Schelling, Philosophie de l'Identité

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Schelling, Philosophie de l'Identité

Message par Bergame le Sam 6 Oct 2007 - 15:29

De Philautarchie


Philosophie de l’identité



I. L'absolu

Au commencement, il n'y a que l'absolu, c'est-à-dire Dieu.
Mais qu'est-ce que Dieu ? Dieu est l'être en lequel le subjectif et l'objectif sont conciliés, en lequel la nature et l'esprit sont conciliés : il est un pur sujet-objet. Dieu est « un seul et même identique qui tient lieu de sujet et d'objet » dit Schelling. Son essence, c'est d'être absolument idéel & absolument réal. Dieu, c'est une identité en laquelle tous les opposés sont conciliés et ne font qu'un.


II. La rupture par la création

Schelling offre une vision trinitaire de la Philosophie de l'identité.
L'absolu est le Père de toutes choses, il s'enfante selon deux formes :

    1- La Nature, le fini qui est le Fils de Dieu.

    2- L'Esprit, l'infini qui est L'Esprit Saint

Il y a alors deux points à retenir :

Le premier, c'est que comme Dieu s'enfante, il se retrouve dans chaque choses de la nature et dans chaque chose de l'esprit. C'est le panthéisme Schellingien : « La nature est en Dieu et Dieu dans la nature ; l'esprit est en Dieu et Dieu dans l'esprit ».
Bref, c'est la même identité originaire (Dieu) qui est en tout et partout. La même force s'épanche dans la nature, avec la prédominance du réel, et dans les choses de l'esprit, avec la prédominance de l'idéel. Dieu est en toute chose, de sorte que ce qu'est essentiellement une chose, l'autre l'est aussi.

Le deuxième point, c'est qu'avec l'acte de création, l'esprit et la nature sont posés comme distincts l'un de l'autre : ils ne sont plus conciliés comme en Dieu le Père créateur, mais séparés, il y a rupture.

Dans cette rupture, il y a alors deux unités :

    1- Les unités idéales (l'Esprit, d'un point de vue trinitaire).

    2- Les unités réales (le Fils, d'un point de vue trinitaire).
Les unités réales sont les choses de la nature (les corps) et les unités idéales sont les choses de l'esprit (les subjectivités, l'intériorité, la sensibilité).


III. Le positivisme schellingien

Selon Schelling :

    1- Il y a la philosophie transcendantale dont l'objet est la condition de l'expérience.

    2- Il y a l'empirisme, science des états de faits, qui s'attache à ce dont je fais l'expérience sensible.

    3- Il y a le positivisme, science des faits, qui systématise les états de faits dont je fais l'expérience.

Un fait se défini comme "la réalisation d'une chose". Bref, un fait est une activité. Si je dis "cette pomme tombe" c'est un fait, une activité. Un état de fait est arrêté, comme par exemple "cette pomme est verte". Comme le dit Olaf dans les Ideens de Husserl, je synthétise.
Par exemple, je synthétise la pomme à un moment m1 de sa chute, puis à un moment m2 (différent de m1) de sa chute, et là seulement je dis : "cette pomme tombe". Mais on l'aura bien compris, je ne fais pas l'expérience de la pomme qui chute.
Le positiviste accepte de dire "la pomme tombe" parce qu'il systématise (ou il synthétise) les états de faits dont je fais l'expérience. Bref, il y a une alliance entre systématisation / synthèse et état de fait dans le positivisme.

Schelling se situe dans ce positivisme : la science des faits. Et il dit de l'empirisme "c'est la science des états de faits, c'est radical".

Le positivisme, qui s'intéresse aux faits, aux activités, il le nomme "positivisme de l'activité". On fait l'expérience d'états de faits qui constituent l'activitié : je fais l'expérience des moments du parler, des moments du vomir, des moments de la pomme qui chute, etc.

Ensuite, et voici le point fondamental : l'expérience est elle-même une activité. Quand je fais l'expérience de [...] je suis plongé dans l'expérience, traversé par elle. L'expérience elle-même est un fait.


*** *** ***


Commentaires


Est-ce qu'il y a redoublement subjectif du fait empirique ou s'agit-il d'un seul et même phénomène vécu ? En d'autres termes, est-ce que la pomme tombe en soi et je perçois subjectivement une pomme tombée, ou est-ce seulement un vécu empirique de pomme qui tombe ?

Selon Schelling, il y a bien une pomme en soi et à l'extérieur de moi. C'est la pomme comme chose de la nature (comme unité réale). Il s'agit là d'un idéalisme dit objectif : chaque chose de la nature possède les mêmes propriétés que le moi (esprit et nature) et est fait de la même essence divine que moi :

    "Cela même qu'est l'un, l'autre l'est aussi."

*

Maintenant, "que puis-je connaître de cette pomme ?"

Et bien : "je peux connaître de cette pomme ce qui est pareil en moi, c'est-à-dire l'essence divine : l'en soi, l'ontologie, l'essence".

Oui, la pomme tombe en soi et je perçois subjectivement une pomme qui tombe. Comment l'expliquer, le justifier ? Je ne le sais pas encore précisément.
avatar
Bergame
Persona
Persona

Nombre de messages : 2766
Date d'inscription : 03/09/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum