Sartre, L'Être et le Néant

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Sartre, L'Être et le Néant

Message par Bergame le Sam 20 Oct 2007 - 2:28

From Olaf



L’Être et le Néant



A - L'être

Sartre veut poser une ontologie phénomènologique. L'intentionnalité (toute conscience est conscience de) chez Sartre se nomme "visée". Si toute conscience est conscience de, cette conscience de est une visée. Cette visée a pour effet de mettre en transcendance l'objet qu'elle vise. Ainsi, si je regarde ce cendrier, je vise ce cendrier et celui-ci devient "transcendant" pour ma conscience. Nous verrons que le mot transcendance est un poil plus complexe chez Sartre. La visée est une sortie hors de soi, l'ek-stase Heideggerienne.

Tout comme Merleau-Ponty, ou comme Nietzsche, il prône le refus des arrières-mondes. Pas de noumène, pas de chose-en-soi, pas d'être qui soutient le phénomène. L'être du phénomène réside dans son apparence même. Pour mieux comprendre la notion d'être, disons que l'on pourrait aussi dire "substance première", ou plutôt, "substance immanente", car "première" impliquerait aussi quelque chose de nouménal.

Ainsi pour Sartre, il n'y a que de l'être, pas de noumène, pas d'apparence. Le phénomène même, son apparition, son surgissement est de l'être.

Mais s'il n'y a que de l'être, il y a différentes manières de se positionner face à lui, ou différentes manières d'être. Il y a l'être en-soi, l'être en dehors de moi, en somme, fixe, identique à lui-même ; et l'être pour-soi, l'être déterminé par ma présence, qui prend du sens, et ce, sous l'égide de la conscience.
Or, le passage de l'être en-soi à l'être pour-soi n'est pas sans poser problème. Il va en effet falloir passer par un processus particulier, qui a pour but de nier l'être en-soi, de nier la fixité, l'absence de mouvement, l'absence de temps de l'en-soi, et ce processus de négation va précisemment être la néantisation.


B - Le Néant

Si l'être du phénomène réside dans son apparence même, s'il n'y a que de l'être, qu'est-ce que le néant ? Y a-t-il du néant en soi ? Sartre refuse catégoriquement cette proposition. Pour lui, le néant est plus un processus, soutenu par de l'être. Le néant est. Le néant est une manière d'être qui, précisément, refuse d'être.

C'est un processus particulier que celui de la néantisation, et nous verrons qu'il est au fondement de ma liberté. Lorsque j'ai visé ce cendrier dans ce bar, j'ai transcendé ce cendrier, et j'ai, par la même occasion, nié le bar. Merleau-Ponty aurait dit que "j'ai mis en sommeil l'horizon du cendrier". Et pourtant, cette négation, cette néantisation n'empêche pas le bar d'exister. J'ai en face de moi la table et la chaise ; si je vise la chaise, alors je néantise la table.

Et comme ça n'empêche ni le bar, ni la table d'exister, et comme l'être continue d'être, le néant est ainsi le propre de ma conscience, de ma subjectivité. Prenons une métaphore qui nous servira beaucoup :

    « Pour tirer une charette, on place une carotte devant un âne. Le mouvement de la charette va être engagé par cette course, et l'âne restera toujours à distance égale de la carotte. »
C'est, en somme, la dialectique de Fichte : Lorsque je me regarde, et bien précisemment, je me regarde, je me pose comme objet, et donc, je ne peux me saisir, je reste toujours à distance de moi, tel l'âne et la carotte. Il y a un pont infranchissable, et qui précisément, fait cette course, fait le mouvement ; en fait, c'est le trou qui met en mouvement.
Mieux encore, le moi que je veux saisir n'est plus tout à fait le même que celui que je voulais initialement saisir... je m'échappe. Hegel disait « Quoi que je fasse, quoi que je dise, au moment que je veux l'être, déjà je le faisais, déjà je le disais » .

Cette coupure à moi-même est le propre de la présence à soi, et cette coupure, cette distance infranchissable est un néant, un trou rajouté dans l'être, qui me fait basculer vers le sujet. Trou comme manque à la source du désir.

Je passe de l'en-soi, l'être fixe, identique à soi-même, au pour-soi, l'être pour-moi en somme, l'être auquel je donne du sens, que j'ustensilise, et ce, par le néant. On peut rapprocher l'en-soi, identique à lui-même, sans mouvement, à la pulsion de mort chez Freud. La pulsion de vie, elle, cherche l'écart, refuse l'identité.

Heidegger disait que l'homme surgit dans de l'être, être qu'il fragmente alors pour son utilisation, il ustensilise le monde, lui donne du sens, en le niant. Exister, ce n'est pas être. Etre, c'est plutôt tranquille, on fait rien ; exister en revanche, c'est être constamment mis en mouvement par le néant qui m'habite.

    « De toute part j'échappe à l'être, et pourtant je suis ».
Bref, « je suis en n'étant pas », ou « je pense donc j'étais ». L'être a la fâcheuse tendance à être identique à lui-même, bref, c'est une chose. Moi, je m'échappe de l'être en n'étant pas. J'échappe, j'échappe... et c'est mon existence. Ne pas être, c'est être un sujet ; être, c'est être une chose. « Je suis en n'étant pas ».

