Weber, la guerre des dieux
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Weber, la guerre des dieux
Parmi tous les concepts repris et discutés de Max Weber, il en est un qui a une postérité tout à fait étonnante, c'est celui de la guerre des dieux. C'est au cours de la première de ses fameuses conférences de 1919 que Weber développe ce thème, celle qu'on appelle en français : La Science comme Vocation (Wissenschaft als Beruf). Au passage, je dis pour ma part que c'est le texte d'épistémologie le plus profond et le plus intelligent que je connaisse -mais peut-être n'ai-je pas encore précisé que, pour moi, Weber représentait le génie ultime ?
Au cours de cette conférence, Weber ne traite pas seulement de la vocation du scientifique. Il pose aussi la question de ce qu'est la science, de ce qu'elle signifie, et de ce à quoi elle sert -on pourrait ajouter : "après Nietzsche". Car ce petit texte, je pourrais l'écrire à la suite de notre enquête collective sur l'expression : Dieu est mort.
La trame que suit Weber dans cette conférence est à peu près celle-ci. La science en elle-même est devenue une entreprise [Betrieb, on ne dit pas assez que "Betrieb" signifie "entreprise" au sens de fabrique, d'usine], une organisation rationnelle et régie par une spécialisation stricte. L'honnêteté imposerait au professeur d'avertir ses étudiants : Lorsque vous entrez à l'Université, lasciate ogni speranza. Car seul un petit nombre d'hommes possèdent cette vocation particulière qui est celle de la science. Or, dit Weber, rien n'a de valeur pour l'homme, qu'il ne peut faire avec passion.
Cette passion particulière, liée à une vocation particulière, c'est ce qui confère à un homme sa personnalité. Il existe tout une théorie de la personnalité chez Weber, dont on retrouve des développements dans chacun de ses ouvrages. Elle repose globalement sur l'idée que l'enseignement éveille l'esprit, et forge un caractère en même temps qu'il individualise de la masse. Au passage, il faut donc comprendre, lorsqu'on parle d'"individualisme" chez Weber, que, dans ses termes, tout homme n'est pas un individu. En fait, avec Weber, il existe toujours deux sortes d'hommes : Ceux qui disposent d'une personnalité, et les autres. Ainsi dit-il, il existe deux types d'industriels, celui qui possède l'"imagination commerciale" et celui qui ne restera jamais qu'un vulgaire technicien au sein d'une Betrieb qui le dépasse. Et il en est de même pour le scientifique. Weber va d'ailleurs jusqu'à dire que le type psychologique du savant "à personnalité" est le même que celui de l'artiste -Nietzsche...
Mais qu'est-ce qui différencie ces individus, au fond ? La vocation, le Beruf. Ils ont été appelés, il faut comprendre : comme Luther, et comme Luther, ils se sont sacrifiés corps et âme à leur cause avec passion.
En effet, s'il existe quelque chose comme un progrès scientifique, dit Weber en substance, il consiste en une intellectualisation sans fin, pour lequel chaque nouvelle réponse, chaque "avancée", engendre de nouvelles questions. Ici, il faut peut-être placer ce qui est à mon sens l'une des idées fortes de Weber (enfin, c'est surtout l'avis de R.Aron), en apparence assez simple, mais à laquelle il est peut-être le premier à donner toute sa mesure : Le réel est intensivement infini. La réflexion de Weber ne consiste pas en effet seulement à dire que l'univers est un espace infini, dont la connaissance humaine n'atteindra sans doute jamais la limite -cette limite qui sépare Kant et Hegel, en quelque sorte- mais elle est peut-être plus radicale encore : Contre le projet cartésien, la science ne nous permet pas significativement de mieux maitriser notre environnement. A cette aune, l'"Indien" ou le "Hottentot" sont en tous cas plus savants que nous :
Celui d'entre nous qui prend le tramway n'a aucune notion du mécanisme qui permet à la voiture de se mettre en marche -à moins d'être un physicien de métier. Nous n'avons d'ailleurs pas besoin de le savoir. Il nous suffit de pouvoir "compter" sur le tramway et d'orienter en conséquence notre comportement ; mais nous ne savons pas comment on construit une telle machine en état de rouler. Le sauvage au contraire connaît incomparablement mieux ses outils [...] L'intellectualisation et la rationalisation croissantes ne signifient donc nullement une connaissance générale croissante des conditions dans lesquelles nous vivons. Elles signifient bien plutôt que nous savons ou que nous croyons qu'à chaque instant nous pourrions, pourvu seulement que nous le voulions, nous prouver qu'il n'existe en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible qui interfère dans le cours de la vie ; bref que nous pouvons maîtriser toute chose par la prévision. Mais cela revient à désenchanter le monde.
