Fichte, trois principes introductifs
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Fichte, trois principes introductifs
Par Olaf : Fichte, trois principes introductifs
Fichte est une sorte de Hegel à l'envers (mais c'est un pré-Hegel), puisque sa philosophie est un Idéalisme, philosophie où la pensée est la base expliquant la réalité, qui justement entend montrer la réalité comme finalité. Je vais développer 3 Principes que Fichte présente dans "Principe de la Doctrine Scientifique"
Principe 1 : Moi = Moi
Pour Fichte, l'être n'est rien d'autre que l'acte par lequel il se pose. En effet, dire simplement "Moi" n'a pas de sens, alors que Moi = Moi est un principe d'identité qui comporte une action, une activité de visée vers moi-même. Le sujet se saisit dans un acte.
Ce premier principe est "une illusion", une pensée idéale abstraite posée.
Principe 2 : Moi-1 = Moi-2
En effet, cet acte interne de visée aboutit sur un autre. Le sujet Moi-1 (car sans sujet pas d'énonciation), vise le prédicat Moi-2. Le Moi-Sujet pour se saisir dans l'acte tombe sur le Moi-Objet. Bref, un autre. Ainsi, le Moi pour exister doit être contredit par un Non-Moi.
Ce principe est une opposition radicale au premier principe, dont pourtant il découle. Mais ce passage est nécessaire, car sans l'opposition Moi / Non-Moi, pas de conscience de Moi.
Principe 3 : Moi Absolu = Dialectique {Moi / Non-Moi}
Or, malgré ce Non-Moi nécessaire à la visée de Soi, il y a une exigence de rassemblement. Le Moi Absolu est la forme du Moi qui contient la négation de lui-même, qui contient cette scission interne. Le Non-Moi pose la finitude de la conscience, la finitude du Moi qui dans le principe 1 était pourtant un Moi plein.
Ce Principe permet d'aboutir à la réalité. Car le Moi pour se saisir, se pose comme un prédicat, comme un objet, un étant. De même, le vrai premier principe est la réhabilitation de la raison pratique, de l'acte, dans cette visée à soi. Cette mise en exergue de la pratique signe la renonciation fictive à l'Idéalisme.
De plus, de cet exigence de rassemblement entre le Moi et le Non-Moi au sein du Moi-Absolu, de par ce va-et-vient naît la temporalité (et l'espace par la mise en objet).
Ainsi, Fichte part de l'Idéalisme pour aboutir à la réalité. Il est alors fidèle à Hume et Jacobi qui déclaraient qu'il y a une conscience naturelle du monde qui ne doit pas être niée.
D'ailleurs, pour Jacobi, Leibniz et Spinoza sont de parfaits nihilistes, car ils ne peuvent poser des étants. La philosophie du commun serait un point de vue irrécusable, et qu'il ne faut pas nier.
Mais Hegel trouvera que finalement, la spéculation devient interdite, que l'on tombe dans un monde plat. De même, Hegel critiquera Fichte car ce système est un faux système, en ce sens qu'il ne comporte aucune circularité (même si à on humble niveau, je trouve c'est circulaire avec la mise en avant de la pratique, mais bon...).
Fichte ne se demande pas une seconde comment dans ce Moi-Sujet = Moi-Objet peuvent coexister l'identité et la différence. Or Hölderlin et Hegel vont se concentrer sur ce point, pour aller vers du Spinozisme en ce qui concerne Hölderlin, ce qui ne sera pas le cas de Hegel.
Dans Je suis Je, ce qui assure la coexistence de ces deux termes est justement le verbe "être". L'être est ce qui rassemble ces deux terme, l'être exclue la subjectivité. Il assure cette "scission rassemblante".
Cet être, absolument simple, ce fond, constitue alors une ontologie antérieure à la subjectivité. Ainsi, Hölderlin va penser en spinoziste à l'unité foncière qui assure la subjectivité, et permet la scission, tout en restant lié (sur une surface d'être).
Pour Schelling, l'autre, le Moi-Objet, l'altérité, le Toi de Lévinas, ne peuvent se penser que dans un mouvement d'immanence, ou le Moi et l'autre peuvent coexister.
Cette Unité Originaire est cette nostalgie, que l'on désigne en psychanalyse sous le terme "Narcissisme Primaire". La poésie reflète cette vague perception de l'unité qui précédait la scission de l'homme (Hölderlin)
Par contre, philosopher, c'est avoir conscience de la scission, et la dépasser. Là dessus, Hegel s'appuiera. Mais Hegel insérera aussi un troisième terme pour penser la scission, qui sera aussi une unité, mais qui ce sera pas un Dieu Immanent, ce sera un Tiers qui donnera une place à chacun (très lacanien ça).
