu'on appelle communément "l'amour platonique" est, à plus proprement parler, la thèse sur l'amour d'Aristophane telle qu'on peut la découvrir dans Le Banquet, et dont on peut d'ailleurs penser qu'elle est présentée de manière un peu comique. Ce n'est pas celle de Socrate, et il y a des chances pour que ce ne soit pas celle de Platon.

Qu'est-ce que l'amour pour Socrate ? La philosophie. La philosophie est amour. C'est-à-dire que c'est une maladie.
Quand il commente Le Banquet, Pierre Hadot dit qu'il s'agit d'un traité sur "Eros philosophe". Et ca me semble tout à fait vrai. J'ai proposé une analyse qui poursuit et approfondit cette intuition de Hadot. Pour Socrate, la philosophie a tout à voir avec l'amour. Et peut-être qu'il n'y a pas de "consommation physique", disons, mais ca n'en reste pas moins torride, si on lit Le Phèdre.
Du reste, si on lit bien Alcibiade dans Le Banquet, on comprend que Socrate a peut-être usé de psychologie avec lui (parce que Socrate est un grand psychologue). Alcibiade est un jeune homme de la noblesse, beau, portant bien, déjà admiré à son jeune âge pour ses qualités de chef de guerre, et Socrate a visé -comme il le fait très souvent- son orgueil en se refusant à lui. D'ailleurs, il faut lire les deux dialogues consacrés à Alcibiade pour comprendre ce qui se joue entre les deux hommes, c'est très instructif sur la personnalité de Socrate.
Toujours est-il que si Socrate se refuse à Alcibiade, rien ne dit qu'il se refuse aussi à d'autres.

Quant à la notion d'immortalité. Que dit Socrate, en fait ? Que l'individu est mortel. Mais que, par l'amour il se reproduit, et se transmet à d'autres. Que cette longue chaine de transmission de la vie, la genesis, est, elle, immortelle. Et que c'est l'amour qui en est le principe.
En fait, ce n'est pas Socrate qui le dit, Socrate rapporte alors les paroles d'une devineresse dont il a suivi l'enseignement, Diotime. Et ce que dit Diotime de l'amour est fascinant : Selon elle, l'amour est une maladie, il suffit d'observer les hommes et les animaux lorsqu'ils sont en proie aux besoins de la chair, ils deviennent comme fous. C'est une maladie de l'âme, une manikè -qui vient de mania, et donnera le terme "manie" en psychiatrie, comme dans "psychose maniaco-dépressive".
Et dans Le Phèdre, Socrate dessine le parallèle entre cet amour et la philosophie. Il propose que la philosophie, finalement, c'est comme l'amour, ca consiste à semer des petites graines dans des âmes fertiles (toutes les âmes ne le sont pas), au sein desquelles elles s'épanouiront, et produiront d'autres graines, qui s'ensemenceront à leur tour, etc. Et Socrate insiste beaucoup sur le fait que cette transmission est vivante, pour ainsi dire, qu'elle repose sur une relation interpersonnelle entre deux individus qui s'aiment, se respectent, qu'elle passe par l'échange, la discussion. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'écrit, pour lui, n'a rien à voir avec la philosophie. Ecrire, fut-ce "écrire de la philosophie", c'est une masturbation, et une masturbation exhibitionniste qui plus est. Tout ce qui est tekhnê relève de la masturbation (et Socrate, fils de sculpteur, sait bien de quoi il parle).

Alors, dans cette perspective, oui, l'homosexualité -comme la masturbation- est dévalorisée. Elle est dévalorisée parce qu'elle est, au sens strict, improductive, une simple "consommation" charnelle qui ne vise que le plaisir. D'autant que, comme tu le dis, il y a une dimension d'activité/passivité, de dominance, qui est très importante pour les Grecs -pour les antiques en général. Et qui d'ailleurs, n'a peut-être pas complètement disparue dans l'homosexualité moderne -c'est une suggestion. Toujours est-il que, dans Le Phèdre, Socrate en effet oppose son amour à celui que chante Lysias et met en garde son jeune interlocuteur : "L'amant aime son bien-aimé comme le loup aime l'agneau."