Le néant est le privilège de ma conscience, il me permet de m'évader, de sortir de la masse qu'est l'être. De même, mon passé est néantisé. Il continue de peser, mais je sais que c'est mon passé, et ce par rapport à la néantisation de ma conscience présente. L'hystérie, ce n'est pas avoir un passé, mais être un passé. Mais nous reviendrons plus en détail sur ces affirmations.

Ainsi il n'y a pas de sujet sans néant. Je viens mettre des coupures un peu partout, et c'est la particularité de mon existence. Et l'on devine ainsi pourquoi je suis fondamentalement libre, que mon existence par la néantisation précède le sens, l'essence. Je suis en n'étant pas.


Récapitulons :

    1 - L'être est plein. Le phénomène est l'être même.
    2 - L'être en-soi est identique à lui-même, fixe, sans mouvement.
    3 - L'être pour-soi est mis en mouvement par le trou du néant.
    4 - La néantisation est au centre de mon Cogito, le tout sur un champ d'être entièrement positif.
    5 - La néantisation est au centre de ma position face à moi-même, et face à mon passé.

Fondamentalement, je ne suis pas ce que je suis.

Ce mouvement d'ek-stase (sortie de soi), de triple ek-stase par le passé, le présent et l'avenir, m'impose la nécessité de me regrouper, et ce cera par la réfléxivité. Je me repli, ou plutôt, je me replie, je me regarde. C'est bien pour se voir que je pose du néant.


Nous allons à présent aborder la liberté, fruit de la néantisation, et son corrolaire, la Mauvaise Foi, manifestation de l'être qui hante le sujet, essayant de rendre le sujet identique à lui-même.


C – La Triple Ek-stase du Pour-Autrui

L'autre est infernal. L'autre m'échappe. Même si je peux me faire une représentation de l'autre, en faire un pour-moi, le principe de l'autre, c'est d'être autre. Je peux me représenter son comportement, deviner ses réactions, mieux, l'enfermer dans une nosographie, mais l'autre continuera de m'échapper. L'autre est une fissure, une lézarde de mon pour-moi, et il me précipite dans cette chute.

Il me précipite parce qu'il me met en situation. Lorsque j'ai honte, lorsque je suis fier, c'est toujours par rapport au regard de l'autre. Je peux être fier par rapport à mes objectifs, mais ces objectifs sont bien déterminés par le passage à l'autre. La honte est un sentiment qui naît dans l'intersubjectivité.

Fondamentalement, je suis avec l'autre. Je naît lié, noué à l'autre. Je naît dans un Mitsein dit Heidegger. L'autre me regarde, et fondamentalement, je suis un être regardé par autrui. Il me met dans la situation délicate où je dois passer par l'autre pour avoir une connaissance de moi.

Mais l'autre est bien plus infernal. Puisqu'il me regarde, il me pose en objet, moi, un sujet et fier de l'être. Dans la lutte des consciences de Hegel, l'autre me nie en me posant comme objet, et je dois donc nier l'autre pour me rassembler. Chacun nie l'autre pour gagner sa conscience.

Mais Sartre rajoute que l'autre me précipite dans la chute à moi-même. Il me plonge en situation, et il me plonge dans l'éclatement de moi-même. Pourquoi un tel éclatement?

Sartre distingue le concept de Triple Ek-stase. Je rappel que l'ek-stase est la sortie de la stase, la sortie de soi, ce qui est au coeur de l'intentionnalité phénoménologique (toute conscience est conscience de).

Ainsi, la création d'un pour-moi est d'abord une sortie de soi, une intentionnalité. Je suis fondamentalement un être toujours au dehors de moi-même, car toute conscience est conscience de. Je suis dans le monde par l'intention. Ceci sera fondamental pour bien comprendre le pro-jet Sartrien, pourquoi je me choisis.

Mais revenons à la dialectique du pour-autrui.

1 - La première ek-stase justement est la visée. Je sors de moi-même vers un objet, par l'intention de viser l'objet. Je néantise l'en-soi pour viser un objet. Je suis hors de moi-même, toujours dans le monde, toujours à choisir un objet à viser.

2 - La seconde ek-stase est précisément le retour inverse. Je nie l'objet par réflexion, je retourne sur moi-même, pour fonder le pour-moi. Seconde néantisation qui fait de la situation que je choisis, une situation pour-moi, qui fait sens pour-moi.

3 - La troisième ek-stase est l'être-pour-autrui. L'autre dans sa radicalité fondamentale fait voler en éclat le pour-soi, fuyant vers cette altérité toujours autre.

A partir de cette troisième ek-stase, tout devient simultané. Je me nie par l'autre, l'autre me nie, et je nie l'autre pour garder mon unité réflexive. La négation devient infinie, et constamment je me replie, puis me désintègre, me replie, puis me désintègre.