Fichte est une sorte de Hegel à l'envers (mais c'est un pré-Hegel), puisque sa philosophie est un Idéalisme, philosophie où la pensée est la base expliquant la réalité, qui justement entend montrer la réalité comme finalité. Je vais développer 3 Principes que Fichte présente dans "Principe de la Doctrine Scientifique"
Principe 1 : Moi = Moi
Pour Fichte, l'être n'est rien d'autre que l'acte par lequel il se pose. En effet, dire simplement "Moi" n'a pas de sens, alors que Moi = Moi est un principe d'identité qui comporte une action, une activité de visée vers moi-même. Le sujet se saisit dans un acte.
Ce premier principe est "une illusion", une pensée idéale abstraite posée.
Principe 2 : Moi-1 = Moi-2
En effet, cet acte interne de visée aboutit sur un autre. Le sujet Moi-1 (car sans sujet pas d'énonciation), vise le prédicat Moi-2. Le Moi-Sujet pour se saisir dans l'acte tombe sur le Moi-Objet. Bref, un autre. Ainsi, le Moi pour exister doit être contredit par un Non-Moi.
Ce principe est une opposition radicale au premier principe, dont pourtant il découle. Mais ce passage est nécessaire, car sans l'opposition Moi / Non-Moi, pas de conscience de Moi.
Principe 3 : Moi Absolu = Dialectique {Moi / Non-Moi}
Or, malgré ce Non-Moi nécessaire à la visée de Soi, il y a une exigence de rassemblement. Le Moi Absolu est la forme du Moi qui contient la négation de lui-même, qui contient cette scission interne. Le Non-Moi pose la finitude de la conscience, la finitude du Moi qui dans le principe 1 était pourtant un Moi plein.
Ce Principe permet d'aboutir à la réalité. Car le Moi pour se saisir, se pose comme un prédicat, comme un objet, un étant. De même, le vrai premier principe est la réhabilitation de la raison pratique, de l'acte, dans cette visée à soi. Cette mise en exergue de la pratique signe la renonciation fictive à l'Idéalisme.
De plus, de cet exigence de rassemblement entre le Moi et le Non-Moi au sein du Moi-Absolu, de par ce va-et-vient naît la temporalité (et l'espace par la mise en objet).
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Ainsi, Fichte part de l'Idéalisme pour aboutir à la réalité. Il est alors fidèle à Hume et Jacobi qui déclaraient qu'il y a une conscience naturelle du monde qui ne doit pas être niée.
D'ailleurs, pour Jacobi, Leibniz et Spinoza sont de parfaits nihilistes, car ils ne peuvent poser des étants. La philosophie du commun serait un point de vue irrécusable, et qu'il ne faut pas nier.
Mais Hegel trouvera que finalement, la spéculation devient interdite, que l'on tombe dans un monde plat. De même, Hegel critiquera Fichte car ce système est un faux système, en ce sens qu'il ne comporte aucune circularité (même si à on humble niveau, je trouve c'est circulaire avec la mise en avant de la pratique, mais bon...).
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Fichte ne se demande pas une seconde comment dans ce Moi-Sujet = Moi-Objet peuvent coexister l'identité et la différence. Or Hölderlin et Hegel vont se concentrer sur ce point, pour aller vers du Spinozisme en ce qui concerne Hölderlin, ce qui ne sera pas le cas de Hegel.
Dans Je suis Je, ce qui assure la coexistence de ces deux termes est justement le verbe "être". L'être est ce qui rassemble ces deux terme, l'être exclue la subjectivité. Il assure cette "scission rassemblante".
Cet être, absolument simple, ce fond, constitue alors une ontologie antérieure à la subjectivité. Ainsi, Hölderlin va penser en spinoziste à l'unité foncière qui assure la subjectivité, et permet la scission, tout en restant lié (sur une surface d'être).
Pour Schelling, l'autre, le Moi-Objet, l'altérité, le Toi de Lévinas, ne peuvent se penser que dans un mouvement d'immanence, ou le Moi et l'autre peuvent coexister.
Cette Unité Originaire est cette nostalgie, que l'on désigne en psychanalyse sous le terme "Narcissisme Primaire". La poésie reflète cette vague perception de l'unité qui précédait la scission de l'homme (Hölderlin)
Par contre, philosopher, c'est avoir conscience de la scission, et la dépasser. Là dessus, Hegel s'appuiera. Mais Hegel insérera aussi un troisième terme pour penser la scission, qui sera aussi une unité, mais qui ce sera pas un Dieu Immanent, ce sera un Tiers qui donnera une place à chacun (très lacanien ça).










par Bergame le Lun 17 Sep - 22:32