C'est là l'origine du jugement négatif sur l'homosexualité : Sa stérilité. Certaines civilisations l'ont donc purement et simplement condamnée, d'autres l'ont tolérée en distinguant en effet cet amour strictement hédoniste d'une sexualité reproductive. Il n'y a aucun hasard au fait que la reconnaissance positive de l'homosexualité soit contemporaine d'un progrès technologico-médical qui autonomise de plus en plus, qui libère n'est-ce pas, la reproduction vis-à-vis de la sexualité. Ce fait sociologique, qui nous est contemporain, est sans doute l'un des signes les plus évidents du triomphe de la tekhnê sur la genesis, de la Technique sur la vie. Triomphe qui place la philosophie, j'entends la vraie philosophie, dans une position de résistance, sans doute, mais qui la rend aussi plus nécessaire que jamais.

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Re: L'amour platonique.

Message par Magni le Mar 30 Mai 2017 - 0:11

Je crois qu'il est juste que chacun puisse interroger ce qui lui plait et que chacun ait le loisir de pouvoir répondre ou ne rien dire, voir pour certains de dire n'importe quoi.

C'est le principe de l'agora.
Chacun y colporte le matériel qu'il détient et s'empare de quoi il a besoin. Par matériel j'entends l'information. Le temps qu'il faut dépenser pour détecter si une information est utile ou futile rapporte à ceux qui se questionnent sur la vérité.

Personnellement j'aime toujours quand on m'invite à répondre à des questionnements, malheureusement je n'ai pas toujours le temps de discuter avec chaque primate que je rencontre, mais je le déplore, aussi je souhaite avoir un jour la loisir de pouvoir répondre à tout le monde.




Le véritable amour Platonique, celui d'un seul homme et qui peut s'écrire avec une majuscule, c'est l'amour de l'Un, la monade qui est en haut. C'est l'amour de la logique pure et de la vérité divine, c'est à dire entière et parfaite. Platon aime avant tout l'idée que sa conscience peut s'approcher de l'éloquence par la logique, il aime s'écouter et se relire et il sacrifie toute autre forme d'amour à cette unique passion: l'amour de la sagesse.
Il a su rester pertinent à travers les ages, l'esprit logique de Platon ayant réussit à resurgir par Plotin et Augustin, éclairant les écritures comme par un miracle de lumière quand on ne sait pas encore dans quelle mesure les socratiques et les platoniciens sont dans l'air du temps des Osée (dernier roi biblique) et Josias (premier roi bibliothécaire). Ce n'est pas que la philosophie grecque ait influencé le christianisme, c'est que les grecs et les esséniens vivaient sur la même planète médiatique.

L'amour platonique que notre philosophe notoire nous a laisser approcher n'est pas de nature à influer sur le karma du monde, c'est l'étude de la dyade, tout en bas de nos facultés divines, celle qui nous permet d'être des humains, à la limite de l'animalité et de la perdition.




Ce qui est notable chez Platon, c'est qu'il n'écrit pas tout ce qu'il dit.
Qu'y a t il dans ses enseignements ésotériques, quels secrets peut-il bien livrer à l'oral qu'il ne fait pas à l'écrit ?
A mon avis des trucs de sophistes: népotisme et delis d'initier ou comment dominer les populations et réifier l'humanité au profit de la tyrannie.

Il n'y a rien de mystérieux dans le sophisme mercantile.
Vous analysez les dernières tendances et en déduisez les dernières idées, celles qui sont en avance sur leur temps et peuvent faire évoluer les choses. Si vous livrez ces idées au monde vous êtes un philosophe, si vous vendez ces informations à un acheteur vous êtes un sophiste.

L'acheteur pourra faire plus de profit en luttant contre les nouvelles idées avant qu'elles ne se répandent.

Apres s'être fait une renommée, Platon ne s'est-il pas mis à vendre des informations à des tyrans ?
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Re: L'amour platonique.

Message par Bergame le Mar 30 Mai 2017 - 11:06

Oui, mais à part dans l'Athènes démocratique, quels dirigeants politiques contemporains de Platon n'étaient pas des "tyrans" ? Et même dans l'Athènes démocratique, un Périclès, aujourd'hui, ne serait-il pas traitable de "fasciste" ?

