Définition du philosophe

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Définition du philosophe

Message par jghislain le Mar 10 Fév 2015 - 10:46

(un) Philosophe. n.m.
[de l'Allemand Strumpf, en Français Schtroumpf] Petit-être chétif qui s'intéresse au monde, se torturant l'esprit, dans l'espoir d'une spiritualité qui sauverait un peu son esprit naïf mais néanmoins tordu.
[citation] "ces philosophes... faut vraiment être tordu pour faire de l'enculage de mouche comme ça !"
[citation allemande] "Gott, diese Strumpfen sind total bluten Idiote !"

 [sens ancien] Aristocrate se divertissant des jeux de l'esprit.
Les choses ont bien changé, ma ptite dame...



PS. on a bien fait de déplacer le sujet ici, bon c'est une blague cette définition ! qui j'espère est assez marrante ?


Dernière édition par jghislain le Mar 10 Fév 2015 - 17:15, édité 1 fois

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Re: Définition du philosophe

Message par Courtial le Mar 10 Fév 2015 - 15:31

Rectification principielle : Strumpf, c'est un bas, une chaussette, en allemand.
L'histoire de la chaussette a été présente dans l'histoire de la philosophie quand Hegel a déclaré qu'un bas déchiré valait moins qu'un bas reprisé.LTa chaussette trouée vaut mieux qu'une chaussette reprisée, c'est ça,l'idée.
On trouve cela dans son livre sur La Différence des systèmes philosophiques de Fichte et de Schelling.
La conception de Hegel est donc que la chaussette reprisée vaut moins que la chaussette déchirée.
Le sens, c'est qu'il veut dire qu'il faut en finir avec l'Aufklärung. Cela ressort du chapitre 2 de ce bouquin, qui est intitulé "le besoin de philophie " (Das Bedürfnis der Philosophie). Il y a un besoin de la philosophie lorsque les temps en sont venus à la dispersion, au sens où la philosophie vise d'abord à l'unité du savoir. Il dit cela pour des raisons sur lesquelles on reviendra après, mais l'idée c'est que les chaussettes reprisées valent moins que les déchirées. Ou, si on veut,que son travail à lui, c'est de déchirer des chaussettes, et pas de les repriser.

Il en résulte que la pensée de Hegel consiste dans le déchirage de chaussettes.

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Re: Définition du philosophe

Message par jghislain le Mar 10 Fév 2015 - 17:14

Courtial a écrit:
La conception de Hegel est donc que la chaussette reprisée vaut moins que la chaussette déchirée.[...]
Il en résulte que la pensée de Hegel consiste dans le déchirage de chaussettes.

Oui, très juste, mais il y a hélas des commentateurs mauvaises langues qui font le rapprochement entre le bas qui a filé et la fameuse chaussette déchirée de Hegel. C'est une fausse interprétation "stricto sensu a fortiori in nomine deus ex machina" (s'il m'est permis de qualifier ce genre de procédé, en français : mais vous sortez ça comme le nom de Dieu de votre chapeau à plus forte raison au sens strict ?). A quoi il faut rappeler à l'ordre : il existait bien des travestis à l'époque classique, mais pas de bas de nylon, de Diou ! Décidément quand il s'agit de dire du mal d'un philosophe tout y passe... euh, comment ça "les travestis ça passe aussi" ? Shame on you !

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Re: Définition du philosophe

Message par Courtial le Mar 10 Fév 2015 - 17:50

Ces mauvais commentateurs n'ont pas d'importance.
Je vois seulement que dans le Séminaire du Thor, en 1968, qu'on peut lire dans Questions IV, Heidegger indique que l'on va "s'en prendre" à Hegel à partir de la Differenzschrift =Différence des systèmes philosophiques de Fichte et de Schelling) et qu'il s'occupe d'abord du bas, de la chaussette.
(Dans mon édition Gallimard 1976 pp. 214-16). Les chaussettes de Hegel ne sont pas des chaussetttes normales, elles valent comme déchirées.

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Re: Définition du philosophe

Message par jghislain le Mar 10 Fév 2015 - 17:59

Ah bon t'es sur Heidegger, là ? Moi un peu sur Foucault... la théorie des cordes dans l'histoire du bdsm (chapitre 6 de son Histoire de la sexualité), un vrai régal ! Mais bon, je me souviens de ta réaction sur un autre fil... ça doit te faire ni chaud ni froid.