La place de l'autre est ainsi fondamentale dans le système de Sartre. L'autre me place en situation par son regard, l'autre me donne une connaissance de moi-même, et l'autre est aussi un moteur de mon intentionnalité par l'éclatement de moi-même.
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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Bergame le Sam 20 Oct 2007 - 2:34

suite.


D - Je ne suis pas ce que je suis

Regardons tout d'abord la première conséquence logique de la néantisation : L'homme est un néant, ce qui n'est pas un rien, mais la possibilité de tout devenir. L'angoisse est précisément le moment où je réalise à quel point je suis libre. On a peur d'une chose, mais l'angoisse est autre, elle est un sentiment de vertige face au néant, face à la liberté fondamentale qui s'offre à moi. Je suis condamné à être libre. On peut me dire, par exemple : "tu es obligé d'aller au boulot". Non, je peux choisir de rester dans mon lit et de me faire virer. C'est fou comme on est libre, et c'est surtout fou de voir à quel point on veut montrer qu'on est esclave.

Ma situation de sujet fait que je néantise, et la néantisation se fait bien avant la détermination sociale. D'ailleurs, la néantisation se fait dans un mouvement d'ek-stase, d'ek-sistence, bref, avant l'essence. Roquentin, le héros de La Nausée, se dit qu'en tant qu'il est vivant, l'univers des possibles est infini.

    « Etre, c'est ne pas être ce que l'on est. »
J'ai la liberté de faire caca dans le bus, rien ne m'en empêche sur le moment. Or, nous développons 1000 façons de nous chosifier, de faire de nous des choses, de nous excuser d'être libre, tel le garçon de café, que nous reverrons tout à l'heure.

Oui, mais le regard de l'autre ? Ce que l'autre m'impose, ma liberté est justement de m'y conformer ou non. Dans Réflexion sur la question juive, Sartre déclare que c'est l'antisémite qui fait le juif. L'autre m'aliène, mais comme la montré Merleau-Ponty, ce n'est finalement qu'une modalité de dialogue. Je peux choisir effectivement d'être ce que l'autre veut que je sois.

La liberté est la conséquence logique de la néantisation. Mais revenons sur ce retour de l'en-soi, sur ce mouvement de rigidification du sujet.


E - La Mauvaise Foi

Sartre, assis à une terrasse, regarde un garçon de café. Celui-ci se presse, est poli, a des gestes adroits, trop adroits. Il ne faut pas longtemps pour s'en rendre compte, le garçon de café fait tout ce qu'il peut pour ressembler au garçon de café, il joue le rôle du garçon de café, faisant semblant d'être ce qu'il est. Par tout son être, il choisit d'être garçon de café. Il choisit d'être une chose plutôt que de révéler l'écart, le néant. C'est la mauvaise foi.

On est condamné à être libre, mais la plupart d'entre nous cherche à s'en échapper face aux responsabilités qu'impose cette liberté, face à l'angoisse de cette liberté. On fait comme si être garçon de café m'était imposé. Mais toute posture est une imposture. On a d'ailleurs tous bien tendance à figer l'autre, en faire une chose. Je le regarde, et me dit, "c'est un boucher", déclaration qui demande un point final, mais qui ne l'aura jamais, car, par mon processus même de néantisation, l'homme est bien plus que ça. Je ne suis pas ce que je suis, je ne suis pas un être en soi identique à lui-même.

Alors, oui, on joue tous un peu. On joue au philosophe sur un forum, on joue au psy, Sartre lui-même devait jouer à l'intellectuel, à pondre des gros pavés de 700 pages avec des titres bien pompeux. La mauvaise foi, c'est l'être en soi qui me hante, c'est le poids terrible de la fixité qui me guette comme réponse à tout.

Je m'entoure de réponses secondaires, je m'inventes des causes passées, j'incarne mon personnage d'hystérique, de psychotique, je deviens esclaves par choix pour m'excuser face au monde. Sartre veut mettre en place une psychanalyse existentielle qui aura pour fin de découvrir le noyau de mauvaise foi au coeur de toute ma configuration psychique. J'ai voulu devenir ce que je n'étais pas, j'ai voulu incarner ce rôle, et il devient dès lors difficile de s'en extraire.
*

« Comment ça, Jean-Paul ? Oses-tu me dire que j'ai choisi mon lourd passé ? Que j'ai choisi les lourds tracas qui s'abattent sur moi ? »
-Oui tête de con, et je m'en vais te le montrer » .


F - Le Pro-Jet

Le fondement du sujet est un mouvement d'ek-stase, de sortie de soi. C'est l'intentionnalité de Husserl. Et justement, si je vise un objet, je le vise dans une intention. Et c'est ce qui croise la liberté et la mauvaise foi. Par l'intention, précisemment, je me choisis. Tout ce que je suis, je l'ai choisis, car je le saisis dans un mouvement qui fait du sens. Il n'y a pas de sens avant le pour-soi. Attardons nous sur un exemple : « Je suis en montagne, je marche avec des copains, puis ça me fatigue, c'est long, à un moment, vraiment j'en ai marre, j'en peux plus, je lâche mon sac, me pose par terre, et j'abandonne la montée. »

Pour Leibniz et pour Sartre, j'abandonne parce que je ne pouvais pas faire autrement. Mais pour Leibniz, je ne peux pas faire autrement car cela à été choisi par Dieu. Pour Sartre, je ne peux pas faire autrement parce que j'ai choisi de ne pas pouvoir faire autrement. La question n'est pas de savoir si j'aurai pu aller au delà de moi-même, continuer, me dépasser : j'ai précisément choisi que cela n'avait pas de sens pour moi d'aller au delà de moi-même.

Reprenons ce qui a été dit dans les précédents sujets: La conscience réflexive fait du pour-soi. Or ce pour-soi naît d'un mouvement d'ek-stase, sortie pure de soi par néantisation. Le mouvement d'ek-stase fait du pour-soi, tel un jet, à partir de rien. Je suis un jet, un pro-jet.
La conscience réflexive est une mise en sens pour-moi par ce mouvement d'ek-stase, ce mouvement d'ex-sistence précède l'essence, précède les déterminations. Par ce mouvement de néantisation et de mise en sens pour-soi, je me choisis. Je choisis la manière dont je me place au monde face au autrui.

Avant ce jet, je suis un existant parmi les existants. Après le projet, je suis en situation qui fait sens pour-moi.

La néantisation n'est possible que dans une intention. C'est bien parce que je veux autre chose que l'être en soi que je néantise l'être en soi. L'intention première, le projet originel d'organisation de mon pour-moi et de mon être-au-monde est donc d'emblée chargé de sens. Si je suis un sujet au monde, si j'ai un pour-moi, c'est parce que j'ai eu une intention aux sources de mon pour-moi. L'ek-stase est un choix. Je suis ce choix, ce projet.

Dans l'exemple précédent, la situation où je suis a fait sens dans la façon dont j'ai saisi cette situation. Cette situation à été saisie comme un effort inutile qui ne mérite pas que je continue cette marche.
Si je suis un artiste raté, c'est parce que j'ai choisi d'être un artiste raté. La mise en sens de moi-même en tant qu'artiste raté, et pas en tant qu'autre chose, est un choix. Fondamentalement, je pourrais être aussi un boulanger raté, mais non, j'ai choisi d'être un artiste raté.


Ainsi, je choisis ma situation dans un projet, conséquence logique de l'intentionnalité. Si je choisis ma situation, alors je suis responsable de ma situation, et je peux m'en extraire par mauvaise foi. Mais l'implication la plus puissante est que si je choisis le monde en un pour-moi, je suis alors responsable de tout.
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Message par damien le Mer 23 Juil 2008 - 18:05

est ce qu'il reste qq'un pour répondre à cet article ? bergame est il tjs dans le coin ?

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Courtial le Mer 23 Juil 2008 - 18:27

Cet artcile ne pose nulle question. Il s'agit d'un résumé honnête (partiel, forcément, 700 pages en une page!) de l'essentiel du propos. S'il y a bien des points à discuter, ils concernent plus Sartre que l'article... Si tu as des questions, je suis prêt à discuter, en revanche.

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Tenzin Dorje le Mar 16 Sep 2008 - 1:56

Il n'y a pas de "hors de soi" chez Sartre,

et puis c'était un don juan du stade éthique, ça ne se fait pas, c'est monstrueux, vous ne vous rendez pas compte.

J'espère qu'on en aura bientôt fini avec la dialectisation sauvage du monde, de rentrée en Europe, je donnerai dans l'expension aggressive histoire d'ouvrir les kystes, ça vous botte ou vous préférer "refaire le monde" sans pourtant qu'il ne se fasse ?

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Courtial le Mar 16 Sep 2008 - 21:09

Don Juan du stade éthique, je crois voir ce que tu veux dire. En revanche, il y a deux propositions que j'entends moins dans ton propos sur Sartre.
D'abord l'absence d'un "hors de soi". Tu veux dire quoi? Si c'est qu'il n'y a pas de Dieu et si tu veux dire que le "hors de moi", c'est forcément Dieu (une ligne Buber/Lévinas, en gros), on est bien d'accord, pas de transcendance de ce genre. Hors de cela, le sens m'échappe.
Par ailleurs, je ne saisis pas du tout la "dialectisation" que tu évoques. J'espère que, dans ton esprit, ceci ne vise pas les positions de Sartre, mais ta phrase est ambiguë ou incomplète, de mon point de vue. Il n'y a pas de dialectisation chez Sartre. Cela paraît évident en le lisant, et par ailleurs Merleau-Ponty confirme cette lecture obvie dans Les aventures de la dialectique, en particulier, pour faire ressortir à quel point, selon Sartre, la dialectique ne peut être qu'une illusion, et rien d'autre (nous parlons de dialectique hégélienne, bien sûr), ce qui est tout à fait conforme par ailleurs à l'approche phénoménologique.