Mais ton hypothèse est étrange : L'enseignement exotérique de Platon tendrait au Vrai, tandis que l'enseignement ésotérique serait sophistique ? Il y a des chances -et des signes- pour que ce soit plutôt l'inverse, que l'enseignement ésotérique -s'il y eut, hypothèse peu soutenue aujourd'hui- tende à la connaissance d'un principe unique -métaphorisé par le soleil, dans La République.

Mais bah. moi j'ai tendance à penser que le Platon rationaliste, c'est essentiellement une reconstruction moderne. Bien sûr que la "géométrie" et l'argumentation rationnelle y ont leur place -la construction logique de l'argumentation-, mais il suffit de lire Platon pour voir que ce dont il parle -ou ce dont parle Socrate- ca trouve rarement sa source dans "la raison".

Au contraire : La philosophie est une maladie. Voila une hypothèse beaucoup plus intéressante, je pense. Ne serait-ce que parce qu'elle est beaucoup plus subversive pour notre occident rationaliste.

Je trouve que Platon est tellement intéressant ! Tellement surprenant, pour un esprit moderne ! Quand on le lit, quand on le lit vraiment, on découvre un complet étranger. La vérité, c'est que c'est la Grèce toute entière qui est, pour nous, un continent perdu. La Grèce et l'Allemagne, voici les deux sommets de l'esprit humain et, en particulier de la culture européenne, qui ont été engloutis sous les limons de la Modernité.
Ah, peut-être que maraud ajouterait "le Moyen-Âge" ?     Pourquoi pas, de cela je ne saurais que dire.

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Re: L'amour platonique.

Message par maraud le Mar 30 Mai 2017 - 13:38

Bergame a écrit:Mais bah. moi j'ai tendance à penser que le Platon rationaliste, c'est essentiellement une reconstruction moderne.

Cela me fait penser aux Français qui écoutent de la musique américaine sans se soucier, ou avoir la capacité, de comprendre les paroles: les mots deviennent "musicaux"...

De la même façon, le moderne n'a accès qu'à une facette de la Grèce antique.


Pour juger du Moyen Age, il suffit de constater que dès le XVIè siècle, on ne comprenait déjà plus rien à cette période qu'on nommera plus tard " l'âge sombre". Ce qui est révélateur...et témoigne en faveur de ce passé encore trop " compliqué" pour un moderne.


En empruntant un mot à Platon, on pourrait dire que le propre de la Modernité par rapport à l'Antiquité, c'est le simulacre, qui, en soi, ne serait pas insurmontable, s'il n'y avait à son service la copie que nous offre la raison/science.

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Re: L'amour platonique.

Message par Magni le Mar 30 Mai 2017 - 14:13

Platon est un dialoguiste, les idées qu'il fait exprimer a ses personnages sont contradictoires.
Faut-il considérer que Platon affiche des idées contradictoires ou bien faut-il considérer que Platon est un dialoguiste ?

Depuis quand l'opinion de Socrate que Platon relate est-elle devenue l'opinion de Platon ?
Cela n'est jamais arrivé.

Ce que Platon écrit, c'est son discours public, c'est pour vendre sa salade, c'est de la propagande, de la publicité.
Platon est un aristocrate, il soutient l'aristocratie. Il pense que ceux qui sont nés dans des familles nobles sont supérieurs aux autres, il pense que les hommes sont supérieurs aux femmes et il pense aussi que les grecs sont supérieurs aux barbares.

Platon ne croit pas en la démocratie, ce qu'il donne au peuple dans ses écrits publiés, c'est un calment, un anesthésiant.
Pourquoi Platon soutient-il l'idée que les passions sont mauvaises ?
Parce qu'il pense le peuple est là pour servir les nobles et non pas pour assouvir ses propres passions.

Ses écrits ne sont pas le corollaire de ce qu'il pense vraiment.
Et pourquoi alors ses écrits sont-il vraiment pertinents ?

Parce que ce que Platon pense vraiment est une aporie, non ce n'est pas vrai que les femmes sont des êtres inférieurs, non ce n'est pas vrai que les barbares sont des races inférieures.
Penser qu'il y a des races inférieures c'est le contraire d'une pensée véridique, en prenant à l'écris le contre pieds de ce qu'il pensait il a touché du doigt la vérité.