Bref, ce qui, en première approximation, nous différencie du sauvage, c'est le fait que nous inférions les bonnes causes aux phénomènes physiques, au contraire de l'"Indien" qui croit à des puissances magiques. En revanche, il connait et maitrise sans doute mieux son environnement que nous, individuellement, le faisons.
La question alors se pose : Quelle est la valeur de la science, et qu'est-ce qui pourrait justifier d'en faire sa cause ? L'histoire que Weber esquisse ici est à mon avis magistrale. Elle est celle du Concept, de "l'Unique dont nous avons besoin". La science, pour les Grecs, pour Léonard, pour Galilée, c'était le chemin vers la Nature, ou la Vérité, ou Dieu.
Alors ? Alors dit Weber en substance, il faut accorder foi à ceux qui disent que le travail scientifique est important en soi. Mais non pas seulement au sens où il faudrait par exemple se livrer à la recherche fondamentale, comme l'on dit aujourd'hui en l'opposant à la recherche applicative, mais en s'y livrant avec la spontanéité de celui qui répond à la vocation, au Beruf.
Seulement se pose alors une nouvelle question, qui est par ailleurs le noeud du texte : Maintenant que Dieu, l'Unique, est mort, qui, exactement, appelle ? La réponse de Weber à l'analyse de Nietzsche sur le nihilisme annonce donc un polythéisme des valeurs :
En revanche, et c'est à mes yeux l'argument le plus fort de ce texte, la science peut aider à choisir quelle cause servir en dévoilant le visage du dieu qui la gouverne.
En fait, ce que dit Weber dans ce texte, c'est que nous sommes tout autant menés par des puissances qui nous dépassent que les "Indiens" qui croient aux esprits. La véritable différence est que nous, nous l'ignorons, car nous croyons pouvoir prévoir le résultat de nos actions. Or, cela est en bonne part une illusion car le devenir de nos actions s'évanouit perpétuellement au-delà de notre horizon -c'est sans doute à ce point que Weber est le plus kantien. Nous croyons donc choisir d'agir "en connaissance de cause" (finale) mais au fond, nous choisissons d'agir, sans, le plus souvent, connaitre le résultat de nos actions. Or, nous agissons quand même, à chaque instant, et nous ne pouvons pas ne pas agir. Mais à quel daimôn obéissons-nous alors ? Car les dieux antiques sont recouverts de la poussière des âges, et bien malin celui qui prétend pouvoir discerner leurs visages. Untel croit servir Apollon et c'est à Zeus qu'il rend hommage. Untel autre croit danser avec Dionysos et qui sait si ce n'est pas avec Hadès qu'il badine ?
C'est à cela que la science peut donc servir : Non pas démontrer l'existence ou l'inexistence de Dieu ou des saints, voila qui est illusoire, mais écarter la poussière et révéler ainsi le visage des dieux, qu'au moins ce soit en connaissance de cause, autant qu'il nous est possible, que nous choisissions le notre.