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Tenzin Dorje le Mar 16 Sep 2008 - 21:27

Le "soi" chez Sartre, c'est la conscience qui est "don juanesque". Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas de "soi", il n'y a que la conscience (qui n'est pas vraiment un soi) et en plus, comme il dit "si par malheur vous entriez dans une conscience, vous seriez immédiatement projeté au de-hors". Il n'y a pas, chez Sartre, le "dedans" des idéalistes (pour ça, il critiquait Husserl), c'est un peu le sens de mon propos : le soi n'est pas un dedans.

Je ne parle pas de dialectique hégelienne, mais de dialectique tout court : on le voit dans sa tendance à systématiser. D'ou le -isme de l'existentialisme (j'aime les philosophes de l'existence tels que Kierkegaard, Unamuno, Buber, Jaspers, Marcel) mais je déteste Sartre pour sa systématisation. Ce que je qualifie de dialectique, mais bien sûr elle n'a rien à voir avec la dialectique hégélienne.

En un sens, sa dialectique à lui est devancement (c'est un devenir qui n'est pas semblable à celui de Hegel) mais c'est ce qui joue, chez Sartre. Il fait des tours de magie pour la défendre toujours, défendre toujours cette sacro-sainte liberté, cette "dialectique du devenir sans devenu, du devancement".

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Courtial le Mer 17 Sep 2008 - 11:34

OK. Il en ressort que s'il y a un dialecticien ici, c'est toi. Si "il n'y a pas de hors de soi", il n'y a pas de dehors, ça veut dire qu'il n'y a pas de dedans, pas d'intériorité, qu'est-ce autre chose que de la dialectique? Un dedans qui ne serait que pur dedans serait quelque chose de complètement extérieur (par exemple : je suis un brave type ; il est vrai que je n'ai commis que des vilenies et des crimes, mais ça ce ne sont que des manifestations extérieures, en réalité j'ai un bon fond), c'est le B-A BA de la dialectique.
A part chez Hegel, le terme dialectique désigne une sorte de méthode. C'est la première fois que je le lis comme synonyme de système ou de systématisation. Mais admettons, on en apprend tous les jours...
S'agissant de Sartre, il n'y a aucun système. Comme je l'ai indiqué dans ma précédente intervention, toute tentative de ce genre est à ses yeux une illusion. Idem chez Husserl ou Heidegger : vouloir construire un système, c'est la naiveté absolue!

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Tenzin Dorje le Mer 17 Sep 2008 - 18:12

Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de "hors de soi" qu'il n'y a pas de dehors. C'est justement que même le soi est un dehors. Entiendes ?

Ensuite, j'aime pas du tout don ton de petit binocleux frustré qui tente de faire dans la méchanceté intellectuelle, ça te réussi pas, t'as pas encore le niveau pour.

Oh, mon Dieu, sartre dit qu'il est pas systématique alors il l'est pas. Hitler dit qu'il est pas doctrinal alors il l'est pas.

T'as pas bientôt fini de gober tout ce qu'on te dit ? Il y en a qui ont une bonne volonté mais une plume de merde qui dépasse leur volonté, c'est triste, non ?

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Pierre Rivière le Mer 17 Sep 2008 - 19:36

Laissez-moi distinguer trois choses.
1. Système fermé
2. Système ouvert
3. Pensée existentielle

1. Un système fermé a la forme d'un syllogisme ou d'une succession de syllogismes. Si A, alors B. Or, A. Donc, B. B est ici une certitude indépendante du reste de la pensée. C'est une construction de vérités locales, vraies pour elles-mêmes et qui s'emboîtent les uns dans les autres. Par exemple: Kant ou Descartes. Pour penser que le monde pourrait être une illusion, je dois penser. Or, je pense que le monde pourrait être une illusion. Donc, je pense; cela est vrai de toutes mes représentations et constitue le fondement du système à partir duquel on déduit le reste des vérités: l'existence de Dieu, l'existence du monde, etc. C'est aussi appelé un système hypothético-déductif (positivisme logique -la science physique fonde le système de la science-, etc.). Paradigme Aristotélicien.

2. Un système ouvert est une progression logique à partir de fondements, mais la progression logique n'est pas une simple déduction des conséquences liées à ces fondements (déduction à partir d'axiomes comme dans les éléments d'Euclide qui sont un système fermé). Donc, de nouvelles hypothèses sur les fondements peuvent être ajoutés, de nouveaux fondements découverts, de nouveaux objets de pensée introduits. Cela laisse la place à une modification de la vision du monde, de nouvelles expériences qui peuvent venir changer ce qu'on prenait pour acquis précédemment. Par exemple: Heidegger ou Nicolas de Cuse. Paradigme Platonicien.

3. La pensée existentielle est une pensée morcelée, des aphorismes ou des miettes qui trace un chemin (comme dans Hänsel et Gretel -on avance vers l'inconnu tout en laissant une trace derrière soi). Les variations d'intensités de la pensée font faire une expérience de vérité au penseur qui exprime celles-ci non dans un système logique qui les protègeraient comme un château, mais dans le but d'éclaircir le chemin de ceux qui voudront bien s'arrêter pour partager l'expérience éprouvée (et éprouvante) par le penseur. C'est une vérité lumineuse ou ténébreuse (selon l'orientation du regard), aussi appelé existentielle. Par exemple: Kierkegaard, Nietzsche, Bubber, et tout ce qu'a nommé Adam; mais aussi la poésie: Rimbaud, Hölderlin, etc. Paradigme existentiel ou peut-être Socratique.