Dans "la république" (au livre lll) Platon expose distinctement que la plus stricte censure doit être appliquée, que le mensonge est autorisé aux dirigeants et proscrit aux dirigés. Propagande et coercitions sont présentées comme la panacée pour asservir le peuple. Pensez vous donc que les écrits de Platon sont sincères ? Pourquoi le seraient-il ?

Platon pense-t-il ce qu'il fait dire à ses personnages ?

Ce que Platon fait dire à ses personnage n'a pas pour but de décrire sa pensée mais à pour but de rendre le peuple docile afin qu'il accepte le joug de la supériorité des élites. Ce que Platon écrit peut être ou ne pas être son opinion, le but n'est pas l'expression d'une opinion mais la soumission du peuple aux classes dirigeantes.

C'est pourquoi le matériel fourni par Platon a tellement été utilisé par les religions impérialistes.

Platon est intéressant, sa lecture permet de savoir quels sont les façons de manœuvrer les âmes humaines.  C'est utile aux aristocrates pour dominer les peuples, c'est utile aux individus pour s'émanciper de la domination des autres. Tout le monde y trouve de l’intérêt.
Platon a t il jamais pensé que ses livres seraient lu par tout le monde ?


Il faut ne pas oublier que Platon est LE philosophe de la maïeutique, ce n'est pas Socrate qui témoigne de cela, c'est Platon qui utilise le personnage de Socrate pour en parler. Les dialogues de Platon sont des juxtapositions d'opinions prêtés aux différents personnages de ses dialogues.

Une affirmation dans un dialogue de Platon n'est pas une affirmation de Platon, c'est un questionnement sur la logique d'une opinion plausible.
Les réponses aux affirmations des personnages de Platon sont d'autres affirmations d'autres personnages.
Platon ne fait que questionner, toutes les réponses que les exégètes ont crus percevoir dans les écrits de Platon ne sont que des interprétations de figures de styles maïeutiques.

Si l'on n'a pas entendu Platon parler on ne sait pas ce qu'il pense.
Sauf si Platon est un vrai philosophe, ce que je suis prêt à lui accorder.
Platon se doit donc d'établir l'harmonie entre ses pensées, ses paroles et ses actes.

On connait ses écrits, pas ses paroles, ses écrits ne reflètent pas sa conscience.
cependant on connait ses actes, Platon est un enseignant pour les élites et un précepteur pour les tyrans. Cela nous donne une indication sur sa conscience, car Platon est un homme libre.



Il faut faire attentions aux homonymes, un Platon peut en cacher un autre.
Les mots n'ont de sens que dans leur contexte.

La république démocratique athénienne n'a rien d'une démocratie, les femmes, les barbares et les esclaves ne faisant pas partie du peuple, le peuple qui dirige n'est rien d'autre que la classe des nobles et cette république n'est rien d'autre qu'une aristocratie.

Le fait que des lois aient été établies pour protéger les citoyens afin qu'il ne puissent plus être exclus de la classe des citoyens et devenir des esclaves à cause de leur endettement ne me suffit pas pour appeler démocratie ce système qui renforce les protections et privilèges de la classe dirigeante.
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Re: L'amour platonique.

Message par maraud le Mar 30 Mai 2017 - 15:37

Tu as l'air assez sûr de toi Magni.

Le problème avec la certitude, c'est qu'elle ne dit pas ce dont on doit être certain. Elle juste un dispositif de verrouillage, un cadenas à la clef subtile.

Un homme tente de débiter du bois dur et sec avec une scie aux dents émoussées; il n'y parvient pas.
Plusieurs conséquences possibles:
1- Il en déduit que cela n'est pas possible en l'état des choses.
2- Il jette au loin la scie de merde qui ne coupe plus.
3- Il renonce à ce bois de merde qu'on ne peut pas couper.
4-...

Je pense, pour ma part, que Platon est fait d'un bois assez dur pour qu'il faille envisager un "outillage" particulier.( "Pourquoi si dur ?" Disait Nietzsche)

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Re: L'amour platonique.

Message par Magni le Mar 30 Mai 2017 - 16:39

Les prophètes ont la prétention d'exprimer la vérité.
Les philosophes ont la prétention d'exprimer leurs opinions.