Il me faut sans doute conclure -au moins afin d'être en accord avec mon propre dieu
-que les commentateurs de Weber ont généralement choisi de retenir autre chose du concept de "guerre des dieux". En France, par exemple, c'est R.Aron qui, là comme ailleurs, semble avoir fixé la ligne interprétative en se demandant si la guerre des dieux entrainait également la guerre des serviteurs des dieux. On rejoindrait là la question de l'incommensurabilité des fins ultimes, et Weber serait l'initiateur d'un décisionnisme axiologique qui pose que les valeurs ne sont pas sujettes à évaluation rationnelle, et qu'il est par conséquent vain de prétendre démontrer qu'il vaut mieux adopter telle valeur plutôt que telle autre. C'est évidemment une question fondamentale, qui a des applications très concrètes : Il ne s'agit pas seulement de décider si, par exemple, telle doctrine politique ou religieuse est plus rationnelle qu'une autre, ou si, autre exemple, la valeur de la liberté doit avoir la prééminence sur la valeur de l'égalité -ou inversement-, ou même si les systèmes éthico-culturels communautaires sont ou non réductibles les uns aux autres voire assimilables, ou enfin si l'économie et le politique sont ou non régis par des valeurs irréductibement antagonistes, mais en-deça même de ces questions, si la rationalité elle-même n'est pas une valeur qu'on pourrait choisir ou non de respecter. De Aron à Léo Strauss, de Renaut/Mesure à Colliot-Thélène, de Popper à Habermas, de Walzer à Kymlicka, etc. tous ces débats prennent comme point de départ le concept de "guerre des dieux" de Weber.
Au cours de cette conférence, Weber ne traite pas seulement de la vocation du scientifique. Il pose aussi la question de ce qu'est la science, de ce qu'elle signifie, et de ce à quoi elle sert -on pourrait ajouter : "après Nietzsche". Car ce petit texte, je pourrais l'écrire à la suite de notre enquête collective sur l'expression : Dieu est mort.
La trame que suit Weber dans cette conférence est à peu près celle-ci. La science en elle-même est devenue une entreprise [Betrieb, on ne dit pas assez que "Betrieb" signifie "entreprise" au sens de fabrique, d'usine], une organisation rationnelle et régie par une spécialisation stricte. L'honnêteté imposerait au professeur d'avertir ses étudiants : Lorsque vous entrez à l'Université, lasciate ogni speranza. Car seul un petit nombre d'hommes possèdent cette vocation particulière qui est celle de la science. Or, dit Weber, rien n'a de valeur pour l'homme, qu'il ne peut faire avec passion.
Cette passion particulière, liée à une vocation particulière, c'est ce qui confère à un homme sa personnalité. Il existe tout une théorie de la personnalité chez Weber, dont on retrouve des développements dans chacun de ses ouvrages. Elle repose globalement sur l'idée que l'enseignement éveille l'esprit, et forge un caractère en même temps qu'il individualise de la masse. Au passage, il faut donc comprendre, lorsqu'on parle d'"individualisme" chez Weber, que, dans ses termes, tout homme n'est pas un individu. En fait, avec Weber, il existe toujours deux sortes d'hommes : Ceux qui disposent d'une personnalité, et les autres. Ainsi dit-il, il existe deux types d'industriels, celui qui possède l'"imagination commerciale" et celui qui ne restera jamais qu'un vulgaire technicien au sein d'une Betrieb qui le dépasse. Et il en est de même pour le scientifique. Weber va d'ailleurs jusqu'à dire que le type psychologique du savant "à personnalité" est le même que celui de l'artiste -Nietzsche...
Mais qu'est-ce qui différencie ces individus, au fond ? La vocation, le Beruf. Ils ont été appelés, il faut comprendre : comme Luther, et comme Luther, ils se sont sacrifiés corps et âme à leur cause avec passion.
Seul l'être qui se met purement et simplement au service de sa cause possède une "personnalité" dans le monde de la science.