Personnellement, j'aime les deuxièmes et troisièmes, mais pas la première (elle tue la vivacité de l'esprit).
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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Tenzin Dorje le Mer 17 Sep 2008 - 19:53

Puisque tu le vois ainsi, laisse-moi ajouter quelque chose :

Il y a des formes de pensées. Par exemple, je vois assez Kierkegaard et Unamuno comme "des pensées en Croix" (c'est "ouvert", ça embrasse l'existence, ça embrasse et tutoie le lecteur - dans le tutoiement, celà dit, il n'y a pas mieux que Buber). Hegel et la pensée "en cercle", c'est un peu la pensée fermée que tu évoques : la fin du livre est le début du livre (l'indifférencié). La pensée "en arbre" c'est-a-dire axiomatique. Schelling en rêvait, il a visé à côté.

Mais certains penseurs ne parviennent pas à traduire leur forme de pensée, par exemple, l'écriture de Schelling est morcelée, émiéttée, pleine d'inachevés, pourtant il traduit l'hermetisme (alchimie) et on peut y reconnaître un hégéliannisme raté (comme Hegel le disait lui-même) : il dit "celà même qu'est l'un, l'autre l'est aussi" mais son écriture ne rend pas compte de cette "réalité conceptuelle", si je puis dire.

Chez Hemingway, par exemple, on trouve une communauté entre le schéma narratif et le processus narratif : il y a cette "économie des mots" pour traduire une réalité squelettique, "économique" ; il à le squelette du poisson pour rendre compte de "cette vérité qu'on pèche et dont on ne retire que le squelette". Par "ce poisson, faut bien qu'il existe" on peut entendre "cette vérité, faut bien qu'elle existe, nom de dieu !".

Ici, certains auteurs distinguent le dire et "la façon de le dire" (ce que Kierkegaard qualifiera de "style") et d'autres auteurs font la communauté des deux. Peut-être que les moins existentiels distinguent l'un et l'autre, car finalement, ils ne traduisent pas leur vie et la vie de leur plume. Je dis ça, je dis rien.

Pour en revenir à Sartre, c'est monolithique (ça rappelle un peu la "cathédrale philosophique" hégélienne), il aurait pu être allemand, sa plume rappelle ces architectures-là. C'est la vie.

Certains disent que les mots en "-ismes" signifient "il y a du dogme", moi j'y vois surtout (de) la systématique.

Rappelons que les philosophes de l'existence que j'ai déjà cités sont unanimement irrationnels (voir même carrément "anti-rationnel" au regard d'Unamuno). Il y a parfois de la dialectique chez de tels penseurs (Kierkegaard et "la dialectique du paradoxe") mais pas de systématique : c'est éclaté, tous les ouvrages ne communiquent pas, il y a de la lâcheté, "des pensées qui attaquent dans le dos" disait Soren, la plume ne lie pas toutes les lettres, le penseurs jette les clés de son oeuvre, etc, etc.

Chez Sartre, il y a du liant, il y a du -isme, il y a du systématique. Mais n'allez pas croire que la systématique fait forcément l'apologie des Lumières et de l'épistémologie, ce serait une erreur.

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Courtial le Sam 20 Sep 2008 - 16:47

Adam a écrit:Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de "hors de soi" qu'il n'y a pas de dehors. C'est justement que même le soi est un dehors. Entiendes ?

Ensuite, j'aime pas du tout don ton de petit binocleux frustré qui tente de faire dans la méchanceté intellectuelle, ça te réussi pas, t'as pas encore le niveau pour.

Oh, mon Dieu, sartre dit qu'il est pas systématique alors il l'est pas. Hitler dit qu'il est pas doctrinal alors il l'est pas.

T'as pas bientôt fini de gober tout ce qu'on te dit ? Il y en a qui ont une bonne volonté mais une plume de merde qui dépasse leur volonté, c'est triste, non ?

Essaye de faire un petit effort. Pas grand chose, je t'assure.
Les insultes, la scatologie n'y changeront rien.
T'arrêtes deux minutes de faire de la propagande et tu réfléchis, rien de plus.
Je t'assure que ce n'est pas aussi difficile que ça en a l'air. Tu essayes simplement d'arrêter la propagande, tu respectes les autres, tu bosses un peu sur l'orthographe et la grammaire, et ça passe. Rien d'inhumain, tu vois?
Après, bien sûr, on pourra passer aux exercices plus difficiles, et l'on pourra expliquer que ne pas croire un philosophe existentiel est autre chose que ne pas croire Hitler, de l'utilité de bien vouloir lire les auteurs que l'on présente au bûcher (au lieu de se contenter d'un article pas compris, une dép^che parlant d'existentialisme, etc. Au passage, si tu as d'autres arguments aussi débiles, j'en suis friand, liste-les moi pour ma collec')
Ce sera pour plus tard, je crois, faudra quelques mois mais on va y arriver.

Si tu pouvais par ailleurs éviter de troller, avec la considération la plus absurde qu'on puisse imaginer, une discussion avec Bergame qui n'a rien à voir avec toi, je t'en saurais gré - encore une fois pour y révéler ce qui est le plus dépourvu de sens.
A mon avis, le préférable serait que tu t'abstiennes de ces interventions dispersantes et de toute considération sur les messages que je peux présenter ici. Tu n'y es naturellement pas obligé et je me contenterai de me désabonner si tu souhaitais insister malgré ma demande. Figure toi que je n'ai nulle envie d'être pourchassé par un théologien planqué. Je te laisse volontiers le terrain pour les futurs flingages (non sans noter, avec Spinoza, qu'il ne faut pas trop se mettre en faible position devant les théoriciens de l'amour, surtout quand il déchaînent leur haine absolue de tout ce qui ne convient pas, détruisant tout sur leur passage).
Clair je crois : tu m'oublies ou je débranche.
Bien sûr tu as autant de droit que moi à répondre et exposer ton propre point de vue. Tâche de bien le mesurer, il n'y aura pas de réponse.

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Vargas le Sam 20 Sep 2008 - 17:31

Adam a écrit:Ensuite, j'aime pas du tout don ton de petit binocleux frustré qui tente de faire dans la méchanceté intellectuelle, ça te réussi pas, t'as pas encore le niveau pour.

Ca c''est le genre de remarque à ravaler perplexe

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Tenzin Dorje le Dim 21 Sep 2008 - 1:19

Vargas a écrit:
Adam a écrit:Ensuite, j'aime pas du tout don ton de petit binocleux frustré qui tente de faire dans la méchanceté intellectuelle, ça te réussi pas, t'as pas encore le niveau pour.

Ca c''est le genre de remarque à ravaler perplexe

1- De quoi je me mêle ? Va te faire mettre.

2- Bravo, Courtial : un message castrateur entièrement réalisé sur une critique de la forme (à ton avis démesurée) et rien sur le fond. Tu baignes dans l'ordre du discours ? "oh, non, ne dites pas de gros mots !" et après quoi, une légitimation du code du manger ? "hey, mange pas avec les doigts, ça ne se fait pas !".

(Dé-)laisse Sartre et va assimiler Foucault, ça te changera de la bouffe qu'on te sert à la cantoche. Enfin, l'une critique dispense-t-elle de l'autre ? Tu viens de me l'apprendre : un point pour toi.


Modération : 1 semaine au frais pour Adam.
Je me mêle des discussions, de ce forum, et parfois des interventions qui veulent se faire passer pour.


Exemple de modération :

OK. Il en ressort que s'il y a un dialecticien ici, c'est toi
Petite invective sans sortir du sujet. Tant que ce n'est pas systématique, pas de souci

Ensuite, j'aime pas du tout don ton de petit binocleux frustré qui tente de faire dans la méchanceté intellectuelle, ça te réussi pas, t'as pas encore le niveau pour.

[...]

T'as pas bientôt fini de gober tout ce qu'on te dit ? Il y en a qui ont une bonne volonté mais une plume de merde qui dépasse leur volonté, c'est triste, non ?
Prétentieux, insultant. Tu as été Admin de forum, Adam, et tu sais parfaitement que ça n'a pas sa place sur cet espace de discussion.

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Scolastique le Ven 7 Aoû 2009 - 12:13

Salut à vous tous!

Très beaux articles je vous remercie tous.. mais qu'en est-il de la Psychanalyse Existentialiste ?
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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Courtial le Sam 8 Aoû 2009 - 22:59

L'idée est en gros la suivante : la psychanalyse a trouvé, par ses méthodes propres, une voie originale pour la compréhension des conduites humaines (en particulier, nous le savons, des plus étranges et bizarres, des névroses, etc.), mais elle se fonde sur une hypothèse philosophiquement impossible (l'inconscient).
On peut remédier aux faiblesses de ce programme par une approche phénoménologique (càd avec des "réductions", disons) qui à la fois maintienne les acquis de ces méthodes, et en même temps leur donne un fondement nouveau.
Sartre a donné beaucoup d'importance à cela, y consacrant la fin de se vie productrice - en un moment, malheureusement, où il n'avait plus la santé pour le faire (Je fis allusion à son livre sur Flaubert, on l'aura compris).
Nous devons donc nous contenter de quelques annonces programmatiques de la Transcendance de l'ego et de l'Etre et le Néant. , si nous cherchons à préciser les assises philosophiques de ce programme.
Il a échoué, manifestement, mais je continue de me demander si ceci tient essentiellement à la position de Sartre sur l'inconscient, au vouloir sien d'une analyse sans l'inconscient.

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par Came le Sam 19 Déc 2009 - 4:27

Le néant n'est-il pas l'outil qui délimite ?
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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par neopilina le Ven 6 Déc 2013 - 16:34

Sur " Forum de philosophie " y'a Vangelis qui évoque le fameux cafetier de Sartre. Ca m'inspire !