Je suis tout à fait sûr de moi quand je dis que j'exprime mes opinions.

Que mes opinions correspondent à la vérité ou pas c'est bien ce que je cherche à savoir, c'est pourquoi je confronte mes arguments à la discution pour voir si quelqu'un aurait un contre argument.

Si vous avez des contres arguments incontournables qui démontrent que j'ai tord j'aurai la joie de changer d'opinion en ayant le sentiment d'avoir progressé dans le sens de la connaissance de la vérité.
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Re: L'amour platonique.

Message par maraud le Mar 30 Mai 2017 - 21:40

Magni a écrit:Je suis tout à fait sûr de moi quand je dis que j'exprime mes opinions.

Le terme opinion au pluriel est délicat d'usage; personnellement je n'ai qu'une seule opinion, elle renferme une multitude d'idées et de points de vues etc, mais je n'en est qu'une.

Tu demandes des arguments pour pouvoir éprouver tes idées? Je veux bien, mais permets moi une question: Pourquoi veux-tu la vérité ?

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Re: L'amour platonique.

Message par Magni le Mer 31 Mai 2017 - 1:52

maraud a écrit:
Magni a écrit:Je suis tout à fait sûr de moi quand je dis que j'exprime mes opinions.

Le terme opinion au pluriel est délicat d'usage; personnellement je n'ai qu'une seule opinion, elle renferme une multitude d'idées et de points de vues etc, mais je n'en est qu'une.

"opinion" est un synonyme de "point de vue", comment peut on avoir plusieurs points de vue et une seule opinion ?

As tu la même opinion sur la reine mère et sur la pèche à la sardine ?
Sur ces deux sujets distincts j'ai deux opinions différentes: je considère qu'il faut augmenter les quotas de reine mère et diminuer les quotas de pèche à la sardine.

Quelle est ton opinion sur la reine mère ?
Quelle est ton opinion sur la pèche à la sardine ?
Ceci est un exercice de maïeutique :Comme tu as une seule opinion tu as le droit a une seule réponse pour les deux questions.

On peut avoir une opinion sur chaque chose et comme il y a plusieurs choses il y a plusieurs opinions. On peut n'avoir qu'un seul système philosophique pour juger de toutes les choses. Je crois que tu confonds "opinion" et "système philosophique".




maraud a écrit:Tu demandes des arguments pour pouvoir éprouver tes idées? Je veux bien, mais permets moi une question: Pourquoi veux-tu la vérité ?


Je ne veux pas la vérité comme on pourrait vouloir de l'argent, je ne veux pas "avoir" la vérité en moi, je veux "être" dans la vérité.
Le but n'étant pas de pouvoir exprimer toute la vérité mais de pouvoir éviter de formuler des apories.
Je ne souhaite pas être une illusion sensible, je veux incarner la forme d'un être intelligible. J'accepte que ma chair soit mortelle mais je souhaite que mon esprit soit le mouvement continu d'une volonté qui anime des idées éternelles.
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Re: L'amour platonique.

Message par maraud le Mer 31 Mai 2017 - 8:10


Magni a écrit:Que mes opinions correspondent à la vérité ou pas c'est bien ce que je cherche à savoir...

Je te disais que l'usage de ce mot est délicat, mais tu persistes...à croire que l'on construit son opinion comme un raisonnement longuement mûri, or l'opinion est plus proche du sentiment que de la réflexion: on se démontre une vérité; on adhère à une opinion ( sentimentalement en général).

Opiner, Magni, c'est être d'accord, c'est acquiescer, ce n'est pas questionner. J'admets qu'en effet le sentiment est plus proche de la raison que l'émotion, mais on est encore loin de la réflexion philosophique.





OPINION, subst. fém.

Étymol. et Hist. a) Ca 1200 «sentiment que l'on a de quelque chose» (Dialogue Grégoire, éd. W. Foerster, p.27); b) 1538 «jugement (bon ou mauvais) porté sur une personne ou une chose» (Est.); c) ca 1590 opinion publique (Montaigne, Essais, I, 23, éd. Villey-Saulnier, t.1, p.117). Empr. au lat. opinio (de opinari, v. opiner) «conjoncture, croyance, idée qu'on se fait d'une chose».

.................................................................