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Re: Définition du philosophe

Message par Courtial le Mar 10 Fév 2015 - 18:21

Du chaud et du froid ?
Mais je n'étais pas météorologique, là, je parlais juste de chaussettes.
Et j'en parlais parce que j'entends dans la question : qu'est-ce que la philosophie ? la question : pourquoi faire de la philosophie ? Ca répond à quel besoin, s'il y en a un ?
Et qu'il se trouve que Hegel a rédigé un texte sur le besoin de philosophie (Differenzschrift ch. 2) et qu'il y est question de chaussettes. Et que même si ça paraît un détour, je crois qu'il faut s'occuper des chaussettes d'abord.
Je ne demande même pas qu'on me croie, c'est Hegel qui le dit.
La déchirure qui l'intéresse, c'est ce qu'il appelle "la culture".

A mon avis donc, on ne pourra dire des choses fructueuses sur la philosophie que si on observe la déchirure qu'est la culture, déchirure qui peut-être fait signe vers une Unité mais peut-être pas en reprisé, plutôt en déchiré

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Re: Définition du philosophe

Message par jghislain le Mer 11 Fév 2015 - 13:44

Courtial a écrit:A mon avis donc, on ne pourra  dire des choses fructueuses sur la philosophie que si on observe la déchirure qu'est la culture, déchirure qui peut-être fait signe vers une Unité mais peut-être pas en reprisé, plutôt en déchiré

Que penses-tu de l'expression "ça déchire" ou "je vais te déchirer ta race (ou ta mère)" que j'entends parfois au détour d'une rue entre jeunes ? Peut-on y voir un début d'esprit philosophique parmi ces petits badboys ? Juste comme ça...

PS/ l'expression "je vais te repriser ta race" n'existant pas à ma connaissance, il me semble que ces badboys sont un peu passés à côté, pour ce qui est de Hegel ? C'est triste. Il faut faire quelque chose. Je vais leur apporter la bonne parole philosophique ! Oui !

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Re: Définition du philosophe

Message par Courtial le Mer 11 Fév 2015 - 15:43

Il y a certainement une sorte de prénotion, en particulier dans "déchirer sa race".
En revanche, on perçoit moins cet hégélianisme sous-jacent chez Strauss-Kahn, quand il déchire des fions. Le fion est pourtant une bonne image de la scission, c'est même de l'Entzweiung à l'état pur, je crois, quand on y songe, y a pas plus dialectique qu'un cul, mais l'on voit que l'ami Dodo a quelques soucis avec les évidences.

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Re: Définition du philosophe

Message par poussbois le Mer 11 Fév 2015 - 16:11

Heu Courtial, ton obsession phénoménologique te fais perdre le bon sens. Là tu fais dans l'anachronisme et ça vire au n'importe quoi.
Un libertin du siècle des lumières ne peut pas avoir de notion de phénoménologie. DSK ne fait que brandir cette lumière libertine dont il inonde son auditoire dans le cadre de jeux éducatifs et parfaitement pédagogiques. C'est beau de voir qu'après toutes ces années de politiques, il continue à avoir la fibre professorale si énergique. Un chibreur de haute-venerie comme dirait San Antonio.

A ce propos, il resterait un travail à réaliser sur le corpus philosophique que nous a laissé San Antonio. C'est bien dommage d'ailleurs que cet exégèse philosophique n'ait pas été menée, voilà un gars qui s'y connaissait en mayonnaise et qui ne la prenait jamais autrement qu'assaisonnée au citron. On a des choses à apprendre d'un tel penseur.

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Re: Définition du philosophe

Message par Courtial le Mer 11 Fév 2015 - 16:31

J'approuve le projet.
Je suis un San-A fanatique depuis toujours. Cela doit se voir dans ma manière d'écrire, d'ailleurs, je ne me gratte pas pour le piller.
On peut peut-être ouvrir une section particulière on ne va peut-être pas mettre cela avec Heidegger.