Le cafetier, a priori fantomatisé, nihilisé, que dis-je, exclu par le cogito, " magnifique " incarnation de ce " donc je suis " qui suit ce " je pense ", l'existentialisme tente donc ainsi a posteriori de le restaurer, de le retrouver, de le reconstruire, etc. Alors qu'on " sait " tous a priori que c'est un monstre positif donné et énigmatique à souhait ( On comprend tout de suite mieux si on dit cafetière blonde à forte poitrine ! ), encore fallait-il élucider correctement ce Lien a priori entre le Sujet et Son Monde, via l'En-Soi : " 3 - Et le cogito. Correctement corrigé, repris, étendu. Tout Etant est le Fruit d'un Sujet, Sien, Lieu correct du cogito, il est à la fois Donné ET Suspect : DONC une culture du doute, de la mise à l'épreuve, du dialogue, de la connaissance, du débat contradictoire, etc, etc, toutes choses qui ne peuvent se déployer au mieux qu'au sein d'un espace qu'on n'hésitera pas à qualifier de démocratique ". Les Etants donnés, le Sujet critique a tout de suite beaucoup plus de boulot ! Ce qui nécessitera toutes les sciences humaines, métaphysique comprise.

La fin de la métaphysique c'est aussi son apothéose. Et pour commencer, je l'attrape par les cheveux et lui plonge la tête dans l'En-Soi.

Allez ! Signé Furax !

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" Tout Étant est à la fois a priori Donné ( C'est, il est, et ça suffit pour commencer. ) et Suspect, parce que Mien ", " Savoir guérit, forge. Et détruit tout ce qui doit l'être ", ou, équivalents, " Tout l'Inadvertancier constitutif doit disparaître ", " Le progrès, c'est la liquidation du Sujet empirique, notoirement névrotique, par la connaissance ". Moi.

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Re: Sartre, L'Être et le Néant

Message par neopilina le Lun 9 Déc 2013 - 19:01

Ze reprends !
Cogito repris, Contact restauré et pour se faire enfin dit, il s'avère donc que l'En-Soi, le " Je ", est en soi Le Lien entre l'Extérieur, le Monde, le Mien, et le sujet critique, le " je " cartésien, kantien, hégélien, sartrien.
En reprenant le cogito, afin, d'abord de renouer ce Lien, qu'il rompait, j'ai donc obtenu ceci : "
4 - On a donc obtenu ainsi une métaphysique en trois points, on l'éprouvera à l'envi : ce qu'elle préconise radicalement.
1- L'Être. Facile : c'est un Etant auquel on a ôté tous ses attributs jusqu'au plus radical, premier, le fait qu'il soit advenu Un, l'Être c'est donc du Sens sans Sens, la matière première du Sens. L'Être est, absolument, et ne saurait devenir, par exemple.
2 - L'Etant. Là, il faut de suite entériner radicalement le divorce épistémologique entre dialectique et science, le cul de sac où la philosophie grecque toute entière s'agite aporétiquement.
3 - Et le cogito. Correctement corrigé, repris, étendu. Tout Etant est le Fruit d'un Sujet, Sien, Lieu correct du cogito, il est à la fois Donné ET Suspect : DONC une culture du doute, de la mise à l'épreuve, du dialogue, de la connaissance, du débat contradictoire, etc, etc, toutes choses qui ne peuvent se déployer au mieux qu'au sein d'un espace qu'on n'hésitera pas à qualifier de démocratique ".

On a là un " acquis " métaphysique, critique, par nature devant être constamment questionné, remis en cause, travaillé au corps, etc, d'où les guillemets relativistes, qui génère un acquis positif lui-même inducteur : eut égard à un " acquis " métaphysique nous avons, rigoureusement, comme impératif catégorique, radicalement induit, une éthique, une politique, etc, foncièrement, intrinsèquement, résolument, férocement ( Il faut bien ça avec le Sujet. ) pragmatiques : en vertu de l'élucidation dialectique proposée de la Situation a priori du Sujet au sein de Son Monde, via reprise du cogito, le Sujet est toujours premier, DONC méfiance.

La question de cette articulation entre l' "acquis " et/ou la position empirique, la règle jusqu'à nouvel ordre, métaphysiques, et ce qu'ils induisent, Lois, coutumes, etc, est de la plus haute importance. Comme je viens de le dire, nous vivons encore dans un monde où les dites Positions métaphysiques inductrices sont encore non-explicites, empiriques. Je crois qu'on m'entendra encore mieux si j'évoque le marxisme. On a là un positivisme théorisé à l'extrême, dont pourtant les prémisses demeuraient dramatiquement non-explicites, pire, qui mobilisait complétement a priori le Sujet, c'était de ce point vue, faire exactement comme les Religions : jouer avec le feu.

C'est toujours simple, a posteriori,     .

On notera l'ironie suivante : scandalisé par le cogito, je le " malmène ", les guillemets s'imposent : il prend la clef des champs,    !

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