Maintenant, si tu veux être dans le vrai, commences par douter que l'aporie puisse n'être qu'une mauvaise chose. Parce que sans difficulté, il n'y a pas d'effort, et sans effort, il n'y a pas d'élévation possible.
Tu nous dis, finalement, que tu as le désir de t'élever. Je ne t'en féliciterai pas car c'est une chose naturelle, qui se fait sans effort, voire même, de façon plaisante. Donc, première vérité: tu t'estimes " commun" tout en ayant le sentiment que tu peux mieux faire... ( ça me paraît une bonne chose)

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Re: L'amour platonique.

Message par Magni le Mer 31 Mai 2017 - 12:24

Non, l'usage du vocable "opinion", au singulier ou au pluriel, n'est pas plus délicat que l'usage de n'importe quel autre mot.

Que tu ne soumettes pas à l’examen maïeutique les concepts que tu manipules est ton droit mais c'est dans ton esprit que les contradictions existent et non pas dans mon discourt.

L'opinion est un jugement, il existe des jugements arbitraires et des jugements argumentés.
Le fait que tu penses qu'une opinion est plus arbitraire et instinctive que documentée et réfléchie ne représente que tes propres habitudes.

Le fait qu'opiner signifie accepter n'a pas pour conséquence qu'une opinion est une acceptation.
On peut avoir une opinion sans avoir réfléchis au problème comme on peut aller à la guerre avec une épée en bois : c'est possible mais c'est absurde et imprudent.


Le fait que je forge mes opinions au feu prométhéen et que je trempe mes idées à l'épreuve tétra-pharmacologique cartésienne ne t'oblige en rien a faire autre chose que formuler des idées moulées dans l'à priori et livrées brutes de décoffrage.
Chacun a le droit de choisir sa façon de vivre et de mourir, on à le droit d'aller à la guerre avec une épée en bois, c'est tout à fait honorable.



Cependant, c'est à moi de dire ce que je pense, aussi je me permets de corriger tes propos à mon égard.

Je n'ai pas écris qu'une aporie est forcément une mauvaise chose. Tu confonds "absurde" et "mauvais" comme tu confonds "opinion" et "système philosophique".
"opinion" est synonyme de "point de vue" mais "absurde" n'est pas synonyme de "mauvais".
J'ai dis que je ne souhaite pas exprimer des opinions absurdes. C'est un choix basé sur l'esthétisme et non pas sur la notion de bien et de mal.
Je suis un esthète, pas un gentil, je me complais à torturer votre esprit avec raffinement.

J'ai peu d'espoir que tu acceptes de pratiquer la maïeutique mais j'agis pour les principes et non pour les résultats aussi je te poserai cette question:
Souhaites tu exprimer des opinions absurdes ?


Je n'ai dis à aucun endroit que je souhaite m'élever.
Le fait que j'accepte que ma chair soit mortelle ne signifie pas que je souhaite mourir et changer de position. Je ne serais pas fâché que mon temps terrestre s'étende à l'infini et que je reste identique à moi même pour l'éternité.

Je souhaite que mon esprit soit le mouvement continu d'une volonté qui anime des idées éternelles. Il n'y a aucun désir d'élévation là dedans, je ne souhaite pas devenir le mouvement, je souhaite être le mouvement.
Je suis un humaniste, je ne conçois rien de plus élevé que l'humain.
Je regarde les dieux droit dans les yeux.

Je suis un stoïcien, je me satisfait de faire ce que je crois devoir faire et je ne m'attache pas au résultat de mes actions.

Le fait que j'utilise alternativement le vouvoiement et le tutoiement n'est pas innocent.
Le fait que l'on parle de moi et de la moralité de ma méthode et qu'on ne parle pas de la pertinence de mes arguments caractérise le fait que notre échange n'est pas un dialogue mais une polémique, jusqu'à présent.
Le fait que j'accepte de polémiquer avec toi à des raisons esthétiques, je n'attends aucun résultat pratique.
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Re: L'amour platonique.

Message par maraud le Mer 31 Mai 2017 - 12:56

Ok, je vois ce que tu veux dire. Et je ne crois pas pouvoir t'apporter quoi que ce soit de positif. On en restera là, si tu le veux bien.
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Re: L'amour platonique.

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