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Re: Définition du philosophe

Message par poussbois le Mer 11 Fév 2015 - 16:43

Super intéressant comme idée, j'en parle à Vargas. D'autant que tu n'es pas le seul, j'ai repéré ici ou là des productions dignes de la verve san-antoniesque, qui va bien au delà des moules, chaglattes et autre badigoinsses, concepts désormais bien connus, mais qui prend tous son sens dans leur articulation et leur mise en perspective.

J'ai déjà une bonne idée du type de compilation qu'on pourrait produire. Vargas, reviens, on a besoin de toi !

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Re: Définition du philosophe

Message par Courtial le Mer 11 Fév 2015 - 16:56

Vargas est notre "Dieu caché" à nous.
Il n'apparaît qu'en cas de nécessité. Comme disait Audiard, Vargas, c'est un peu comme la Sainte Vierge : il faut qu'il apparaisse de temps en temps, sinon le doute s'installe.

Je crois entendre ton persiflage, touchant à la phénoménologie. Mais mets-toi cinq minutes à notre place : ce qui nous intéresse, c'est l'expérience de la conscience.
Qui comporte des chaussettes et des culs, je suis désolé. Naturellement, nous adoptons là-dessus un point de vue transcendantal et nous réduisons l'ego. Mais pas pour engloutir, ce n'est pas ça, le projet.

Je ne sais pas si tu es allé regarder le livre de Derrida sur Marx (Spectres de Marx).
"Un spectre hante l'Europe, le spectre du communisme". (incipit de l'avant-propos du Manifeste).
Pourquoi parle-t-il de spectre ? Pour parler du "monde". Le monde est spectral ou spectralisé. C'est quand même intéressant de comprendre ce qu'un type aussi éminent que Marx veut dire. J'ai indiqué sur un autre fil que parfois Marx dit seulement des conneries, mais ce n'est pas son régime habituel. Son régime normal, c'est de dire des trucs qui sont pas cons du tout. Derrida cite après un autre texte qui nous dit que ce monde, qui est l'objet de la méditation de Marx, il est "out of joint".
La moitié du bouquin est consacrée au joint. Il repère que c'est surtout une quesiton de joint. Et du joint à la reprise,(dans le sens couturier) il n'y a qu'un bas.

Y a des failles dans la culture de Derrida. Il ne parle pas du fait que Gargamelle (la mère de Gargantua) se parfumait à l'huile de maujoint (du mal joint, en jouant sur "benjoin" (bien joint), il ne l'intègre pas à son analyse. Il ne prend donc pas la mesure du mal joint, de ce qui est grossièrement joint mais laisse un trou quand même, etc. Ca manque dans son analyse, à mon avis. Mais bon, on sait que nos "élites" ne lisent plus Rabelais, en même temps..

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Re: Définition du philosophe

Message par poussbois le Mer 11 Fév 2015 - 19:05

Je crois entendre ton persiflage, touchant à la phénoménologie.
Pas du tout, je suis très admiratif devant la phénoménologie et devant ses sectateurs, mais encore plus devant la somme d'argent que représente leurs offrandes pour espérer acquérir une bibliothèque digne de ce nom... et je suis très gré également à la phénoménologie de m'avoir appris le sens du mot "amphigourie" et tous ses dérivés.






lol

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Re: Définition du philosophe

Message par Courtial le Jeu 12 Fév 2015 - 15:04

Je te rassure : le persiflage est normal et souvent justifié. Le côté Médecins de Molière, les polémiques de Vadius et de Trissotin, elles existent et je comprends qu'on s'en amuse.
Exacte aussi ta remarque (je l'avais mentionné moi-même, je crois) sur le fait que les ouvrages des phénoménologues (les nouveautés) coûtent en général la peau du maujoint et s'adressent donc d'abord à une élite : faudrait quand même pas que le prolo de base viennent souiller de ses sales pattes pleines de cambouis ces ouvrages divins.

Mais tout cela est surtout de ma faute : nous voulions faire le portrait du philosophe, pas du phénoménologue, au départ.

Après le Politique, le Sophiste, Platon aurait fait peut-être un portrait du Philosophe. Il a disparu et c'est bien dommage. Il y a un apocryphe, je crois, un texte très mauvais peut-être rédigé par des tâcherons et "vendu" sous son nom, si je me souviens bien ?

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