En effet, s'il existe quelque chose comme un progrès scientifique, dit Weber en substance, il consiste en une intellectualisation sans fin, pour lequel chaque nouvelle réponse, chaque "avancée", engendre de nouvelles questions. Ici, il faut peut-être placer ce qui est à mon sens l'une des idées fortes de Weber (enfin, c'est surtout l'avis de R.Aron), en apparence assez simple, mais à laquelle il est peut-être le premier à donner toute sa mesure : Le réel est intensivement infini. La réflexion de Weber ne consiste pas en effet seulement à dire que l'univers est un espace infini, dont la connaissance humaine n'atteindra sans doute jamais la limite -cette limite qui sépare Kant et Hegel, en quelque sorte- mais elle est peut-être plus radicale encore : Contre le projet cartésien, la science ne nous permet pas significativement de mieux maitriser notre environnement. A cette aune, l'"Indien" ou le "Hottentot" sont en tous cas plus savants que nous :
Celui d'entre nous qui prend le tramway n'a aucune notion du mécanisme qui permet à la voiture de se mettre en marche -à moins d'être un physicien de métier. Nous n'avons d'ailleurs pas besoin de le savoir. Il nous suffit de pouvoir "compter" sur le tramway et d'orienter en conséquence notre comportement ; mais nous ne savons pas comment on construit une telle machine en état de rouler. Le sauvage au contraire connaît incomparablement mieux ses outils [...] L'intellectualisation et la rationalisation croissantes ne signifient donc nullement une connaissance générale croissante des conditions dans lesquelles nous vivons. Elles signifient bien plutôt que nous savons ou que nous croyons qu'à chaque instant nous pourrions, pourvu seulement que nous le voulions, nous prouver qu'il n'existe en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible qui interfère dans le cours de la vie ; bref que nous pouvons maîtriser toute chose par la prévision. Mais cela revient à désenchanter le monde.
Bref, ce qui, en première approximation, nous différencie du sauvage, c'est le fait que nous inférions les bonnes causes aux phénomènes physiques, au contraire de l'"Indien" qui croit à des puissances magiques. En revanche, il connait et maitrise sans doute mieux son environnement que nous, individuellement, le faisons.
La question alors se pose : Quelle est la valeur de la science, et qu'est-ce qui pourrait justifier d'en faire sa cause ? L'histoire que Weber esquisse ici est à mon avis magistrale. Elle est celle du Concept, de "l'Unique dont nous avons besoin". La science, pour les Grecs, pour Léonard, pour Galilée, c'était le chemin vers la Nature, ou la Vérité, ou Dieu.
Rappelez-vous l'aphorisme de Swammerdam : "Je vous apporte ici, dans l'anatomie d'un pou, la preuve de la providence divine", et vous comprendrez quelle a été à cette époque la tâche propre du travail scientifique, sous l'influence (indirecte) du protestantisme et du puritanisme : trouver le chemin qui conduit à Dieu.
Alors ? Alors dit Weber en substance, il faut accorder foi à ceux qui disent que le travail scientifique est important en soi. Mais non pas seulement au sens où il faudrait par exemple se livrer à la recherche fondamentale, comme l'on dit aujourd'hui en l'opposant à la recherche applicative, mais en s'y livrant avec la spontanéité de celui qui répond à la vocation, au Beruf.
Seulement se pose alors une nouvelle question, qui est par ailleurs le noeud du texte : Maintenant que Dieu, l'Unique, est mort, qui, exactement, appelle ? La réponse de Weber à l'analyse de Nietzsche sur le nihilisme annonce donc un polythéisme des valeurs :
Les choses ne se passent pas autrement que dans le monde antique, encore sous le charme des dieux et des démons, mais prennent un sens différent. Les Grecs offraient des sacrifices d'abord à Aphrodite, puis à Apollon et surtout à chacun des dieux de la cité ; nous faisons encore de même de nos jours [...] Tout ce qui nous est donné de comprendre, c'est ce que le divin signifie pour une société donnée, ou ce que l'une ou l'autre société considère comme telle.
Suivant les convictions profondes de chaque être, l'une de ces éthiques prendra le visage du diable, l'autre celle du dieu et chaque individu aura à décider, de son propre point de vue, qui est dieu et qui est diable.
En revanche, et c'est à mes yeux l'argument le plus fort de ce texte, la science peut aider à choisir quelle cause servir en dévoilant le visage du dieu qui la gouverne.
La science vous indiquera qu'en adoptant telle position vous servirez tel dieu et vous offenserez tel autre parce que, si vous êtes fidèles à vous-mêmes, vous en viendrez nécessairement à telles conséquences internes, dernières et significatives [...] Si nous sommes, en tant que savants, à la hauteur de notre tâche, nous pouvons alors obliger l'individu à se rendre compte du sens ultime de ses propres actes, ou du moins l'y aider [...] Lorsqu'un professeur obtient ce résultat je suis alors enclin à dire qu'il est au service de puissances "morales", à savoir le devoir de faire naitre en l'âme des autres la clarté et le sens des responsabilités.
La religion est devenue de nos jours "routine quotidienne". La multitude des dieux antiques sortent de leur tombes, sous la forme de puissances impersonnelles parce que désenchantées, et ils s'efforcent à nouveau de faire retomber notre vie en leur pouvoir tout en reprenant leurs luttes éternelles.
En fait, ce que dit Weber dans ce texte, c'est que nous sommes tout autant menés par des puissances qui nous dépassent que les "Indiens" qui croient aux esprits. La véritable différence est que nous, nous l'ignorons, car nous croyons pouvoir prévoir le résultat de nos actions. Or, cela est en bonne part une illusion car le devenir de nos actions s'évanouit perpétuellement au-delà de notre horizon -c'est sans doute à ce point que Weber est le plus kantien. Nous croyons donc choisir d'agir "en connaissance de cause" (finale) mais au fond, nous choisissons d'agir, sans, le plus souvent, connaitre le résultat de nos actions. Or, nous agissons quand même, à chaque instant, et nous ne pouvons pas ne pas agir. Mais à quel daimôn obéissons-nous alors ? Car les dieux antiques sont recouverts de la poussière des âges, et bien malin celui qui prétend pouvoir discerner leurs visages. Untel croit servir Apollon et c'est à Zeus qu'il rend hommage. Untel autre croit danser avec Dionysos et qui sait si ce n'est pas avec Hadès qu'il badine ?
C'est à cela que la science peut donc servir : Non pas démontrer l'existence ou l'inexistence de Dieu ou des saints, voila qui est illusoire, mais écarter la poussière et révéler ainsi le visage des dieux, qu'au moins ce soit en connaissance de cause, autant qu'il nous est possible, que nous choisissions le notre.
Il me faut sans doute conclure -au moins afin d'être en accord avec mon propre dieu
Re: Weber, la guerre des dieux
Bergame a écrit:Mais qu'est-ce qui différencie ces individus, au fond ? La vocation, le Beruf. Ils ont été appelés, il faut comprendre : comme Luther, et comme Luther, ils se sont sacrifiés corps et âme à leur cause avec passion.
Seul l'être qui se met purement et simplement au service de sa cause possède une "personnalité" dans le monde de la science.
Merci à Weber de me faire écho.
Pierre Rivière dans Théologie du voyage a écrit:Une voix extérieure qui nous appelle vers nous-même. Ce qui est espéré ne peut être qu'inconnu mais pressenti, dans l'exacte proportion où ce qui est connu fait dès lors partie intégrante de soi. Ainsi, le voyage n'a de sens que comme réponse à un appel et c'est celui-ci qui fait du voyage un pèlerinage puisque l'appel ne s'adresse qu'à soi, excluant donc de la communauté.
La passion prévaudra!
Re: Weber, la guerre des dieux
Bien sûr ! Là où la conséquence de l'action est inconnue, non-prévisible, alors il faut faire les choses par passion, par conviction.
Et pourtant, il faut aussi tendre vers la maitrise de l'action, de manière à connaitre le dieu que l'on sert par notre action, telle est notre responsabilité en tant qu'homme.
Mais la maitrise et la prévisibilité croissante de l'action participent du désenchantement du monde, et font refluer la passion.
Je crois que ce sont là les grands traits de la condition humaine selon Weber.
Et pourtant, il faut aussi tendre vers la maitrise de l'action, de manière à connaitre le dieu que l'on sert par notre action, telle est notre responsabilité en tant qu'homme.
Mais la maitrise et la prévisibilité croissante de l'action participent du désenchantement du monde, et font refluer la passion.
Je crois que ce sont là les grands traits de la condition humaine selon Weber.










par Bergame le Dim 15 Juin - 0:42

